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Les clips de la semaine #318 - Partie 2
La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la seconde partie notre 318ème sélection des clips de la semaine.
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Gurriers - Waiting For Fisher
Depuis plusieurs mois maintenant, l'association visuelle entre Thomas James et Gurriers ne cesse de nous impressionner.
Single après single, le réalisateur nous entraine dans un univers dérangeant, violent voir carrément psychotique qui semble être une image déformée et amplifiée de l'époque dans laquelle nous vivons.
Et la vidéo qui accompagne Waiting For Fisher, dernier single qui vient mettre en avant la sortie de Nobody's Coming To Save You, le second album de Gurriers, en est la preuve la plus éclatante.
Ici, il n'est plus question de se cacher et on préfère vous prévenir, le clip est assez violent.
Si Waiting For Fisher est, à l'image de l'excellent album des Irlandais, une explosion de colère qui parle de la déconnexion que l'on ressent toustes de plus en plus face au monde moderne, la vidéo est ce qui se passe après le point de rupture.
De ce point de vue, on ne peut que saluer la performance impressionnante et glaçante de Anna Clifford dans le rôle de cette "héroïne en mission" qui craque complètement face à une sélection humoristes tous plus nuls les uns que les autres.
Si certain.e.s d'entre nous doutent encore de la nécessité de produire des clips, la vision des vidéos qui accompagnent l'album de Gurriers pourraient leur faire changer d'avis tant celle-ci est un exemple de réussite cinématographique et d'univers connecté qui colle parfaitement à l'ambiance chaotique et tendu de leur nouvel album.
Alors en attendant la fin du monde, on peut soit sourire, soit profiter du nouvel album de Gurriers.
This is the Kit - Skim a Stone
This Is The Kit est de retour cette semaine pour déployer à nouveau sa magie avec Skim a Stone, un nouveau morceau qui annonce l'arrivée d'un album pour le mois de janvier.
Kate Stables et sa bande nous entraine dans une petite épopée rythmée, sur laquelle la musicienne installée à Paris pose sa voix et sa poésie. À travers ce titre, elle nous invite à trouver une part de magie et de merveilleux dans les choses que l'on répète sans forcément en comprendre le sens et de cherche des mouvements dans le réel afin de le modifier et d'enclencher le changement et la beauté que l'on espère créer.
Musicalement, le morceau ressemble à un assemblage dissonant au départ mais qui trouve dans toute sa beauté dans l'accumulation du chaos, dans ses rythmes répétitifs et obsédants et dans la voix de Kate Stables et des chœurs qui l'accompagnent.
La vidéo de Stewart Baxter ne semble pas chercher un sens propre à accrocher au morceau de This Is The Kit. Et pourtant en l'observant, en regardant les différentes perspectives, les télévisions qui semblent présenter différents moments et temporalités, on peut y voir une recherche de la normalité, la simplification de petits rituels que l'on pratique pour trouver un sens et un ancrage dans une réalité qui nous échappe parfois.
En laissant ouvert les opportunités des interprétations Stewart Baxter colle finalement au morceau de This Is The Kit, laissant à chacun la possibilité au son et à l'image de faire des ricochets dans son esprit pour trouver un espace où tout se rassemble.
Et c'est sans doute dans cet espace brumeux du réel que tout se crée et se sublime
Kingfishr - How Lonely
Le trio irlandais Kingfishr revient cette semaine avec How Lonely, son nouveau single chez B-Unique / Atlantic Records.
Avec How Lonely, Kingfishr revient à quelque chose de profondément humain : l’amour à sens unique, l’attente et cette question douloureuse de savoir jusqu’où il faut disparaître pour enfin être remarqué, vu, considéré. La ballade indie folk explore cette relation dans laquelle l’amour ne semble pas peser du même poids des deux côtés, jusqu’à cette interrogation qui revient comme une obsession : “How lonely do I have to be to mean anything to you?” (« Jusqu’à quel point dois-je être seul pour compter pour toi ? »).
Musicalement, Kingfishr reste fidèle à cette formule devenue sa signature : une base folk organique, des guitares et un banjo acoustiques, une rythmique qui gagne progressivement en ampleur et une voix qui accompagne cette montée jusqu'à l'explosion collective. La beauté de How Lonely réside peut-être justement dans ce paradoxe : faire d'une chanson sur la solitude un morceau que l'on a immédiatement envie de chanter à plusieurs. Kingfishr possède cette capacité à partir d'une émotion profondément personnelle pour la transformer en expérience collective. Le chagrin devient un refrain entêtant, le doute une mélodie et la solitude quelque chose que l'on peut finalement chanter à plusieurs milliers.
How Lonely avait d'ailleurs déjà trouvé son public avant même sa sortie officielle, le trio l'ayant intégré à ses concerts au fil de l'année. Une manière assez naturelle de faire vivre un titre dont la dimension fédératrice semble presque inscrite dans l'ADN du groupe.
Pour accompagner How Lonely, Kingfishr choisit un parti pris visuel aussi simple qu'efficace. Pas de scénario spectaculaire ni de grande mise en scène : Une caméra fixe dans une rue ordinaire d'un quartier de Limerick. Des voitures passent. Des habitants traversent le cadre. La vie continue. Et pourtant, quelque chose semble profondément abandonné. Au premier plan, une carcasse de poussette laissée là. Autour, des maisons aux façades fatiguées, des portes dont le bois s'écaille, des traces du temps qui s'accumulent. Rien n'est véritablement dramatique. Et c'est justement cette banalité qui installe une forme de mélancolie. Le monde ne s'arrête pas pour celui qui souffre.
Pendant ce temps, les paroles de How Lonely défilent à l'écran, venant donner un autre relief à ce décor quotidien. La caméra ne cherche pas à nous montrer la solitude : elle nous laisse simplement la ressentir.
Kingfishr revient à Paris, au Trabendo le 27 novembre 2026. Et pour prolonger la rencontre, découvrez bientôt notre interview de Kingfishr, réalisée à Rock en Seine, sur La Face B.
Nade - Le temps d’un café
Il y a quelques mois, Nade chantait Isaline. Un morceau dans lequel elle mettait en musique le parcours de son amie. Elle revient aujourd’hui avec Le temps d’un café, essayant de faire le deuil de cette personne qui a tant compté. Sobrement, avec un piano voix, elle met des mots sur cette nouvelle absence. Le vide qui reste, et cette attente qui n’en finira jamais.
Le clip, en noir et blanc, accompagne l’émotion qu’on entend dans la voix de la chanteuse. On oscille entre des plans d’elle face à son piano, et d’autres où on la voit à la terrasse d’un café. Elle garde la chaise voisine, se remémorant les souvenirs du passé « les croissants et l’odeur du café, quelques déjà-vus d’hier ».
Pour finalement réaliser que personne ne viendra la rejoindre. Ces moments à parler autour d’un café sont derrière et ne reviendront pas.
Gaétan Nonchalant - Feu De joie
Gaétan Nonchalant ne sera pas resté perdu de vu pendant très longtemps. Alors que la sortie de son album, Le Jazz, approche, le musicien revient cette semaine avec une nouvelle chance et une nouvelle facette d'un album qui s'annonce éclectique et doux, à l'image de son auteur.
On se retrouve donc tous autour de son Feu De Joie, un morceau qui invite à évacuer nos problèmes, à nous retrouver tous ensemble pour alimenter ce corps qui nous réchauffe et qui nous lie les uns aux autres. Feu De Joie est une ballade à la tendresse réparatrice, où la simplicité d'un guitare voix se voit sublimé par un pedal-steel et des synthés.
Comme toujours dans sa musique, Gaétan Nonchalant s'amuse, mélange les choses et observe les étincelles qui apparaissent et qui lui permette de maintenir vibrant son feu (de joie) créatif.
Toujours accompagner de sa comparse Norma, la vidéo qui accompagne le morceau joue elle aussi la carte de la simplicité. Un noir et blanc délicat et une caméra qui suit la course de la promenade dans laquelle nous entraine Gaétan Nonchalant. On le suit alors que le soleil se reflète sur lui et sur la mer et que son sourire nous contamine au bord de ces récifs.
Avec Feu De Joie, Gaétan Nonchalant nous éloigne de tout ce qui nous blesse pendant 3 minutes et fait disparaitre le caillou qui pèse parfois sur nos cœurs.
FYRS - The Villain
Moins d'un an après son précédent album, FYRS s'offre cette semaine un retour crépusculaire et classieux avec The Villain, un single qui annonce l'arrivée d'un nouvel EP pour le mois de novembre prochain.
The Villain pemet à FYRS d'associer des éléments propres à sa musique, guitare accoustique et appétence pour une musique indie, à un groove vénéneux qui habite le morceau et lui donne une forme de tension et une intension sourde qui frappent fort.
Car c'est tout un film que FYRS nous raconte. Porté par une écriture hyper cinématographique, il nous entraine dans un monde désœuvré habité par un monstre qui habite dans les ombres et vide les rues de toute vie. Au départ narrateur, FYRS laisse au fur et à mesure planer le doute sur la nature du "vilain" et sur sa propre duplicité, transformant le morceau en une sorte d'étude sur la part de monstruosité et sur la noirceur que l'on porte tous en nous.
La vidéo de Quentin Lateral prend le même chemin. En jouant avec intelligence sur les reflets et sur les images, que ce soit à travers une caméra, un écran ou un morceau de miroir, le réalisateur joue sur cette dualité et sur le doute qui persiste concernant le héros du clip.
Il nous entrain ainsi dans la nuit et dans une forme de solitude, alors que le personnage cherche à comprendre, ou tout simplement à confesser, ce qu'il est réellement. Les derniers instants de la vidéo basculent très clairement vers l'horreur ou la science-fiction et les dernières images saisissantes laissent apparaitre toute la vérité ... ou tout du moins ouvre la porte à une prochaine vidéo.
Elliott Armen - pour toi
Depuis quelques mois déjà, Elliott Armen opère sa mue. En avançant naturellement vers le français, le musicien offre à sa musique une lumière différente, un équilibre fragile entre folk orchestrale aérienne et une écriture intime et humaine.
La preuve une nouvelle fois avec pour toi, son nouveau single paru cette semaine. Un morceau a la délicatesse désarmante et aux orchestrations aussi subtiles qu'évidentes dans laquelle Elliott Armen raconte l'amour, l'évidence et le sauvetage. Ou comment l'autre sauve de la noirceur, comment le vide disparait lorsqu'on trouve la bonne personne à ses côtés et que le monde et son esprit trouve un sens nouveau. Avec pour toi, le musicienne parle autant du vide que de la volonté de s'en échapper, de pouvoir aimer à nouveau et laisser la vie exploser d'une manière différente.
La vidéo qui l'accompagne transforme le morceau en un mouvement permanent, comme si les paysages défilés alors qu'on allait retrouver l'autre. Un flou comme dans un rêve et des lieux qui changent, le temps qui avance et le monde qui suit son cours dans une poésie lumineuse et chaleureuse.
Dans la période de trouble qui est la notre actuellement, la musique d'Elliott Armen sonne comme un remède qu'on n'osait plus espérer. Et chaque single ne fait qu'augmenter l'attente de son album prévu pour l'année prochaine.
Johnny Mafia - Sing Out Of Tune
Il y a une certaine forme d'humour à appeler un de ses titres Sing Out Of Tune. Cela tombe bien, les garçons de Johnny Mafia n'en manquent pas, et surtout ils ne manquent pas de talent.
Alors que l'arrivée de leur prochain album est prévu pour le mois de novembre chez Howlin Banana Records en France, le quatuor revient donc cette semaine nous appâter avec ce nouveau single. Et autant dire que les quatres copains ont tout bon puisque ce Sing Out Of Tune (qui pour le coup ne l'est pas du tout) a tout du petit bonbon powerpop qui fait du bien aux oreilles. Toutes guitares dehors, Johnny Mafia joue avec malice de références que l'on connait tous mais que l'on prend toujours plaisir à écouter avant de laisser la fin du morceau partir vers des accents plutôt western et assez Morriconiens.
Cela tombe bien puisque la vidéo de Bazil Lamy & Lénaïc Lannoy nous entraine dans un ranch.
Au programme, des chevaux, forcément, un chapeau de cowboy et un personnage en costard qui n'a semble t'il rien à faire là. S'en suit alors un concours de regard digne des meilleurs duels et un amusant changement de perspective ou chacun cherche à prendre le dessus sur l'autre. Au final, c'est bien notre héros qui gagne et qui s'empare du cheval pour partir droit vers l'horizon au soleil couchant.
Peut être a t'il décidé de prendre la route pour retrouver Johnny Mafia à l'Alhambra le 19 mars prochain ? Pour avoir la réponse, il faudra bien évidemment y être.