ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Alors qu’elle a dévoilé son nouveau single, Mental Rest, et qu’elle sera prochainement en tournée en France, Woody nous dévoile aujourd’hui ses influences musicales.

I’m Tired – Labrinth
Écouter la musique de Labrinth c’est comme assister à une messe céleste, rentrer dans un vaisseau spatial et faire un tour de la lune. Il y a quelque chose de l’ordre de la spiritualité dans sa musique, un dialogue avec le ciel. Même dans ses chansons plus tristes et graves il y a quelque chose de lumineux et qu’il rattache à l’espoir.
C’est un artiste qui a complètement bouleversé ma vision de la production musicale et notamment de l’alliage juste et équilibré entre quelque chose de profondément simple et organique et des sonorités beaucoup plus sophistiquées et électroniques.
Ça m’a beaucoup inspirée pour le prochain EP que je vais sortir le mélange de chants grégoriens ecclésiastiques avec des patterns de drums beaucoup plus droits UK, et des mélodies très pop. J’aime tout chez cet artiste : sa voix, ses inspirations, ses mélodies, ses collaborations.
Cette chanson pour moi c’est la justesse incarnée, c’est comme une prière, tout en nuances : à la fois très intime et grandiose, c’est l’incarnation de « less is more». C’est assez particulier mais quand j’écoute Labrinth j’ai envie de faire de grandes choses avec mes mains, comme un artisan dans son atelier.
Hard out here – Raye
C’est sûrement l’artiste que j’ai le plus écoutée ces 10 dernières années et dont le travail m’a profondément inspirée. J’ai découvert Raye avec son featuring avec Jax Jones en 2016 quand je vivais à Londres et je n’ai depuis cessé de l’écouter et de la suivre.
C’est une artiste complète : une vocaliste absolument fabuleuse, une songwriteuse hors pair, une réelle showgirl et une visionnaire. La manière dont elle mène sa carrière, sa direction musicale et visuelle sont pour moi un sans faute. J’aime son côté British assez frontal tout en étant très émotive et dans le pathos.
Son dernier album My 21st Century Blues est pour moi l’un des meilleurs albums de la décennie et je pèse mes mots. Et la version orchestrale n’en parlons pas, grandiose.
At last – Etta James (Beyoncé version)
Une chanson de diva interprétée par une autre diva.
En termes d’écriture et de composition, le répertoire d’Etta James est l’un de mes préférés, c’est ma safe place. J’aime m’y replonger souvent car il me procure un sentiment de plénitude : il a l’odeur d’un bon goûter sorti du four, la couleur du soleil, et il donne envie de danser un slow avec son amoureux sur le son d’un tourne disque.
J’ai choisi la version de Beyoncé car c’est sûrement l’une des artistes qui m’a donné envie de faire ce métier, l’une de mes voix préférées au monde. C’est une virtuose qui sait utiliser son instrument comme personne, une technicienne de génie.
Donc l’addition des deux c’est the winning combination.
United in Grief – Kendrick Lamar
J’ai découvert l’album de Kendrick Lamar plusieurs années après sa sortie. Et depuis, je me demande bien comment j’ai pu passer à côté aussi longtemps. Mr. Morale & the Big Steppers c’est à la fois la reconstruction après le néant, la renaissance après les cendres.
Les textes sont d’une rare intensité et la production avec le mélange des influences et l’interprétation de Kendrick Lamar dans cet album viennent me serrer le cœur et l’âme à chaque fois que je l’écoute. C’est très violent et très poétique à la fois : le calme après la tempête, la vie après le chaos.
Retiens la nuit – Johnny Hallyday
Johnny Hallyday c’est une histoire de famille. C’est lui qui m’a donné envie de faire de la scène : j’avais 10 ans et je découvrais pour la première fois de ma vie l’idole des jeunes sur la scène mythique du Stade de France avec mes parents, ma sœur, mon grand père et my Granny.
C’était mon cadeau d’anniversaire et je n’oublierai jamais l’émerveillement que j’ai ressenti quand j’ai vu les lumières, tous les musiciens, les flammes qui sortaient de scène, et surtout la générosité d’un artiste envers son public et d’un public envers un artiste. C’est de là que vient mon amour des shows à l’américaine, de l’entertainment, et des grandes voix presque mystiques qui portent en elles les chagrins, les doutes et les espérances de plusieurs générations réunies.
Retiens la Nuit a été écrite par Charles Aznavour et c’est une merveilleuse chanson d’amour qui parle de vouloir arrêter le temps. Elle me rappelle les trajets dans la voiture de mon papy au milieu de nulle part au bord du Rhône, avec l’odeur de clope, et le soleil qui tape la fenêtre : un moment suspendu.