Le top Photographie 2025 de La Face B : Alexia

La fin d’année est toujours propice aux bilans, l’occasion parfaite pour partager nos coups de cœur et remercier pour une année riche en rencontres photos et en clichés mémorables. Si le traditionnel top albums est à l’honneur, cette année, sur La Face B, nous avons aussi invité nos photographes à dévoiler leurs concerts/portraits préférés de 2025. Aujourd’hui, c’est Alexia qui nous présente ses 10 artistes coups de cœur de l’année.

« 2025 s’achève à la vitesse de la lumière, et le temps semble avoir filé en un clin d’œil. En 2024, je partageais mon histoire avec la photographie de concert et ma vision de la photo de scène. En 2025, plus que jamais, la photo de scène reste bien plus que de la musique.

Mon mantra ? Écouter, voir, ressentir un show, mais aussi créer des liens et rencontrer d’autres passionnés. En 2025, à La Face B, j’ai surtout suivi cette boussole : des rencontres coups de cœur, des amitiés parfois inattendues, des concerts vécus seulement pour le plaisir, et l’envie constante de raconter des histoires — celles des artistes et des parcours qui comptent vraiment. J’ai pris le temps de consolider certaines relations, d’ouvrir des discussions plus profondes, de mettre des artistes en lumière autrement. De proposer un regard différent. J’ai aussi assumé des choix : ouvrir certaines portes, en laisser d’autres se refermer, et me concentrer sur les artistes anglophones de passage en France, pour mieux vous les faire découvrir et les raconter autrement.

Pour que ce métier singulier reste une source durable de plaisir et d’inspiration, je continue à me challenger, à apprendre des autres, à rencontrer et à échanger, aux côtés de mes collègues de La Face B. Prendre le temps de se retrouver pour de vrai, et faire en sorte que ce média gagne encore en richesse, en beauté et en sens. Approfondir aussi les collaborations avec mon réseau de labels, de promotions et de RP, qui me font confiance, me proposent des projets audacieux et m’accompagnent tout au long de l’année.

En 2026, je poursuivrai ce chemin fait de rencontres lumineuses et de moments d’art, toujours portée par la musique et la passion de créer. »

– Alexia Arrizabalaga-Burns, Troubleshooteur.

Alela Diane

Cette année, j’ai vécu un moment particulièrement précieux avec Alela Diane, une artiste que j’écoute depuis près de vingt-cinq ans et dont les chansons accompagnent des pans entiers de ma vie. Après une première rencontre en 2022, nous nous sommes retrouvées pour une séance portrait qui s’est transformée en après-midi suspendu. On a ri, parlé longuement, partagé des souvenirs. On a aussi évoqué ces chansons qui nous ont profondément marquées, chacune à notre manière. Le temps de quelques heures, la relation a dépassé le cadre professionel. Une conversation sincère, humaine, d’où est née bien plus qu’une série de portraits — une amitié, tout simplement.

Ce moment se prolongera en 2026, lorsque j’accompagnerai Alela Diane à l’occasion de la sortie de Galopping, son prochain album. Suivre ce nouveau chapitre, l’écouter raconter ce disque à venir, l’observer prendre forme, c’est finalement poursuivre une conversation commencée il y a longtemps — portée par la musique, la confiance et une amitié naissante.

The Libertines

Accompagner The Libertines sur plusieurs dates de leur tournée française a été un moment à part. Un groupe que j’ai tellement écouté, et qui me ramène instantanément à Londres, aux collocations, aux pubs, à toute une époque. Être là, appareil en main, au plus près de leur énergie, c’était un vrai moment de photographe. Intense, nostalgique et profondément vivant. Un rappel évident de pourquoi je fais ce métier.

Parcels

On me parlait beaucoup de Parcels, et j’avais cette impression persistante d’être passée à côté de quelque chose. Ces cinq Australiens qui remettent le funk au premier plan, avec une élégance et une énergie redoutables. Et puis il y a ces concerts que l’on quitte avec un sourire qui ne s’efface pas. Celui de Parcels en fait clairement partie. Un véritable coup de cœur musical, porté par une musique addictive, une précision collective impressionnante et une joie communicative qui traverse la scène. Un groupe qui incarne parfaitement ce que j’aime dans mon métier : découvrir, faire découvrir, et capturer ces moments rares où la musique touche juste.

Luvcat

Luvcat m’a d’abord frappée par son esthétique ultra-léchée et son univers sans concession. Originaire de Liverpool, elle surprend autant par ses clips que par le ton qu’elle impose : sombre, théâtral et viscéral. Je l’ai découverte en première partie de The Libertines à l’Olympia, avant de la retrouver à La Maroquinerie. Artiste véritablement singulière, elle propose une pop baroque teintée de noirceur, où glamour et fragilité se mêlent sans jamais s’excuser. Luvcat explore l’amour, le désir et l’abandon avec une sincérité et franchise rares. Une artiste qui marque, autant par l’image que par l’émotion qu’elle dégage sur scène — et que j’avais absolument besoin de photographier.

Mathias Malzieu

Mathias Malzieu, c’est mon pote, et un rendez-vous immanquable. Je le photographie depuis mon arrivée en France en 2022, et chaque rencontre prolonge un peu plus l’attachement à son univers poétique, espiègle et profondément enfantin. J’aime ses jeux de mots, ses histoires, ses projets qu’il me raconte avec gourmandise, comme un amoureux de la vie. Un gourmand qui traverse les épreuves avec douceur, bravoure et une force lumineuse. J’étais évidemment de la partie, un soir de Pâques au Rocher de Palmer, pour photographier L’homme qui murmurait à l’oreille des chats. Mathias fait partie de ces artistes rares qui rassemblent, qui donnent sans compter, et qui reçoivent en retour l’amour d’un public loyal et infiniment bienveillant.

Pink Martini

Photographier la date parisienne des 30 ans de carrière de Pink Martini a été un immense honneur — merci pour cette confiance. Une certaine pression aussi, forcément, à Bercy, que je découvrais pour la première fois… assise. Il fallait se faire discrète, ne pas gêner, tout en capturant à la fois l’individualité de chaque musicien et la puissance musicale et sonore du collectif, sans oublier les gestes dramatiques et l’élégance magnétique de China Forbes. Voir Pink Martini sur scène, c’est s’émerveiller de chaque instrument — violons, piano, cuivres, percussions — comme un enfant qui découvre un orchestre pour la première fois. Un moment suspendu, fédérateur, et profondément joyeux.

Premier Garorock

Cette année, direction Marmande pour mon tout premier Garorock, un festival que j’ai découvert avec une vraie gourmandise. Une ambiance chaleureuse, des scènes proches les unes des autres qui permettent de couvrir les concerts avec fluidité, et des espaces annexes où DJ sets et groupes aux accents latins invitent à siroter un cocktail, danser ou simplement chiller. Garorock a ce charme des festivals à taille humaine, porté par une programmation solide — le vendredi en particulier était absolument superbe. Une première expérience très réussie, qui donne clairement envie de revenir pour vivre l’aventure sur tout le week-end en 2026.

The Lemon Twigs

Retrouver The Lemon Twigs au Relâche Festival avait quelque chose d’évident. Mon amitié avec les frères D’Addario a commencé il y a un an, entre discussions sans fin, concerts, traductions et quelques jours passés à jouer les photographes de tournée. À La Face B, on a beaucoup écrit sur leurs projets et leurs concerts — un groupe chouchou, clairement. Cette fois, ils reviennent et on se cale des portraits. Ils m’attendent avec des bières, on s’embrasse, heureux de se retrouver. Ils me racontent leur vie de ces douze derniers mois, la tournée européenne qui s’achève, l’album solo de Brian. J’adore ces deux frangins venus d’un autre temps, capables de faire résonner aujourd’hui une musique profondément intemporelle.

Kneecap

Premier Rock en Seine, premier Kneecap. On avait beaucoup entendu parler de ces Nord-Irlandais tout l’été, notamment après le refus de la BBC de téléviser leur concert à Glastonbury. À Rock en Seine, ils jouent sur l’une des petites scènes, mais la foule est bien là. Très présente. Autour, un dispositif de sécurité impressionnant, des camions de police côté backstage — une atmosphère électrique. Sur place, on a presque l’impression d’assister à un moment d’histoire. Dans le chaos, l’AFP est là aussi. Au-delà de la musique — du rap nord-irlandais en gaélique, parfois accompagné d’un accordéon — c’est surtout leur discours, leur présence et leur message qui frappent. L’expérience est intense, brute, et le public répond présent, pleinement.

The Hives

Fan de la première heure, The Hives restent pour moi l’incarnation parfaite du rock fun, fédérateur et jubilatoire. Devant un Zénith de Paris en fusion et ses 6 000 spectateurs survoltés, les cinq Suédois ont livré un concert magistral, entre autorité insolente et humour ravageur. La setlist mêlait nouveaux hymnes et classiques absolus — Walk Idiot Walk, Tick Tick Boom, Hate to Say I Told You So — chaque morceau frappant comme un uppercut euphorique. Mené par un Pelle Almqvist inarrêtable, provocateur et hilarant, le groupe joue sans pause, sans répit, avec une énergie intacte et une envie contagieuse. Un vrai honneur d’être dans le crash ce soir-là : un show difficile à photographier tant ça bouge, mais impossible à ne pas vivre en riant. L’une des rares fois où j’ai shooté un concert le sourire aux lèvres du début à la fin.

Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

Toujours plus d’interviews et de photos de concerts dans La Face B

Enfin, retrouvez les articles d‘Alexia Arrizabalaga-Burns dans La Face B

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