Dewey, c’est un nom à retenir sur la scène émergente rock indé. On en a déjà parlé quelques fois ces dernières semaines, et cette fois, on va s’attarder un peu plus longtemps sur cette jeune formation. Car le groupe a sorti le 13 février son premier long format, Summer On a Curb, et en plein milieu de l’hiver, cet album est bienvenu pour réchauffer nos cœurs et bouger nos corps !

Dans un monde qui part en vrille, qui nous met à l’épreuve et qui laisse des cicatrices, Dewey nous propose un baume solaire et rafraîchissant pour panser nos blessures. Pour un premier album, le groupe parisien met la barre très haut ! Au carrefour de la nostalgie des années 90 et du monde moderne, le groupe s’empare de leur place bien méritée sur la scène émergente rock, avec ces 11 titres extrêmement bien produits. Partons explorer Summer On A Curb...
La mélancolie au présent
L’album Summer On a Curb débute par le vaporeux et intriguant City Has Come To Crash. Les guitares se veulent tout en reverb, à la fois discrètes mais enveloppantes. Des superpositions d’effet sur la voix font basculer le titre directement dans l’univers du shoegaze ! Dewey arrive cependant à conserver cette ambiance sombre et ces textures variées. Dès le début le ton est donné : on se remémore de doux souvenirs à l’écoute de City Has Come To Crash, on se laisse porter par le passé.
Un autre tube dont on a parlé très récemment : Outside Of The Lines. Un démarrage plus punk composé de guitares saturées et de percussions puissantes. La voix, toujours dans cet esprit shoegaze, semble presque lointaine. Une mélodie acidulée, faite de notes synthétiques entêtantes, vient saupoudrer Outside Of The Lines et ses lignes de basses qui apportent cette texture réconfortante. Si vous êtes perdus dans un quotidien qui ne vous ressemble plus, Dewey déclare : vous n’êtes pas seuls. Le secret pour ne plus se sentir dépassé ? Ne pas faire comme les autres, trouver son étincelle d’originalité, qui vous fera sortir des sentiers battus.
Des titres comme Face Out vous donneront une terrible envie de retour vers les débuts du shoegaze, et vous rappelleront des groupes comme My Bloody Valentine. Des paroles cryptiques et la voix traînante, Dewey remet au goût du jour ces mélodies brumeuses et cette distorsion torturée.
Une énergie brute et incandescante
Certes, Summer On A Curb apparaît comme un album shoegaze, dream rock etc… Mais Dewey nous réserve aussi quelques belles surprises sur cet album. La fin du titre Better Safe Than Sorry nous offre un élan de guitares perçantes, s’exprimant pleinement, ainsi qu’une batterie plus puissante.

Void débarque en seconde moitié d’album avec une énergie nouvelle, une sorte d’urgence, de rush et d’espoir oserais-je dire ? Les guitares ne se détachent pas de leur reverb, mais se déploient sous de nouveaux horizons, on leur donne plus de place pour s’exprimer. Des notes électroniques bouclent en continu, contrastant avec la voix presque obscurcie. D’autres titres offriront des jolis riffs torturés, comme Tough Crowd ou Jinx. Tout au long de cet album, Dewey semble chercher l’équilibre, à l’image d’un adolescent en pleine crise. Avec ces titres, on apprend à se connaître, à aimer et à enrager.
Yesterday After Dawn explore des dimensions nouvelles, entre psychédélisme et électro, ce morceau se démarque. Malgré l’ambiance générale plutôt mélancolique de l’album, Yesterday After Dawn fait partie des éclats qui donnent de l’énergie, et l’envie d’atteindre des jours meilleurs, à l’image de la pochette de l’album.
Cet opus se clôture avec le titre Cardboard, qui nous fait rêver d’aventures et de renouveau. Les guitares se font plus légères, pétillantes, ce titre ouvre sur encore d’autres horizons pour Dewey.
Un premier album d’une qualité impressionnante, avec des titres vraiment bien menés, qui tiennent captivé l’auditeur. Il se dégage une réelle authenticité et une originalité de Summer On A Curb. Dewey présente un projet maîtrisé, et qui laisse aussi penser que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, la jeune formation parisienne nous réserve un bel avenir, on attend avec impatience la suite pour eux !
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Crédit photo : Guillaume Dufour