(PORTFOLIO) Veni Vidi Vici : Miles Kane conquiert Bordeaux

Dans une Rock School Barbey bondée et survoltée, Miles Kane a livré un concert magistral, mêlant élégance rock et énergie brute et contagieuse. Le dandy de Birkenhead a investi la scène — tapis léopard, amplis, batterie, guitares et serviettes parfaitement coordonnés — comme un territoire conquis d’avance. Dès les premières notes d’« Electric Flower », titre fun et dansant extrait de Sunlight in the Shadows, la grisaille bordelaise s’est aussitôt dissipée. Entre déferlantes de riffs, communion fervente avec la salle — des fans de la première heure aux Britanniques venus spécialement pour la date — et une maîtrise scénique d’une précision redoutable, cette soirée a pris des allures de triomphe rugissant. Porté par un swagger intact et une voix puissante, Miles Kane a rappelé qu’il demeure l’un des artistes les plus affûtés et classes de la scène indie britannique.

Retour en image sur ce concert où Bordeaux a chanté, vibré… et capitulé.

Interview de Miles Kanes a retrouver par ici!!

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La Rock School est en ébullition. Bières à la main, pieds qui trépignent, on chante avec la musique d’ambiance. Puis « Stand by Me »… le rythme ralentit et le groupe arrive. Quelques secondes sur scène et on sait que ça va envoyer du lourd. « Electric Flower » ouvre le bal dans une euphorie immédiate : groove lumineux, refrains fédérateurs, sourire en coin. Un manifeste plus qu’une simple entrée en matière. L’enchaînement avec « Rearrange » déclenche l’explosion ; la fosse compacte chante chaque mot comme un serment. Miles Kane, silhouette affûtée et regard habité, arpente la scène avec cette démarche mi-boxeur mi-rock star, comme prêt à en découdre, qui n’appartient qu’à lui.

« Troubled Son » et « Inhaler » — portée par une intro plus sombre et tendue — rappellent la force brute des débuts, comme un shoot d’adrénaline intact. Mais le set ne vit pas seulement dans la nostalgie. Place aux nouveaux titres comme « Love Is Cruel », « Walk on the Ocean » ou encore « Sunlight in the Shadows » qui révèlent une palette plus riche avec des harmonies, trois guitares et un rock plus psychédélique, presque crooner par instants, sans jamais perdre en intensité. La Rock School Barbey vibre avec ferveur ; on y croise des fidèles depuis Colour of the Trap, une nouvelle génération conquise par les Shadow Puppets, et un contingent britannique qui suit la tournée.

La scénographie léopard offre une identité visuelle forte sans voler la vedette à la musique. Tout est millimétré, précis, mais jamais figé. Sur « Coup de Grace », la salle se transforme en chœur géant ; verres levés, refrains scandés, euphorie collective. Puis vient le diptyque final — « Don’t Forget Who You Are » et l’inévitable « Come Closer » — véritable déflagration qui laisse le public radieux et repus.

Miles Kane ne se contente pas d’enchaîner les titres : il impose un style, une présence, une vraie conquête du public. À Bordeaux, le verdict est sans appel. Il est venu, Il a vu, Il a vaincu.

Miles Kane, Architecte du live: Les balances et portraits

En amont du concert, La Face a joué les photographes de tournée pour Miles Kane. C’est parti pour les balances ! Elles révèlent un tout autre visage de Miles Kane. Loin du showman qui embrasera la Rock School Barbey quelques heures plus tard, on découvre un artiste méticuleux, presque obsessionnel du détail. Il teste, ajuste, recommence. Un riff, puis un silence. Un refrain, stoppé net. Il demande davantage de réverbération sur la voix — « il faut que ça embarque les gens », glisse-t-il — et cherche cette ampleur qui permettra au son de remplir chaque recoin de la salle.

Les lumières aussi passent au crible : trop froides, pas assez enveloppantes. « On fait comme en live » : il fait modifier les ambiances pour capter exactement la chaleur qu’il veut transmettre. Rien n’est laissé au hasard. Ce perfectionnisme discret en dit long : si le concert paraît instinctif, il est en réalité pensé, sculpté, affûté. Il veut que le public profite, qu’il prenne du plaisir autant au niveau du son que du visuel.

Puis il y a ce moment plus rare, presque suspendu, après les balances. Puis, les retrouvailles : une parenthèse de connivence où la tension retombe et où l’artiste laisse place à l’humain. En tant que photographe sur cette date bordelaise, la liberté est totale. Pas de barrières rigides, pas de gestes pressés pour écourter l’accès : au contraire, une confiance évidente. Miles Kane échange un regard, esquisse un sourire, joue avec l’objectif. Il vient donner son hug, demande si ça va. On sent qu’il comprend et apprécie l’importance de l’image dans la mémoire d’une tournée.

Ensuite, la séance de portraits en extérieur est un moment d’échange, de partage, de rires. Il demande alors s’il n’a pas trop vieilli depuis les dernières photos de tournée en 2016. On parle de rock, des Black Keys, de Little Barrie et du temps… comme tout Anglais qui se respecte. Cette générosité-là, invisible pour le public, participe pourtant à la magie de cette rencontre. Derrière la précision du perfectionniste et l’assurance du dandy, il y a un artiste qui partage, qui ouvre son espace. Et c’est peut-être là que se niche la vraie élégance.

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