Rencontre avec Grant Haua

La Face B a rencontré Grant Haua, la moitié néo-zélandaise du duo Atua Blues, à l’occasion de la sortie de Two Roots, premier album partagé avec David Noël, alias Feelgood Dave, chanteur des SuperSoul Brothers. Entre souvenirs de Memphis, racines māories, amour viscéral du blues et influences profondément kiwi, Grant Haua se livre avec simplicité et sincérité sur la genèse de ce projet franco-néo-zélandais, sur l’écriture à distance et sur cette évidente complicité artistique qui relie deux musiciens séparés par des milliers de kilomètres.

Une interview fluide et chaleureuse, à l’image d’un blues moderne, ouvert, teinté de soul et de rock, qui se joue des frontières pour raconter des histoires humaines et universelles. Atua Blues est un projet totalement atypique et résolument fédérateur, que nous avions à cœur de vous faire découvrir, tant il rappelle une chose essentielle : où que l’on vienne, on parle tous la même langue — celle de la musique.

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« Tu peux rencontrer quelqu’un de n’importe quelle culture, n’importe où, et si vous partagez les mêmes idées, vous pouvez construire un pont. La musique, c’est ce lien-là. » Grant Haua

La Face B : Kia ora Grant, comment vas-tu aujourd’hui ?

Grant Haua : Je vais très bien, merci beaucoup.

La Face B : Je suis très heureuse de te rencontrer. J’ai écouté ton magnifique album et j’aimerais commencer par l’origine de ta collaboration avec David. Vous avez rejoint le même label à peu près au même moment. Quand as-tu découvert son univers musical pour la première fois, et qu’est-ce qui t’a touché immédiatement ?

Grant Haua : Tout a commencé par une présentation faite par André, l’un des propriétaires du label, Dixiefrog Records. Il a organisé une rencontre entre David et moi. David, m’a ensuite invité à un concert à Bordeaux, au Thélonious. Après ça, il m’a dit : « Écoute mec, pourquoi tu ne viendrais pas faire un CD avec tes chansons ? » Alors on l’a fait, et ça a très bien fonctionné. C’était il y a deux ou trois ans. On avait ça dans un coin de la tête, l’idée de faire un album ensemble. Et quelques années plus tard, nous voilà là : le CD est terminé et on en est très contents.

La Face B : À quel moment as-tu réalisé que cette collaboration ponctuelle pouvait devenir un véritable projet ?

Grant Haua : Je ne le savais pas vraiment sur le moment, mais je savais que c’était cool. On prenait du plaisir, et quand tu t’amuses sur scène, c’est quelque chose qui mérite d’être exploré.
C’était naturel. Ce n’était pas compliqué, ce n’était pas comme essayer de faire entrer un carré dans un cercle. C’était facile.

La Face B : Parlons de Memphis et de l’International Blues Challenge. Comment cette expérience a-t-elle influencé l’identité ou la direction d’Atua Blues ?

Grant Haua : Memphis est une ville incroyablement musicale. Pas seulement à cause de l’IBC, mais aussi parce qu’on y a rencontré beaucoup de musiciens locaux qui y travaillent. Il y a une vraie vibe blues americana, que David et moi adorons.
Cette ville nous a un peu imprégnés. Les chansons étaient déjà écrites avant d’y aller, mais Memphis les a affinées, leur a donné plus de cohérence. Ça les a vraiment fait mûrir.

La Face B : Le blues est profondément ancré dans l’histoire américaine. Jouer là-bas a dû être très fort pour toi.

Grant Haua : Oui, clairement. C’est un peu le berceau de cette musique, donc ça avait presque quelque chose de spirituel pour nous.

La Face B : Atteindre les demi-finales avec votre propre chanson, qu’est-ce que cela t’a révélé sur la dimension universelle de votre projet avec David ?

Grant Haua : Même si on joue du blues, on y met vraiment qui nous sommes. Nos personnalités sont dans les chansons. Je pense que les gens l’ont ressenti.
Un gars vient de Nouvelle-Zélande, l’autre de France, on ne peut pas faire beaucoup plus opposé géographiquement. Je crois que ce contraste a intrigué. Et puis bon, on est plutôt bons dans ce qu’on fait. C’est un mélange assez impressionnant.

La Face B : Vous venez de deux cultures très différentes. Quels parallèles inattendus as-tu découverts entre la Nouvelle-Zélande et l’Occitanie, ou la France en général ?

Grant Haua : Honnêtement, la première fois que je suis allé là-bas, ça ressemblait énormément à l’endroit où j’ai grandi en Nouvelle-Zélande. Des pâturages, la mer, des moutons partout, une vraie culture du rugby.
Ça m’a bluffé de voir que David vivait dans un environnement presque identique au mien, à l’autre bout du monde. Si je devais m’installer en France, ce serait probablement en Occitanie ou au Pays basque.

La Face B : C’est drôle quand l’autre bout du monde te donne l’impression d’être chez toi.

Grant Haua : Oui, même la mer ressemblait à notre côte.

La Face B : Travailler avec quelqu’un issu d’une culture si éloignée, comment cela a-t-il renforcé ta conviction que la musique n’a pas de frontières ?

Grant Haua : Le fait qu’on ait accroché immédiatement en est la preuve. On partageait l’amour du blues et de la soul, mais au-delà de ça, on s’est simplement connectés.
Ça montre que tu peux rencontrer quelqu’un de n’importe quelle culture, n’importe où, et si vous partagez les mêmes idées, vous pouvez construire un pont. La musique, c’est ce lien-là.

La Face B : Quelles ont été tes premières influences musicales en grandissant en Nouvelle-Zélande, et lesquelles résonnent encore aujourd’hui dans ton travail ?

Grant Haua : Je viens d’une famille très musicale. Mon grand-père jouait du saxophone, du piano, de la guitare, et il chantait très bien. Mes oncles jouaient aussi.
Ma mère adorait les chanteurs soul comme Sam Cooke, Otis Redding, Wilson Pickett. Cette musique passait tout le temps à la maison. Quand tu es enfant, ça s’imprègne en toi.
Mon père, lui, écoutait du rock, comme Free et le rock britannique. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai eu le meilleur des deux mondes.

La Face B : Y a-t-il des musiciens de blues ou des auteurs-compositeurs qui ont façonné ton approche de la guitare ou du phrasé ?

Grant Haua : Le premier album que j’ai acheté avec mon propre argent, c’était Texas Flood de Stevie Ray Vaughan. J’avais 13 ans, j’avais économisé tout mon argent gagné en tondant des pelouses.
Stevie m’a vraiment ouvert au blues. Ensuite, tu remontes le fil jusqu’à Buddy Guy. Je l’ai vu en concert il y a quelques années, et son phrasé est incroyable. Il peut tenir une seule note et captiver toute une salle.

La Face B : En dehors du blues, y a-t-il eu des inspirations inattendues ?

Grant Haua : Il y a un gars chez nous qui s’appelle Prince Tui Teka. Un grand gaillard, très drôle, presque un comédien sur scène, mais musicalement redoutable.
J’ai toujours aimé les auteurs-compositeurs aussi, comme Bob Dylan. Plus récemment, j’aime beaucoup Hozier. Il écrit de très belles choses.

La Face B : Marlon Williams est aussi très important en Nouvelle-Zélande, notamment avec son album en langue māorie.

Grant Haua : Oui, c’est un musicien très sincère, très beau. Cet album marche vraiment très bien chez nous.

La Face B : Parlons du nom Atua Blues. Atua signifie “Dieu” en māori. Comment l’avez-vous choisi ?

Grant Haua : C’est une idée de blues spirituel. C’était l’angle qu’on voulait explorer.

La Face B : Y a-t-il un artiste ou une figure māorie qui t’a profondément influencé ?

Grant Haua : Howard Morrison. Il était énorme dans les années 60 et 70. Il nous a quittés, mais il a laissé un vide immense dans la musique néo-zélandaise.
J’ai joué avec ses frères, ses neveux, ses nièces. Il m’a probablement plus influencé que quiconque dans la façon d’intégrer l’identité māorie dans la musique.

La Face B : Comment commencez-vous généralement l’écriture d’une chanson avec David ?

Grant Haua : Ça dépend. Certaines chansons, je les ai écrites seul en Nouvelle-Zélande, d’autres ensemble. David est très spirituel, surtout pour les paroles, donc je le laisse souvent mener là-dessus. Moi, je m’occupe plutôt des parties de guitare.
Ça a été assez rapide pour nous. Pas un processus douloureux. On a d’abord joué les morceaux sur scène, puis on les a enregistrés.

La Face B : Vous écrivez en pensant au live.

Grant Haua : Oui, complètement.

La Face B : Comment l’enregistrement à distance a-t-il influencé la communication ?

Grant Haua : Plus simplement qu’on ne l’imagine. J’enregistrais une piste, je l’envoyais à David. On utilisait un programme qui permettait de laisser des commentaires à des moments précis.
Le décalage de 12 heures était même un avantage. J’allais dormir, il écoutait, et je me réveillais avec ses retours.

La Face B : Comment décrirais-tu l’album à quelqu’un qui vous découvre ?

Grant Haua : C’est un mélange de blues et de soul, avec un peu de rock et de country. Il y a de la Nouvelle-Zélande dedans, et il y a de l’Occitanie.
On ne peut pas échapper à ses origines, même si on essaie. C’est ce qui rend ça intéressant.

La Face B : Parlons de River Blues, l’un de mes morceaux préférés. Quelle est son histoire ?

Grant Haua : Je voulais juste écrire quelque chose de catchy et d’assez joyeux. J’adore ce rythme americana.
J’aimais l’idée de transformer la rivière en femme, avec ses virages, ses chutes d’eau, ses hauts et ses bas. J’aimais ce parallèle.

La Face B : Rose ?

Grant Haua : C’est une chanson de David. On a modifié le travail de guitare par rapport à sa version originale. C’est probablement mon morceau préféré à jouer en live.

La Face B : Votre version d’Amazing Grace est très personnelle.

Grant Haua : Je l’ai chantée à l’enterrement de ma grand-mère. Elle aura toujours une résonance particulière pour moi.

La Face B : No Competition apporte de l’humour et une énergie rock. Pourquoi était-ce important ?

Grant Haua : Il faut savoir rire de soi-même. C’est une respiration dans l’album. Il y a des morceaux très lourds émotionnellement, donc il faut ces hauts et ces bas.

La Face B : Y a-t-il un concept māori qui guide ta vie créative ?

Grant Haua : Les Māoris sont des gens très généreux. Si tu te donnes totalement à la musique, l’authenticité vient avec.
Les gens l’entendent, surtout en live. Il faut juste être sincère.

La Face B : Si tu composais une bande originale de film, à quoi ressemblerait-il ?

Grant Haua : J’aime la pêche, alors peut-être quelque chose comme Le Vieil Homme et la Mer. Un genre de Moby Dick.

La Face B : Quelle est la suite pour Atua Blues ?

Grant Haua : On a une tournée prévue en mars. On écrira sûrement de nouvelles chansons sur la route. Écrire, c’est mieux en face à face. On verra bien comment ça se passe.

La Face B : Si les auditeurs devaient repartir avec une seule émotion après Two Roots, laquelle aimerais-tu que ce soit ?

Grant Haua : Qu’ils aient l’impression d’avoir vécu un voyage. Des chansons lourdes, légères, drôles. Pas toutes sur le même ton.
S’ils se disent que ces 45 minutes en valaient la peine, alors je serai heureux.

La Face B : Merci beaucoup pour ton temps.

Grant Haua : Avec plaisir.

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Version en Anglais

La Face B: Kia ora Grant, how are you today?

Grant Haua: I’m very well, thank you very much.

La Face B: I’m very happy to meet you. I’ve listened to your beautiful album and I’d like to start with the origin of your collaboration with David. You both joined the same label around the same time. When did you first discover his musical universe, and what initially resonated with you?

Grant Haua: It started with an introduction from André, one of the owners of the label. He set up a meeting with me and David. David invited me to a gig in Bordeaux at Thelonious. After that, he said, “Look man, why don’t you come and do a CD of your songs?”
So we did, and it worked out really well. That was about two or three years ago. We kind of had it in the back of our minds, thinking we needed to do a full album together. A couple of years later, here we are. The CD’s done, and we’re pretty happy with it.

La Face B: At what point did you realise that this one-off collaboration could become a full project?

Grant Haua: I didn’t really know at the time, but I knew it was cool. We were having fun, and if you’re having fun on stage, that’s something worth exploring. It felt natural. But It wasn’t hard, it wasn’t like trying to fit a square into a circle. It was easy.

La Face B: Let’s talk about Memphis and the International Blues Challenge. How did that experience inform the identity or direction of Atua Blues?

Grant Haua: Memphis is such a musical city. Not just the IBC, but we met a lot of local musicians working there. There’s a strong Americana blues vibe, which David and I are both really into.
That town kind of got into us. We’d already written the songs before going there, but Memphis helped polish them, gave them more cohesion. It really fleshed them out.

La Face B: Blues is deeply anchored in America. Performing there must have meant a lot to you.

Grant Haua: It did. It’s kind of the birthplace of that music, so it felt almost spiritual for us.

La Face B: Reaching the semi-finals with your own song, what did that reveal to you about the universal nature of your project with David?

Grant Haua: Even though we play blues, we still put ourselves into it. Our personalities are in the songs. I think people picked up on that.
You’ve got one guy from New Zealand and one from France, about as far apart as you can get. I think that contrast intrigued people. And, you know, we’re both pretty good at what we do. It’s an impressive mix.

La Face B: You come from two very different cultures. What unexpected parallels did you discover between New Zealand and Occitanie, or France more broadly?

Grant Haua: Honestly, when I first went there, it felt just like where I grew up in New Zealand. Paddocks, seaside, sheep everywhere, rugby mad. Kiwis are obsessed with rugby, and there were clubs everywhere.
It blew me away that David lives in an environment almost identical to mine, on the other side of the world. If I moved to France, it’d probably be Occitanie or the Basque Country.

La Face B: It’s funny when the other side of the world feels like home.

Grant Haua: Yeah, even the sea looked like our coast.

La Face B: Working with someone from such a distant culture, how did that reinforce your belief that music has no borders?

Grant Haua: The way we hit it off straight away showed that. We shared a love of blues and soul, but more than that, we just connected.
It shows you can meet someone from any culture, any place, and if you share the same ideas, you can build a bridge. Music is that bond.

La Face B: Who were your earliest musical influences growing up in New Zealand, and which still echo in your work today?

Grant Haua: I come from a very musical family. My grandfather played saxophone, piano, guitar, and he was a great singer. Also, my uncles played too. My mum loved soul singers like Sam Cooke, Otis Redding, Wilson Pickett. That music was always playing at home while she was vacuuming or whatever. When you’re a kid, that stuff soaks into you. My dad was into rock, bands like Free and British rock. I was lucky, I got the best of both worlds.

La Face B: Are there blues players or songwriters who shaped your approach to guitar or phrasing?

Grant Haua: The first album I ever bought was Stevie Ray Vaughan’s Texas Flood. I was 13, saved all my lawn-mowing money.
Stevie really turned me on to the blues. From there, you go backwards to Buddy Guy. I saw Buddy live a couple of years ago, and man, his phrasing is unreal. He can hold one note and captivate an entire audience.

La Face B: Beyond blues, were there unexpected inspirations?

Grant Haua: There’s a guy back home called Prince Tui Teka. Big guy, funny as hell, almost a comedian on stage, but musically razor sharp.
I’ve always loved songwriters too, like Bob Dylan. More recently, I like Hozier. He writes great stuff.

La Face B: Marlon Williams is also very important in New Zealand, especially his Māori-language album.

Grant Haua: Yeah, he’s a very genuine, beautiful musician. That album’s doing really well back home.

La Face B: Let’s talk about the name Atua Blues. Atua means God in Māori. How did you choose it?

Grant Haua: It’s kind of a spiritual blues idea. That was the angle we were coming from.

La Face B: Is there a Māori artist or figure who deeply influenced you?

Grant Haua: Howard Morrison. He was huge in the ’60s and ’70s. He’s passed now, but he left a massive hole in New Zealand music.
I played with his brothers, nephews, nieces. He probably shaped me more than anyone when it comes to bringing Māori identity into music.

La Face B: How do you and David usually begin writing a song together?

Grant Haua: It varies. Some songs I wrote on my own in New Zealand, others we wrote together. David’s very spiritual, especially with lyrics, so I let him take the lead there. I usually handle the guitar parts.
It was pretty quick for us. Not a tortured process. We played the songs live first, then recorded them.

La Face B: You write with the live aspect in mind.

Grant Haua: Yeah, absolutely.

La Face B: How did remote recording affect communication?

Grant Haua: It was easier than you’d think. I’d record a track, send it to David. We used a program where you could leave time-stamped comments.
The 12-hour time difference actually worked. I’d go to sleep, he’d listen, and I’d wake up to feedback.

La Face B: How would you describe the album to someone discovering you for the first time?

Grant Haua: It’s a blend of blues and soul, with some rock, a bit of country. There’s New Zealand in there and there’s Occitanie.
You can’t escape where you come from, even if you try. That’s what makes it interesting.

La Face B: Let’s talk about River Blues, one of my favourites. What’s the story behind it?

Grant Haua: I just wanted something catchy and upbeat. I love that Americana pace. Turning the river into a woman, with twists, turns, waterfalls, ups and downs. I liked that correlation.

La Face B: Rose?

Grant Haua: That’s one of David’s songs. We changed the guitar work from his original version. It’s probably my favourite song to play live.

La Face B: Your version of Amazing Grace feels very personal.

Grant Haua: I sang it at my grandmother’s funeral. It’ll always have a special feeling.

La Face B: No Competition in AMA brings humour and rock energy. Why was that important?

Grant Haua: You’ve got to laugh at yourself. It’s a comic relief on the album. There’s some heavy blues on there, so you need those ups and downs.

La Face B: Is there a Māori concept that guides your creative life?

Grant Haua: Māori people are very giving. If you give yourself fully to the music, authenticity comes with that.
People can hear it, especially live. Just be genuine.

La Face B: If you composed a film soundtrack, what kind of movie would it be?

Grant Haua: I like fishing, so maybe something like The Old Man and the Sea. A Moby Dick-type thing.

La Face B: What’s next for Atua Blues?

Grant Haua: We’ve got a tour in March. We’ll probably write new songs on the road. Writing’s better face to face. We’ll see how it goes, see how the cookie crumbles.

La Face B: If listeners walk away with one feeling from Two Roots, what would you hope it is?

Grant Haua: That it took them on a ride. Heavy songs, light songs, funny songs. Not all one note.
If they feel like those 45 minutes were worth it, I’ll be happy.

La Face B: Thank you very much for your time.

Grant Haua: My pleasure.

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