OKALI vient tout juste de sortir leur nouvel EP OKALI. Et c’est bien plus qu’un simple enchaînement de musiques. Il s’agit d’un univers visuel, texturé et sonore, où chaque élément occupe une place centrale et nous enivre totalement. Nous avons eu la chance d’assister à la release party. Et nous ne pouvons que vous conseiller de vous laisser porter par cette douceur à la fois auditive et visuelle.
Gaëlle nous touche autant par sa voix que par son charisme et son aura hypnotique. Avec cet EP, on a l’impression de toucher le son : une matière quasi organique se déploie à l’écoute. Les musiques, d’une hybridation unique, mêlent le chant en anglais, en français et en éton (dialecte camerounais). Tout en fusionnant rythmes dub et rock avec des effets, pour créer une expérience à la fois immersive et sensorielle.

Le début d’une balade onirique
Avec Traveler, le voyage commence dès les premières secondes, porté par le bâton de pluie. La voix de Gaëlle nous ramène à nos souvenirs les plus enfouis. Cette introduction tout en douceur, soutenue par son timbre délicat, donne immédiatement envie de poursuivre l’écoute de l’EP. Si l’hybridation musicale peut sembler familière à la première écoute, chaque son et chaque rythme surprend et captive. On y ressent à la fois une grande sérénité et une force tranquille qui nous plonge pleinement dans l’univers d’OKALI.
L’EP continue avec Terra, un hommage à la terre et aux racines. Gaëlle nous a confié lors de la release party avoir été adoptée à l’âge de 13 ans. Cela lui a permis de conserver le lien avec sa langue natale, l’éton. La sensibilité artistique du morceau est saisissante. Tout comme le mélange de l’anglais et du français, qui finit par ne former qu’un seul langage. La mélodie à la guitare, portée par les percussions et cette voix habitée est captivante. L’histoire se raconte autant par les mots que par la musique, dans une déclaration intime à laquelle beaucoup peuvent s’identifier.
Entre poésie et intensité
Le voyage se poursuit avec Deep, un poème consacré à l’amour, à l’idée de ne faire qu’un et de s’évader. Le titre explore une facette plus rock, notamment dans son refrain, tout en conservant la délicatesse propre à l’univers d’OKALI.
La puissance vocale de Gaëlle impressionne par sa justesse et sa capacité à transmettre une émotion rare et intense, qui prend toute son ampleur sur scène. La partie chantée en éton se révèle particulièrement touchante. En effet, même sans comprendre la langue, on en perçoit toute la charge émotionnelle. Le morceau joue sur les contrastes, pour le plus grand plaisir de l’auditeur, et rappelle qu’avec OKALI, la surprise est toujours au rendez-vous.
Gathering se révèle plus abstrait, tout en restant profondément expressive. La production est plus dissonante, avec un son résolument rock porté par un riff de guitare et une batterie lourde, enrichis d’effets sur la voix. Le contraste entre la force instrumentale et la douceur vocale est bouleversant. La réverbération et le delay créent une dimension hypnotique qui s’intègre parfaitement à la mélodie.
La découverte d’un univers fascinant
Ce sublime EP se conclut avec Thylacine. Inspiré par un documentaire animalier, ce titre témoigne d’une capacité rare à transformer l’observation en création (nous aussi, on aimerait avoir autant d’inspiration après un documentaire). La voix de Gaëlle y occupe une place centrale, la musique venant la sublimer et soutenir ses textes, toujours chargés d’une sensibilité remarquable. Comme à son ouverture, l’EP s’achève dans l’émotion et l’espoir.
Avec OKALI, on apprend la résilience, la foi en soi et l’importance de garder espoir. Le temps d’un instant, on met ses soucis de côté pour entrer en communion avec un art profondément sensible et sincère. N’hésitez pas à embarquer : le voyage promet d’être aussi surprenant qu’émouvant !
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