The Hives : « le Rock’n’Roll, c’est foutre en l’air les règles »

Ils reviennent pour un septième album The Hives Forever Forever The Hives. Guère de suspens, il s’agit bien des Hives ! En presque trente ans de scène, les Suédois gardent une forme juvénile avec un album féroce au style garage punk comme toujours. Les frères Holwin’ Pelle Almqvist et Nicholaus Arson étaient de passage à Paris en début d’été. La Face B a pu rencontrer le guitariste autour d’une bière à la main pour parler de leur nouvel album, bien entendu, mais aussi de la tournée gigantesque qui les attend. Au programme de cette interview : Rolling Stones, les Hives, règles, Hives, Russie et les Hives.

ENGLISH VERSION BELOW

La Face B : Salut ! Aujourd’hui, je suis avec le groupe le plus bruyant, le plus déjanté et le mieux sapé du rock’n’roll : The Hives ! Comment ça va ?

Nicholaus Arson : Super ! C’est notre première journée promo en Europe. On est à Paris pour un ou deux jours, ensuite direction Bruxelles, puis Milan, et retour à la maison. Après, on continue avec Stockholm, où des journalistes viennent nous voir. Je crois qu’on va enchaîner les interviews jusqu’à notre départ pour le Japon et l’Australie. Cette année, et sûrement la prochaine, vont être bien chargées.

La Face B : Quel est votre secret pour rester en forme après plus de 30 ans de carrière ?

Nicholaus Arson : Le secret, c’est justement de continuer. Vers 25 ans, on a fait des premières parties des Rolling Stones, notamment à Stockholm et à Copenhague. Dans la loge de Mick Jagger, il y avait… un tapis de course et des fruits. Je pense que c’est son secret à lui. Il faut bien s’y mettre à un moment, surtout quand le métabolisme change. Faire un peu de sport, ça aide. Mais franchement, faire du rock’n’roll en continu, c’est déjà un super entraînement. Je pense que ça me garde plus jeune que n’importe quel autre sport.

La Face B : Je vous ai vus à Rock en Seine l’an dernier : l’énergie que vous dégagez était dingue ! Le public était un peu mou au début, mais vous avez réussi à les électriser. Tu t’en souviens ?

Nicholaus Arson : Oui, ça arrive parfois. Peut-être parce que c’était la fin d’une longue journée, ou qu’il faisait chaud, ou que le public attendait un autre groupe. Mais au final, on arrive toujours à les faire bouger.

La Face B : Quel a été votre pire souvenir de concert ?

Nicholaus Arson : Je crois que nos pires souvenirs, c’était surtout à nos débuts, quand on essayait encore de devenir un bon groupe. On répétait sans arrêt. Assez vite, on a compris que notre priorité, c’était d’assurer sur scène. Parce que quand on faisait un mauvais concert, on était super gênés. Franchement, ça ne servait à rien de tourner si c’était pour avoir honte. Alors on a bossé dur pour être bons… et on n’a jamais arrêté.


Mais mon pire souvenir récent, en fait, c’est quelque chose qui s’est accumulé ces cinq, peut-être sept dernières années. Les concerts sont toujours incroyables, mais ce qui me gonfle, ce sont les téléphones. Les gens filment au lieu de vraiment participer. C’est nul. Une fois, je ne sais plus où c’était, je joue, je regarde le public… et tout le monde a son téléphone en l’air, figé comme ça. J’ai eu un vrai coup de blues. Je me suis dit : “Je n’ai plus envie de faire ça. Je n’ai plus envie d’être sur scène si c’est juste pour que les gens me filment.” J’ai même pensé à arrêter la musique.
Bon, au final, ça va mieux. On a commencé à piquer les téléphones des gens pour les balancer. Donc on peut un peu jouer avec ça…

La Face B : Et vous n’avez jamais envisagé d’interdire carrément les smartphones ?

Nicholaus Arson : Non, je ne veux pas interdire les téléphones. Je veux que les gens comprennent d’eux-mêmes que c’est naze. Mais parfois, tu vois des gens en première ligne, tu leur balances un médiator, tu les regardes… aucune réaction. Ils te fixent à travers leur écran. C’est du gâchis, franchement.
C’est comme ça, c’est la réalité. Mais je n’ai pas envie d’interdire les portables, juste que les gens pigent que ça leur gâche l’expérience. Tu vas voir un match de foot, si tu passes le temps à filmer, tu rates le match. Tu viens pour vivre un truc, pas pour le regarder plus tard. Mais aujourd’hui, les gens sont tellement à fond sur le fait de filmer… Pour moi, le pire ennemi d’un bon concert de rock, c’est clairement le téléphone.

La Face B : Et ton meilleur souvenir, alors ?

Nicholaus Arson : Tous les autres concerts ! (rires)

La Face B : Votre 7e album a été présenté comme un “Hives Arena Album”. Pourquoi avoir choisi ce type de son ? L’idée, c’est de préparer la plus grande tournée des Hives ?

Nicholaus Arson : On a toujours dit qu’un jour, on ferait un album “arena”. Et puis, quand on a commencé les interviews pour cet album, on s’est dit, ouais… finalement, on a vraiment fait un album “arena”. Au début, ça nous paraissait un peu bizarre comme idée.

Et puis les gens nous ont demandé ce que ça voulait dire pour nous, un “album arena”. Alors on a réfléchi. Je crois que notre vision de ce que c’est a un peu changé avec le temps. Quand on était plus jeunes, ça nous faisait peur. On pensait qu’un album pour les arènes, ça voulait dire faire des compromis.

Mais quand tu regardes les vrais groupes d’arena, comme AC/DC ou les Rolling Stones , ceux avec qui on a joué, ils sont devenus des groupes d’arena parce qu’ils faisaient de la bonne musique. Je disais récemment en interview que Satisfaction, à la base, c’est peut-être plus un morceau pour un bar paumé que pour une arène… mais c’est devenu un hymne d’arena parce que les Stones sont devenus énormes.
Pareil pour AC/DC, au début on pensait qu’ils resteraient un petit groupe de clubs… et finalement ils ont rempli des stades. Donc, au fond, un album d’arena, c’est juste un bon disque… qui devient populaire.

La Face B : Et du coup, c’est bien pour lancer la plus grosse tournée des Hives ?

Nicholaus Arson : Oui, ça va sûrement être notre plus grosse tournée. Peut-être pas la plus dingue en termes de nombre de dates… On a eu des années où on jouait des centaines de concerts. Une fois, on en a fait 250 ou 260 en un an, c’était complètement fou.
Mais là, ce sera un peu dans cet esprit. Et en termes d’affluence, oui, ce sera la plus grosse tournée qu’on ait jamais faite. On joue dans des salles plus grandes qu’avant. Plus d’arènes. Et avec autant de dates, ce sera clairement un record perso pour nous.

La Face B : Chaque morceau transpire votre esprit sauvage et rebelle. Pourquoi ce besoin de réaffirmer aussi fort votre identité ?

Nicholaus Arson : Contester l’autorité, ça a toujours été un des thèmes de nos textes. Et briser les règles, aussi. Donc ça a toujours fait partie de nous. Là, disons que c’est une version… “arena” de la remise en question de l’autorité. (rires) Mais au fond, c’est toujours la même chose.

Aujourd’hui, tu vis à une époque où t’as même plus besoin d’avoir raison. Il suffit d’avoir une opinion. Tu crois que t’as raison. Et si les autres ne sont pas d’accord, tu t’énerves, tu déprimes… ou tu sors une arme, ou je ne sais quoi.

La bêtise ambiante donne l’impression d’augmenter sans fin. Alors au fond, ce qu’il faudrait, c’est juste remettre tout en question. Quand on écoutait du punk, on n’a jamais eu ce truc de “on est unis, on fait front ensemble”. On n’a jamais vu le punk comme ça. Pour nous, le punk, c’était plutôt “moi contre tous les autres”. Pas vraiment par individualisme… mais parce qu’il faut toujours se remettre en question, même entre nous.

Si on est tous d’accord sur un truc, alors c’est qu’il faut qu’on se questionne encore. Sinon, ça vire à la secte.

La Face B : Donc… “I’m not a fucking bitch, I’m not a fucking bitch”… ?

Nicholaus Arson : On l’est tous, au fond. (rires) Ce qu’on veut dire, c’est qu’on ne s’exclut pas de ça. Quand il gueule ça, il parle aussi du groupe ! (rires)

La Face B : À propos de ce nouvel album, vous avez dit : « Chaque morceau est un single. Chaque single est un tube. » Donc… l’intro et l’interlude aussi ?

Nicholaus Arson : En y repensant, c’est peut-être même un petit “nettoyage de palais” sur la face A. Mais ouais, ce sont deux morceaux à part entière… donc, deux tubes d’arena aussi. (rires)

La Face B : C’est quoi la recette pour transformer chaque morceau en tube sur cet album ?

Nicholaus Arson : Toujours la même. Tu bosses dessus jusqu’à ce que ça ne craigne plus. Ou du moins, jusqu’à ce que ça ne craigne plus trop. C’est là qu’on sait que c’est bon. Parce qu’on bosse les morceaux super longtemps. Et à force de les travailler, quand il n’y a plus rien qui te chiffonne… c’est que t’as trouvé ce qu’était le morceau.

La Face B : Quel message ou quelles valeurs voulez-vous transmettre avec ce disque ?

Nicholaus Arson : Si je devais choisir un thème, ce serait : remets tout le monde en question. (rires)
Quand il hurle “everybody’s a fucking bitch”, le groupe est aussi visé. Tout le monde est dans la ligne de mire. Si le disque devait porter un message, ce serait ça. Mais après… dans le rock’n’roll, tu peux chanter sur n’importe quoi. Si ça sonne bien, ça marche. Pas besoin de sens profond, de revendication ou quoi que ce soit. Le rock’n’roll, ça peut être juste quelqu’un qui gueule par-dessus des batteries. Et, en fait, rien que de le dire, je trouve que ça sonne vachement bien.

La Face B : The Hives, c’est peut-être aussi le plus humble des paradigmes du rock’n’roll…

Nicholaus Arson : Ouais, peut-être. Plutôt humble… pour des mecs arrogants. Plutôt humble… pour des connards. (rires)

La Face B : Legalize Living sera le deuxième single de l’album ?

Nicholaus Arson : Franchement… je ne sais même pas quels sont les singles. Ça change un peu selon les pays. Mais je crois que oui, Legalize Living sera sans doute un single. Je ne suis pas trop ça de près. Moi, je fais le disque… après, c’est le label qui choisit ce qu’ils veulent sortir.

Au début, on choisissait nos singles nous-mêmes. Mais on se plantait à chaque fois. Tu finis par t’attacher à des morceaux et tu ne les entends plus comme les autres. Eux te disent “Hate to Say I Told You So” — toi, tu réponds “Quoi ? Sérieusement ?”
Sur notre deuxième album, on a choisi Die, All Right! en single… et au final, ce n’était pas vraiment un tube. Enfin, c’est une super chanson, mais on a bien vu avec le temps que Hate to Say I Told You So était le morceau que tout le monde connaissait. Tout le monde sauf nous.

La Face B : Dans Legalize Living, le message sonne très anarchiste. Tu parles de briser les lois, voire de violence. C’est quoi “la vie”, pour The Hives ?

Nicholaus Arson : Pour nous, la vie, c’est celle qu’on vit ensemble. Celle où on est soit dans un van, soit dans un bus, soit dans un avion, toujours en route pour un concert. C’est être sur scène, en répète, ou en studio. Et franchement, sans la musique, je vois pas quelle autre vie pourrait rivaliser.

La vie qu’on a grâce à la musique est tellement plus dingue que tout ce qu’on aurait pu espérer.
Quand j’étais gamin, j’aurais jamais cru que ça deviendrait réel : tourner, jouer avec mes idoles, avec les groupes que j’adore… C’est un vrai cadeau. Et je pense que c’est ça, notre définition.

La Face B : Et donc… qu’est-ce que vous voulez “légaliser” ?

Nicholaus Arson : La vie, justement. Souvent, tu fous des règles par-dessus ce qui devrait juste être fun, comme une couverture mouillée , et ça étouffe tout.
Le rock’n’roll, c’est censé être brut, viscéral. Pas juste un truc agréable à écouter. Ça doit être fun. Et ça doit avoir ce côté “je vais trop loin”, “je m’enflamme”, genre taper sur un piano à coups de poings au lieu de le jouer proprement. Ça, c’est du rock pour moi. Si les règles disent que tu dois jouer comme ça… bah, nique les règles, joue autrement.

La Face B : Le single The Hives – Forever Forever The Hivesm’a donné des frissons. C’est un superbe hommage au groupe. Mais c’est moins punk, plus indie… Et derrière la joie, on sent presque un adieu. Ne me dis pas que c’est votre dernière chanson ?

Nicholaus Arson : Oui, c’est vrai que ça sonne comme un adieu… mais je ne pense pas que ce soit le cas. Déjà avec The Death of Randy Fitzsimmons, beaucoup de gens nous demandaient si c’était notre dernier album. À vrai dire, à chaque fois qu’on sort un disque, on a l’impression que ce sera le dernier. Parce que ça te vide de toute ton énergie. Tu fais le disque, puis tu pars en tournée pendant 3 ou 4 ans… à la fin, t’es juste une flaque molle sur un canapé.

Donc oui, ça sonne comme un au revoir . C’est d’ailleurs pour ça que ce morceau conclut l’album. Mais si tu écoutes bien, les paroles disent l’inverse : « Si les Hives sont pour toujours… alors ils sont pour toujours. »

On a fini par accepter ça : on va continuer. Au départ, on s’était dit qu’on ferait trois albums, pas un de plus. Parce qu’on pensait que personne n’avait jamais sorti plus de trois bons disques. Mais après le troisième, on s’est dit : “Hé, on est encore bons, pourquoi arrêter ?” Et voilà : quatrième, cinquième, sixième… et maintenant un septième. Donc, les Hives ne tiennent pas toujours parole (rires). Mais ça fait partie de notre philosophie : briser les règles. Les vôtres comme les nôtres.
La vérité, c’est qu’on n’est pas là pour dire la vérité. Il faut toujours tout remettre en question, même ce qu’on dit nous-mêmes.

La Face B : Et pour la tournée, vous jouez tous les morceaux du nouvel album ?

Nicholaus Arson : On ne sait pas encore. L’album n’est pas encore sorti, alors on joue déjà plusieurs nouveaux titres, mais pas tous. Avec chaque nouvel album, on teste, on fait tourner les morceaux. Certains deviennent nos préférés, d’autres pas. En général, au début de la tournée, on joue plus de nouveautés, puis ça se stabilise. Je pense que, pourThe Death of Randy Fitzsimmons, c’était peut-être un tiers de la setlist. Quand on a tourné pour Lex Hives, la moitié des titres joués étaient de cet album. Là, avec ce septième disque, je dirais qu’un bon tiers de nos concerts sera dédié aux nouveaux morceaux. C’est un bon pari.

La Face B : C’est peut-être déjà pas mal… (rires)

Nicholaus Arson : Oui, oui… Parce qu’évidemment, on veut toujours jouer I Told You So, Tick Tick Boom, Main Offender, Walk Idiot Walk, Come On… Tous ces morceaux doivent toujours être là.

La Face B : Et tu prends toujours autant de plaisir à jouer Tick Tick Boom?

Nicholaus Arson : Oui, j’adore la jouer, tout le temps. C’est l’un de nos morceaux les plus connus. Et j’adore jouer tout ce qui fait réagir le public. On ne s’en lasse pas. On est fiers des chansons qu’on a écrites et qui mettent l’ambiance. Comme je le dis toujours, un concert des Hives, c’est fait pour faire bouger ces enfoirés ! Et pour ça, il faut sortir les morceaux les plus populaires. Ceux qui font vibrer la salle, c’est ceux-là qu’on veut jouer.

La Face B : Vos albums sont bruyants, sauvages et très rock’n’roll. Mais… y a-t-il une chanson des Hives pour danser un slow ?

Nicholaus Arson : Eh bien, on a toujours pensé que Diabolic Scheme de Tyrannosaurus Hives était une ballade. Mais personne d’autre ne le pense. Maintenant que je l’écoute, je comprends que ce n’en est pas vraiment une. C’est plutôt… ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta. Donc non, ce n’est pas une ballade. Mais quand on l’a faite, on croyait que ça en était une.

La Face B : Y a-t-il une chanson des Hives pour faire l’amour ?

Nicholaus Arson : Il faudrait plutôt viser plus qu’une chanson, je pense. Un album complet ! (rire)

La Face B : Enfin, y’a-t-il une chanson des Hives pour pleurer seul dans sa chambre ?

Nicholaus Arson : Je ne pense pas que les Hives fassent vraiment de la musique pour pleurer. Si, ce serait des larmes de joie. Même si on chante sur la mort, la contestation, la transgression, ça vient toujours d’un cœur en or et d’une bouche pleine de joie.

La Face B : Vous avez eu un succès énorme. Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier ?

Nicholaus Arson : Ce dont je suis le plus fier, c’est de nos disques, de nos tournées, et du fait qu’on ait été un groupe qui a toujours bossé dur et essayé fort. Je crois que c’est ça, dont je suis le plus fier : qu’on ait vraiment tenu à notre groupe. Beaucoup ont peur de trop s’investir, ils ont peur d’essayer durement. Pour certains, essayer trop fort, ce n’est pas aussi cool que de ne rien en avoir à faire. Mais pour nous, ce dont je suis le plus fier, c’est qu’on a toujours tout donné. Quand il s’agit des Hives, c’est toujours à fond.

Parce qu’au final, on est aussi bons que ce qu’on peut faire. Et je pense qu’on a exploité au maximum notre potentiel. Je n’ai aucun album où je me dis qu’on aurait pu mieux faire. À chaque fois, j’ai le sentiment qu’on a fait le meilleur boulot possible à ce moment-là. Et j’en suis très fier.

La Face B : Êtes-vous fiers de jouer dans des pays comme la Chine ou la Russie ? Ce n’est pas du tout une question polémique, mais il est devient rare de voir un groupe comme vous, un groupe de rock’n’roll, se produire dans ces pays. Vous êtes par exemple le premier groupe à avoir joué au Venezuela.

Nicholaus Arson : Oui, on a joué un peu partout : en Russie, en Chine, en Israël, au Venezuela, aux États-Unis, en Autriche… On ne va pas dans un pays parce qu’on est d’accord avec sa politique. On a reçu des critiques pour ça, notamment pour certains pays. Je ne pense pas qu’on pourra jamais rejouer en Russie. Mais on n’est jamais allés dans un pays en fonction de sa politique. Ça n’est jamais arrivé.

Il y a plein de gouvernements d’extrême droite un peu bizarres partout dans le monde avec lesquels je ne suis pas du tout d’accord. Mais on ne joue jamais pour le régime. Comme on le dit souvent, on remet en question l’autorité. L’autorité, ce n’est pas important. Si on joue dans un pays, ce n’est pas pour soutenir son gouvernement. On n’a jamais soutenu aucun gouvernement nulle part. On joue là où il y a des gens qui veulent écouter notre musique. Ce sont eux qu’on veut toucher.

Et puis, il y a aussi cet aspect où tu vas voir par toi-même ce qui se passe. C’est une curiosité, un peu comme un journaliste qui va dans un pays pour comprendre ce qu’il s’y passe et revient en raconter. Nous, on ne revient pas forcément raconter, mais on veut voir ça de nos propres yeux.
Sur nos trente ans de tournée, combien de gouvernements dans le monde êtes-vous vraiment d’accord avec ? Peu, je suppose. On ne va pas dans un pays pour soutenir un système, mais pour voir, pour jouer à ceux qui aiment notre musique. Que tu sois d’accord avec ces gens ou pas, c’est une autre histoire.

La Face B : Aujourd’hui, ce n’est pas facile de jouer du rock’n’roll avec l’esprit punk, ou même des ballades, dans tous les pays.

Nicholaus Arson : Oui, je ne sais pas… Pour moi, le rock’n’roll, c’est un feeling. Quand j’écoute du rock’n’roll, ça me fait ressentir quelque chose que j’aime. C’est ça que tu veux transmettre aux gens, tu veux diffuser ce feeling.

La Face B : Vous jouez sur les plus grandes scènes, vous faites déjà partie de la légende du rock, vous avez été la première partie des Rolling Stones, d’AC/DC… Y a-t-il encore quelque chose qui vous manque dans votre carrière ?

Nicholaus Arson : Non, je pense que quand on a tourné avec AC/DC, c’était un peu le cercle qui se refermait. AC/DC, c’était le premier groupe que j’ai écouté, j’avais six ans. C’était mon premier amour rock’n’roll. Jouer avec eux, c’était un rêve devenu réalité. Maintenant, avec The Hives, on fait juste plus de ce qu’on aime. Mais je n’ai pas ce sentiment de manquer quelque chose.
J’ai déjà vécu plus que je n’aurais jamais pu rêver, j’ai déjà fait plus que ce que j’imaginais possible dans la musique, dans le rock’n’roll, avec The Hives. Tout ce qui viendra après, que ce soit après cette tournée ou après la tournée AC/DC, ce sera du bonus.

La Face B : Sur la pochette de l’album, vous êtes habillés en rois. Mais qui sont vos héritiers, vos successeurs ?

Nicholaus Arson : Je n’ai pas vraiment vu un groupe être The Hives comme nous le sommes. Il y a plein de bons groupes, beaucoup de nouveaux groupes excellents ici et là, mais personne n’est vraiment The Hives. Peut-être qu’on attend encore ce groupe.
Quand on verra un groupe qui sera The Hives et qu’on aimera, ce sera peut-être le jour où on arrêtera. Ou alors ce sera le groupe avec lequel on voudra tourner. Qui sait ? Mais comme je disais, on parle de The Hives forever, forever The Hives. Donc on continue.

La Face B : Vous avez peut-être les Viagra Boys comme successeurs, un groupe qui a une mentalité proche de la vôtre.

Nicholaus Arson : Oui, ils sont géniaux. Je les adore. Et on les déteste aussi ! (rire)

La Face B : Merci beaucoup pour ce moment. C’était vraiment super.

Nicholaus Arson : Merci à vous ! Prenez soin de vous.

ENGLISH VERSION

La Face B : Hi there! Today, I’m with the loudest, wildest, and best-dressed band in rock’n’roll: The Hives!How are you doing?

Nicholaus Arson : Yeah, doing awesome. This is the first day of promotions in Europe. We’re doing Paris today, maybe for two days, and then we go to Brussels for maybe a day or two, or whatever it is. And then Milan, and then home. And then we do the same in Stockholm for a bit. We have journalists sort of fly in. So maybe it’s interviews now. Maybe up until we go to Japan and Australia. It’ll be full on this whole year. And the next.

La Face B : What’s your secret to stay in shape after 30 years of activity?

Nicholaus Arson : I think it’s just that. To keep going. When we were maybe 25-ish or something, we supported the Rolling Stones, and had some shows in Stockholm and Copenhagen and stuff. We were in Mick Jagger’s dressing room, and he basically had like a room with a treadmill. Sort of thing you run on and fruit.

So I think that’s probably his secret. But I think that’s sort of the way that we gotta go at a certain point or another. Your metabolism changes a little bit.

So you gotta train a little bit in some aspects. But I think just keep doing rock’n’roll is good enough. Because I think if you just go on and go on and go on, that stuff will keep me, I think, younger than any other, whatever it might be, sports or something.

La Face B : I saw you at Rock en Seine last year : your energy was insane! It was wild. At first, the crowd didn’t move much, but then you got them all fired up. Do you remember that?

Nicholaus Arson :Yeah. Sometimes that happens. Sometimes it’s the end of a long day. Sometimes it’s warm weather. Sometimes that they’re queuing up to see some other band. But I think by the end of it, we always get the crowd going.

La Face B : What’s your worst concert memories?

Nicholaus Arson : I think as far as from our end, it was always like when we were trying to become a good band. We were practicing and practicing and practicing all the time. We decided fairly early on that the focus is doing the show, doing that well. Because when we weren’t doing good shows, we felt so embarrassed. There was no point in touring if you’re going to be embarrassed about your show. So we wanted to be good and we worked until we were good and then we just kind of kept going.

But I think my worst experience of shows is actually has sort of accumulated the last maybe five years or something. Maybe seven. I mean, the shows are amazing, but it’s the telephones. The people are filming. People aren’t, you know, taking part in the show. That fucking sucks. We did one show, and I can’t really remember what this was, where I was standing and playing. I look at the crowd and they’re all filming, just looking like this.

I just felt like, I’m not doing this. I didn’t want to be a part of music anymore. I didn’t want to be a part of the live circuit.

I didn’t want to be part of something where I’m part of an exchange where somebody’s just filming me. So I actually thought kind of about quitting music. But, you know, it gets better. We started stealing people’s phones and we started throwing them away. So you can fuck with that a little bit.

La Face B : Don’t you want to forbid smarphones ?

Nicholaus Arson : I don’t want to forbid the phones, because I want people to make their own. But you have shows where you can see people just standing front row. You throw them a pick or something and they don’t react. Like you look at them, they don’t react. They just look through. It’s a waste, to be honest.

But it’s what it is. But I don’t want to forbid the phones. I want people to understand that it sucks. You go and see a football game and all you’re doing is sitting with your phone. Like you’re not experiencing anything. You want to be there for the experience.

But nowadays people are so fucking psyched about filming. But yeah, I find that to be the worst enemy of a good rock show is the telephone.

La Face B : And the best memories of your shows?

Nicholaus Arson : All the other shows. (laugh)

La Face B : So your 7th album is a “Hives Arena Album”. Why go for that kind of sound?
Is the goal to launch the biggest Hives tour ever?

Nicholaus Arson : We always said that we were going to make an arena album. Now that we started doing interviews about the album, and then we thought, yeah, we made an arena album. Once we started getting questions about it, people were asking us, oh, what’s your arena album? And then you think, what do I think an arena album is? And I think for us it was maybe… a little bit that changed during the course of time, during the band’s existence. Maybe our view of what’s an arena album changed a little bit. It’s probably different now from what it was when we were younger.

An arena album was probably scarier to us in the beginning because we thought that it would be compromised. When I look at arena bands, like ACDC or Rolling Stones, the ones that we played with. They’re arena bands because they released good music. Like I was saying in an interview, Satisfaction is maybe more a song for a juke joint than it is a song for an arena.

But it’s still an arena song because the Rolling Stones are popular. Like ACDC, people probably thought they were going to be a small band in small clubs and playing in small clubs all the time. They became an arena band. So maybe an arena record is just a good record that’s popular.

La Face B : Is the goal to launch the biggest Hive Tour ever?

Nicholaus Arson : Yeah, it’ll be the biggest Hive Tour ever, probably not the most… We’ve done these crazy years. We’ve done hundreds of shows. I think maybe one year we did like 250 shows or 60 or something. And that means being way that over the year kind of.

But I think this is going sort of that way. But as far as crowd attendance, this will definitely be the biggest touring that we’ve ever done. We’re playing bigger places than we did before.

More arena. And we’re playing a lot of shows. This will be a TV personal best.

La Face B : Each track shows your wild, rebellious spirit. Why did you feel the need to shout out your identity again?

Nicholaus Arson : Sort of questioning authority was always a theme in our lyrics. And breaking rules was always in the lyrics. So I think it was always there. Now it’s just like maybe more arena questioning authority. That’s the thing. (laught)

It’s the same all the time. I mean, it’s basically nowadays, you know, you’re living in a time where people are… You don’t even have to be right.

You just have to have an opinion. You think you’re right. And then when people don’t agree with you, then you get sad or whatever.

You get angry or pull a gun or whatever the fuck it is. The sheer volume of idiocracy is the impression is that it’s increasing.

It’s really just like fucking questioning everything is what you should be doing. But we were never when we were listening to punk, we never thought, you know, and I’m now talking in a we perspective, but we never really liked that. We are united and we are doing this.

We thought that was not punk to us. Punk should be me against everybody else. Not, you know, sort of individualism in a way or not really individualism. But more so questioning everybody. If we agree on something, then we should be questioning each other. Otherwise it’s sectarism or something.

La Face B : So « I‘m not a fucking bitch. I’m not a fucking bitch » …

Nicholaus Arson : Everybody is. (laugh). What I’m saying is, we’re not excluded from that, you know. Same for us. When he’s screaming that, he’s referring to the band as well ! (laught)

La Face B : You say about this new album: Every single song is a single. Every single single is a hit.So… Intro and Interlude are hits too?

Nicholaus Arson : Yeah, it’s an intro. It’s an intro going into something, and the Interlude is really just an interlude between the A-side and the B-side, basically. Maybe it’s even… Maybe there’s… Maybe it’s sort of a palette cleanser on the A-side, now that I come to think of it. But yeah, two separate songs but both arena hits too (laugh)

La Face B : What’s your recipe for turning every track into a hit on this album?

Nicholaus Arson : Same recipe as always. It’s just you work on it until you feel like it doesn’t suck.At least it doesn’t suck anymore. That’s when we’re done. Because you work on the songs for such a long time. You work on the songs so hard. When you have nothing to complain about, that’s when you know what the song is about.

La Face B : What message or values do The Hives want to share with this record?

Nicholaus Arson : Hum,if I was going to pick a theme for the record, it’s probably that, just fucking questioning authority or questioning everybody. (laught) When you scream and everybody’s a fucking bitch, he’s including the bam in that.

Everybody’s in the line of fire for that one. If there’s anything that’s sort of a message for the record, that would be it. But like with anything, with rock’n’roll, you can sing about anything. As long as it sounds cool, it’s rock’n’roll, and then I’d go to the show.

Rock’n’roll doesn’t necessarily have to have meaning, or purpose, or deeper thought. Rock’n’roll could be a person just screaming on top of drums. Which, now that I say it, sounds pretty fucking good.

La Face B : Maybe The Hives are also the most humble paradigm of rock’n’roll.

Nicholaus Arson : Yeah, maybe. Pretty humble for being arrogant. Pretty humble for being assholes. (laugh)

La Face B : Legalize Living will be the second single for this album?

Nicholaus Arson : I actually don’t know what the singles are. It differs a little bit. Maybe there’s one single here, but I think… Yeah, Legalize Living is probably a single, I think. I never really keep track of these things. I’m part of releasing the record, and then whatever the record company wants to release a single. We used to pick singles, like early on. But we were always wrong. You grow affection to some songs, and you don’t really hear them as clearly as other people. Other people might go, yeah, Hate to Say I’ve told you so. They’re like, what are you talking about?

So we got to release Dario Wrightas our first single. Well, actually, AKA Radio T was the first single on the first record, and that was a hit. But then, well, a hit in its own right. But on the second record, we picked Dario Wright to be the single, and that wasn’t really the hit.

I mean, it’s a great song, but obviously, as time proved, Hate to Say I’ve told you so. was kind of the hit. Zverybody else knew about us.

La Face B : In Legalize Living, the message sounds anarchist. You talk about breaking laws, even using violence. So tell me: what is “life” according to The Hives?

Nicholaus Arson : Well, for us, it was always like the type of life that we have together. It’s the type of life where we’re either in a van or a bus or on a plane on our way to a show. That’s the life that we have together or in the rehearsal space or making records, you know, being in the studio.

So, for us without music, I’m not sure there’d be a life that could compare. We have with music is so much better than anything we could have dreamt of. I couldn’t have expected this growing up when I was a kid.

I could have dreamt about it, but I never thought it’d be a reality that I’d be going around playing with all my idols and my favorite bands and stuff. It’s very much a treat, and I think that’s that’s it.

La Face B : And what do you want to legalize?

Nicholaus Arson : Living. Sometimes you put a certain set of rules on top of what’s fun, like a wet blanket, and you choke out the fun of it. With rock and roll you want to maximize the fun. It’supposed to be sort of a guttural beast as opposed to something that’s nice to hear, if that makes sense. Rock and roll is supposed to be fun, you know. To me, it is.

There has to be an element of overshooting trying too hard and banging the piano with your fists instead of playing it that’s rock and roll to me. If the rules say that you have to play the piano like this, then fuck the rules, play it like this.

La Face B : The single The Hives – Forever Forever The Hives gave me chills. It’s a beautiful tribute to your band. But it sounds less punk, more indie… and behind the joy, it feels like a goodbye. Tell me, this isn’t your final song ever , right?

Nicholaus Arson : Yeah, well, it sounds like goodbye but I don’t think so. It was kind of on the last record when we had since The Death of Randy Fitzsimmons, a lot of people were asking us, is this the last record? Anytime we make a record, it feels like the last record that we’re going to make.

Maybe not the last one, but anytime we make a record, we feel like it’s the last, because it drains so much energy out of you. So you do that, and then you do like three or four years of touring, andthen you’re so tired, you’re just like, you’re a wet puddle on the couch. So it sounds like goodbye, and that’s why it ends up last on the record.

When you make a sequence, you just listen to the songs what goes where. It was just the best way to end the record. Th lyrics contradicts the idea of the song feeling like goodbye.

If the Hives are forever, the Hives are forever. So then it just probably more so than ever, it’ll just go on and on. We’ve sort of embraced the fact that we will go on.

When we started making our first record, we said that we were only going to make three records and then quit. Because we thought that all bands, you know, no bands had made more than three good records. Once we’d made the third record and thought, hey, we’re still pretty good, why should we quit now?

We made another record. So we will only make three records, and then making a fourth, and a fifth, and a sixth, and even a seventh now, that’s the Hives not being entirely truthful. Or that’s us, that’s us revisiting and re-evaluating our own ideas.

Which is kind of the thing too, like break your own rules, like break everybody else’s rules and break your own rules. As far as with the last record, when people thought it was a goodbye, now we’re coming back with the record and we’re saying now we’ll be here forever. You should take the Hives‘ words with a slight pinch of salt. You can’t expect the Hives to be complete truth-tellers. I think you’d be disappointed. Everything should be questioned.

La Face B : For your tour, you play all the songs of this album?

Nicholaus Arson : Don’t know yet, actually. Since the record isn’t out yet, we’re playing a bunch of new songs. With every new record, we can sometimes swap songs in and out, but even for us, like we’ll be favorites.

Usuallynow the set list is longer when we start, when we start touring this new record. My guess is that maybe a third of the set list will be new songs. Because some of us will tour and they play one new song from the new record. BWhen we tour theLex Hives record, maybe half the songs on the set list were Lex Hives songs.

Now hat we’ve released another record after that, and now, there’ll be another seventh record that I think will probably be somewhere about a third of the set might be Hives Forever songs. That’s a fair guess.

La Face B : It’s maybe enough (laugh)

Nicholaus Arson : Yeah, yeah. Yeah, because you want to play I Told You So, you want to play Tick Tick Boom, you want to play Man Offender, you want to play Walk You Did Walk, you want to play Come On. All those songs should always be in there.

La Face B : Do you like to play again and always Tick Tick Boom ?

Nicholaus Arson : Yeah. I love to play them all the time. Those are like our most popular songs. I love to play anything that gets the crowd going. We don’t get bored of that. We’re very proud of the songs that we made that are popular that gets the crowd going. Like I said, the highest live is something that, push this motherfuckers.

That’s kind of what we try to do every night. And you gotta do that with your most popular songs. The songs that get the crowd going, those are the ones that we wanna play.

La Face B : Your album is loud, wild and pure rock’n’roll. But… is there a Hives song to dance a slow?

Nicholaus Arson : Well, we always thought that Diabolic Scheme of Tyrannosaurus Hives album was a ballad. But nobody else thinks. Now that I hear it, I understand that it’s not a ballad. know, it’s like ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta so that’s not a ballad. But when we made that song, we thought it was a ballad.

La Face B : Your album is loud, wild and pure rock’n’roll. But… is there a Hives song to have sex?

Nicholaus Arson : You should probably go for more than a song, I think. You should aim for a record (laught)

La Face B : Your album is loud, wild and pure rock’n’roll. But… is there a Hives song to cry alone in your room?

Nicholaus Arson : I don’t think The Hives are sort of cry in music. It should be tears of joy in that case. Even though we’re singing about death and questioning authority and breaking rules and shit, it’s still a heart of gold and a mouthful of joy.

La Face B : You’ve had massive success. What’s the one thing you’re most proud of?

Nicholaus Arson : The thing that I’m most proud of is our records and our touring and the fact that we were a band that worked hard and tried hard. I think that’s what I’m most proud of. To give a fuck.

That we gave a fuck about our band is I think the thing that I’m most proud of. I think a lot of people are scared to give a fuck about their band. They’re scared to try hard. Like trying hard is not as cool as not giving a fuck. But for us, I think I’m most proud of the fact that we tried really hard all the time. Whenever it came to The Hives, it was always full force. I think that’s what I’m most proud of.

Because at the end of the day, you’re only as good as your capabilities. And I think we maxed our capabilities in a way. I don’t have any record where I feel like we should have done better. Every record, I feel like we made the best that we could make at that given point in time. And I’m very proud of that.

La Face B : And are you proud to play in countries like China, Russia? It’s not a polemic question, but it’s rare to see a band like you, a rock’n’roll band, playing in this country. You are the first band to play in Venezuel for example

Nicholaus Arson : Yeah, we’ve played places. We’ve played Russia, we’ve played China, we’ve played Israel, we’ve played Venezuela, we’ve played the United States, we’ve played Austria. We don’t go to a country because we agree with the politics.

But we have been getting criticism for going to those places. Now, I don’t think we’ll ever be able to play Russia again. And I don’t think we’ve ever gone to a country to play based on whatever their politics are.

That’s never happened. Basically, there are lots of weird fucking right-wing governments around the world that I don’t agree with at all. But you never really go to play to the reign.

Like we were saying, you question authority. The authority is not important. If we go there, we don’t go there to play to the authority or to support the authority in any way. We never supported any government anywhere, I don’t think. We go to places to play because there are people who want to hear our music. Those are the people that we play to.

But there are a lot of those countries where I… It’s also one of those things that you go there to see for yourself. You go there to find out what’s going on in a way.

Like I want to see it with my own eyes. What is it like? It’s curiosity in a way. Like a journalist goes to a country to figure out what’s going on. And then they come back and report. I mean, we might go to a place and play. We don’t come back to report, but we go there to see with our own eyes what’s going on. There’s been over the course of our 30 years of touring, I think…

How many governments in the world do you agree with? We don’t go to countries to support a system or to support anything. We go there to see for ourselves and we go there to play to people who like our music. And then, whether you agree with those people or not, that’s another issue.

La Face B : Nowadays, it’s not easy to play rock’n’roll music with the spirit of punk music, or ballad music maybe, in each country.

Nicholaus Arson : Yeah, I don’t know. I mean, it’s… Rock’n’roll is a feeling to me. If I listen to rock’n’roll, I get a certain feeling that I like. And that’s the feeling that you want to capture in people, I think. That’s the thing that you want to spread. Yeah, that’s it.

La Face B : You play the biggest stages, you are already part of the rock legend Hall of Fame, because you are the first part of Rolling Stones, ACDC. Is there anything that you still miss in your career?

Nicholaus Arson : No, I think when we toured with ACDC, they were the first band that I got into. I was six years old. And I started listening to ACDC. They were my first sort of rock’n’roll love. And when we played with them, this is kind of full circle. So I think doing The Hives now and doing it is just doing more of it. Doing more of what I like. But I don’t feel like I miss anything.

I’ve already experienced more than I could ever have dreamt about. And I’ve already done more than I ever thought I would be doing in the field of music, and in the field of rock’n’roll, and in the field of The Hives. So whatever is after this or whatever is after the ACDC tour is just a bonus.

La Face B : On the album cover, you look like kings. But who are your heirs, your successors?

Nicholaus Arson : I haven’t really seen a band be The Hives in the way that we’re The Hives. But there are tons of great bands around. There are great new bands here and there. But I haven’t really seen one be The Hives. I guess maybe that’s what we’re waiting for.

Whenever we see one that’s The Hives that we like, then maybe that’s the day when we call it quits. Or that’s the band that we want to tour with then. So you never know. But yeah, like I said, now we’re talking about The Hives forever and forever The Hives. So then just, I guess, just keep going from here.

La Face B : You have Viagra Boys maybe, a band with the same mentality than you

Nicholaus Arson : Yeah, they’re great. I love them. And we hate them. (laugh)

La Face B : So thank you for saying to you. Thank you very much. It was really great.

Nicholaus Arson : Yeah ! Thank you. Take time.

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