Interviews
Rencontre avec Florence Road

On a rencontré Florence Road à Rock en Seine. Après avoir suivi leurs clips et découvert leur EP Spring Forward, c’est un peu comme si on connaissait déjà ce jeune groupe irlandais plein de peps, de guitares et de girl power. Entre énergie grunge, harmonies et morceaux plus intimes, les quatre musiciennes avancent avec une belle liberté, sans jamais se prendre trop au sérieux.
Au fil de cette conversation, Florence Road nous parle de cette complicité qui nourrit leur musique, de Spring Forward, de Hanging Out To Dry, de leur futur premier album et de leur envie de continuer à explorer toutes les facettes de leur univers. Une rencontre spontanée et joyeuse, à l’image d’un groupe qui n’a clairement pas fini de nous surprendre.
Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram
« On veut que les gens prennent ce qu’ils ressentent de notre musique et qu’ils se créent leur propre histoire avec nos chansons. » Lily Aron, Florence Road
La Face B : Bonjour Florence Road. Vous avez commencé vers 12 ans, en jouant ensemble à l’école, et aujourd’hui vous avez partagé la scène avec Olivia Rodrigo, Sombr, Wolf Alice, The Last Dinner Party, sur des scènes immenses. Quand vous repensez à ce parcours, y a-t-il un moment où vous vous dites encore : Mais comment est-ce qu’on en est arrivées là ?
Hannah Kelly : Je crois que lorsque nous avons appris que nous allions assurer la première partie d’Olivia Rodrigo, nous sommes toutes tombées par terre et nous n’avons pas réussi à nous relever pendant très longtemps. Rires. Mais tout le reste a été une très belle progression, sans jamais avoir l’impression que les choses allaient trop vite. Parce que si nous avions commencé à jouer ensemble à l’école et que, dès l’année suivante, nous nous étions retrouvées à faire d’immenses concerts, ça aurait été complètement fou. Mais je crois que nous nous sommes senties prêtes à chaque étape.
La Face B : Une ascension progressive. Vous êtes aussi amies depuis très longtemps. Le fait d’avoir grandi ensemble a-t-il rendu le groupe plus fort, surtout maintenant que les choses ont pris une tout autre ampleur et sont devenues plus sérieuses ?
Lily Aron : Oui, définitivement. Je pense que le fait d’être aussi proches nous a vraiment aidées à traverser certaines conversations difficiles et des moments plus compliqués, ou même simplement les longues journées de voyage. Nous arrivons toujours à trouver le côté amusant des choses, et nous sommes toujours capables de rire et de nous amuser ensemble en tant qu’amies.
Hannah Kelly : Hier, nous avons passé 24 heures dans le bus et je pensais que ça allait être déprimant, mais en fait nous avons passé un super moment toutes ensemble.
Florence Road : Rires.
La Face B : C’est bien. Et vous avez encore un long trajet en bus pour aller à Reading après Rock en Seine.
Hannah Kelly : Oui, oui, oui.
Lily Aron : Vive les voyages.
La Face B : Je pense qu’il faut presque être comme des sœurs. Il faut avoir ce rapport de fratrie pour passer autant de temps ensemble. J’ai rencontré des groupes qui voyageaient dans de petits vans et chacun conduisait à tour de rôle. Il faut donc être très proches et avoir une confiance absolue les unes envers les autres. Mais je trouve aussi ça chouette de vivre tout ça ensemble. C’est quelque chose que vous vivez ensemble quand tout prend de l’ampleur, et que vous pouvez célébrer tout ça.
Je voulais parler de Spring Forward, parce que musicalement, ça ressemble à un véritable pas en avant par rapport à Fall Back. Il y a beaucoup de confiance dans l’écriture, davantage d’espace pour montrer différentes facettes de votre musique et de vos personnalités. Qu’est-ce que vous pensez avoir découvert sur Florence Road en faisant cet EP ?
Emma Brandon : Déjà, merci.
Lily Aron : C’est une très bonne question. Je pense que nous découvrons constamment de nouvelles choses sur nous-mêmes et que nous évoluons sans arrêt en tant qu’autrices-compositrices et musiciennes. J’ai l’impression que chaque jour, chaque concert que nous faisons et chaque chanson que nous écrivons nous fait progresser d’une manière ou d’une autre.
Je pense qu’il faut toujours chercher à devenir une meilleure autrice-compositrice. Il n’y a pas de but ultime. C’est comme ça que j’aime voir les choses. J’apprends constamment, je change constamment, j’évolue constamment.
Donc oui, il y a clairement une progression entre Fall Back et Spring Forward. Même dans l’interprétation des morceaux enregistrés, je peux l’entendre : nous sommes davantage en harmonie les unes avec les autres. Pas que nous ne l’étions pas sur Fall Back, mais nous sommes simplement un peu plus matures.









La Face B : Oui, et vous jouez aussi ensemble depuis tellement longtemps que vous vous connaissez instinctivement. Je pense que ça s’entend. Les quatre chansons de cet EP explorent différentes formes d’amour : tomber amoureuse, les relations compliquées, le chagrin d’amour, le manque de quelqu’un. Première question : pourquoi cet univers est-il devenu celui de Spring Forward ? Et est-ce que vous vouliez consciemment que les quatre chansons se répondent ?
Lily Aron : Oui, je pense que, évidemment, nous avons toutes écrit les chansons séparément. Et lorsque nous avons commencé à construire l’EP, elles semblaient naturellement trouver leur place dans cet univers. C’est presque comme une progression linéaire d’une relation qui tourne mal, ce qui n’est absolument pas la façon dont nous les avons écrites, mais la manière dont elles se sont assemblées est vraiment belle.
Et je pense que c’est quelque chose dont nous parlerons toujours : l’amour, les relations et la vie sont des thèmes tellement universels. C’est quelque chose que nous vivons toutes et que tout le monde traverse dans sa vie. Ça nous a donc semblé être la bonne décision de réunir ces quatre chansons sur l’EP.
La Face B : Comment écrivez-vous ensemble ? Comment composez-vous ensemble ?
Lily Aron : Ça change tout le temps, et c’est justement ce qui est vraiment amusant.
Hannah Kelly : Oui, parfois nous avons écrit des chansons dans le jardin de Lily. Nous avons fait des sessions d’écriture avec des gens à Londres, à Los Angeles. Lily arrive avec des paroles ou une mélodie, ou quelqu’un apporte une partie de guitare, puis nous nous mettons toutes à jammer dessus. Ça arrive donc très rarement deux fois de la même manière, et je trouve ça très amusant.
La Face B : Donc ça signifie que vous pouvez parfois chanter les mots de quelqu’un d’autre, raconter l’histoire de quelqu’un d’autre.
Lily Aron : Oh oui, définitivement. Nous sommes inspirées par les personnes qui nous entourent, mais aussi par les gens que nous croisons dans la rue, par un livre ou un film. Beaucoup de chansons que nous écrivons sont personnelles et viennent d’expériences personnelles, mais certaines sont inspirées par la vie qui nous entoure.
La Face B : Et donc, elles deviennent universelles. Hanging Out To Dry. J’ai fait la chronique du clip. Ça m’a vraiment ramenée en arrière. C’était très MTV, avec ce rooftop. Je me suis dit : Ramenez-moi là-bas. Aller simple.
Florence Road : Rires et cris d’excitation.
La Face B : Et c’était vraiment l’énergie Florence Road à l’état pur. Les grosses guitares, l’urgence, quelque chose de très explosif dans le morceau. Vous devez vous éclater dans le métro new-yorkais. Alors, qu’est-ce qui se passe avec cette chanson quand vous la jouez en live ?
Emma Brandon : C’est marrant parce que nous ne l’avions jamais jouée en live avant de la sortir. C’était donc un peu la première fois que nous jouions une chanson que les gens connaissaient immédiatement, et c’était vraiment cool. Et c’est tellement fun. Lily a un micro sans fil, ou plutôt elle ne joue pas de guitare pendant ce morceau, donc elle peut courir partout. On peut la voir absolument partout.
Elle va dans la fosse. C’est vraiment très fun. C’est clairement l’un de nos morceaux préférés à jouer en ce moment.
La Face B : Je pense que c’est un des morceaux préférés du public, mais aussi le vôtre parce qu’il possède vraiment cette énergie explosive, très début des années 2000 : les guitares grunge, le refrain, les harmonies, cette tension très explosive, comme je le disais. Et le clip est très fun. D’où vient ce son ? Est-ce que c’est simplement sorti comme ça ?
Lily Aron : Oui, honnêtement, c’est simplement né d’une sensation. Nous ne nous sommes pas dit : Allez, on va écrire un gros morceau nostalgique des années 2000. C’était juste… les parties de guitare étaient jouées.
Je crois que c’était toi, Hannah, qui la jouais. Et puis j’ai simplement… Oh, c’était Emma qui jouait, pardon. Pire mémoire du monde. Et j’ai chanté le refrain exactement comme il est aujourd’hui, littéralement avec les paroles et tout. Je pense que nous avons fait quelques petites modifications, mais c’est vraiment venu de l’intérieur. Je ne sais pas d’où, je ne sais pas pourquoi, mais c’est simplement sorti comme ça.
La Face B : Il y a aussi une vraie urgence dans le morceau. C’est presque un peu hymnique, vous voyez.
Emma Brandon : C’était chouette parce que c’est littéralement né d’un jam. Il n’y avait vraiment aucun processus de réflexion derrière. Nous étions simplement en train de jouer et tout le monde tapait et jouait sur des trucs.
La Face B : C’était juste de la rage qui sortait. C’est bien.
Hannah Kelly : Et pour le clip, petite anecdote : il n’y avait pas d’ascenseur dans l’immeuble. Nous avons donc dû monter tout le kit de batterie, tous les micros, les guitares, sept étages à pied.
La Face B : C’est drôle parce que maintenant que vous mentionnez le clip… Il a été tourné à New York le jour de votre tout premier concert là-bas. On a donc vraiment l’impression que c’est une extension visuelle de l’énergie que vous aviez ce jour-là. Et maintenant vous me dites que vous avez dû… Ouais, allez, on va évacuer un peu de pression. Il faut monter tout en haut. La caméra à l’épaule, légèrement brute, cette sensation MTV des débuts des années 2000, comme je le disais. Qu’est-ce que vous vouliez que le clip raconte sur la chanson ? Quelque chose que la chanson elle-même ne disait pas, ou quelque chose de complètement différent, avec ce côté grungy, amusant, vous voyez, cette vibe ?
Lily Aron : Je pense que le fait d’être sur le rooftop, avec le soleil qui se couche, et simplement de jouer ensemble, ça me procure vraiment énormément de joie. En tout cas, à moi, lorsque je regarde le clip aujourd’hui.
Et je pense que ça fonctionne bien avec la chanson parce que, si tu l’écoutes sans un joli visuel, c’est quand même un peu triste. Mais l’associer à un clip lumineux, grungy, amusant, je trouve que c’est un très joli contraste avec la chanson.
La Face B : On ressent dans le clip l’énergie que vous avez, cette énergie sonore, justement. Et puis il y a Rabbits Can Swim, qui est presque à l’opposé.
Hannah Kelly : Oui, je sais.
La Face B : Intime, vulnérable, dépouillé. Était-ce important pour vous de montrer que Florence Road ne se résume pas aux guitares et à l’énergie, ou est-ce qu’on pourrait voir davantage de cette facette sur votre futur album ?
Lily Aron : Oui, définitivement. Je pense qu’un morceau comme Rabbits Can Swim, c’est quelque chose que nous ferons toujours. Nous écoutons énormément de styles de musique différents, des choses qui ressemblent à Rabbits Can Swim et d’autres qui sont plus rock. Donc je pense que ça a simplement du sens pour nous de faire les deux, et d’avoir les deux.
Je pense que nous voulions vraiment le mettre sur l’EP pour équilibrer, en quelque sorte, les morceaux plus bruyants.
La Face B : Ça montre aussi une palette plus large, dans les histoires que vous racontez. Et pour terminer, je voulais parler du nouveau single 7563 que vous venez de sortir. Vous travaillez donc sur votre premier album. Vous avez déjà un nom ? Est-ce que vous avez enfin trouvé à quoi il allait ressembler ?
Hannah Kelly : On y travaille encore, oui. Avec les EP, nous avons énormément appris. Avec Rabbits Can Swim, notamment, nous avons compris qu’il ne fallait pas avoir douze chansons qui vous frappent au visage en permanence, qui soient super bruyantes, mais qu’il fallait aussi créer cette dynamique. Et je pense que c’est quelque chose que nous avons vraiment hâte de développer sur l’ensemble de l’album.














La Face B : Comme une narration cohérente. Maintenant, j’ai envie que les gens découvrent votre univers. Alors amusons-nous un peu. Si un personnage de fiction venait à votre concert, qui serait là ? Qui serait fan de Florence Road ?
Lily Aron : C’est une question géniale. Je pourrais dire… Je ne sais pas pourquoi la première personne à laquelle j’ai pensé, c’est Hermione Granger. Je ne sais vraiment pas pourquoi.
Emma Brandon : Oh, j’adore. Parce que je peux vraiment l’imaginer en train de se lâcher complètement. J’ai l’impression qu’elle ne se laisserait aller que pendant notre concert.
Hannah Kelly : Oui. Et puis, nous regardons tellement Grey’s Anatomy en ce moment. Je ne sais pas.
La Face B : Christina Yang.
Hannah Kelly : Oui, elle est badass. Elle ferait semblant de ne pas aimer ça, mais…
La Face B : Elle ne bougerait pas, mais ses pieds bougeraient. Vous aviez décrit un jour que voir Kings of Leon, c’était « une bière à la main et une larme dans les yeux ».
Florence Road : Cris ! Non ! C’est notre citation préférée !
La Face B : Si vous deviez décrire Florence Road aujourd’hui de la même manière, qu’est-ce qu’il y aurait dans vos mains ? Et dans vos yeux ?
Lily Aron : Oh, je suis obsédée par cette question. Une étincelle dans les yeux.
Une étincelle dans mes yeux. Une étincelle dans nos yeux. Et peut-être… Qu’est-ce que j’ai dans la main ? Une bière ?
Emma Brandon : J’adorerais dire une bière dans ma main, mais il faut que ce soit autre chose. Il faut que ce soit… Ça pourrait être de la vodka.
Lily Aron : Non, non, non, non. Je pense qu’il faut voir plus grand. Je pense qu’on devrait dire…
La Face B : Du champagne ?
Florence Road : Wouuuuuh !
La Face B : Comment on dit ça en irlandais ? Champa-g-ne ? J'ai passé beaucoup de temps en Irlande, à Barrow Street chez Google, donc j’y étais tous les mois. Et ma dernière question : il y a un moment dans chaque parcours où les gens commencent à découvrir un nouveau groupe pour la première fois. Pour toutes celles et ceux qui vont découvrir Florence Road à Rock en Seine aujourd’hui, qu’aimeriez-vous qu’ils ressentent ? Et qu’aimeriez-vous qu’ils emportent avec eux en quittant votre concert ?
Lily Aron : J’espère que les personnes présentes à Rock en Seine emporteront avec elles ce qu’elles ressentent à travers notre musique. Parce que j’ai l’impression qu’elle peut être interprétée de plein de façons. Et j’aimerais vraiment que les gens s’approprient nos chansons et aient leur propre histoire avec elles. Et si elles peuvent danser et passer un bon moment, ce serait évidemment merveilleux aussi.
La Face B : Merci beaucoup. C’était un plaisir.
Florence Road : Merci à toi.
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Version en Anglais
La Face B: Hello Florence Road. So you started when you were about 12, playing together at school, and now you've played with Olivia Rodrigo, sombr, Wolf Alice, The Last Dinner Party, on some huge stages. When you look back at that journey, is there one moment where you still think, How did we get here?
Hannah Kelly: I think when we first found out that we were opening for Olivia Rodrigo, we all fell over and didn't get up for a very long time. Laughs. But everything else has been a really beautiful progression in a way that's never felt too hectic. Because I think if we started playing in school together and then the next year we were doing massive shows, it would have been crazy. But I think we felt very prepared every step of the way.
La Face B: Very progressive. You've also been friends for so long. Has growing up together actually made the band stronger, especially when things have become much bigger, on a much bigger scale and more serious?
Lily Aron: Yeah, definitely. I think the fact that we are such good friends has 100% helped us through some difficult conversations and harder times, or even just long travel days. We still find the fun in stuff and we're still able to have a laugh and have fun as friends.
Hannah Kelly: We spent 24 hours on the bus yesterday and I thought it would be so sad, but we actually had a wonderful time together.
Florence Road: Laughs.
La Face B: That's good. And you've got another bus journey to go to Reading after that.
Hannah Kelly: Yeah, yeah, yeah.
Lily Aron: Bring on the travel.
La Face B: I think you need to be sister-like. You have to be sibling-like to spend that much time together. I've met bands that were on little vans and each one of them was the driver at some point. So you have to be close and trust wholeheartedly. But I think it's nice to live the same thing together as well. It's overwhelming, but it's overwhelming together when it gets big and you celebrate all that.
I wanted to talk about Spring Forward because it feels musically like a real step forward from Fall Back. There's a lot of confidence in the songwriting, much more space to show different sides of you musically and as individuals. So what do you think you've discovered about Florence Road while making this EP?
Emma Brandon: First of all, thank you.
Lily Aron: That's a really good question. I think we're constantly discovering stuff about ourselves and constantly evolving as songwriters and musicians. I feel like every single day, every performance that we do and every song that we write betters us in a way.
I feel like you should always keep striving to become a better songwriter. There is no end goal. That's how I like to think about it. I'm always learning and I'm always changing and always evolving.
So definitely there is a progression from Fall Back to Spring Forward. I think even in the performance of the recorded tracks, I can just hear it — that we sound more in tune with each other. Not that we weren't on Fall Back, but we're just a bit more mature.
La Face B: You've also been playing together for so long, and you know each other instinctively. I think it shows as well. So the four songs that you explore on this EP look at different forms of love: falling in love, complicated relationships, heartbreak, missing someone. First question: why did that become the world of Spring Forward? And did you consciously want the four songs to speak to each other?
Lily Aron: I feel like because we obviously wrote all the songs separately, and then when we were putting this EP together, they kind of made sense in that world. It's almost like a linear progression of a relationship going bad, which isn't the way that we wrote it, but the way that it came together like that is really beautiful.
And I feel like it's something that we will always write about — love and relationships and life in that way is such a common theme. It's something that we all go through and everyone goes through in life. So it just felt like the right decision to put all those four songs together on the EP.









La Face B: How do you write together? How do you compose together?
Lily Aron: It changes all the time, which is what's really fun.
Hannah Kelly: Yeah, sometimes we've written songs in Lily's back garden before. We've done writing sessions with people in London, Los Angeles. Lily will bring lyrics or a melody, or a guitar part will be brought in, and then we just jam it out together. So it very rarely happens twice the same way, which I think is very fun.
La Face B: So it means that you might sing someone else's words, like someone else's story.
Lily Aron: Oh yeah, I mean, definitely inspired by the people in our lives and even the people that we pass on the street, or a book or a movie. Definitely, a lot of the songs we write are personal and based on personal experiences, but there are some that are inspired by the life around us.
La Face B: And all universal. Hanging Out To Dry. So I did the review of the music video. It brought me back, seriously. It was very MTV, like rooftop. I was like, Take me back. One-way trip.
Florence Road: Laughs and screams with excitement.
La Face B: And so it was really pure Florence Road energy. You have the big guitars, the urgency, something quite explosive about the content. You must have a ball being in the New York Metro. So what happens to that song when you play it live?
Emma Brandon: It's a fun one because we hadn't played it live before we released it. So it was kind of the first time that we played a song and people just knew it off the bat, which was quite cool. And it's so fun. Lily has a wire, or she's not playing guitar during it, so she gets to run around. We get to see her all over the place. She'll go into the pit. Like, it's just really fun. It's definitely a favourite to play at the minute.
La Face B: I think it's a favourite for the audience, but a favourite for you because it really has this early-2000s energy — in the grunge guitars, in the chorus, in the harmonies, very explosive tension. And the music video is very fun. Where did that sound come from, also? Were you consciously looking back at that era when you made it, or was it just like you created it that way?
Lily Aron: It was honestly just born from the feeling. We didn't go in being like, Let's write it like a nostalgic 2000s banger. It was, you know, the guitar parts were being played. I think Hannah, you were playing it. And then I just genuinely — oh, Emma was playing, sorry. Worst memory ever. And I honestly sang the chorus exactly how it is now, like literally the lyrics and everything. I think we made a few small tweaks, but it literally just came from within me. I don't know where, I don't know, but it kind of just flowed out.
La Face B: There's an urgency in the piece as well. It feels a bit anthemic, you see.
Emma Brandon: It was nice because it was literally just born from a jam. There was no thought process really with it at all. We just were playing and everyone was smashing things and playing things.
La Face B: It was just some rage coming out. That's good.
Hannah Kelly: Also, with the video, it was a fun fact: there was no elevator in the building. So we had to carry up the full drum kit, full microphones, guitars, up seven flights of stairs.
La Face B: It's quite funny because now you mention the music video. So the music video was shot in New York the day of your first show there. So it feels like a visual extension of your energy that day. So now you tell me that you had to — yeah, let's get some steam off. You have to go all the way up.
The handheld camera, slightly raw, as I said, early-MTV feeling. What did you want the video to say about the song? Something that the song itself didn't do or didn't say, or did you want something completely different, like a fun kind of grungy, well, you know, like this kind of vibe?
Lily Aron: I think being on the rooftop and the sun setting and, you know, us just playing genuinely just brings so much joy, I think, to me anyway, when I look back and watch the music video.
And I think it kind of goes nicely with the song because, you know, if you listen to it without a nice, pretty visual and, you know, a nice colour grade, it's kind of a bit sad. But pairing it with a bright, grungy, you know, fun music video, I think is a really nice kind of juxtaposition of the song.
La Face B: We felt the energy on the video that you have, like the sonic, you know, energy. And then you have Rabbits Can Swim, which is almost like the opposite.
Hannah Kelly: Yes, I know.
La Face B: Intimate, vulnerable, you know, stripped back. Was it important for you to show that Florence Road isn't just about guitars and energy, or could we see more of that on the future album?
Lily Aron: Yeah, definitely. I think having a song like Rabbits Can Swim is something that I think we'll always do. We listen to a wide range of music, music that sounds like Rabbits Can Swim and then music that's more rocky. So I think it just makes sense for us to kind of do both and have both.
I think we definitely wanted to put it on the EP to kind of balance out, you could say, the kind of louder stuff.
La Face B: It shows a larger palette as well, the stories that you tell us. And then the last one is about the new single that you released. So you're working towards your debut album. Did we have a name for that? Do you feel like you've finally figured out what it's going to sound like?
Hannah Kelly: Still working on it, yeah. From the EPs, we've learned so much about, like, with Rabbits Can Swim, not having 12 songs that are just punching you in the face all the time, super loud, and having that dynamic in it. And I think that's something we're really looking forward to working on entirely.





La Face B: Like a cohesive storytelling. Now I want people to know about your universe. So let's have some fun. If a fictional character would come to your show, who would be there? Who would be a Florence Road fan?
Lily Aron: This is an amazing question. I mean, we could do... I don't know why the first person I thought of was Hermione Granger. I don't know why.
Emma Brandon: Oh, and I love that. Because I feel like I could see her rocking out.
I feel like she'd only let loose at our concert.
Hannah Kelly: Yeah. Also, we've been watching so much Grey's Anatomy. I do.
La Face B: Christina Yang.
Hannah Kelly: Yeah, she's badass. She would pretend that she didn't enjoy it, but like...
La Face B: She wouldn't move, but her feet would move. Once you described seeing Kings of Leon as “a beer in your hand and a tear in your eye.” I love that. If you had to describe Florence Road right now in the same way — what would be in your hands, and what would be in your eyes?
Florence Road: Screaming! No way! That's our favourite quote.
La Face B: If you had to describe Florence Road right now in the same way, what would be in your hands? What would be in your eyes?
Lily Aron: Oh, I'm obsessed with that question. A twinkle in your eyes. A twinkle in my eye. A twinkle in your eye. And maybe... What's in my hand? A beer? My best friend. I think maybe...
Emma Brandon: I'd love to say beer in my hand, but it needs to be something else. It needs to be... It could be vodka.
Lily Aron: No, no, no, no. I think we should do bigger. I think we should do like...
La Face B: Champagne?
Florence Road: Whooooo!
La Face B: How do you say it in Irish? Champa-g-ne? I spend a lot of time in Ireland. I used to work in Barrow Street at Google, so I was there every month. And my last question is that there's a moment in every journey when people start discovering new bands for the first time. For everyone seeing Florence Road at Rock en Seine today, what do you hope they'll feel, and what do you hope they carry with them when they leave your show?
Lily Aron: I hope that the people of Rock en Seine take whatever it is that they feel from our music. You know, because I feel like it's very interpretable. And, you know, I would love for people to take our songs and have their own story with it.
And if they could dance and enjoy themselves, hopefully that would also be lovely too.
La Face B: Well, thank you very much. It's been a pleasure.
Florence Road: Thank you so much.