La Face B a rencontré Miles Kane à Bordeaux, à l’occasion de la première date de sa tournée européenne, qui accompagne la sortie de son nouvel album Sunlight in the Shadows. Après plus de quinze ans de carrière, l’artiste britannique signe un disque à la fois nostalgique et résolument moderne, où lumière et ombre s’entrelacent avec élégance et rock’n’roll.
À l’aube de ses 40 ans, Miles Kane rayonne. Il évoque le temps qui passe et son parcours sans ego ni posture, parlant de ce nouvel album avec passion et fierté. Entre confidences sur l’écriture, amour intact pour la scène et humour bien anglais, il se livre sans filtre, porté par cette classe instinctive qui fait sa signature.
Une interview à cœur ouvert, à l’image d’un artiste toujours chéri du public français et qui ne cesse de surprendre. Miles Kane fait ce qu’il sait faire de mieux : arriver avec un large sourire et un hug, être pleinement présent et se donner sans retenue, avec ce mélange unique de swagger, d’énergie et de sincérité.
Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

« J’ai vécu une vie faite de hauts et de bas. J’ai l’impression d’avoir traversé beaucoup de lumière et d’ombre. Sunlight in the Shadows, c’est une façon cool de parler de la vie. » Miles Kane
La Face B : Bonjour Miles. Tu viens tout juste de terminer ta tournée britannique et ce soir marque ton tout premier jour en Europe. Comment s’est passée la tournée UK, et qu’attends-tu de ces dates européennes ?
Miles Kane : La tournée britannique était géniale. On a terminé samedi soir, et il y a eu de vrais moments forts — Londres, Manchester, Glasgow étaient fantastiques. J’avais cette tournée européenne en tête depuis un moment. Je pense que c’est la première fois que j’enchaîne aussi vite l’Europe juste après une tournée UK, et c’est une tournée assez dense sur trois mois, vraiment. D’habitude, c’est plus étalé.
Je suis très excité par ça. J’ai le groupe live avec moi et on est dans une configuration très libre : pas de click, pas de backing tracks — tout est joué en live. Chaque soir, si on a envie de partir en jam, d’allonger certains passages, on peut. Je suis juste trop content d’être ici. La France, de manière générale, a toujours été cool avec moi depuis le début, donc ces six dates françaises sur cette tournée ont quelque chose de spécial.
La Face B : En termes de setlist, tu te concentres surtout sur le nouvel album ?
Miles Kane : Ouais, je suis très égoïste. Je joue huit ou neuf titres du nouvel album. Au total, ça fait environ 19 ou 20 morceaux dans le set, et ensuite tous les bons classiques. Mais c’est compliqué, parce que quand tu additionnes tous les classiques, t’en as déjà une cinquantaine.



La Face B : Si tu ne joues pas Come Closer, ce sera l’émeute.
Miles Kane : Ouais, on termine avec celui-là. Donc oui, ça fait du bien.
La Face B : Ta musique a toujours eu une identité très forte, mais chaque album ressemble davantage à un nouveau chapitre qu’à une réinvention. On entend des indices de tes anciens disques. Comment vois-tu l’évolution de ton son aujourd’hui ?
Miles Kane : J’ai l’impression que chaque album est vraiment un chapitre de croissance dans la vie. Celui-ci, ça ressemble à… j’ai 39 ans, j’aurai 40 ans le mois prochain, et ça me semble être un exemple assez parfait de qui je suis en tant qu’homme — dans les textes, dans la vie, et spirituellement.
J’essaie de capter tout ça. Ça donne le ton pour cette prochaine phase. Je pense que quand tu arrives à 40 ans en tant qu’homme, il y a un carrefour — un changement que j’ai ressenti en moi cette dernière année. J’essaie simplement de l’embrasser et d’avancer avec ça. Sans être trop dramatique, cet album ressemble vraiment au début d’une phase deux.






La Face B : Je trouve que c’est un album très ancré. Il est nostalgique, mais très moderne. Il sonne très 2026, tout en étant intemporel. Comme tu disais tout à l’heure, tu m’as vue danser sur Electric Flower à la balance — et c’est exactement ça. On a l’impression d’être dans les années 70, en train de marcher dans la rue.
Miles Kane : Moi aussi !! Avec le col relevé, non ?
La Face B : Oui, exactement comme ça. La mélodie de Electric Flower te donne vraiment confiance en toi.
Miles Kane : Oui. Et je l’ai vraiment ressenti en jouant tous les nouveaux morceaux en live, parce que c’est la première fois qu’on les sort. Ça paraît encore plus juste, tu vois — quand tu les joues en live.
La Face B : Ces morceaux arrivent au parfait moment.
Miles Kane : Oui, vraiment.
La Face B : Quand tu les as joués à la balance, je pouvais le sentir. Si on prend Come Closer, ce morceau est un ado maintenant — il a 15 ans. Quelle est son histoire, et pourquoi penses-tu qu’il est autant aimé ?
Miles Kane : C’est une chanson qui m’a toujours soutenu. Il y a certains morceaux sur chaque album, et celui-là — avec I Don’t Forget You — et j’ai l’impression que Sunlight in the Shadows sera la nouvelle version de ça.
Ces chansons se connectent et grandissent en même temps que moi, si ça a du sens.
La Face B : Sunlight in the Shadows a vraiment ce potentiel. Quand tu as commencé à travailler sur l’album, avais-tu une direction sonore claire en tête ?
Miles Kane : Oui. C’est le premier album que je fais depuis longtemps — le onzième au total — où j’ai simplement écrit les chansons sans faire de démos. Guitare acoustique, carnet. Ensuite, on est allés directement en studio à Nashville. Dan Auerbach a monté ce groupe incroyable — Little Barrie, Malcolm Catto, et tous ces musiciens américains géniaux dont j’étais déjà fan.
Tout tournait autour des chansons : rendre les paroles aussi précises et émotionnelles que possible. Même quand on écrivait en acoustique, on pouvait déjà entendre les riffs et imaginer où ça allait aller. Il y a un peu de Tarantino là-dedans, un peu de Shadow Puppets aussi.
On a enregistré 15 chansons en cinq jours, tout en live — ce que je n’avais pas fait depuis longtemps. En sachant à quel point le groupe était bon, je me suis enfermé chez moi pendant un mois ou deux avant, et je chantais les morceaux tous les jours, parce qu’on voulait enregistrer les voix en live. Ça m’a fait élever mon niveau. On a fait trois prises — à la troisième, c’était dans la boîte. Ensuite, le groupe apprenait le morceau suivant, je doublais la voix, et on repartait. C’était magnifique.
La Face B : À la balance, on voit vraiment à quel point les harmonies sont constantes — tout le monde chante tout le temps.
Miles Kane : Oui, j’adore ça. Il y a un esprit de bande, comme sur Come Closer — cette énergie collective.
La Face B : Cet album a aussi quelque chose de très cinématographique.
Miles Kane : Merci.
La Face B : Le titre de l’album Sunlight in the Shadows est un contraste. Comment ce nom t’est-il venu ?
Miles Kane : Ça vient d’abord d’une phrase dans les paroles. J’ai vécu une vie assez extrême, avec des hauts et des bas, et on apprend beaucoup de ça. J’ai l’impression d’avoir traversé beaucoup de lumière et d’ombre. C’est une façon cool de parler de la vie, finalement. Ce n’est pas toujours facile de parler de certaines choses, mais ça raconte mon parcours et là où j’en suis aujourd’hui. Ça ressemble à une lumière de fin de journée — une phase de coucher de soleil.
La Face B : C’est une façon très poétique de le dire. Love Is Cruel a été le premier titre partagé l’été dernier — très stylé, psychédélique, très riche. Pourquoi l’avoir choisi comme premier single ?
Miles Kane : Choisir des singles, c’est toujours compliqué. Parfois, d’autres voix entrent en jeu — les labels et tout ça — mais Dan et moi, on était sûrs. Ça donnait le ton de ce qui allait suivre. C’était une déclaration, mais de manière assez subtile.
La Face B : D’autant plus qu’il y a un morceau qui s’appelle réellement Sunlight in the Shadows.
Miles Kane : Oui, mais Love is Cruel montrait un autre côté — plus riche, plus classe. Ça donnait l’impression d’ouvrir un nouveau cycle.
La Face B : Maintenant que l’album est sorti et que tu le défends sur scène, y a-t-il un morceau que tu adores jouer en live ?
Miles Kane : Walk on the Ocean. J’ai su tout de suite que ce serait le morceau de clôture de l’album. J’adore le jouer en live — je pars en transe. Il me semble encore nouveau. On l’étire, on laisse les solos durer plus longtemps — ça devient un peu Verve-esque. C’est celui-là que je choisis.
La Face B : Un de mes préférés, c’est Electric Flower.
Miles Kane : C’est l’ouverture.
La Face B : Impossible de ne pas danser dessus — comme marcher dans une rue disco des années 70. D’où vient ce morceau ?
Miles Kane : Écrit à Nashville, assez rapidement. Une petite chanson d’amour après avoir beaucoup écouté T. Rex. C’est juste sorti comme ça. C’est parfait pour ouvrir le set et lui laisser de l’espace.
La Face B : Il y a instantanément un sourire sur tous les visages.
Miles Kane : Oui, ça me fait du bien de la chanter.
La Face B : Le clip a exactement cette même sensation de lumiere dorée et marche 70s confiante.
Miles Kane : C’est moi tous les jours — donc si tu le ressens, c’est que c’est réel. Dans le clips, ce sont tous mes potes. Enfin, c’est juste ce que j’essaie de faire dans ma vie et dans ma musique : suivre ces sensations. C’était assez clair ce que devait être ce clip.
La Face B : Coming Down the Road fait penser à tes premiers disques — très direct, guitares à vif. C’était intentionnel ?
Miles Kane : Oui ! C’est un autre côté de moi. Des morceaux comme Never Taking Me Alive, Bad Habits — cette énergie “je vais te montrer”. C’est un peu un coup de grâce. J’ai toujours eu ce côté outsider en moi, et j’adore ça.
La Face B : C’est très hymnique. Cette amplitude fait aussi partie de ton ADN.
Miles Kane : Tu ne peux pas te cacher derrière ces chansons. Tu dois être à nu pour les interpréter. J’adore le côté cinématographique, glam, crooner — tout ça, c’est mon monde.
La Face B : La guitare est très en avant sur ce disque. C’était important de lui redonner ce rôle central ?
Miles Kane : J’ai pris une guitare pour la première fois à 12 ou 13 ans. Mes cousins sont dans The Coral — j’étais entouré de guitares. Un Noël, ma tante m’a offert une petite guitare espagnole, et c’était fini. Les Beatles, Oasis, apprendre les accords, faire semblant d’être dans un groupe devant le miroir. Je n’ai jamais vraiment regardé en arrière. Aujourd’hui, la guitare est aussi importante que ma voix. Link Wray est mon guitariste préféré — ce son surf, Tarantino. Ça fait partie de moi.
La Face B : Vous êtes trois guitaristes sur scène — on dirait que la guitare est le sixième membre du groupe.
Miles Kane : À 100 %.
La Face B : Always in Over My Head sonne très Shadow Puppets.
Miles Kane : Bien sûr, et j’adore ça. Ça fait totalement partie de moi. Always in Over My Head — c’est une expression, non ? Je pense que ma mère me disait souvent ça. Parfois dans la vie, si j’abusais un peu, ou si je me montais trop la tête, elle me disait : “Tu es toujours trop loin, trop profond.” Et ça m’est resté. C’est une chanson là-dessus. Et ça touche aussi à ma relation avec ma mère, qui était très proche. Et puis je n’ai quasiment pas connu mon père — c’est une autre histoire. Il y a cette phrase : “waiting on words that my father never said”. Et oui… c’est un morceau assez émotionnel, tu vois ?
La Face B : I Used to Sing a Love Song est aussi un morceau très fort — très percutant.
Miles Kane : Il est brutal, hein ? Un peu Oasis.
La Face B : Totalement, surtout l’intro. Tu le joues en live ?
Miles Kane : Pas ce soir, mais il va arriver cette semaine. C’est un morceau compliqué, mais il arrive.
La Face B : Faudra que je vienne te voir a Paris alors! Walk on the Ocean clôt l’album de manière très calme et introspective. Pourquoi terminer là-dessus ?
Miles Kane : Parce que je me suis dit : j’aime ça. Et puis, je pense que ça t’emmène dans un voyage. Tu commences lentement, et je pense que c’est encore plus évident en live. Mais j’adore la façon dont ça arrive sur ce pont — “the only thing for certain is I don’t know what’s happening” — puis tu pars sur un grand solo. Et pour moi, même si c’est lent, c’est lourd, tu vois ? Ça sonnait juste. Ça donne l’impression que tu attends la partie deux.






La Face B : J’aimerais parler de The Last Shadow Puppets. My Mistakes Were Made for You est un morceau fondateur pour beaucoup de gens. Comment ton approche de l’écriture a-t-elle évolué depuis cette époque ? Comment un morceau devient-il un morceau de Miles Kane ?
Miles Kane : Quand Al (Alex Turner) et moi écrivons ensemble, je peux peut-être répondre davantage en termes de leadership — qui prend la voix principale sur un morceau des Shadow Puppets — parce que vous écrivez tous les deux. Et c’est très évident.
C’est très clair. Par exemple, Al chante celui-là, moi je fais juste la guitare. Et puis sur l’album suivant, Sweet Dreams par exemple. Sur le premier album, Standing Next to Me est à moi, My Mistakes est à lui. Il a pris Mistakes, moi Standing Next to Me. Moi Bad Habits. Chacun de nous a ce truc où tu te dis : non, toi t’es meilleur que moi là-dessus.
La Face B : À quel moment un morceau devient-il un morceau de Miles Kane ? Et est-ce que tu arrives avec les paroles en premier ?
Miles Kane : J’ai toujours l’impression qu’il y a toujours des idées ou des chansons qui traînent. Et je prends simplement ce qui correspond au moment que je vis. Bien sûr que je referais un album des Puppets — peut-être qu’un jour on le fera. Mais je ne garde pas des chansons en me disant : celle-là, je la réserve pour les Shadow Puppets. Si on écrivait un morceau aujourd’hui, je ne me dirais pas que je vais le garder pour plus tard. Je ne fonctionne pas comme ça. Si quelqu’un me proposait un projet annexe, un album de duos par exemple, j’écrirais pour ça. Je ne mets pas les chansons de côté.
La Face B : Pour cet album, est-ce que tu commences par la mélodie quand tu écris ?
Miles Kane : Les mélodies arrivent plus vite. Ensuite, je regarde mes notes, je vois ce qui traîne, ou je commence juste une mélodie sur quelques accords, et je laisse faire.
La Face B : Tu as aussi écrit pour des artistes féminines très inspirantes comme Lana Del Rey.
Miles Kane : J’adore ce morceau, Dealer. C’était aussi avec Al. À ce moment-là, on avait quasiment écrit un album entier. Je vivais à Los Angeles, elle m’a vu dans un bar et m’a dit qu’elle aimait mes morceaux. Je lui ai dit pareil. Le lendemain, elle est passée chez moi, on a écrit plusieurs chansons, et Dealer en faisait partie.
Puis je l’ai un peu oubliée, pour être honnête. Et quelques années plus tard, elle m’a dit qu’elle voulait la mettre sur un album. Je pensais qu’elle allait la réenregistrer ou autre, mais c’est la démo qu’on avait faite ensemble qui s’est retrouvée sur l’album. Donc oui, j’adore ce morceau. Et j’aimerais faire plus de choses comme ça. Un album de duos avec elle serait génial.
La Face B : Travailles-tu actuellement avec ou produis-tu d’autres artistes ?
Miles Kane :
Non, pas pour le moment. Mais j’aimerais beaucoup. Il y avait un chanteur qui m’accompagnait en tournée il y a quelques années, Tommy Smith, du nord de l’Angleterre. J’ai fait un morceau avec lui — un petit EP — et j’ai adoré. J’aimerais faire plus de choses comme ça.
La Face B : J’adorerais te voir faire des duos avec des artistes féminines fortes.
Miles Kane : J’adorerais ça. C’est l’un de mes rêves. J’ai toujours voulu faire un album entier dans ce style — à la Nancy Sinatra. Cette vibe-là. C’est vraiment ce que j’aimerais faire.
La Face B : Ce serait incroyable. Shirley Bassey aussi.
Miles Kane : Oh mon Dieu. Oui. C’est noté.








La Face B : Ton style dandy a toujours été très distinctif. La mode fait-elle partie de ton expression artistique ?
Miles Kane : Je pense que oui. En grandissant près de Liverpool, mes potes et moi portions toujours des survêtements — et il fallait que ce soit l’ensemble complet. Je pense que c’est assez typique de Liverpool. Les gens prennent soin de leur apparence, et j’ai toujours été comme ça.
Même enfant, je me souviens vouloir un vieux survêtement Lacoste noir — c’est la première image que j’avais. Et ça n’a fait que grandir. Je n’ai jamais eu de styliste. J’ai toujours tout fait moi-même. J’aime créer, dessiner des vêtements, les faire fabriquer.
La Face B : Même le design de scène — l’imprimé léopard.
Miles Kane : Je sais — et ça rend plus classe que dit comme ça, non ? Tout est peint à la main. C’est tout mon équipement vintage, donc je ne pourrai jamais le vendre. J’ai commencé avec un ampli — le petit — juste pour moi. Puis quand je l’ai vu, j’ai demandé à une artiste de Liverpool de le peindre à la main. Elle est géniale. Ensuite, je me suis dit : ok, il faut faire les deux amplis. Puis tout le reste. Et oui, je trouve que ça rend bien.
La Face B : Même les serviettes du groupe sur scene!.
Miles Kane : Oui. Tout. Je suis un psycho.
La Face B : C’est superbe — quand tu le photographies, tout est très cohérent et stylé.
Miles Kane : Oui. Magnifique. Merci, mon amour. Avec la lumière aussi. Et comme c’est fait à la main, ça ne fait pas trop imprimé — ça se fond mieux.
La Face B : J’adore la façon dont ça entoure l’ampli orange, le piano — tous ces détails.
Miles Kane : Merci beaucoup. J’apprécie.



La Face B : Quel personnage fictif serait un vrai fan de Miles Kane ?
Miles Kane : Wolverine. C’est mon X-Men préféré.
La Face B : Si Sunlight in the Shadows était un film, quel serait le genre et qui le réaliserait ?
Miles Kane : Martin Scorsese. Facile.
La Face B : J’imagine très bien tes morceaux dans quelque chose comme Peaky Blinders.
Miles Kane : Oui, ce serait génial. J’espère qu’ils en glisseront un dedans.
La Face B : Demande à Little Barrie quand la tournée sera finie.
Miles Kane : Pourquoi — il est pote avec le mec de Peaky Blinders ?
La Face B : Non, il travaille beaucoup sur les bandes originales — Better Call Saul.
Miles Kane : Oui, génial.
La Face B : Une fois la tournée terminée, qu’est-ce qui t’attend ? Tu te remets à écrire directement ? Tu te reposes ?
Miles Kane : Je vais aller aux États-Unis en avril, faire quelques concerts là-bas — avril, mai. Et ensuite, cette année est assez chargée en concerts. Mais j’aimerais beaucoup faire un autre album à Nashville. Là, je suis un peu submergé par les dates. Mais j’adore travailler. Et j’ai hâte de voir ce que sera cette prochaine phase.
La Face B : Et pour finir, y a-t-il un livre, un film ou une série qui t’a inspiré récemment, musicalement ou personnellement ?
Miles Kane : La dernière chose que j’ai regardée, c’est le documentaire de Martin Scorsese sur Apple TV. Je l’ai trouvé vraiment bien. J’essaie de réfléchir… il y a un film italien qui s’appelle La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino. Et ses films ont une ambiance incroyable — tu sais toujours que c’est lui. Donc oui… je dirais ça.
La Face B : Ça a été un vrai plaisir de te revoir.
Miles Kane : Merci.
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Version en Anglais



La Face B: Hello Miles. You’ve just wrapped up your UK tour and tonight is your very first day in Europe. How was the UK tour, and what are you expecting from these European shows?
Miles Kane: The UK tour was great. We finished on Saturday night, and there were some real highlights — London, Manchester, Glasgow were fantastic. I’ve had my eye on this Europe tour for a while. I think it’s the first time I’ve gone straight into Europe so quickly after a UK run, and it’s quite an extensive three months, really. Usually it’s more spread out.
I’m excited for that. I’ve got the live band with me and we’re in this freedom setting where there are no click tracks or backing tracks — it’s all live. Each night, if we want to go off and jam a bit, extend sections, we can. I’m just buzzing to be over here. France as a whole has been good to me since day one, so these six French dates on this run feel special.
La Face B: In terms of the setlist, are you mainly focusing on the new album?
Miles Kane: Yeah, I’m being very selfish. I’m playing eight or nine songs from the new album. Altogether it’s about 19 or 20 songs in the set, and then all the other good classics. But it’s tough, because when you add up all the classics, you’re already at about 50.
La Face B: If you don’t play Come Closer, you’d have a riot.
Miles Kane: Yeah, we end on that. So yeah, it feels good.
La Face B: Your music has always had a very strong identity, but each album feels like a new chapter rather than a reinvention. You can hear clues from older records. How do you see your sound evolving today?
Miles Kane: I feel like each album is a chapter of growth in life, really. This one feels like… I’m 39, I’ll be 40 next month, and it feels like a perfect example of who I am as a man — lyrically, in life, and spiritually.
I try to capture all of that. It sets the tone for this next phase. I think when you hit 40 as a man, there’s a crossroads — there’s a change I’ve felt in myself over the past year. I’m just trying to embrace that and move forward with it. Without sounding too dramatic, this album feels like the start of a phase two.















La Face B: I think it’s a very grounded album. It’s nostalgic, but very modern. It feels very 2026, but also timeless. Like you said earlier, you saw me dancing on Electric Flower at soundcheck — and it really is like that. It feels like being in the 70s, walking down the road.
Miles Kane: Me too!! With your collar up, isn’t it?
La Face B: Yeah, exactly like that. The melody on Electric Flower makes you feel really confident.
Miles Kane: Yeah. And I’ve really felt that playing all the new songs live, because it’s the first time we’ve been bringing them out. That feels even more right, you know — when you’re playing it live.
La Face B: These songs arrived at the perfect moment.
Miles Kane: Yeah, they really do.
La Face B: When you played them at soundcheck, I could feel it. If we take Come Closer, that song is like a teenager now — 15 years old. What’s the story behind it, and why do you think it’s so beloved?
Miles Kane: It’s a song that’s had my back. There are certain songs from each album, and that one — along with I Don’t Forget You — and I feel like Sunlight in the Shadows will be the new version of that. Those songs connect and grow as I grow, if that makes sense.
La Face B: Sunlight in the Shadows really feels like it has that potential. When you started working on the album, did you have a clear sonic direction in mind?
Miles Kane: Yeah. It’s the first album I’ve made in a long time — my 11th overall — where I just wrote the songs without demoing them. Acoustic guitar, notepad. Then we went straight into the studio in Nashville. Dan Auerbach put together this incredible band — Little Barrie, Malcolm (Catto), and these amazing American musicians I was already a fan of. It was all about the songs: getting the lyrics as tight and emotional as possible. Even when we were writing acoustically, you could already hear the riffs and imagine where it would go. There’s a bit of Tarantino in there, a bit Shadow Puppets as well.
We recorded 15 songs in five days, all live — something I hadn’t done in a long time. Knowing how good the band was, I locked myself in my house for a month or two beforehand and sang the songs every day, because we wanted to do the vocals live. It raised my game. We’d do three takes max — by the third take, it was done. Then the band would learn the next song, I’d double-track the vocal, and off we went. It was beautiful.
La Face B: At soundcheck, you can really see how constant the harmonies are — everyone’s singing non-stop.
Miles Kane: Yeah, I love that. There’s a gang mentality to it, like Come Closer — that collective energy.
La Face B: This album feels also very cinematic.
Miles Kane: Thank you.
La Face B: The title Sunlight in the Shadows is all about contrast. How did that name come to you?
Miles Kane: It came from a lyric first. I’ve lived quite an extreme life, with highs and lows, and you learn a lot from that. I feel like I’ve come through a lot of light and dark. It’s a cool way of talking about life, really. It’s hard to talk about things sometimes, but it’s about my journey and where I’m at now. It feels like evening light — a sunset phase.
La Face B: It’s very poetic way to say it. Love Is Cruel was the first track you shared last summer — very stylish, psychedelic, and rich. Why did you choose it as the first single?
Miles Kane: Picking singles is always hard. Sometimes other voices get involved — labels and all that — but me and Dan were certain. It set the tone for what was coming. It was a statement, but in an understated way.
La Face B: Especially since there’s a track actually called Sunlight in the Shadows.
Miles Kane: Yeah, and that one shows another side — more layered, more classy. It felt like opening a new cycle.
La Face B: Now that the album is out and you’re touring it, is there a song you’re particularly drawn to live?
Miles Kane: Walk on the Ocean. I knew straight away it would close the album. I love playing it live — I go into a trance. It feels new to me. We extend it, let the solos run longer — it gets a bit Verve-esque. That’s my pick.
La Face B: One of my favourites is Electric Flower.
Miles Kane: That’s the opener.
La Face B: You can’t help but dance to it — like walking through a 70s disco street. Where did it come from?
Miles Kane: Written in Nashville, pretty fast. A little love song after listening to loads of T. Rex. It just came out. It’s great to open the set and let it breathe.
La Face B: There’s an instant smile on everyone’s face.
Miles Kane: Yeah, it makes me feel nice singing it.
La Face B: The music video has that same confident, golden feel.
Miles Kane: That’s me every day — so if you feel it, it’s real. They’re all just my mates .Well, it’s justwhat I’m trying to do in my life and music. Just to follow those feelings. It was quite clear what that video would be.
La Face B: Coming Down the Road feels like a nod to your earlier records — very direct, bleeding guitars. Was that intentional?
Miles Kane: Yeah! That’s another side of me. Songs like Never Taking Me Alive, Bad Habits — that “I’ll fucking show you” energy. It’s a bit like a coup de grace. I’ve always had that underdog thing in me, and I love it.
La Face B: It’s very anthemic. That range is part of your DNA.
Miles Kane: You can’t hide behind those songs. You’ve got to be bare naked delivering them. I love the cinematic, the glam, the crooner side — it’s all my world.









La Face B: The guitar is very upfront on this record. Was it important to let it lead again?
Miles Kane: I picked up the guitar when I was 12 or 13. My cousins are in The Coral — I was surrounded by guitars. One Christmas my auntie bought me a little Spanish guitar and that was it. Beatles, Oasis, learning chords, pretending to be in a band in the mirror. I never really looked back. Now, guitar feels as important as my voice again. Link Wray’s my favourite guitarist — that surfy, Tarantino sound. It’s part of me.
La Face B: You are three guitarists on stage — it feels like Guitar is the sixth band member.
Miles Kane: 100%.
La Face B: Always in Over My Head feels very Shadow Puppets-esque.
Miles Kane: Of course it does, and I love that. It’s all part of me. “Always in Over My Head” — it’s a phrase, isn’t it? I think my mum used to say it to me a lot. Sometimes in life, if I’d indulge too much, or if I’d work myself up, she’d say, “You’re always in over your head.” And I think that sort of stuck with me. So it’s a song about that. And it touches on my relationship with my mum, which was super close. And then I really didn’t know my dad — that’s a bit of a different story. So there’s a lyric in there, “waiting on words that my father never said.” And yeah… it’s quite an emotional track, you know?
La Face B: I Used to Sing a Love Song is another standout — very punchy.
Miles Kane: It’s gnarly, isn’t it? Bit Oasis-y.
La Face B: Absolutely, especially on the intro. Do you play it live?
Miles Kane: Not tonight, but it’ll make an appearance this week. It’s a tricky one, but it’s coming.
La Face B: Walk on the Ocean closes the album so quietly and reflectively. Why end there?
Miles Kane: Because I thought, I like it. And then you’ve got — well, I think it takes you on a journey. I think you start slow, and I think maybe live it’s even more apparent.
But I love how it gets into that bridge, where “the only thing for certain is I don’t know what’s happening”, and then you rip into a big solo. And to me, even though it’s slow, it’s heavy, you know? It just felt right. I think it sets it up. It’s like you’re waiting for part two now.
La Face B: I’m going to talk to you about The Last Shadow Puppets. My Mistakes Were Made for You is such a defining song for so many people. How has your approach to songwriting changed since those days? How does a song become a Miles Kane song?
Miles Kane: Well, I mean, when me and Al (Alex Turner) are writing together, I could probably answer that more in terms of who takes the lead — who takes the lead vocal on a Shadow Puppets song — because you’re both writing them. And I think it’s very apparent.
It’s very clear. Like, Al just sings that one, I just do guitar. And then you’ve got, say, on the next album, Sweet Dreams or something. On the first one, Standing Next to Me is mine, My Mistakes is his. He took Mistakes, I’ll take Standing Next to Me. I’ll take Bad Habits. I guess each of us has that thing where it’s like, oh no, you’re better at that than me.
La Face B: When does a song become a Miles Kane song? And do you come with the lyrics first?
Miles Kane: I mean, I just always feel like there are always songs or ideas kicking about. And I feel like whatever moment I’m in, I just take it for that moment. Of course I’d do a Puppets album again — maybe one day we will. But I don’t really save songs thinking, I’ll keep that for the Shadow Puppets. If we wrote a song today, I wouldn’t be like, I’m saving that for whenever that happens. I don’t really do that. If someone said, you know, do you want to do a side project, a duet album, whatever, I’d just write for that. I don’t really save things like that.
La Face B: For this album, do you start with melody when it comes to songwriting?
Miles Kane: Melodies come quicker. Then I’ll look at my notes, see what rambles, or I’ll just start a melody over some chords, and then let it go, you know?
La Face B: You’ve also written for powerful female artists like Lana Del Rey.
Miles Kane: Love that tune, Dealer. That was one like Al as well. At that time there was kind of a whole album written. I was living in LA, and she saw me in a bar and said she liked my tunes. I said, vice versa. The next day she came round and we wrote some songs, and Dealer was one of them.
Then I sort of forgot about it, to be honest. And a couple of years later she said she wanted to put it on an album. I thought she would have just re-sung it or whatever, but that demo me and her made ended up on the album. So yeah, I love that tune. And I’d love to do more like that. I think a duet album with her would be cool.









La Face B: Are you currently working with or producing for other artists?
Miles Kane: No, I haven’t. But I’d like to do more of that. There was a singer who supported me on tour a couple of years ago, Tommy Smith from the north of England. I did a song with him — like a little EP — and I really enjoyed that. I’d like to do more.
La Face B: I’d love to see you do duets with strong female artists.
Miles Kane: I’d love to do that. That’s one of my dreams. I’ve always wanted to do a full album like that — Nancy Sinatra-style. That vibe. That’s what I’d love to do.
La Face B: That would be amazing. Shirley Bassey as well.
Miles Kane: Oh my God. Yes. I’ll be sure.
La Face B: Your dandy style has always been so distinctive. Has fashion been part of your artistic expression?
Miles Kane: I think so, yeah. Growing up by Liverpool, me and my mates would always wear tracksuits — and it had to be the full tracksuit. I think that’s quite a Liverpudlian thing. People take pride in clothes and fashion, and I’ve always been like that.
Even as a kid, I remember wanting an old black Lacoste tracksuit — that was the first thing I envisioned. And it’s just grown from there. I’ve never had a stylist and I’ve never had anything like that. I’ve always just done it myself. I’m into it — creating, designing clothes, getting things made.
La Face B: Even the stage design — The leopard print.
Miles Kane: I know — and it looks classier than it sounds, doesn’t it? That was all hand-painted. That’s all my vintage equipment, so I can never sell it. I started with one amp — my little one — just did it for myself. Then when I saw it, I got an artist in Liverpool to hand-paint it. She’s great. Then I was like, oh my God, I need both amps done. Then I thought, I need the whole batch. And yeah, I think it looks cool.
La Face B: Even the towels for the band.
Miles Kane: Yeah. Everything. I’m a psycho.
La Face B: It’s brilliant — when you photograph it, it all feels so cohesive and stylish.
Miles Kane: Yeah. Beautiful. Thank you, my love. With the lighting as well. Because it’s hand-done, it doesn’t look like a print — it blends more.
La Face B: I love how it surrounds the orange amp, the piano — all those details.
Miles Kane: Thank you very much. Appreciate it.
La Face B: Which fictional character would be a proper Miles Kane fan?
Miles Kane: Wolverine. He’s my favourite X-Men.
La Face B: If Sunlight in the Shadows were a film, what genre would it be, and who would direct it?
Miles Kane: Martin Scorsese. Easy.
La Face B: I could imagine your songs in something like Peaky Blinders.
Miles Kane: Yeah, that would be great. Hopefully they can stick one in there.
La Face B: Ask Little Barrie once the tour wraps up.
Miles Kane: Why — is he friends with the guy from Peaky Blinders?
La Face B: No, he works a lot on soundtracks — Better Call Saul.
Miles Kane: Yeah, great.
La Face B: Once your tour wraps up, what’s next for you? Do you jump straight into writing? Do you have a rest?
Miles Kane: I’m going to go to America in April, do some shows there — April, May. And then, this year is quite extensive with gigs. So… but I’d love to do another album in Nashville. I’m sort of just rammed with gigs at the moment. I just love working. And I’m excited to see what this next phase will be after this.
La Face B: And finally, is there a book, a film or a TV series that inspired you lately, musically or personally?
Miles Kane: I mean, the last thing I watched was that Martin Scorsese documentary on Apple TV. I thought that was really good.
I’m trying to think… there’s an Italian film called The Great Beauty by this director called Sorrentino. And his films have got this amazing mood that sort of — it’s got, each film, you can tell it’s by him. So maybe… yeah, I’ll go with that.
La Face B: Well, it’s been a pleasure meeting you again.
Miles Kane: Thank you.

