Rencontre avec Little Barrie

La Face B a rencontré Little Barrie au Point Éphémère à Paris. Un véritable privilège de passer du temps avec des musiciens aussi singuliers et virtuoses que Barrie Cadogan à la guitare et Malcolm Catto à la batterie, accompagnés de Lewis Wharton à la basse. À l’occasion de la sortie de Electric War, le trio revient sur la genèse d’un album à la fois instinctif et audacieux, né d’une approche résolument collective, d’une production plus dépouillée et personnelle ainsi que l’influence grandissante du jazz dans le jeu de Malcolm Catto. Entre anecdotes de studio, liberté créative et goût du risque, Little Barrie confirme son statut de groupe définitivement inclassable. Une interview vivante et spontanée, reflet d’une musique aussi audacieuse que virtuose, portée par un trio aux mille vies, fun, généreux et animé d’un amour viscéral pour la musique.

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« J’ai dû accepter d’entendre ma voix telle qu’elle est, sans artifice. C’est là que l’album a vraiment commencé à exister. »
— Barrie Cadogan, Little Barrie

La Face B : Bonjour Little Barrie, c’est un plaisir de vous rencontrer aujourd’hui au Point Éphémère. Je vais entrer directement dans le vif du sujet avec l’album Electric War. Est-ce que, selon vous, le titre Electric War résume vraiment l’album, ou y a-t-il un autre morceau qui, pour vous, l’incarne davantage ?

Barrie Cadogan : Je pense que tous les morceaux font l’album, parce qu’ils sont tous assez différents les uns des autres. Celui-là est simplement devenu le titre. Je trouvais que c’était un bon moment pour le disque et une bonne façon de le lancer, donc c’était l’idée. Ça faisait sens que ce soit le titre de l’album à cause du morceau. Pour vraiment comprendre ce qu’on est et ce qu’on a fait avec ce disque, il faut l’écouter dans son ensemble.

La Face B : Parfois, quand on choisit un titre pour nommer un album, il peut avoir une signification particulière. Est-ce que le nom est apparu tôt et a guidé le son, ou a-t-il été choisi une fois la musique terminée ?

Barrie Cadogan : Non, j’ai écrit les paroles de ce morceau, mais le son est guidé par nous tous.

Malcolm Catto : Ne sois pas faussement modeste. Je me souviens que tu avais expliqué comment tu avais trouvé le titre, c’est vraiment intéressant — ce qu’il signifie.

Lewis Wharton : Tu ne parles pas musicalement, par contre. La façon dont les choses sonnent est très… mais c’est venu après, non ? Le titre a été choisi après.

Barrie Cadogan : Le morceau a été écrit, puis j’ai fait une démo assez brute, beaucoup plus lente à l’origine. C’était assez rudimentaire. On l’a travaillée pour en arriver à ce que c’est devenu. Le son final est très collaboratif. J’avais une démo avec le riff de base, mais sans les changements de tempo, et c’était plus lent, plus brut. Quand on a commencé à jouer ensemble, Malcolm a suggéré la partie plus “freak-out” au centre, et le morceau a évolué au fur et à mesure du travail collectif.

La Face B : On sent que chacun y met sa personnalité et son style. Comment décririez-vous Electric War avec vos propres mots ?

Barrie Cadogan : C’est une continuité du disque qu’on avait fait avant, Quatermass Seven. J’ai continué à écrire des morceaux, à les apporter, et on a continué à travailler. On a fait quelques concerts avec ce disque, mais pas tant que ça. On a vraiment pris du plaisir à faire ce premier album — c’était une collaboration qu’on avait tentée — et on s’est dit qu’on devait continuer. J’ai donc apporté d’autres idées et on a travaillé à partir de là. Le son est assez différent.

Malcolm Catto : Ce qui est vraiment intéressant avec Electric War par rapport au premier, c’est qu’il révèle davantage ta personnalité. C’est plus personnel, plus dépouillé, plus à nu, avec toi au premier plan, avec les mots et les paroles. Les voix me touchent beaucoup parce que c’est très stripped-down — on les entend vraiment. Pas entièrement, on a fait quelques overdubs, mais rien de comparable au premier album. Ce que tu dis est assez audacieux.

Barrie Cadogan : Il m’a fallu du temps pour m’y habituer. Je me souviens que Malcolm m’a envoyé un mix et j’ai trouvé que mes voix étaient très exposées. Je n’étais pas très à l’aise avec ça. J’ai appelé Malcolm et je lui ai dit : « Tu es sûr que c’est bien comme ça ? » Et il m’a répondu : « Fais-moi confiance. » Je suis content qu’on l’ait fait, parce qu’on peut facilement trop réfléchir à ce genre de choses.

La Face B : J’ai trouvé tes voix fragiles, sensibles.

Barrie Cadogan : Oui, c’est assez vulnérable. Il n’y a pas énormément de production derrière la voix, donc j’entendais les défauts.

Malcolm Catto : Et les autres les entendent aussi, mais c’est très beau. C’est réel, c’est personnel.

Barrie Cadogan : On jouait ensemble depuis plus longtemps, donc on avait cette liberté.

Lewis Wharton : J’ai beaucoup travaillé avec Barry, et d’habitude tu arrives avec un concept. Là, c’était l’occasion de rassembler toutes ces idées un peu hors radar en une seule chose. Niveau production, c’est beaucoup plus expérimental — on retourne les idées.

La Face B : Le son est clairement plus expérimental. Malcolm, ta batterie semble plus influencée par le jazz, avec des changements de tempo et de rythme.

Malcolm Catto : Du jazz de supermarché… rires

Barrie Cadogan : Quand on a fait nos tout premiers disques, on était sur le même label.

La Face B : Je sais, vous étiez sur le même label.

Barrie Cadogan : On était fans du jeu de Malcolm. Tout ça a commencé après le décès de Virgil, notre batteur. On ne savait pas quoi faire. J’en avais parlé à Lewis, et on a décidé d’essayer d’enregistrer quelque chose. Ça s’est fait naturellement. Malcolm est l’un des rares producteurs en qui j’ai une confiance totale.

Malcolm Catto : Ce ne sont jamais les bonnes versions qui sortent.

Barrie Cadogan : Et parfois, on change d’avis après.

La Face B : Parlons de morceaux clés. “Spectator” est l’un de mes préférés. Est-ce qu’il est né d’un riff, d’un rythme, d’une ambiance ou d’un message ?

Malcolm Catto : Barry a écrit les morceaux. Ils viennent de lui — les idées et les paroles. On a modifié certaines choses, mais ce sont ses chansons.

Barrie Cadogan : Ma démo avait un rythme droit. Je faisais mes propres boucles de batterie un peu nulles et j’écrivais à partir du rythme plutôt qu’à la guitare. Jouer sur une base rythmique te fait placer la guitare différemment, sans remplir tout l’espace sonore.

La Face B : C’est pareil avec les paroles — parfois commencer par la mélodie libère.

Barrie Cadogan : Parfois, la musique guide l’endroit où les chansons vont, même inconsciemment.

La Face B : Toi et Malcolm, vous vous connaissez depuis longtemps. Comment cette relation a-t-elle évolué vers une vraie collaboration ?

Barrie Cadogan : Ça s’est fait grâce à des personnes qui ne sont malheureusement plus là. J’ai croisé Adrian Elusi, ancien compagnon de groupe de Malcolm, qui m’a parlé de son studio. Adrian est décédé cette année. Malcolm et moi ne nous étions pas vus depuis plus de dix ans. On a parlé pendant des heures, écouté son travail, et j’ai adoré le son.

Malcolm Catto : On a fait un jam et ça a marché.

Barrie Cadogan : Tu dois continuer à avancer. Tu changes en tant que personne, donc la musique change aussi.

Lewis Wharton : Déconstruire et reconstruire les morceaux était inconfortable au début, mais ça a changé notre façon de travailler.

Barrie Cadogan : Totalement. Ça nous a poussés vers une nouvelle progression.

La Face B : Il y a aussi de l’improvisation, des passages instrumentaux étirés.

Barrie Cadogan : Ça nous aide à dire tout ce qu’on a à dire.

Malcolm Catto : Improviser à l’intérieur des morceaux les garde vivants.

La Face B : Vous avez aussi des morceaux purement instrumentaux.

Barrie Cadogan : Exactement. Ça nous permet de dépasser le format rock concis.

La Face B : L’identité visuelle de l’album est très marquante.

Barrie Cadogan : L’artwork est signé par mon vieil ami Dan Roberts, de Nottingham. Il a été une énorme influence musicale et artistique depuis mes 13 ans. Son pere m’a donne le surnom de Little Barrie. Ça donnait l’impression de boucler la boucle.

La Face B : On sent vraiment cette idée de boucle bouclée.

Barrie Cadogan : Le travail de Dan mériterait une interview à lui seul.

La Face B : Beaucoup de gens vous ont découverts grâce à Better Call Saul. Était-ce votre première expérience de bande originale ?

Barrie Cadogan : On avait déjà fait des choses pour la télé mais Better Call Saul est venu d’un directeur musical qui voulait un thème de 20 secondes. Ils aimaient un de nos morceaux et nous ont demandé quelque chose dans cet esprit.

La Face B : Vous avez assuré la première partie des Stone Roses et joué à La Cigale.

Barrie Cadogan : Oui, vers 2012. J’y ai aussi joué avec Primal Scream. C’est une super salle.

La Face B : J’ai vu Primal Scream en Juin a la Cigale justement. Qu’est-ce qu’on apprend en tournant avec de grands groupes ?

Barrie Cadogan : On n’arrête jamais d’apprendre — les instruments, l’enregistrement, tout.

La Face B : Ton jeu de guitare est immédiatement reconnaissable. Qui t’a influencé ?

Barrie Cadogan : John Squire, Johnny Marr, J Mascis, Hendrix, Neil Young, Jimmy Nolen — plein de monde.

La Face B : Lewis, et toi ?

Lewis Wharton : Plus la collection de disques que l’admiration d’un seul musicien. Les Stone Roses ont clairement eu une influence.

La Face B : Malcolm ?

Malcolm Catto : Professor Longhair, Ray Charles, Adam and the Ants. Le groupe de mon frère avait besoin d’un batteur, alors j’ai commencé à jouer.

La Face B : Si Electric War était un genre de film ?

Malcolm Catto : Peut-être un film d’avant-garde à la Cocteau.

Barrie Cadogan : Un road movie paranoïaque.

La Face B : Premier riff appris ?

Barrie Cadogan : “Peter Gunn”.

La Face B : Si ta guitare pouvait parler ?

Barrie Cadogan : « Change mes cordes. »

La Face B : Un héros musical avec qui vous seriez à la fois terrifié et ravi de jammer ?

Malcolm Catto : Sun Ra ou Coltrane.

Barrie Cadogan : N’importe quel vieux chanteur de blues.

La Face B : Quelle est la suite pour Little Barrie ?

Barrie Cadogan : Des concerts au Vietnam et au Japon en 2026, puis retour en studio.

La Face B : En dehors de la musique, qu’est-ce qui vous a récemment inspirés ?

Malcolm Catto : La trilogie Dune de Frank Herbert. Hallucinant.

La Face B : Merci beaucoup pour votre temps !

Little Barrie : Merci !!!

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Version en Anglais

La Face B: Hello Little Barrie, it’s a pleasure meeting you today at Point Éphémère. I’m going to start straight in with the album Electric War. Do you think that the title Electric War really encapsulates the album, or for you is there another track that actually encapsulates this album?

Barrie Cadogan: I think all the tracks sort of make the album, because they’re all kind of different from each other really. It’s just that one was the title. I thought it’d be a good time for the record and a good way to start the record, so that was the idea. It sort of made sense for it to be that album title because of the song. To really get an idea of what we’re about and what we did with that record, you’d have to listen to all of it really.

La Face B: Sometimes when you pick one title to name a record, it can have a specific signification. Did the name emerge early and guide the sound, or was it chosen after the music was complete?

Barrie Cadogan: No, I wrote the lyrics for that song, but the sound is guided by all of us.

Malcolm Catto: Don’t be flipping humble. I remember you saying how you came up with the title, it’s really interesting — what the meaning behind it is.

Lewis Wharton: You don’t mean musically though. The way things come out sounding is very… but it came after, right? The title was chosen after.

Barrie Cadogan: The song was written and then I made a rough demo, which was a lot slower originally. It was just kind of crude. We worked it into what it became really. The music ended up sounding quite collaborative. I had a demo with the basic riff, but it didn’t have the tempo changes and it was slower, more crude. When we started playing together, Malcolm suggested the freak-out part in the centre, and the song evolved as we worked on it as a group.

La Face B: Everybody’s putting their own personality and style into it. How would you describe Electric War in your own words?

Barrie Cadogan: It’s a continuation from the record we made before, Quatermass Seven. I carried on writing songs, brought them in, and we carried on working. We did a few shows with that record but not many. We really enjoyed making that first record — it was something we just tried as a collaboration — and then we thought, we have to carry on with this. So I brought more ideas and we worked on it from there. It’s quite a different sound.

Malcolm Catto: What’s really interesting about Electric War compared to the first one is that it reveals more of your personality. It’s more personal, more stripped back and naked, with you at the forefront, with the words and lyrics. The vocals really connect with me because it’s stripped down — you get to hear that. Not all of it, we did some overdubs, but nothing compared to the first album. It’s bold what you’re saying.

Barrie Cadogan: It took me a while to get used to. I remember Malcolm sending me a mix and I felt my vocals were really exposed. And, I wasn’t confident about that. So, I rang Malcolm and said, “Are you sure this is all right?” And he said, “Trust me.” I’m glad we did, because it’s easy to overthink these things.

La Face B: I found your vocals fragile, sensitive.

Barrie Cadogan: Yeah, it’s quite vulnerable. There’s not a huge amount of production behind the voice, so I could hear the flaws.

Malcolm Catto: And so can other people, but it’s delightful. It’s real, it’s personal.

Barrie Cadogan: We’d been playing together longer, so we had that chance.

Lewis Wharton: I’ve worked with Barry a lot, and you usually come in with a concept. This felt like a chance to bring all those ideas outside the radar into one thing. Production-wise it’s much more experimental — flipping ideas on their head.

La Face B: It definitely feels more experimental. Malcolm, your drumming feels more jazz-influenced, with tempo changes and shifts in pace.

Malcolm Catto: Pound shop jazz… laughs

Barrie Cadogan: When we made our very first records, we were on the same label.

La Face B: I know, you were label mates.

Barrie Cadogan: We’d been fans of Malcolm’s drumming. This started after Virgil, our drummer, passed away. We weren’t sure what to do. I’d been talking to Lewis about Malcolm, and we decided to try recording something. It happened naturally. Malcolm’s one of the few producers I trust completely.

Malcolm Catto: It’s never the right ones that come out.

Barrie Cadogan: And then sometimes you change your mind.

La Face B: Let’s talk about key tracks. “Spectator” is one of my favourites. Was it built from a riff, a rhythm, an atmosphere, or a message?

Malcolm Catto: Barry wrote the songs. They come from him — lyrics and ideas. We changed things, but they’re his songs.

Barrie Cadogan: My demo had a straight beat. I used to make my own crappy drum loops and write to rhythm rather than starting on guitar. Playing to drums makes you place the guitar differently, not fill out all the sound.

La Face B: It feels similar with lyrics — sometimes starting with melody frees you.

Barrie Cadogan: Sometimes the music steers where songs go lyrically, even subconsciously.

La Face B: You and Malcolm go way back. How did that relationship evolve into collaborating properly?

Barrie Cadogan: It came through people who sadly aren’t here anymore. I ran into Adrian Elusi, Malcolm’s old bandmate, who told me to check out Malcolm’s studio. Adrian passed away this year. Malcolm and I hadn’t seen each other in over a decade. We talked for hours, listened to his work, and I loved the sound.

Malcolm Catto: We had a jam and it worked.

Barrie Cadogan: You want to keep moving. You change as a person, so the music changes.

Lewis Wharton: Deconstructing and rebuilding songs felt uncomfortable at first, but it’s changed how we work.

Barrie Cadogan: Totally. It pushed us into a new progression.

La Face B: There’s improvisation, instrumental stretches.

Barrie Cadogan: It helps us say everything we want to say.

Malcolm Catto: Improvising within songs keeps it fresh.

La Face B: You also have purely instrumental tracks.

Barrie Cadogan: Exactly. It lets us stretch out beyond concise rock songs.

La Face B: The visual identity of the album is striking.

Barrie Cadogan: The artwork is by my old friend Dan Roberts from Nottingham. He’s been a huge influence musically and artistically since I was 13. His dad gave me the nickname Little Barrie. It felt like bringing things full circle.

La Face B: It really feels like a full-circle story.

Barrie Cadogan: Dan’s artwork deserves an interview of its own.

La Face B: A lot of people discovered you through Better Call Saul. Was that your first soundtrack experience?

Barrie Cadogan: We’d done TV work before, but Better Call Saul came from a music director who wanted a 20-second theme. They liked one of our songs and asked for something similar.

La Face B: You supported the Stone Roses and played La Cigale.

Barrie Cadogan: Yeah, around 2012. I also played there with Primal Scream. It’s a great venue.

La Face B: I covered Primal Scream concert in June. What do you learn working on big tours?

Barrie Cadogan: You never stop learning — instruments, recording, everything.

La Face B: Your guitar style is instantly recognisable. Who shaped it?

Barrie Cadogan: John Squire, Johnny Marr, J Mascis, Hendrix, Neil Young, Jimmy Nolen — loads of people.

La Face B: Lewis, what inspired you?

Lewis Wharton: Record collecting more than any one player. Stone Roses definitely had an influence.

La Face B: Malcolm?

Malcolm Catto: Professor Longhair, Ray Charles, Adam and the Ants. My brother’s band needed a drummer, so I just started playing.

La Face B: If Electric War were a film genre?

Malcolm Catto: Maybe an avant-garde Cocteau film.

Barrie Cadogan: A paranoid road movie.

La Face B: First riff you learned?

Barrie Cadogan: “Peter Gunn.”

La Face B: If your guitar could talk?

Barrie Cadogan: “Change my strings.”

La Face B: One musical hero you’d be terrified but thrilled to jam with?

Malcolm Catto: Sun Ra or Coltrane.

Barrie Cadogan: Any old blues singer.

La Face B: What’s next for Little Barrie?

Barrie Cadogan: Gigs in Vietnam and Japan in 2026, then back to the studio.

La Face B: Outside music, what’s inspired you recently?

Malcolm Catto: The Dune Trilogy. Mind-blowing.

La Face B: Thank you very much for your time!

Little Barrie: Thank you!!!

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