Interviews

Rencontre avec Delta Goodrem

La Face B a rencontré Delta Goodrem lors de ses journées de promo à Paris en septembre, pour présenter Pure, son huitième album studio, qui sortira le 5 février. Forte de plus de vingt ans de carrière, l’Australienne y revendique un retour à l’essence de ce qu’elle est : libre de tout, et surtout de faire exactement la musique qu’elle aime. Entre résilience, amour et envie d’authenticité, elle revient avec sincérité sur la genèse de Pure et sur ses singles Warrior et Eclipse, qui l’a menée de son studio à la scène de l’Eurovision à Vienne. Guerrière moderne, pleine de courage et d'humanité, Delta Goodrem nous a offert une interview qu’on attendait avec impatience, à son image : passionnée, audacieuse et sincère.

« Tes rêves n’ont pas de date d’expiration. ».......« Tant que tu te souviens que tu es une battante et une guerrière, tu n’as pas besoin de l’approbation de tout le monde. » Delta Goodrem

Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

La Face B : Bonjour, Delta. C’est un honneur de enfin te rencontrer. J’ai longtemps vécu au Royaume-Uni et j’ai beaucoup regardé The Voice Australia, donc j’ai l’impression d’avoir grandi avec toi sur mon écran de télévision. Je voulais commencer par Pure, ton huitième album studio, qui sort le 5 février, suivi d’une tournée mondiale. Tu l’as décrit comme un retour à toi-même et à l’essence de ce que tu es en tant qu’artiste. Après plus de vingt ans de carrière, que signifie « revenir à soi » pour toi aujourd’hui ?

Delta Goodrem : C’est adorable ! Et c’est une excellente question. J’ai vraiment l’impression que la boucle est bouclée dans ma vie. Il y a quelque chose de bon augure à revenir dans cette partie du monde. La façon dont Eclipse s’est déroulée, avec toutes ces éclipses en chemin, a rendu ce retour merveilleusement positif.

Mais Pure est aussi né du sentiment que le monde est devenu tellement bruyant, et qu’il y a tant de choses qui peuvent diluer ta pensée indépendante et ton identité. Une partie de l’album parle de se trouver soi-même, de retrouver son propre esprit au milieu de tout ce bruit. J’ai aussi adoré le fait que je venais de me marier : l’album parlait donc d’amour pur, de la pureté d’aimer quelqu’un aussi profondément.

L’album a fini par prendre plein de significations différentes pour moi. Il y a aussi quelque chose dans la chanson elle-même : quand tu l’écoutes, elle paraît assez grandiose. J’aime qu’elle représente la folie de la vie.

La Face B : Peux-tu décrire Pure avec tes propres mots ? On le découvrira en février, mais si tu devais résumer l’album dans son ensemble, que dirais-tu ?

Delta Goodrem : J’ai l’impression que tous mes albums précédents se sont réunis dans celui-ci. Le dernier était très épuré, très axé sur le piano. Je me remettais à la production, je me concentrais sur les sons eux-mêmes et sur la recherche d’un beau son de piano.

Avant cela, il y avait Wings of the Wild, qui était entièrement tourné vers la pop. J’adorais les ailes, et la façon dont nous avions intégré des cordes et des changements de tonalité. Il y a dans cet album quelque chose qui embrasse ce nouveau paysage où l’on est pleinement et sincèrement soi-même. C’est ce qu’on demande aux gens en ce moment : être authentiques. J’ai traversé des périodes de ma carrière où l’on me disait de ne pas chanter aussi fort, ou de ne pas faire certaines choses. Je ne pense pas que nous soyons encore dans cette époque.

J’en suis à un point où, si j’ai envie de chanter fort ou de faire un changement de tonalité, je peux le faire. Plus personne ne garde les portes pour qui que ce soit. C’est un peu le Far West, alors j’en profite pour faire la musique que j’ai envie de faire, et je m’amuse.


La Face B : Tu as mérité cette liberté après vingt ans de musique. Pure arrive cinq ans après Bridge Over Troubled Dreams. Pourquoi ce délai ? Y a-t-il eu plein d’autres choses entre-temps, ou Pure s’est-il construit sur toute cette période ?

Delta Goodrem : Tu sais quoi ? Je ne sais pas vraiment pourquoi mes albums semblent arriver par cycles de cinq ans. Celui d’avant était aussi sorti cinq ans plus tôt, et celui d’avant également.

La Face B : Peut-être qu’il te faut cinq ans pour faire un album !

Delta Goodrem : Je pense que je serai un peu plus rapide pour le prochain. Mais j’ai une carrière holistique : je fais beaucoup de télévision, que j’aime et qui m’inspire, et je peux aussi faire du théâtre pendant six mois. Quand je regarde ces cinq dernières années, dès que le monde s’est rouvert, j’ai voulu voir ce qu’il y avait dehors. En Australie, nous avions été confinés pendant bien deux ans, presque trois.

Une fois le monde rouvert, nous avons voyagé, frappé aux portes et recommencé à faire des concerts. Nous sommes sur la route depuis cinq ans, que ce soit en tournée avec les Backstreet Boys ou Shania Twain, ou avec d’autres shows. Naturellement, je n’étais donc pas toujours en studio, même si j’y suis entrée et sortie pendant ces cinq années, comme toujours.

La Face B : C’est comme ça qu’on apprend, aussi.

Delta Goodrem : Exactement. Si je n’ai rien à dire, je n’ai rien à écrire. Je suppose que j’ai développé un processus sans m’en rendre compte, jusqu’à ce que, tout à coup, un nouvel album arrive cinq ans plus tard.

La Face B : Qu’as-tu découvert en faisant Pure qui te semble complètement nouveau ? Tu as dit que c’était un moment où tout ce que tu avais construit se rejoignait. Qu’as-tu appris de nouveau ?

Delta Goodrem : Beaucoup de choses me semblent nouvelles. Quand tu signes avec une major à 14 ou 15 ans, tu ne connais que ce mode de vie. Depuis, j’ai traversé différents chapitres et différentes époques, notamment celle où j’ai dirigé mon propre univers et commencé à produire des émissions de télévision. Nous avons fait Christmas with Delta, et endosser un rôle différent m’a apporté une compréhension toute nouvelle. Cela m’a permis de retourner ensuite dans un espace formidable avec Universal.

Quand tu n’as connu qu’un seul mode de vie depuis l’âge de 14 ou 15 ans, j’ai vraiment apprécié de découvrir comment fonctionne chaque rouage de l’industrie musicale. Lancer Outlet Records a été une superbe expérience d’apprentissage, et je suis fière de ce que nous avons appris en la dirigeant. Cela m’a donné une perspective de l’autre côté.

Produire et bâtir ces fondations faisaient aussi partie de cette nouvelle ère. J’ai aimé réaliser que je voulais profiter de ce que j’ai la chance de faire dans la vie, et le partager avec les gens que j’aime. Je pense que ça s’entend dans la musique.

Mais l’album a aussi de la profondeur. Il reflète les leçons que l’on tire des épreuves et des difficultés. C’est pour cela que Warrior est une chanson si importante, et une partie essentielle du disque. Elle parle de ne jamais renoncer à rien dans la vie, et de se rappeler que tes rêves n’ont pas de date d’expiration, comme je l’avais dit sur le dernier album. C’était un plaisir de faire entrer tous ces éléments dans la musique.


La Face B : C’est drôle que tu dises ça, parce que j’ai toujours senti un fil rouge dans ta musique : la résilience. De Born to Try et Lost Without You jusqu’au dernier single Warrior, il y a souvent cette idée de chute, de survie, de lutte pour se relever et de refus d’abandonner. C’est un fil très fort dans ton travail. Le reconnais-tu toi-même ?

Delta Goodrem : Absolument. Dès le premier jour, j’ai compris que mon éthique était de donner de la force à celles et ceux qui m’écoutent. Comme le destin l’a voulu, ma musique et ma vie n’ont pas suivi une trajectoire conventionnelle, ce qui signifie qu’un esprit combatif a dû m’accompagner.

Mais cela ne veut pas dire que nous cessons d’avoir le cœur chaleureux. Quand j’ai besoin de chansons qui me rappellent d’être courageuse, je considère que la vie me donne l’occasion d’écrire sur ces émotions et d’aider d’autres personnes quand elles ont besoin d’un message qui leur dit que nous sommes des battantes et des battants, que nous nous relevons et que nous continuons. Mon parcours et mon histoire sont devenus une part de mon éthique musicale. C’est le chemin que j’ai suivi, je suppose.

La Face B : Tu es sous les projecteurs depuis très longtemps, et ta musique a souvent parlé de résilience, de poursuivre ses rêves et d’être courageux. Dans Warrior, il y a une phrase sur le fait d’avoir été à la fois une méchante et une héroïne, et sur l’idée que toutes les cicatrices n’ont pas à être exposées ("I have been having been both a villain and a hero, and the idea that not every scar has to be on show"). Ta compréhension de la force a-t-elle changé en vieillissant ? Que signifiait être forte pour toi à 20 ans, et que signifie-t-il maintenant ?

Delta Goodrem : Absolument. J’adore cette phrase, parce qu’on ne peut pas faire carrière sans comprendre qu’on ne sera pas toujours la coqueluche du moment. Quand tu débutes, tout est excitant, mais il y a des hauts et des bas. Cela fait partie d’une carrière : on ne peut pas être une seule chose, parce que nous sommes humains. Nous avons tellement de facettes.

La Face B : La vie n’est plus linéaire. Autrefois, on pouvait garder le même emploi pendant 40 ans. Aujourd’hui, quel que soit ton métier, les gens changent d’avis et estiment en avoir le droit.

Delta Goodrem : Et la culture change aussi. Ces dernières semaines, j’ai trouvé intéressant de voir émerger une nouvelle tendance : des gens qui disent que c’est cool d’essayer. J’ai été sidérée, mais heureuse, de le voir. J’ai aussi vécu des périodes où l’on trouvait ringard de s’investir. J’ai toujours été quelqu’un qui s’investit, depuis le premier jour. Ma chanson s’appelait littéralement Born to Try. J’ai vu le fait de s’investir passer de mode, puis revenir.

Je pense que c’est aussi ce que veut dire la phrase sur le fait d’avoir été une héroïne et une méchante. Toutes les cicatrices n’ont pas à être exposées. Je n’éprouve pas le besoin de partager le moindre détail. Tant que tu te souviens que tu es une battante et une guerrière, tu n’as pas besoin de l’approbation de tout le monde. Tu sais dans ton cœur que tu es une guerrière, et c’est cela qui compte.

La Face B : Je voudrais parler d’Eclipse, parce que c’est un titre qui semble parfait pour ce moment de ta carrière : l’ombre et la lumière qui se rejoignent, la transformation, le changement et les grands bouleversements dans ta vie. Quand as-tu réalisé que la chanson pouvait représenter plus qu’une simple histoire d’amour ?

Delta Goodrem : J’en ai la chair de poule rien que de t’entendre le dire, parce que je ne m’en étais pas rendu compte sur le moment. Quelque chose m’a attirée vers Eclipse. J’aurais pu choisir plein de chansons pour l’Eurovision, comme moyen de me présenter à nouveau à certains pays et de me représenter auprès de ceux qui me connaissaient déjà bien. J’hésitais vraiment sur le choix de la chanson.

Peu à peu, j’ai compris que, même si Eclipse revenait sans cesse toucher mon cœur, et même si j’ai beaucoup réfléchi à ce choix, elle avait pris aussi un tout autre sens pour moi. Tu as tout à fait raison : je ne pouvais pas le savoir à l’époque. C’est devenu quelque chose de bien plus grand que ce que j’aurais pu rêver, et c’était profondément spécial.


La Face B : Tu as emmené Eclipse du studio d’enregistrement jusqu’à l’une des plus grandes scènes du monde, l’Eurovision. C’est dingue en soi. C’est comme vivre sept vies à la fois !

Delta Goodrem : C’est vraiment dingue !

La Face B : Qu’est-ce que le fait d’interpréter la chanson à Vienne t’a révélé que tu n’avais pas compris quand tu l’as enregistrée ? J’imagine que les émotions sont multipliées par dix, voire par cent, quand on se produit à l’Eurovision.

Delta Goodrem : Une fois que nous nous sommes engagés sur Eclipse, j’y suis allée à fond. Je savais que c’était la chanson. Je voulais des solos de piano, et très tôt nous avons eu l’idée d’émerger du piano et de représenter une éclipse à travers le parcours de la marche sur la scène, presque comme si je traversais une bataille.

J’avais énormément de pensées sur ce que cela signifiait pour moi. Quand j’y repense, ce sera l’un de ces souvenirs qui me rendent émue quand j’en parle. C’est quelque chose que je garderai près de moi et que je chérirai.


La Face B : L’Eurovision doit sembler démesuré. J’ai une amie qui travaille comme directrice de la photographie à l’Eurovision, et elle adore ça. Elle est en larmes chaque fois que le vainqueur est annoncé, parce qu’elle doit capturer ce moment.

Delta Goodrem : C’est tellement spécial à voir. J’ai trouvé que DARA avait été absolument parfaite ; elle est magnifique, et j’ai adoré la soutenir. Tout ce que je voulais, c’était être fière de ce que j’avais fait, et j’ai ressenti tellement d’amour. C’était l’un de ces moments où l’on entre le cœur plein. J’étais prête à le vivre, et je l’ai vraiment adoré.

La Face B : On ne peut pas aborder l’Eurovision à moitié, parce que c’est tellement grandiose.

Delta Goodrem : On ne peut pas y aller à moitié, sinon on a des ennuis !

La Face B : C’est aussi beaucoup une question de narration visuelle : la mise en scène, les vêtements, les lumières et les mouvements.

Delta Goodrem : Chaque décision compte. Il y a un million de décisions à prendre en amont.

La Face B : Ça ne se voit peut-être pas depuis chez soi, mais c’est avant tout une performance. À quel point es-tu impliquée dans la construction de l’univers visuel autour de ta musique à l’Eurovision ? Ton clip d’Eclipse est épique lui aussi, avec son esthétique cinématographique, or et sombre.

Delta Goodrem : J’aurais pu emmener la scène dans cette direction. J’y ai sérieusement pensé, et nous avons discuté de la possibilité de recréer la même ambiance. Mais je voulais quelque chose de plus grand. J’aimais l’idée de ma relation avec le piano, et de surprendre les gens.

La mise en scène a développé son propre parcours. Quand ils nous ont montré la passerelle et envoyé le design de la scène, quelque chose a fait tilt. C’était comme si tout se remettait en place : nous étions là, en mouvement, en élévation. Il y avait dans la lune, le soleil et l’éclipse quelque chose qui sonnait juste.


La Face B : Le clip est une autre forme de narration visuelle : il a été tourné dans le désert australien, alors que la performance a eu lieu sur une scène à Vienne, devant des millions de personnes à la maison. Il a donné aux gens une expression visuelle différente de la même belle histoire. Tu vois ce que je veux dire ?

Delta Goodrem : Oui, tout à fait.

La Face B : Et comme les gens te découvrent, ils devraient aussi connaître ta relation avec le piano. Je n’arrive pas à séparer Delta Goodrem d’un piano. Je t’ai découverte à la télévision quand j’avais une vingtaine d’années, et tu en jouais toujours. Le titre s’est aussi merveilleusement aligné avec l’éclipse solaire de cet été. Si ce n’est pas l’univers qui t’envoie des signes, je ne sais pas ce que c’est !

Delta Goodrem : Je ne l’avais pas prévu non plus.

La Face B : Ce n’était pas dans les pronostics !

Delta Goodrem : Pas du tout. Après avoir choisi Eclipse, nous sommes passés par le processus consistant à décider quand annoncer l’artiste et la chanson. Ils nous ont donné une fenêtre en mars, alors nous avons cherché la date de la prochaine éclipse. Il s’est trouvé que c’était la semaine même où nous faisions l’annonce en Australie. Il y a eu une éclipse totale, et nous avons fait l’annonce la veille, de ce côté-ci du monde. Et tout cela s’est passé dans la même année.

Alors oui, je suis très reconnaissante envers les éclipses. Je n’avais aucune idée que tout cela arriverait.


La Face B : Je trouve ça vraiment chouette. Maintenant, je voudrais parler de Hologram, l’autre face de l’histoire. On dirait la sœur plus sombre et plus tranchante d’Eclipse : une chanson sur le fait de voir à travers les illusions, la fumée et les miroirs, et de voir enfin quelqu’un clairement. A-t-elle été écrite à partir d’une expérience précise, ou reflète-t-elle un moment de lucidité plus général ?

Delta Goodrem : Je crois qu’elle est née du travail, d’une personne que j’ai croisée. Je me souviens d’avoir pensé à l’idée d’un hologramme : quelque chose fait pour un instant. Je me suis dit : « Ça, c’est un hologramme. »

La Face B : C’est une belle image, aussi.

Delta Goodrem : Oui. J’ai vécu ce genre de choses tout au long de ma vie : on m’a présenté des hologrammes et des illusions. J’ai trouvé que c’était une belle façon visuelle de décrire quelque chose que nous avons tous vécu. J’aime aussi le côté espiègle de la chanson, l’idée de quelque chose fait pour un moment avant de passer au prochain hologramme.

La Face B : J’adore l’image de l’hologramme : il paraît réel sous un angle, puis disparaît sous un autre. C’est aussi une métaphore de la célébrité, et de la différence entre la personne que quelqu’un croit que tu es et ce que tu es vraiment. Après avoir passé une si grande partie de ta vie dans une industrie bâtie autour de l’image, penses-tu être devenue meilleure pour distinguer le réel de l’hologramme ?

Delta Goodrem : Oui, je crois. Je l’espère, en tout cas ! Je suis une grosse travailleuse, et je l’ai toujours été. Mais j’ai aussi vu Hologram comme un moyen de laisser s’échapper un peu d’air du ballon après l’intensité de l’Eurovision et d’Eclipse. Je voulais quelque chose qui apporte un peu de légèreté et de confettis, comme pour dire : « Oh, d’accord ! »

La Face B : Passons aux questions des fans, juste pour le plaisir. Quel livre aimerais-tu pouvoir relire comme si c’était la première fois, ou quelle série aimerais-tu pouvoir regarder d’une traite sans savoir ce qui va se passer ?

Delta Goodrem : Une série que je pourrais regarder d’une traite pour la première fois ? Oh là là ! Je regarde tellement de séries ; je suis une vraie accro. Je trouve une série et je m’immerge complètement dans son univers. J’ai regardé The Diplomat, entre autres. J’essaie d’en trouver une comme ça, sur le moment. Je regarde Seinfeld tous les soirs, et j’adore Friends et Seinfeld. Voilà. Et Ma sorcière bien-aimée aussi.

La Face B : Quel personnage fictif viendrait à l’un de tes concerts, Delta ?

Delta Goodrem : Peut-être que j’amènerais Samantha de Ma sorcière bien-aimée, pour qu’elle ajoute un peu de magie.

La Face B : Quelle chanson t’emmène instantanément ailleurs ?

Delta Goodrem : Pour un moment d’émotion, je dirais Both Sides, Now de Joni Mitchell. Et pour m’envoyer sur la piste de danse, Let’s Get Loud de Jennifer Lopez.

La Face B : Y a-t-il une chanson de ton répertoire que tu entends différemment aujourd’hui, à cause de la personne que tu es devenue ?

Delta Goodrem : Je les entends toutes différemment chaque année de ma vie. Je les entends aussi différemment sur scène, quand je vois une chanson à travers les yeux de quelqu’un d’autre ou que je regarde quelqu’un la chanter.

La Face B : Et enfin, quand Pure sortira, qu’espères-tu que les gens retiendront de l’album ?

Delta Goodrem : J’espère qu’ils se sentiront pleins de force et d’inspiration pour sortir vivre leur meilleure vie et la faire arriver.

La Face B : Merci beaucoup pour ton temps, Delta. Ça a été un vrai plaisir de te rencontrer. J’espère te revoir à La Cigale en février 2027.

Delta Goodrem : Merci beaucoup. Profite bien de la campagne. À plus tard. Merci beaucoup. Merci.

La Face B : Merci beaucoup. Au revoir — g’day !

Delta Goodrem : G’day !

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Version en Anglais


La Face B: Hello, Delta. It’s an honour to finally meet you. I lived in the UK for a long time and watched The Voice Australia quite a lot, so I feel as though I grew up with you on my TV screen. I wanted to start with Pure, your eighth studio album, which comes out on 5 February, followed by a global tour. You’ve described Pure as a return to yourself and to the essence of who you are as an artist. After more than two decades of making music, what does “returning to yourself” mean to you now?

Delta Goodrem: That’s so kind! And it’s a great question. This feels very much like a full-circle moment in my life. There’s something auspicious about it, about coming back to this part of the world. The way Eclipse has unfolded, with all the eclipses along the way, has made returning here feel wonderfully positive.

But Pure also came from the feeling that the world is so noisy now, and that there’s so much that can dilute your independent thinking and your sense of self. One part of it is about finding your own mind and finding yourself amid all that noise. I also loved that I’d just got married, so the album was about pure love and the purity of loving somebody so deeply.

The album came to hold lots of different meanings for me. There’s something about the song itself, too: when you hear it, it feels quite bombastic. I like that it represents the craziness of life.

La Face B: Can you describe Pure in your own words? We’ll discover it in February, but if you had to describe the album as a whole, how would you sum it up?

Delta Goodrem: I feel as though all my previous albums have come together in this one. The last album was very stripped back and very piano-led. I was getting back into production, focusing on the sounds themselves and finding a beautiful piano sound.

Before that was *Wings of the Wild*, which was all about pop. I loved the wings, and the way we incorporated strings and key changes. There’s an element of this album that embraces the new landscape of being utterly and truly yourself. That’s what people are being asked to do right now: be authentic. I’ve had chapters in my career when people have told me not to sing so big, or not to do certain things. I don’t think we’re in that era any more.

I’m at a point where, if I want to sing big or do a key change, I can. Nobody is guarding the gates for anyone any more. It’s a bit of a Wild West, so I’m taking advantage of that and making the music I want to make, and enjoying it.

La Face B: You’ve earned that freedom after 20 years of making music. Pure arrives five years after Bridge Over Troubled Dreams. Why did it take that long? Were there lots of other things happening in between, or did Pure develop over that whole period?

Delta Goodrem: You know what? I don’t actually know why the albums seem to come in five-year cycles. The album before that was also five years earlier, and the one before that, too.

La Face B: Maybe you need five years to make an album!

Delta Goodrem: I think I’ll be a little quicker with the next one. But I have a holistic career: I do a lot of music television, which I enjoy and which gives me inspiration, and I might do a theatre show for six months. Looking back over the past five years, as soon as the world opened up again, I wanted to see what was out there. In Australia, we’d been locked down for a good two, nearly three years.

Once the world reopened, we travelled, knocked on doors and started doing shows. We’ve been on the road for five years, whether touring with the Backstreet Boys or Shania Twain, or doing other shows. That naturally meant I wasn’t always in the studio, although I’ve been in and out of it over those five years, as I always am.

La Face B: That’s how you learn, too.

Delta Goodrem: Exactly. If I’ve got nothing to say, I’ve got nothing to write. I suppose I’ve developed a process without realising it, until suddenly another album comes along five years later.


La Face B: What did you discover while making Pure that feels completely new? You said it felt like a moment when everything you’d built up came together. What new things did you learn?

Delta Goodrem: A lot feels new. When you sign to a major label at 14 or 15, you only know that way of life. Since then, I’ve moved through different chapters and eras, including running my own world and starting to produce television shows. We made Christmas with Delta, and stepping into a different role gave me a whole new understanding. It meant I could then step back into an amazing space with Universal.

When you’ve known only one way of life since you were 14 or 15, I really welcomed discovering how every part of the music industry works. Starting Outlet Records was a great learning experience, and I’m proud of what we learned by running it. It gave me a perspective from the other side.

Producing and building that foundation were part of this new era, too. I’ve enjoyed realising that I want to enjoy what I get to do in life, and share it with the people I love. I think that comes through in the music.

But the album also has depth. It reflects the lessons you learn through hardship and challenges. That’s why *Warrior* is such an important song, and a crucial part of the record. It’s about never giving up on anything in life, and remembering that your dreams don’t have an expiry date, as I said on the last album. It’s been lovely to bring all those elements into the music.


La Face B: It’s funny you say that, because I’ve always felt there was a thread running through your music: resilience. From Born to Try and Lost Without You to the latest single Warrior, there’s often a sense of falling, surviving, fighting your way back and refusing to give up. It’s a strong thread in your work. Do you recognise it yourself?

Delta Goodrem: For sure. Absolutely. I understood from day one that my ethos was to empower the listener. As fate would have it, my music and my life didn’t follow a conventional trajectory, and that meant a fighting spirit had to come along with me.

But that doesn’t mean we stop keeping a warm heart. When I need songs to remind me to be courageous, I see it as life giving me the opportunity to write about those feelings and help other people when they need a message telling them that we’re fighters, that we rise and keep going. My journey and my story have become part of my musical ethos. That’s the path I’ve walked, I suppose.

La Face B: You’ve been in the limelight for such a long time, and your music has often been about resilience, pursuing your dreams and being courageous. There’s a line in Warrior about having been both a villain and a hero, and the idea that not every scar has to be on show. Has your understanding of strength changed as you’ve got older? What did being strong mean to you at 20, and what does it mean now?

Delta Goodrem: Definitely. I love that lyric, because you can’t have a career without understanding that you won’t always be the flavour of the month. When you first start, everything is exciting, but there will be ebbs and flows. That’s part of a career: you can’t be just one thing, because we’re human. We have so many layers.

La Face B: Life isn’t linear any more. There was a time when you might have had one job for 40 years. Now, whatever line of work you’re in, people change their minds and feel they’re allowed to.

Delta Goodrem: And culture changes, too. Something I’ve found interesting over the past few weeks is seeing a new trend in people saying that it’s cool to try. I’ve been flabbergasted, but happy, to see that. I’ve also lived through chapters when people thought it was uncool to care. I’ve always been someone who cares; I’ve cared from day one. My song was literally called *Born to Try*. I’ve seen caring go in and out of fashion.

I think that’s what the lyric about having been a hero and a villain means, too. Not every scar has to be on show. I don’t feel the need to share every tiny detail. As long as you remember that you’re a fighter and a warrior, you don’t need everybody’s approval. You know in your heart that you’re a warrior, and that’s what matters.

La Face B: I want to talk about Eclipse, because it feels like a perfect title for this moment in your career: light and shadow coming together, transformation, change and big shifts in your life. When did you realise the song could represent more than just a love story?

Delta Goodrem: I’ve got goosebumps just hearing you say that, because I didn’t realise it at the time. Something drew me to Eclipse. There were lots of songs I could have chosen for Eurovision, as a way of reintroducing myself to some countries and representing myself to those that already knew me well. I was really torn about which song to choose.

Gradually, I realised that although *Eclipse* kept landing on my heart, and I thought about the choice a lot, it had taken on a whole other meaning for me, too. You’re absolutely right: I couldn’t have known that at the time. It became something much bigger than I could have dreamed of, and it was profoundly special.


La Face B: You took Eclipse from the recording studio to one of the biggest stages in the world, Eurovision. That’s wild in itself. It’s like living seven lives at once!

Delta Goodrem: It really is wild!

La Face B: What did performing the song in Vienna reveal to you that you hadn’t understood when you recorded it? I imagine the feelings are multiplied tenfold, or even a hundredfold, when you perform at Eurovision.

Delta Goodrem: Once we committed to Eclipse, I was all in. I knew it was the song. I wanted piano solos, and early on we had the idea of emerging from the piano and representing an eclipse through the journey of walking across the stage, almost as if moving through a battle.

I had so many thoughts about what it meant to me. When I look back on it, it will be one of those memories that makes me emotional when I talk about it. It’s something I’ll keep close and treasure.

La Face B: Eurovision must feel larger than life. I have a friend who works as a director of photography at Eurovision, and she absolutely loves it. She’s in bits every time the winner is announced because she has to capture that moment.

Delta Goodrem: It’s so special to see. I thought DARA absolutely nailed it; she’s beautiful, and I loved supporting her. All I wanted was to feel proud of what I’d done, and I felt so much love. It was one of those moments you enter with a full heart. I was ready to experience it, and I really loved it.


La Face B: You can’t go into Eurovision halfway, because it’s so grandiose.

Delta Goodrem: You can’t go halfway, or you’ll be in trouble!

La Face B: It’s also so much about visual storytelling: the staging, clothes, lighting and movement.

Delta Goodrem: Every decision matters. There are a million decisions to make in the run-up.

La Face B: It might not look like it from home, but it’s a performance first and foremost. How involved are you in building the visual world around your music at Eurovision? Your Eclipse music video is epic, too, with its cinematic, gold-and-dark aesthetic.

Delta Goodrem: I could have taken the video in that direction on stage. I definitely thought about it, and we discussed whether to create the same mood. But I wanted something bigger. I loved the idea of my relationship with the piano, and of surprising people.

The staging developed its own journey. When they showed us the catwalk and sent through the stage design, something clicked. It felt as though it righted itself: we were there, moving and lifting. There was something about the moon, the sun and the eclipse that just felt right.


La Face B: The music video is a different piece of visual storytelling: it was filmed in the Australian desert, whereas the performance was on a stage in Vienna, with millions of people watching from home. It gave people a different visual expression of the same beautiful story. Do you see what I mean?

Delta Goodrem: Yes, completely.

La Face B: And because people are discovering you, they should also know about your relationship with the piano. I can’t separate Delta Goodrem from a piano. I first discovered you on television when I was in my twenties, and you were always playing. The title also lined up wonderfully with this summer’s solar eclipse. If that isn’t the universe giving you signs, I don’t know what is!

Delta Goodrem: I didn’t predict that either.

La Face B: It wasn’t on the bingo card!

Delta Goodrem: Not at all. After we chose Eclipse, we went through the process of deciding when to announce the artist and song. They gave us a window in March, so we looked up when the next eclipse would be. It turned out to be the very week we were announcing it in Australia. There was a full eclipse, and we made the announcement the day before it happened on this side of the world. And it’s all happened within the same year.

So yes, I’ve been very grateful for the eclipses. I had no idea any of that would happen.

La Face B: I think it’s really cool. Now I want to talk about Hologram, the other side of the story. It feels like the darker, sharper sister of Eclipse: a song about seeing through illusions and smoke and mirrors, and finally seeing someone clearly. Was it written about a specific experience, or does it reflect a broader moment of clarity?

Delta Goodrem: I think it came through work, through someone I crossed paths with. I remember thinking about the idea of a hologram: something made for a moment. I thought, ‘This is a hologram.’

La Face B: It’s a lovely image, too.

Delta Goodrem: Yes. I’ve experienced that kind of thing throughout my life: being presented with holograms and illusions. I thought it was a beautiful visual way to describe something we’ve all experienced. I also like the cheekiness of the song, the idea of something made for a moment before moving on to the next hologram.

La Face B: I love the image of a hologram: it looks real from one angle, then disappears from another. It’s also a metaphor for fame, and the difference between the person someone thinks you are and who you really are. After spending so much of your life in an industry built around image, do you think you’ve become better at spotting the difference between the real thing and the hologram?

Delta Goodrem: Yes, I think so. I hope so, anyway! I’m a hard worker, and I always have been. But I also saw *Hologram* as a way to let some air out of the balloon after the intensity of Eurovision and *Eclipse*. I wanted something that brought a little lightness and confetti, almost like saying, ‘Oh, okay!’

La Face B: Let’s do the fan questions now, just the trivia. What book would you love to read again for the first time, or what TV series would you love to binge-watch again without knowing what happens?

Delta Goodrem: A TV series I could binge for the first time? Gosh! I watch so many shows; I’m a real TV binger. I’ll find a series and completely immerse myself in its world. I’ve watched The Diplomat, among others. I’m trying to think of one off the top of my head. I watch *Seinfeld* every night, and I love Friends and Seinfeld. There you go. And Bewitched, too.

La Face B: Which fictional character would come to one of your shows, Delta?

Delta Goodrem: Maybe I’d bring Samantha from Bewitched, so she could add a little magic.

La Face B: What song instantly takes you somewhere else?

Delta Goodrem: For an emotional moment, I’d say Both Sides, Now by Joni Mitchell. And to get me onto the dance floor, Let’s Get Loud by Jennifer Lopez.

La Face B: Is there a song in your catalogue that you hear differently now because of the person you’ve become?

Delta Goodrem: I hear them all differently every year of my life. I hear them differently on stage, too, when I see a song through someone else’s eyes or watch someone singing it.

La Face B: And finally, when Pure comes out, what do you hope people will take away from the album?

Delta Goodrem: I hope they feel empowered and inspired to go out, live their best life and make it happen.

La Face B: Thank you so much for your time, Delta. It’s been really lovely to meet you. I hope I’ll see you at La Cigale in February 2027 so we can meet again.

Delta Goodrem: Thank you so much. Enjoy the countryside. See you later. Merci beaucoup. Merci.

La Face B: Thank you very much. Au revoir — g’day!

Delta Goodrem: G’day!


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