News
Les clips de la semaine #318 - Partie 1
La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie notre 318ème sélection des clips de la semaine.

Boy Harsher - Faulty
Ca y est le duo Boy Harsher a sorti son album GET MEAN et a choisi de le célébrer avec un nouveau clip pour le single Faulty.
La décoration du plateau est minimaliste sinon banale. La pièce principale est ornée de boiseries. Un ventilateur tourne, un vieil écran de télévision fonctionne à bas régime et quelques autres objets du quotidien suffisent à peupler l’espace.
Ce qui devient intéressant c’est l’humain qui l’occupe à mesure que le morceau avance : cowboy, gothique, modèles coincées dans des combinaisons en latex… Qui sait tous ces personnages ne sont qu’une seule et même personne. A travers Faulty, Boy Harsher questionne la solitude après la rupture « are we better off alone ? », comment habiter son corps après la séparation.
Les personnages dansent, bougent, s’articulent sans que l’heure soit vraiment à la fête dans la pièce unique. S’offre à nous une danse sensuelle mais triste, libératrice mais embarrassée. Faulty de Boy Harsher conserve les atouts darkwave que l’on connait en essayant de pousser le curseur dansant un peu plus loin, le beat est plus vif, les synthés sont plus lumineux que ceux qu’on a pu connaitre.
Varnish La Piscine - LETS TALK
Il y a des jours plus favorisés que d'autres, où les astres semblent s'aligner. Ce fut le cas ce jeudi, quand Varnish La Piscine a resurgi de nulle part avec LETS TALK. Une façon de dresser un bilan après plus de trois ans de silence pour ses auditeurs.
Signé Exit Void, le visualizer accompagne le morceau avec une justesse remarquable, retranscrivant à l’image les émotions qui le traversent. Davantage tourné vers l’introspection et le bilan psychologique, le titre se matérialise à travers des mains qui s’agrippent à tous les terrains, qu’il pleuve, vente ou neige. Musicalement, Varnish retrouve cette liberté de construction qui lui est chère, en multipliant les détours et les ponts musicaux aux accents paradisiaques. Une façon de composer qui lui ressemble et qui laisse toujours la place à l’inattendu.
Chez lui, l’attente fait partie du voyage. L’artiste sait aussi bien la nourrir avec sa musique qu’avec ses clips, courts-métrages ou films, autant de pièces qui viennent progressivement enrichir son univers avec une rare finesse. Alors, on l’attend de pied ferme, en 2027, à en croire les clins d’œil disséminés dans ses images. Toujours aussi élégant que des mocassins fraîchement cirés, et aussi envoûtant qu’un conte.
Julia Jacklin - If I Had The Hand Of God
Notre amour et passion pour ces êtres chers a-t-il une limite ? Pouvons-nous réellement répondre à toutes les attentes, les désirs et les besoins de celles et ceux que nous chérissons ? Même avec un immense pouvoir, Julia Jacklin doute, tout en poésie.
Son nouvel album The Gem est sorti vendredi dernier, avec If I Had The Hand Of God comme l’une de ses premières portes d’entrée.
Quelle drôle d’idée que de vouloir avoir la main de Dieu lorsqu’on est simplement humain. Pouvoir empêcher la chute, savoir quand appeler, quand rester, quand partir. Être là avant que le mal arrive. Mais peut-être que le plus difficile n’est pas de sauver quelqu’un, mais de vivre avec le fait de ne pas avoir pu le faire.
Entre une envie de boire, un père que l’on n’appelle pas et la peur de devenir une simple silhouette dans la vie de ceux qu’on aime, la musicienne écrit quelque chose de très intime sans jamais chercher à tout résoudre.
Ce titre ressemble alors à une prière sans réponse. Une chanson sur l’amour, mais surtout sur ses limites, sur cette étrange douleur de vouloir prendre soin du monde entier avec seulement deux mains.
Noé Preszow - Les rues de l'Humanité
Avec Les rues de l’humanité, Noé Preszow transforme la chanson en une succession de portraits croisés. Un couple qui marche main dans la main après avoir subi des violences, une enseignante qui renonce à son métier, un artiste qui ne dépasse pas les murs de sa chambre, une personne ayant fui la guerre, des parents confrontés à la perte d’un enfant, une agricultrice contrainte de refermer la clôture de son élevage…
Le chanteur belge rassemble ces destins dans un texte qui observe les fractures de notre époque sans perdre complètement espoir. Porté par un mélange d’accordéon et d’harmonium, le morceau avance entre peur, solitude et désillusion, avant de revenir inlassablement à cette même idée : malgré tout ce qui nous sépare et nous abîme, « ça tient quand même ». Une chanson qui regarde l’époque droit dans les yeux, sans renoncer à l’humanité qui lui donne son titre.
Danyl et A6EL – Broski
On retrouve Danyl en compagnie d’A6EL sur Broski. À travers ce titre Danyl révèle une nouvelle facette de sa musique avec une production plus électro et minimaliste. En effet, les nappes de synthé nous transmettent un côté nostalgique accentués par les paroles.
Le clip quant à lui, joue sur différentes scènes de leurs quotidiens en mêlant bonne humeur et nonchalance. À travers une colorimétrie s’appuyant sur des couleurs chaudes au premier plan et froides au second, le clip donne un côté rétro qui donne tout son charme à la musique.
Un titre de rentrée feel good et solaire qui nous permet d’oublier que le lundi existe l’espace d’un instant !
John Legend et Pharrell Williams - Fireflies
John Legend nous dévoile un clip absolument bouleversant avec Fireflies. Dans ce titre, John Legend nous transporte aussi bien par les mots, la mélodie et sa voix que par cet incroyable clip tout droit sorti d’un film.
Dans cette musique, John Legend dénonce la pauvreté, le racisme mais également les multiples violences dont les personnes noires sont victimes. En effet, il y parle de cités, du fait qu’on ne peut pas prévoir son avenir car un simple aller retour peut causer la mort pour aucune raison. Il s’agit d’un titre extrêmement puissant et engagée qui révèle une réalité encore bien trop fréquente.
À travers ses paroles métaphoriques et poétiques, John Legend nous révèle qu’à travers les ténèbres, on peut toujours y trouver l’espoir.
Le clip en noir et blanc accentue la puissance de ses mots et met en lumière les visages noirs aussi bien dans l’obscurité que dans la lumière. De plus, il y a une concordance entre les images et la mélodie jouée au clavier, créant un effet quasi hypnotique à des moments précis et apportant ainsi du rythme au clip.
John Legend nous transporte et nous bouleverse avec ce titre à la fois poétique et politique. On espère que les choses changeront et qu’il n’y aura plus besoin d’obscurité pour atteindre la lumière.
Jane Remover - Beauty sleep
Pas une seconde de répit pour Jane Remover, l’artiste enchaîne les dates de tournées et de festivals et trouve quand même le temps de sortir de nouveaux morceaux. Après plusieurs parutions sous différents pseudonymes, Jane Remover dévoile Beauty Sleep - un morceau au titre quelque peu sarcastique au vu de son emploi du temps - accompagné d’un clip.
Dans ce dernier, réalisé par Brendon Burton, on découvre l’artiste entouré.e d’une équipe de scientifiques qui lui infligent une poignée d’expérimentations. D’abord immergé.e dans une cuve remplie d’un liquide violet, puis baladé.e entre plusieurs salles du laboratoire sur un brancard. Un clip bercé de rêveries et de songes plus sombres qui se clôture par l’évasion de l’artiste.
Nerlov - Ensemble
Vendredi, Nerlov sortait son deuxième album « Naïf ». A cette occasion, il a également dévoilé le clip d’Ensemble, troisième track de l’album. Dans ce morceau simple et léger, il nous invite à jouer ensemble.
On démarre directement sur le terrain de badminton, alors que Nerlov nous rejoint. Rapidement, il s’échauffe en nous expliquant qu’il aimerait bien faire plus de sport, mais qu’il ne « trouve jamais personne, pour faire un badminton ». A son habitude, il exprime ses pensées sans filtre, d’une façon presque enfantine et touchante.
L’image suit parfaitement la narration. Alors que les couplets restent tranquilles, on le voit calme, face caméra. Mais dès que le refrain arrive, la partie reprend de plus belle. On voit alors le chanteur s’amuser et s’épuiser. Quand un interlude de guitare vient faire redescendre la pression, on le voit allongé par terre. On reprend notre souffle ensemble.
Si la narration est simple, l’esthétique du clip est quant à elle soignée dans le détail. On reste sur trois couleurs tout le long, ce qui crée une harmonie impeccable. Les paroles, en jaune bien flashy, apparaissent dans la police exacte de la pochette de l’album. Rien n’a été laissé au hasard.
On ne voit l’adversaire de Nerlov à aucun moment, il demeure face à nous tout du long. Comme si, finalement, c’était directement avec nous qu’il jouait. Il nous le rappelle d’ailleurs, « Allez viens on joue ensemble ».