Interviews

Rencontre avec Mary In The Junkyard

La Face B a rencontré Mary In The Junkyard à Paris en octobre, à l’occasion de leur concert à La Bellevilloise. Au cœur de Belleville, c’est sur la terrasse ensoleillée d’un café que nous avons retrouvé le trio britannique. Tandis que Saya dessinait à l’aquarelle, Clary tricotait et David profitait tranquillement du soleil, nous avons pris le temps de découvrir l’univers de ce groupe singulier, son parcours, ses inspirations et sa manière bien à lui d’envisager la musique. Entre conversations spontanées, créativité et complicité, Mary In The Junkyard nous a offert un joli moment d’échange, à son image : libre, curieux et plein de personnalité.

« Role Model Ermit, c'est un peu comme visiter une petite planète. Ce n'est pas vraiment une musique qui parle du quotidien. C'est plutôt comme une vieille boîte remplie de trucs complètement aléatoires. » - Clari Freeman-Taylor, Mary In The Junkyard

Retrouvez également le travail d'Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

La Face B : Bonjour Mary in the Junkyard ! Merci beaucoup de nous accorder un peu de votre temps aujourd'hui. Commençons par le début. Vous venez tous les trois d'univers musicaux assez différents et pourtant, Mary in the Junkyard a développé une identité vraiment singulière. À quel moment avez-vous réalisé que vous aviez trouvé quelque chose de spécial ensemble, quelque chose qui vous distinguait de tout ce que vous aviez pu faire auparavant ? Et comment décririez vous votre musique à quelqu'un qui vous découvre aujourd'hui ?

Clari Freeman-Taylor : Avant, nous étions dans un groupe ensemble, mais je crois que ça ne nous correspondait vraiment ni à l'un ni à l'autre. Il y avait chez moi, en particulier, cette envie de sortir de ça pour trouver quelque chose de différent, quelque chose de plus authentique. Je crois que notre musique cherche à être aussi sincère que possible, authentique et amusante. Tout s'est construit assez instinctivement, finalement, à partir de cette envie commune de faire quelque chose de différent.

David Addison : Même notre tout premier concert ensemble avait quelque chose de vraiment spécial et amusant. Nous étions tous assez surexcités, enthousiastes et un peu nerveux aussi. Nos premiers concerts à Londres étaient vraiment chouettes et le public avait très bien réagi. C'était une belle expérience collective. Je ne sais pas... Est-ce que tu penses qu'il y a eu un morceau en particulier, au début, qui nous a fait ressentir ça ?

Saya Barbaglia : Je dirais Goop. C'était déjà une version assez précoce, mais très affirmée, de notre son.

La Face B : Il y a beaucoup d'instinct et de spontanéité dans votre musique. Quand vous composez ensemble, par quoi commence généralement un morceau ? Un riff, un rythme, des paroles, une expérimentation ? Ou est-ce que tout émerge simplement lorsque vous jouez tous les trois ensemble ?

Clari Freeman-Taylor : Ça dépend. Parfois, j'arrive avec un morceau déjà assez avancé. D'autres fois, on improvise ensemble et quelque chose finit par émerger. Généralement, ça se construit à partir de petits fragments d'idées qui traînent parfois depuis un moment. Pour les paroles, elles arrivent souvent un peu après la musique.

La Face B : Est-ce que vous avez une idée assez précise de ce que va devenir un morceau lorsque vous commencez à travailler dessus ou, comme vous êtes plutôt instinctifs, préférez-vous vous laisser surprendre ?

Clari Freeman-Taylor : Définitivement, on préfère se laisser surprendre. Les choses évoluent, puis évoluent encore. Chacun apporte des éléments, lance des idées dans le mélange, et ça peut complètement changer la direction du morceau. On parle beaucoup de l'énergie des choses, de la manière dont elles semblent vouloir exister. On essaie de suivre cette intuition. Je crois qu'on a une approche assez improvisée de la composition.

La Face B : J'imagine que c'est aussi lié à votre façon d'être musiciens, à votre pratique de l'improvisation et du jam. Tout ce qui s'est passé autour de Role Model Hermit a-t-il changé votre manière d'écrire ou abordez-vous toujours la composition de la même façon qu'auparavant ?

Clari Freeman-Taylor : Je crois que je n'écris plus autant toute seule. Je passe moins de temps à m'asseoir avec une guitare pour composer comme je le faisais avant. Maintenant, j'envisage les choses comme un travail de groupe dès le départ. On compose beaucoup plus ensemble. Une grande partie de nos premiers morceaux avaient d'abord été écrits par moi, entièrement à la guitare, avant qu'on les retravaille tous ensemble. Ces derniers temps, je le fais beaucoup moins parce que c'est tellement agréable de jouer et de composer ensemble.

La Face B : Quand on se plonge dans Role Model Hermit, on a l'impression d'être face à bien plus qu'une simple collection de chansons. C'est un album cohérent, avec ses propres personnages, son atmosphère et sa mythologie. À quel moment avez-vous réalisé que vous étiez en train de créer tout un univers autour de cet album ? Et comment décririez vous Role Model Hermit à quelqu'un qui vous découvre ?

Clari Freeman-Taylor : C'est un peu comme visiter une petite planète, peut-être. Ce n'est pas vraiment une musique qui parle du quotidien. C'est plutôt comme une vieille boîte remplie de trucs complètement aléatoires.

La Face B : (Rires) Merci pour ce résumé !

David Addison : Je pense que, comme c'était notre premier album, il rassemblait des morceaux assez différents, certains plus anciens et d'autres composés juste avant l'enregistrement. Mais lorsque nous sommes vraiment entrés en studio, Kairi avait trouvé le titre Role Model Hermit, qu'on a écrit sur un tableau. À partir de là, je crois qu'on a commencé à sentir quels morceaux appartenaient à cet univers et lesquels n'y avaient pas vraiment leur place. En réalité, nous avions envisagé davantage de chansons que celles que nous avons finalement enregistrées.

On a aussi réfléchi aux morceaux qui fonctionnaient bien ensemble et à la manière de construire l'album autour de ces associations. On voulait trouver un équilibre entre différentes énergies, tout en conservant cette impression que chaque morceau appartenait au même monde.

La Face B : L'album ressemble à un véritable microcosme, avec tous ces personnages, vos mélodies et les histoires que vous nous racontez. C'est fascinant. Le titre Role Model Hermit est particulièrement intrigant, parce qu'il associe deux idées qui semblent contradictoires. L'ermite vit dans l'isolement, tandis que le modèle est quelqu'un de visible, exposé au regard des autres. Que représente cette contradiction pour vous ?

Clari Freeman-Taylor : C'est quelque chose auquel j'ai beaucoup réfléchi depuis la création de l'album. Il a été conçu dans un état d'esprit vraiment ermite. Et puis, soudainement, après avoir créé quelque chose d'aussi personnel et intime, tu dois devenir cette personne que les gens connaissent et cherchent à comprendre. C'est une sensation assez étrange de voir quelque chose qui vient d'un endroit aussi isolé être soudainement révélé et exposé à la lumière.

Interpréter sur scène quelque chose que tu as créé dans un état aussi solitaire, c'est bizarre. Je suppose que ces deux notions vont finalement assez bien ensemble dans la musique, parce que c'est un peu ce que les musiciens doivent être. Mais j'ai l'impression d'être à parts égales les deux. Certains jours, je suis vraiment ermite, et d'autres, beaucoup plus dans le rôle du modèle à suivre !

David Addison : C'était une bonne réponse.


La Face B : C'est contradictoire par définition ! Le processus de création de l'album était donc assez ermite ?

Clari Freeman-Taylor : Oui, vraiment. Le studio était magnifique, mais il n'avait aucune fenêtre, alors on avait un peu l'impression d'être dans une grotte. Il s'appelle Studio Orb. Après y avoir passé du temps, nous sommes tous devenus un peu obsédés par cette idée de l'orbe. On en parle assez souvent. C'est devenu une sorte de protection.

David Addison : Comme une sphère protectrice autour de nous.

Clari Freeman-Taylor : Exactement. On avait même acheté un véritable orbe, qu'on avait placé au milieu de la scène, mais David l'a cassé !

La Face B : Ah !

David Addison : Non, pas moi ! C'était notre colocataire.

La Face B : Il allait à la salle lui aussi?

David Addison : C'est notre colocataire qui l'a cassé, mais j'étais là par hasard. J'ai donc assisté à la destruction de l'orbe !

La Face B : Vous prenez cet univers très personnel, parfois un peu étrange, et vous le présentez ensuite devant des centaines de personnes. Est-ce que le fait de jouer l'album sur scène change votre rapport à lui ? Et quels sont les morceaux que vous aimez particulièrement interpréter en live ? Saya, j'ai l'impression que tu as déjà une réponse toute prête !

Saya Barbaglia : J'adore jouer l'album en live. Nous avons dû adapter certains morceaux, tandis que d'autres débordaient déjà tellement d'énergie sur scène qu'il a fallu les calmer un peu pour les enregistrer sur l'album.

Pour certains titres, nous avons dû reconstruire une version live à partir de l'enregistrement studio. Thou Shalt Sprout, par exemple, était assez maximaliste. Nous avons ajouté beaucoup de couches en studio, où nous pouvions enregistrer comme si deux personnes jouaient plusieurs fois. On était presque un orchestre ! Transformer tout ça en version live est vraiment amusant. J'utilise une pédale d'octave et une pédale freeze, et c'est chouette de pouvoir pousser aussi loin les possibilités sur scène.

C'est particulièrement amusant sur Mouse et Thou Shalt Sprout. Mais j'adore aussi jouer Seek and Destroy, parce qu'on peut complètement se lâcher. Blood est également très groovy. J'aime beaucoup jouer Myrtle pour son côté très groovy. Et New Muscles est probablement l'un de mes morceaux préférés sur scène, simplement parce que son arrangement est vraiment intéressant et assez unique. Je trouve que l'équilibre entre les différentes sonorités fonctionne particulièrement bien.

La Face B : Il y a aussi une véritable interaction entre vous. C'est presque un échange de questions-réponses, avec Saya au milieu qui joue le rôle de maîtresse de cérémonie, pendant que vous vous répondez, vous vous provoquez et jouez les uns avec les autres. C'est vraiment intéressant à écouter. Et toi, David, quel est le morceau que tu préfères jouer sur scène ?

David Addison : J'aime beaucoup jouer Blood. Comme tu le disais à propos de New Muscles, où les différentes parties se répondent, je trouve que c'est assez similaire sur Blood. Les trois parties se superposent et j'aime beaucoup ça. J'aime aussi le fait que le morceau commence avec nous trois en même temps. On démarre ensemble, un, deux, trois, et ensuite on joue tous simultanément. Tout se passe au même moment. J'aime vraiment beaucoup cette sensation.

La Face B : Puisque tu viens de mentionner Blood, ça tombe bien, c'est justement ma prochaine question. Je voulais revenir sur quelques morceaux, pas tous, mais Blood me semble incroyablement intime, parfois même presque inconfortable. Quelle était l'émotion au cœur de ce morceau lorsque tu l'as écrit ?

Clari Freeman-Taylor : C'était simplement un amour complètement fou. Un amour exaltant. J'étais très amoureuse, complètement euphorique ! Mais il y avait aussi... En fait, l'album a été composé après une rupture. J'ai quitté quelqu'un et, deux semaines plus tard, j'ai rencontré quelqu'un d'autre.

C'était comme un nouveau départ. Quand nous étions en studio, je commençais tout juste à avoir mes premiers rendez-vous avec cette personne. Je quittais littéralement le studio pour aller la retrouver ! Donc Blood parle de cet amour-là. Je crois que l'amour est la meilleure des drogues.

La Face B : Il y a une vraie sincérité émotionnelle dans votre musique, mais elle est souvent entourée d'images surréalistes et de personnages étranges. Est-ce que tu trouves plus facile d'exprimer quelque chose de personnel en passant indirectement par un personnage, par exemple ?

Clari Freeman-Taylor : Je suppose que oui. Je crois que c'est simplement ma façon de penser. J'ai probablement une vision assez surréaliste des choses. J'ai l'impression qu'il existe différentes dimensions et je passe beaucoup de temps dans la dimension du rêve. Ce qui explique que je ne sois pas particulièrement douée pour m'orienter ou faire mes déclarations d'impôts !

La Face B : Je vois très bien !

Saya Barbaglia : Clari est vraiment très douée pour les métaphores, aussi bien dans ses chansons que dans les conversations de tous les jours. Elle trouve toujours des comparaisons symboliques très justes. Par exemple, quand nous étions sur scène et que le public applaudissait de manière un peu sporadique, Clari a immédiatement dit : « Popcorn ! »

La Face B : Tu as une façon très visuelle de voir les choses. Tu associes les situations à des images. Certaines personnes voient la musique en couleurs et associent certaines notes à des couleurs précises. D'autres l'associent à des concepts ou à des objets. C'est une autre forme d'intelligence, finalement. Quelque chose qu'on ne mesure malheureusement pas vraiment à l'école !

Clari Freeman-Taylor : Oui !

La Face B : Je voulais parler de New Muscles. C'est un morceau complètement différent : ludique, physique et drôle. Mais il y a aussi quelque chose de plus profond dans cette idée de devenir plus fort. David, l'histoire derrière la chanson implique que tu te sois inscrit à la salle de sport et que le morceau ait été composé autour d'un accordéon. À quel moment cette histoire de musculation est-elle devenue une chanson ?

David Addison : Eh bien...

Saya Barbaglia : On a vu le potentiel !

David Addison : Le morceau a été écrit juste avant que nous partions enregistrer l'album. J'étais en pleine période d'examens à l'université et j'avais commencé à aller à la salle pour évacuer le stress. Je n'ai pas vu les autres pendant quelques semaines parce que j'y allais assez régulièrement. Quand je suis revenu, ils m'ont lancé : « Oh, David ! Un nouveau muscle ! »

Nous avions déjà cette idée instrumentale autour de l'accordéon, avec cette petite mélodie et le rythme de batterie accompagné du tambourin. On a commencé à improviser dessus, puis Clari s'est mise à improviser autour de cette histoire de nouveaux muscles.

À un moment donné, on s'est dit : « Ah non, mais c'est bien, ça ! On devrait vraiment en faire une chanson. »

Nous avions environ deux semaines entre les premières sessions de préproduction et le véritable enregistrement. On avait un peu de temps libre pour improviser et jouer ensemble, afin de voir si on pouvait trouver d'autres idées à intégrer à l'album. New Muscles et Blood sont tous les deux arrivés assez rapidement pendant cette période. C'était une très bonne surprise.

Saya Barbaglia : Ces morceaux sont vraiment importants pour l'album. Tout est une question de saisir ces derniers jours.

David Addison : Oui. Comme c'est notre premier album, une grande partie des morceaux sont des choses que nous gardions en nous depuis longtemps. C'est chouette qu'il y ait aussi une partie qui soit beaucoup plus fraîche, qui appartienne vraiment à ce moment précis. Je crois qu'aujourd'hui, la chanson parle beaucoup moins de mon inscription à la salle de sport et davantage de la force dans un sens philosophique.

La Face B : C'est vraiment un morceau très fun. Le clip pousse également cette idée de transformation physique un peu plus loin. Vous semblez d'ailleurs revenir régulièrement à certains mots et à certains thèmes. Je sais que toi et Saya pratiquez la boxe thaï. Comment est-ce arrivé ?

Clari Freeman-Taylor : Saya s'entraîne depuis un an. Elle en fait tout le temps et elle est très douée ! Nous préparions le clip, qui comportait une scène de combat, et j'avais donc besoin d'avoir l'air de savoir ce que je faisais. Je me suis entraînée pendant un mois, plusieurs fois par semaine.

Saya Barbaglia : Clari était vraiment très douée ! J'étais très fière d'elle parce que j'essayais depuis un moment de l'intéresser à cette discipline.

Clari Freeman-Taylor : Et le clip a été une expérience formidable parce qu'il m'a fait réaliser à quel point j'aimais ça. Avant, je ne faisais pas vraiment de sport ni d'activité physique, mais depuis, je bouge et je fais beaucoup plus de sport. C'est devenu quelque chose de vraiment nouveau et de très positif dans ma vie.

Saya Barbaglia : Je trouve qu'il y a beaucoup d'imagerie malsaine dans la musique alternative. Par exemple, la maigreur, la cigarette, l'alcool... C'est presque quelque chose que les gens cherchent à reproduire. Alors nous, on essaie plutôt de promouvoir les muscles !

Clari Freeman-Taylor : Les légumes et la sobriété ! On adore bouger, danser et se battre. Parfois, Saya et moi, on se bat pour évacuer le stress. On aime bien lutter, se chamailler et tout ça. C'est une bonne chose à faire !

La Face B : Est-ce que la réalisation du clip a changé votre perception du morceau ou est-ce que cela n'a fait que renforcer ce qui était déjà là ?

Saya Barbaglia : En fait, nous n'avions pas intégré les combats simulés dans la version live avant de tourner le clip. Donc je suppose que ça a changé notre façon de jouer le morceau sur scène.

David Addison : Oui, c'est devenu une partie importante du morceau maintenant, particulièrement au moment où nous commençons à le jouer.


La Face B : J'ai regardé votre version live sur YouTube. Il y a énormément d'interactions entre vous. Vous semblez presque vous battre, vous répondez physiquement les uns aux autres à travers la musique. C'est vraiment amusant à regarder.

Je voulais aussi vous parler de Marina Abramović. Je sais que vous avez d'abord rencontré Todd Eckert, qui vous a ensuite présentés à Marina. Todd est une véritable légende pour tous ceux qui travaillent dans la tech ! Et Marina vous appelle apparemment ses enfants, ce qui est une relation assez extraordinaire. Qu'avez-vous appris d'elle ? Pas nécessairement sur la musique, mais sur le fait d'être artiste ?

Clari Freeman-Taylor : Saya et moi avons beaucoup aimé écouter son livre audio. Elle parle énormément de force, notamment de force intérieure et de discipline personnelle. Son travail est aussi extrêmement vulnérable. Pense à Rhythm 0, par exemple. Elle se livre complètement au public. Elle est à la fois forte et vulnérable, et je trouve que c'est une chose absolument incroyable. Mais avec nous, elle est aussi vraiment drôle, gentille et généreuse.

Saya Barbaglia : Ce qui m'inspire particulièrement dans son travail, c'est la manière dont tout fait simplement partie de sa vie. Je crois que c'est quelque chose que nous devons toujours garder à l'esprit : nous devons essayer de faire quelque chose de différent, plutôt que de simplement reproduire ce qui se passe autour de nous. Nous devons faire ce qui nous semble naturel et ce qui est pertinent pour nous à un moment donné.

La manière dont nous allons évoluer au cours des prochaines années, c'est aussi la manière dont notre musique va évoluer. Tout est lié.

Et puis, je la trouve tout simplement géniale. Elle m'inspire énormément depuis que je suis jeune, alors c'est vraiment chouette qu'elle soit aujourd'hui quelqu'un que nous pouvons considérer comme une amie.

La Face B : C'est une amitié assez improbable, compte tenu des circonstances de votre rencontre. Mais elle entretient une relation absolument fascinante avec l'endurance, la discipline et le fait de se pousser au-delà de ses limites. Est-ce que tout cela a changé votre manière d'envisager la scène ou la création ?

Saya Barbaglia : Définitivement. J'ai toujours été très intéressée par son travail autour de l'endurance. Je crois que c'est quelque chose que j'intègre dans ma manière de jouer : tout donner, toujours être à son maximum sur scène. Et je suppose que cela s'applique aussi à d'autres aspects de la vie.

La Face B : Vous avez également Jane, qui nous donne peut-être un aperçu de la direction que pourrait prendre le groupe. Que pouvez-vous nous raconter sur ce morceau ?

Clari Freeman-Taylor : C'est en réalité un très vieux morceau, donc il ne va pas vraiment vous apprendre grand-chose sur la direction que nous prenons !

La Face B : Alors dites-moi où vous allez ! Et si c'est la mauvaise route, dites-le-moi !

Clari Freeman-Taylor : Nous voulons que les gens dansent davantage sur notre musique. Alors nous allons faire de la dance music ! Nous voulons que les gens bougent leur corps. Je ne veux plus jouer de guitare.

Saya Barbaglia : Un groupe entièrement synthé ! Moi, j'en ai envie.

Clari Freeman-Taylor : Un groupe synths ! Mais il faut aussi penser à la manière dont on se sentait quand on était tout-petit, quand on était encore un bébé. C'est ça qui arrive.

La Face B : Vous êtes un peu comme Picasso. Lorsqu'il était plus âgé, il disait qu'il était heureux parce qu'il avait enfin appris à dessiner comme un enfant.

Clari Freeman-Taylor : Oui, j'y pense souvent. Je crois qu'il existe quelque chose de vraiment spécial dans cette partie de la créativité qui ne sait rien et qui n'a aucun jugement. C'est simplement cette partie qui ressent les choses et qui essaie de...

La Face B : Et qui s'amuse, tout simplement ! C'est aussi une question de découverte, de regarder les choses avec un regard neuf. Je trouve ça vraiment intéressant également.

David Addison : Je pense que c'est en partie vers ça que nous voulons aller. Ce premier album possède des ambiances assez lourdes, mystiques et sombres. Nous voulons conserver cet aspect, mais aussi essayer de faire des choses un peu plus...

Saya Barbaglia : Comme ça, les descriptions dans les petits dépliants pourront parler de personnes heureuses, enthousiastes et cool, plutôt que de personnes fragiles et tristes !

Clari Freeman-Taylor : Oui, exactement !

La Face B : Une description beaucoup plus juste ! J'ai une dernière question sur les tournées. Il y a une vraie dimension physique dans la vie de Mary in the Junkyard. Vos disques peuvent être assez délicats, fragiles et atmosphériques, alors que sur scène, vous devenez beaucoup plus chaotiques et intenses. Vous semblez aussi prendre beaucoup plus de plaisir. Que deviennent ces morceaux lorsque vous les jouez en live ? Ce sont presque des bêtes féroces déguisées !

Clari Freeman-Taylor : Je crois qu'une partie de l'explication vient du fait que, lorsqu'on est en tournée, les journées sont finalement assez ennuyeuses. On passe des heures dans une voiture, alors toute notre énergie finit par s'accumuler. On essaie de s'occuper comme on peut : avec un livre, une activité, de la production musicale, du tricot, de l'écriture, de la peinture ou du dessin.

Et puis, quand on monte enfin sur scène, toute cette énergie doit sortir ! C'est un peu comme un chien qu'on vient de promener et qui se met soudainement à courir partout.

David Addison : C'est une libération. Et je crois que cela donne aussi davantage d'intensité aux morceaux.

La Face B : Pour mes dernières questions, je vais partir sur quelque chose d'un peu plus léger. Si un personnage de fiction venait assister à l'un de vos concerts, qui aimeriez-vous voir dans le public ?

Clari Freeman-Taylor : Aslan, dans Narnia. Je suis amoureuse d'Aslan dans Narnia !

La Face B : Et toi, David ?

David Addison : Peut-être Gollum. Ou Stig of the Dump.

Saya Barbaglia : Oh oui ! Peut-être la baleine de la Bible.

David Addison : Celle de Jonas et la baleine ?

Saya Barbaglia : Oui ! La baleine de la Bible. Et ensuite, on pourrait enregistrer un album à l'intérieur de la baleine.

David Addison : Dorothea, dans Middlemarch. Et les Clangers !

Clari Freeman-Taylor : J'adore les Clangers ! L'arbre musical. J'ai même un tatouage des Clangers.

La Face B : Est-ce qu'il y a une chanson que vous auriez aimé écrire ? Pas nécessairement parce qu'elle vous ressemble, mais parce que vous l'écoutez en vous disant : « Waouh, mais comment ont-ils pu imaginer ça ? »

Clari Freeman-Taylor : J'aurais aimé écrire Into My Arms de Nick Cave. Je crois que c'est la plus belle chanson du monde. Je l'adore. Je l'ai même chantée l'autre jour dans une église. Je suis entrée dans une église et je l'ai chantée. C'était vraiment un joli moment.

Saya Barbaglia : Je dirais Yahweh de Jason Nelson, parce que ce serait tellement génial si nous pouvions faire quelque chose comme ça. C'est notre groupe de gospel préféré. Je ne sais absolument pas comment nous pourrions nous y prendre, mais ce serait vraiment chouette.

La Face B : Et toi, David ?

David Addison : Oui, Yahweh de Jason Nelson serait un titre amusant à reprendre ou à revisiter ensemble.

Saya Barbaglia : Je pense vraiment qu'on devrait essayer pour Halloween !

David Addison : Ou peut-être A Forest de The Cure. Nous l'avons déjà reprise une fois. C'était cool !

La Face B : Merci beaucoup à tous les trois pour votre temps !

Mary in the Junkyard : Merci !

Toujours plus d’interviews et de photos de concerts dans La Face B

De plus, suivez Mary in The Junkyard sur Spotify,  en live ou sur Instagram

Enfin, retrouvez les articles d‘Alexia Arrizabalaga-Burns dans La Face B

On vous laisse avec quelques videos du concert a la Belleviloise.

Version en Anglais


La Face B : Hello Mary in the Junkyard! Thank you very much for your time today. Let's start at the beginning. The three of you come from quite different musical backgrounds, yet somehow Mary in the Junkyard has developed a very distinctive identity. When did you realise that you had found something special together, something different from anything you had done before? And how would you describe your sound to someone discovering you for the first time?

Clari Freeman-Taylor : Previously, we were in a band together, which I think didn't really feel right for either of us. There was definitely a desire, particularly for me, to break through that and find something different, something more real. I think our music strives to feel as real as possible, authentic and fun. It's happened quite instinctively, really, through a shared desire for something different.

David Addison : Even playing our first show together felt really special and fun. We were all quite giddy and excited, a bit nervous. Those early shows we played in London were really fun, and we got a lovely response from the crowd. It felt like a really nice shared experience. I don't know... Do you think there was a particular song early on that made you feel that way?

Saya Barbaglia : I think Goop. It felt like an early, but already very self-assured, version of our sound.

La Face B : There's a real sense of instinct and spontaneity in your music. When you write together, where does a song usually begin? Is it a riff, a rhythm, a lyric, an experiment, or does it simply emerge from the three of you playing together?

Clari Freeman-Taylor : It varies. Sometimes I'll come in with a song that's already quite far along. Sometimes we'll jam and something will emerge from that. It's usually built from scraps of ideas that have perhaps been circulating for a while. Lyrically, the words tend to come a little later than the music.

La Face B : Do you have a clear idea of what a song is going to become when you start working on it, or, because you're quite instinctive, do you prefer to let it surprise you?

Clari Freeman-Taylor : Definitely the latter. Things change and change again. We all add things, throw things into the mix that can completely alter the direction. We talk quite a lot about the energy of things, and the way something seems to want to be. We try to follow that. I think we have quite an improvisational approach.

La Face B : I imagine that's also linked to you as musicians, and the way you work with improvisation and jamming. Has everything that has happened around Role Model Hermit changed the way you write, or do you still approach songwriting in much the same way as you always did?

Clari Freeman-Taylor : I think I don't write as much on my own anymore. I don't spend as much time sitting down with a guitar and writing as I used to. I now think about things as a band from the very beginning. We write much more together. A lot of our earlier songs were written by me first, completely on guitar, before we worked on them as a band. More recently, I don't really do that as much because it's so nice to play and write together.

La Face B : If we dive into Role Model Hermit, it feels like much more than a collection of songs. It's a cohesive album with its own characters, atmosphere and mythology. When did you realise that you were creating an entire world around it? And how would you describe Role Model Hermit to someone discovering you?

Clari Freeman-Taylor : It's like visiting a little planet, perhaps. It's not really music that's about everyday life. It's more like an old box filled with random shit.

La Face B : (Laughs) Thanks for summing that up!

David Addison : I think because it was our first album, it was a mixture of songs, some of which were older and others that had come together just before we recorded. But when we actually got into the studio, Kairi had the title Role Model Hermit, which we wrote on a board. From there, I think we started to get a sense of which songs belonged in that world and which ones didn't. We actually had more songs in theory than we ended up recording.

We also thought about which songs paired together nicely and how we could map out the album that way. We wanted to find a balance of different energies while still making sure everything felt as though it belonged to the same world.

La Face B : The album feels like a microcosmos, with all these characters, your melodies and the stories you're telling us. It's fascinating. The title Role Model Hermit is particularly intriguing because it brings together two seemingly contradictory ideas. A hermit lives in isolation, whereas a role model is someone who is visible and exposed to other people. What does that contradiction mean to you?

Clari Freeman-Taylor : It's something I've actually thought about quite a lot since making the album. It was created in a really hermit-like state. Then, suddenly, after making something so private, you have to become this person that people know and are trying to understand. It's a really strange feeling, having something that came from such an isolated place suddenly revealed and brought into the light.

Performing something that you've created in such a hermit-like state is weird. I suppose those two things do go together in music, because that's what musicians have to be. But I feel like I'm equal parts both. Sometimes I have really hermit-like days, and sometimes I have really role-model-y days!

David Addison : That was a good answer.

La Face B : It is contradictory by definition! Was the album-making process quite hermit-like, then?

Clari Freeman-Taylor : Yeah, really hermit-like. The studio was beautiful, but it didn't have any windows, so it felt a bit like a cave. It's called Studio Orb.

After spending time there, we all became quite obsessed with the idea of the orb. We talk about the orb quite a lot. It became a sort of protective thing.

David Addison : Like a protective sphere around us.

Clari Freeman-Taylor : Exactly. We actually bought a physical orb and put it in the middle of the stage, but then David smashed it!

La Face B : Ah!

David Addison : No, not me! Our flatmate.

La Face B : Going to the gym, was it? All that gym training!

David Addison : Our flatmate smashed it, but I happened to be there. So I did witness the destruction of the orb!

La Face B : You take this very personal, sometimes rather strange little world and then put it in front of hundreds of people. Does performing the album change your relationship with it? And which songs do you particularly love playing live? Saya, you look like you've got an answer ready!

Saya Barbaglia : I love performing the album live. Some songs we've had to adapt, while others were already bursting with energy live and needed to be brought down a little for the album.

With some of the tracks, we had to build a live version from the album recording. Thou Shalt Sprout, for example, was quite maximalist. We built a lot of layers in the studio, where we could record as though there were two people playing multiple times. We were almost like an orchestra! Turning that into a live version has been really fun. I use an octave pedal and a freeze pedal, and it's nice to push what you can do on stage to the maximum.

That's particularly fun with Mouse and Thou Shalt Sprout. But it's also really fun to play Seek and Destroy, where we can just go a bit crazy. Blood is really groovy, too. I love playing Myrtle because it's so groovy. And New Muscles is probably one of my favourites to play live because it has such an interesting and unique arrangement. I think the balance of sounds is really interesting.

La Face B : There's also a proper interaction between you. It's almost like a question-and-answer exchange, with Saya in the middle, acting as the MC, while the two of you play off each other, argue and respond. It's really interesting to listen to. What about you, David? Which song do you particularly enjoy performing live?

David Addison : I really enjoy playing Blood. Like you were saying about New Muscles, where the different parts respond to one another, I think Blood is similar. The three parts overlap, and I really enjoy that. I also like that it starts with all of us coming in together. We start together, one, two, three, and then we're all playing at the same time. Everything is happening simultaneously. I really enjoy that.

La Face B : You mentioned Blood, which brings me to my next question. I wanted to explore a few of the songs, not all of them, but Blood feels incredibly intimate and almost uncomfortable at times. What was the emotional centre of that song when you wrote it?

Clari Freeman-Taylor : Just really crazy love. Giddy love. I was very in love. I was really high on love! But I was also... Well, the album came together after I'd broken up with someone, and then, two weeks later, I met someone else.

It felt like a new lease of life. When we were in the studio, I was going on my first dates with this person. I'd literally leave the studio to go on dates! So Blood is about that kind of love. I think love is the best drug.

La Face B : There's a real emotional truth in your music, but it's often surrounded by surreal imagery and strange characters. Do you find it easier to express something personal when you approach it indirectly, perhaps through a character?

Clari Freeman-Taylor : I guess so. I think that's just the way I think. I probably see things in quite a surreal way. I feel like there are different dimensions to things, and I spend quite a lot of time in the dream dimension. Which means I'm not particularly good at navigation or doing my tax!

La Face B : I can see that!

Saya Barbaglia : Clari is very good at metaphors, both in her songs and just in everyday conversation. She's always coming up with really good symbolic comparisons. Like when we were on stage and the audience were doing some sporadic clapping, and Clari immediately said, "Popcorn!"

La Face B : You're very visual. You associate things with images. Some people see music in colours, associating particular notes with colours. Others associate it with concepts or objects. It's another form of intelligence, really. Something that sadly isn't necessarily measured at school!

Clari Freeman-Taylor : Yeah!

La Face B : I wanted to talk about New Muscles. It's a completely different kind of song: playful, physical and funny. But there's also something quite profound about this idea of becoming stronger. David, the story behind it involves you joining a gym, and the song was composed around an accordion. At what point did going to the gym turn into a song?

David Addison : Well, yeah...

Saya Barbaglia : We saw the potential in it!

David Addison : It was written just before we went to record the album. I was doing my final university exams, and I started going to the gym as a way of relieving stress. I didn't see these guys for a couple of weeks because I'd been going quite regularly. Then I came back and they were like, "Ooh, David! New muscle!"

We already had this instrumental idea around the accordion, with that little melody and the drumbeat with the tambourine. We started jamming on it, and then Clari began riffing about new muscles.

At some point, we realised, "Oh no, this is good! We should actually make this the song."

We had about two weeks between doing some pre-production and going into the actual recording sessions. We had a bit of free time to jam and play together, to see if there was anything else we could find for the album. New Muscles and Blood both came together quite quickly during that period. It was very fortunate.

Saya Barbaglia : They're really important to the album. It's all about catching those last few days.

David Addison : Yeah. Because it's our first album, so much of it consists of things we'd been holding onto for a long time. It's nice that there's also a side of it that feels really fresh, something that belonged to that particular moment. I think the song has now become much less about me going to the gym and much more about strength in a philosophical sense.

La Face B : It's such a fun song. The video also takes that idea of physical transformation further. You always seem to have these recurring keywords and themes. I know that you and Saya train in Thai boxing. How did that come about?

Clari Freeman-Taylor : Saya has been training for a year. She trains all the time and she's very good! We were planning the video, which involved the fight, so I needed to look as though I knew what I was doing. I trained for a month, a few times a week.

Saya Barbaglia : Clari was really good! I was very proud of her because I'd been trying to get her interested in it for a while.

Clari Freeman-Taylor : And the video was amazing because it made me realise how much I enjoyed it. I hadn't really done much sport or physical activity before that, but I've been doing quite a lot of movement and sport since then. It's become a really great new thing in my life.

Saya Barbaglia : There's quite a lot of unhealthy imagery in alternative music, I think. Things like being skinny, smoking and drinking. It's almost something people try to emulate. So we're trying to promote muscles instead!

Clari Freeman-Taylor : Vegetables and sobriety! We love moving, dancing and fighting. Sometimes Saya and I fight for stress relief. We like wrestling and things like that. It's a good thing to do!

La Face B : Did making the video change the way you saw the song, too, or did it simply reinforce what was already there?

Saya Barbaglia : Well, we hadn't included the play-fighting in the live version before making the video. So I suppose that changed the live performance.

David Addison : Yeah, that's become a big part of it now, particularly when we start the song.

La Face B : I watched the live version on YouTube. There's so much interaction between you. You're almost fighting with each other, responding physically to the music. It's really fun to watch.I also wanted to ask you about Marina Abramović. I know you first met Todd Eckert, and then he introduced you to Marina. Todd is a legend for those of us working in tech! And Marina apparently calls you her children, which is quite an extraordinary relationship. What have you learned from her? Not necessarily about music, but about being an artist?

Clari Freeman-Taylor : Saya and I have really enjoyed listening to her book. A lot of it is about strength, particularly inner strength and self-discipline. Her art is also incredibly vulnerable. Think of Rhythm 0, for example. She's really giving herself to the public. She's strong and vulnerable at the same time, which I think is an incredible thing to be.

But she's also really funny, kind and generous with us.

Saya Barbaglia : What really inspires me about her work is how it's all just part of her life. I think that's something we need to remember: that we should always try to do something different, rather than simply doing what's happening around us. We should do what's natural to us and what's relevant to us at that particular moment.

The way we're going to change over the next couple of years is also how the music will change. It's all connected.

And I just think she's awesome. She's been a huge inspiration to me since I was younger, so it's really lovely that she's now someone we can call a friend.

La Face B : It's a rather unlikely friendship in the sense that the circumstances of how you met are quite extraordinary. But she has such an incredible relationship with endurance, discipline and pushing herself beyond what feels comfortable. Has any of that changed the way you think about performing or creating?

Saya Barbaglia : Definitely. I've always been really interested in her endurance work. I think that's something I bring into the way I play: giving everything, always performing at your absolute maximum. And I suppose that also applies to other parts of life.

La Face B : You also have Jane, which perhaps gives us a glimpse of where the band might be heading next. What can you tell us about that song?

Clari Freeman-Taylor : That's actually a very old song, so it's not really going to tell you anything about where we're going!

La Face B : Okay, then tell me where you're going! If it's the wrong road, tell me!

Clari Freeman-Taylor : We want everyone to dance more to our music. So we're going to make dance music! We want people to move their bodies. I don't want to play guitar anymore.

Saya Barbaglia : An all-synth band! I want that.

Clari Freeman-Taylor : A synth band!

But also, think about the way you felt when you were a toddler. That's what's coming.

La Face B : You're a bit like Picasso. When he was older, he said he was happy because he'd finally learned how to draw like a child.

Clari Freeman-Taylor : Yeah, I think about that a lot. There's something really special about the part of creativity that doesn't know anything and doesn't have any judgements. It's just the part that's feeling things and trying to...

La Face B : And it's just having fun! It's about discovery, looking at things with a fresh pair of eyes. I find that really interesting, too.

David Addison : I think that's partly where we're hoping to go. This first album has quite heavy moods around it. It's quite mystical and dark. We want to keep that, but also try to do some things that are more...

Saya Barbaglia : So the descriptions in the leaflets can be about happy, excited, cool people, rather than fragile and sad!

Clari Freeman-Taylor : Yeah, exactly!

La Face B : A much fairer description! I've got one question about touring. There's a real physicality to the life of Mary in the Junkyard. The records can be quite delicate, fragile and atmospheric, but on stage you become much more chaotic and intense. You also seem to have a lot more fun. What happens to these songs when you play them live? They're almost beasts in disguise!

Clari Freeman-Taylor : I think part of it is that when you're on tour, the day is actually quite boring. You're in a car for hours, so all your energy gets pent up inside you. You're trying to entertain yourself with a book, an activity, music production, knitting, writing, painting or drawing.

Then you finally get on stage, and all that energy has to come out of you! It's a bit like a dog that's been taken for a walk and is suddenly running around.

David Addison : It's a release. And I think that gives the songs a bit more intensity.

La Face B : My last few questions are a little more playful. If a fictional character were to come and watch one of your shows, who would you like it to be?

Clari Freeman-Taylor : Aslan from Narnia. I'm in love with Aslan from Narnia!

La Face B : What about you, David?

David Addison : Maybe Gollum. Or Stig of the Dump.

Saya Barbaglia : Oh, yes! Maybe the whale from the Bible.

David Addison : From Jonah and the Whale?

Saya Barbaglia : Yeah! The whale from the Bible. And then we could make an album inside the whale.

David Addison : Dorothea from Middlemarch. And the Clangers!

Clari Freeman-Taylor : I love the Clangers! The music tree. I even have a tattoo of the Clangers.

La Face B : Is there a song you wish you had written? Not necessarily because it sounds like you, but because you hear it and think, "Wow, how did they even come up with that?"

Clari Freeman-Taylor : I wish I'd written Into My Arms by Nick Cave. I think it's the most beautiful song in the world. I love that song. I actually sang it the other day in a church. I walked into a church and sang it. That was really nice.

Saya Barbaglia : I think Sickle Walk by Yahweh by Jason Nelson, because it would just be so awesome if we could do something like that. They're our favourite band. I can't imagine how we would do it, but it would be really cool.

La Face B : And what about you, David?

David Addison : Yeah, Yahweh by Jason Nelson would be a fun song for us to crossplay.

Saya Barbaglia : I really think we should try it for Halloween!

David Addison : Or maybe A Forest by The Cure. We've done that as a cover before. It was fun!

La Face B : Thank you very much for your time!

Mary in the Junkyard : Thank you!

Partager :