Long long gone, l’épure folk selon Barbara Forstner

Avec Long Long Gone, dévoilé fin 2025, Barbara Forstner signe son tout premier album solo. Si nous vous avions déjà proposé un long entretien avec l’artiste, il était temps de revenir plus en détail sur ce disque qui nous a profondément touchés. Dès les premières écoutes, l’album séduit par sa sincérité, sa profondeur introspective et son audace : celle d’aller à l’essentiel, sans artifices, dans une folk épurée et habitée.

À la manière d’un journal intime mis en musique, l’artiste franco-américaine y déroule une suite de souvenirs et d’émotions, entre New York et Paris. Elle y explore ses joies, ses blessures et ses espoirs, avec une pudeur et une justesse qui forcent l’écoute attentive.

Barbara Forstner a grandi à New York avant de revenir s’installer en France à l’âge de 17 ans. Une double culture qui l’a construite et imprègne profondément sa musique. À la maison, les influences sont nombreuses : Mazzy Star, Bob Dylan ou encore Barry White accompagnent son enfance. Très tôt, la musique s’impose comme une évidence. À seulement 9 ans, encouragée par ses parents, elle monte pour la première fois sur scène au Rockwood Music Hall, au sein d’un groupe d’enfants façon School of Rock. Une expérience fondatrice, qui scelle définitivement son lien avec la musique.

L’audace du guitare-voix

Elle apprend la guitare, écrit ses premiers textes, chante. Après un premier projet intitulé October Baby, Barbara Forstner choisit de poursuivre son chemin en solo, avec l’envie d’explorer pleinement sa sensibilité et sa vision artistique. Si son bagage pop rock est indéniable — que l’on a d’ailleurs pu apprécier en live lors de sa release party au Popup du Label en décembre dernier —, elle opte ici pour une folk instinctive, minimaliste et profondément sincère.

Une volonté d’aller à l’essentiel qui lui va très bien. Sans fioritures, avec seulement sa guitare et sa voix claire, Barbara Forstner réussit son pari et nous embarque avec elle dans son univers teinté de nostalgie.

Au fil des 11 titres qui composent l’album, le voyage s’opère à travers le temps, la mémoire et les émotions, autour de deux thèmes centraux : la famille et l’amour.

De New York à Paris

La première partie de l’album se concentre sur la sphère familiale et les racines de l’artiste. East Coast ouvre le disque et pose d’emblée le décor : une famille qui se fissure, des distances qui s’installent, des repères qui vacillent.

Avec Heart’s Not Bare, Barbara poursuit cette introspection mélancolique en évoquant un souvenir d’adolescence : un dimanche soir au coin du feu, à s’interroger sur le sens de la vie et les tourments intérieurs.

Nights Like These aborde quant à lui l’éloignement des êtres chers, notamment celui du père, et la complexité des sentiments qui en découle. Enfin, Red Shades, White Walls revient sur le déracinement vécu lors de son départ des États-Unis pour la France, entre perte de repères et nostalgie du pays quitté.

L’exploration du sentiment amoureux

L’amour traverse l’album comme un fil conducteur essentiel. Barbara Forstner en explore toutes les facettes avec finesse : l’amour idéalisé dans One Day, l’amour déçu dans Want You Around, ou encore l’amour obsédant dans TOY (Thinking of You).

Mais l’artiste sait aussi célébrer l’amour dans ce qu’il a de plus lumineux. Elle rend un hommage touchant à son compagnon, William Ashton Peyrieux, dans le titre sobrement intitulé William, où elle raconte la magie de leur rencontre et la fulgurance du sentiment amoureux. Building a Home prolonge cette déclaration en évoquant la naissance d’un amour durable et la construction d’une vie à deux, portée par l’évidence et la confiance.

L’album se conclut avec To See the World, interprété en duo avec William au chant et à la guitare. Dans un monde incertain, Barbara Forstner y exprime son besoin de croire en l’amour, comme un refuge, un espoir et une promesse tournée vers l’avenir.

Avec Long Long Gone, Barbara Forstner livre un premier album solo d’une grande maturité. Audacieux, cohérent et d’une rare homogénéité, ce huis clos guitare-voix distille une émotion brute, portée par une artiste à la sincérité désarmante et au talent déjà indéniable.

Suivez l’actualité de Barbara Forstner sur instagram !

Laisser un commentaire