Les clips de la semaine #311 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie notre 311ème sélection des clips de la semaine.

RAVAGE CLUB – DINGOGO

C’est le grand retour du duo lillois qui revient sous une nouvelle monture plus rock alternatif. Dès les premières notes de DINGOGO, on ressent l’urgence du groupe dans un format plus moderne où la vitesse de la boîte à rythme est effrénée et rappelle celle de yot club sur down bad. La basse est elle aussi ultra présente et porte même la mélodie de ce morceau. Claudia garde cette voix toute aussi puissante et ravageuse sur chaque ligne. On est désormais plus proche de l’esthétique des groupes américains FIDLAR et Bikini Bill, des étiquettes qui leur va très bien. Entraînant et entêtant, il s’agit clairement de leur nouvel hymne dévastateur qui parle d’un amour obsessionnel et qui en devient même ridicule. On sent que le duo a su fructifier ses riches expériences en festival et dans de grandes salles parisiennes pour créer un tel titre fédérateur. 

Le clip a été tourné dans leur vie d’origine à Boulogne-sur-Mer. On y reconnaît les grands hangars de ce port où se duo se plaît à vagabonder ensemble sous ce temps caniculaire. DINGOGO est le premier extrait convaincant et réussir leur prometteur premier album attendu en début d’année 2027 chez At(h)ome.

LOATHE – FANGS

Les enfants prodiges de Liverpool sont de retour. Alors que le prochain album de LoatheA Stranger To You, sort le 17 juillet prochain, le quatuor anglais nous a offert un cadeau pour nous faire patienter. Après l’excellent single Revenant, en collaboration avec NOWHERE2RUN, le groupe a rendu public cette semaine le second titre promotionnel de ce nouveau projet : Fangs.

Forte d’une production toujours parfaitement calibrée et maîtrisée, la formation liverpuldienne propose ici une version plus mélodique et profonde de son Metalcore teintée d’influences Shoegaze. Ce nouveau morceau avance une construction plus ambivalente, moins directe et frontale que Revenant. On retrouve notamment la voix claire de Kadeem France qui porte les couplets avec une voix grave, presque nonchalante par instants, complétée par le ton plus aérien d’Erik Bickerstaffe sur les refrains.

Avec Fangs, Loathe propose, encore une fois, une pièce de musique profonde, composée d’une main de maître par des musiciens qui, avec le temps, ne semblent pas montrer de limites en termes de créativité. À travers une identité issue d’un savant mélange entre lourdeur délicate et élégance, le quatuor de Liverpool se classe sans aucun doute dans le haut du panier de sa génération. Rendez-vous le 17 juillet pour pouvoir découvrir l’entièreté d’un projet qui s’annonce, déjà, comme étant un des plus réussis de l’année…

corto.alto – GO (feat. Vector)

Scott McTominay n’est pas le seul prodige produit par l’Écosse ! Fort d’une réputation qui ne cesse de croître dans les cercles d’initiés, corto.alto a annoncé cette semaine la sortie de son prochain album, Some Small Fortune, prévu pour le 4 septembre prochain chez Ninja Tune. Son nouveau single, GO, vient accompagner cette nouvelle de la meilleure des manières. 

Le morceau est construit sur une boucle rythmique entêtante qui prend comme fondation une dynamique syncopée qui suit tout le long. Une édification que l’on sent par ailleurs particulièrement influencée par la musique caribéenne, omniprésente sur le royaume. Tout cela est habillé d’un costume de velours, ici représenté par la voix du rappeur nigérian Vector qui signe sa collaboration avec le producteur et musicien originaire de Glasgow sur le morceau.

Sur un ton presque bondissant, corto.alto annonce la couleur. Celle d’un album qui promet d’être dans la même lignée des précédents singles, à savoir d’une énergie folle en plus de mettre en lumière un artiste dont la musique ne cesse d’évoluer et de nous surprendre. On aurait presque hâte de faire notre rentrée pour pouvoir poser nos oreilles sur ce prochain album…

Maquina – Simulation

Rien n’arrêtera nos chers lisboètes de Maquina. Dans un peu moins de deux semaines, leur album Body Transmission verra le jour chez Fuzz Club. Le trio tourne actuellement à travers l’Europe et fait découvrir déjà des pépites du nouvel opus.

Fraîchement arrivé – ou chaudement par les temps qui courent – cette semaine, Simulation s’est trouvé un petit habillage visuel. MAQUINA explore un terrain graphique légèrement différent du dernier clip pour le morceau dança en duo avec Dame Area. Cette fois-ci, le trio joue sur un paysage bien ancré dans le réel, en l’habillant de lignes de code informatique telles des effets glitchs. Quand ça n’est pas de la neige, c’est du coding ! Simulation ? Représentation simulée d’un fonctionnement, d’un processus. 

Simulation place la guitare au centre. Pulsations hyper nerveuses et coups de guitares soudains qui sonnent tels des engrenages voire des hurlements stridents au service d’une urgence presque dansante font de Simulation un morceau très mécanique parfaitement huilé. Sommes-nous dans un club ou dans une usine ? Maquina ne préfère pas choisir et combiner les deux univers pour valoriser ce qu’ils ont de plus fascinant. 

PAR.SEK – RAF

En voyant ce clip, notre cinéphilie nous a fait signe. Rappelez vous, il y a quelques années sortait le film musical Sweeney Todd et il y a une scène de plage qui est marquée par la chanson By the sea. On vous laisse remplacer Johnny Depp et Helena Bonham Carter par Simon et Manon de PAR.SEK.

Le tube de l’été de PAR.SEK s’appelle RAF. Un simple mot d’ordre : Rien à faire. On ne peut qu’être d’accord avec nos chers clermontois. Lassés de ce monde saturé d’opinions nauséabondes et des injonctions sociales, PAR.SEK est bien décidé à se mettre en retrait de tout ça et quoi de mieux que l’immensité d’une plage pour s’isoler ? En tout cas, nous on les suit ! 

Au fil des morceaux, on retrouve avec joie toute la saveur acidulée de l’univers de PAR.SEK. Actuellement en tournée entre le Québec et la France, on ne peut que vous recommander d’aller les voir pour un grand moment de lâcher prise, le temps de tout envoyer valser, se chahuter les méninges avec amour. Nous, on guette le passage parisien prévu pour novembre aux côtés de l’excellent Yolande Bashing !

Chest. – Lotus Eater 

Chest. fait partie de ces groupes français qui ne cessent de monter. Originaire de Paris, le quatuor continue de s’imposer sur la scène post-punk/noise à coups de concerts marquants. Après un passage remarqué à Rock en Seine l’an dernier, le groupe s’apprête cette fois à fouler la scène de La Route du Rock, aux côtés de Fontaines D.C. et Mogwai. Une belle preuve que la trajectoire de Chest. continue de prendre de l’ampleur.

Avec Lotus Eater, Chest livre un morceau sous haute tension. La batterie oscille entre urgence punk et groove presque disco, les guitares hurlent dans un déluge de larsens tandis que la basse apporte ce qu’il faut pour donner envie de danser autant que de secouer la tête. Au milieu de ce chaos, la voix d’Eliott évoque parfois Joe Talbot ou Damon Albarn, sans jamais tomber dans l’imitation. Le groupe affirme ici un son qui lui appartient pleinement, brut, tendu et terriblement efficace.

Le clip va droit au but. On y retrouve Eliott dans une succession de tableaux minimalistes : allongé dans une baignoire, assis à une table ou encore sur une balançoire, il interprète son texte avec une intensité qui ne faiblit jamais. Jusqu’à cette dernière image où son visage apparaît emballé sous plastique, clin d’œil évident au titre Lotus Eater. Une réalisation sobre, sans artifices, qui accompagne parfaitement la tension du morceau. Une chose est sûre : on a déjà hâte de retrouver Chest. sur scène et de voir ce titre faire trembler les fosses.

NUMAH – OH Boy !

Avec OH BOY!, NUMAH raconte l’après, le moment où quelqu’un revient comme si rien ne s’était passé, sauf que cette fois les rôles ont changé. NUMAH n’est plus celle qu’on abandonne, mais celle qui a tourné la page et qui le sait. Son « J’ai pas besoin de toi dans ma vie » sonne moins comme une colère que comme une évidence tranquille, une déclaration d’indépendance chantée sans regarder en arrière.

Le clip accompagne très bien cette énergie. Il s’ouvre sur un mouvement de caméra qui révèle des lettres éparpillées au sol, puis NUMAH, la moue aux lèvres, entourée de quatre danseurs. Leur présence donne l’impression d’amis venus la soutenir dans un moment compliqué, tout en apportant au clip une dimension plus vivante, presque complice. On sent surtout que l’artiste s’est amusée à le tourner, et c’est sans doute ce mélange de légèreté et de reprise de pouvoir qui rend OH BOY! aussi accrocheur.

Romain Axisa – Never Felt Better

Identifier, puis reconnaître qu’on est déprimé n’est jamais évident. De son côté, Romain Axisa a choisi d’en faire une chanson : Never Felt Better. Ce morceau retrace une période compliquée de sa vie, marquée par la colère et une grande dureté envers lui-même : « je me sentais comme si je ne valais rien ». Au fond, qui nous connaît vraiment ? C’est l’une des questions qu’il s’est posée. Souvent interrogé sur son état, il préférait rester évasif. Avec ce titre, il prend du recul sur ce qu’il a traversé et ose enfin dire que ça n’allait pas, même si c’est avec l’ironie mordante de ce « I never feel better ».

Visuellement, le morceau prend la forme d’un clip où l’artiste apparaît triste au milieu d’une horde de gens, perdu dans une soirée qui semble l’étouffer. Lorsqu’il s’apprête à partir, il suit une fille habillée en démon dans une chambre. Mais au lieu d’y trouver un échappatoire, il finit par s’enfuir et quitter cette fête, devenue le symbole d’une situation qui l’oppressait profondément.

Benson Boone – The Time Of My Life

Dans son nouveau clip, The Time Of My Life, Benson Boone propose une mise en scène aussi élégante qu’émouvante. L’artiste y incarne un comédien qui se produit sur les planches d’un théâtre, sous les yeux d’un public où un siège vide attire rapidement l’attention : celui de sa promise. Sur scène, il interprète l’histoire d’un homme qui vit une grande histoire d’amour, protège la femme qu’il aime et finit par l’épouser. Peu à peu, la frontière entre la fiction et la réalité s’estompe. Refusant de continuer à jouer une vie qui n’est pas la sienne, il quitte la scène dans l’espoir de retrouver celle qu’il aime. Mais il comprend rapidement que ce rêve ne peut plus se réaliser. Le récit nous ramène alors au théâtre, où le spectacle reprend son cours jusqu’à un ultime baiser avec la mariée. La présence de Alix Earle apporte une dimension supplémentaire à cette histoire poignante. Porté par une mélodie délicate et une interprétation pleine de sincérité, The Time Of My Life confirme une nouvelle fois le talent de Benson Boone pour raconter des histoires riches en émotions.

Theodora — Be My Valentine

Un clip kitsch digne d’un Bachelor version lesbienne : voilà ce que nous réserve Theodora avec Be My Valentine. Après nous avoir fait danser avec ses précédents morceaux, l’artiste revient avec un univers aussi décalé que réjouissant, où l’humour se mêle à une esthétique assumée des années 1980 et 1990.

Aux côtés de la talentueuse Adèle ExarchopoulosTheodora joue avec les codes des émissions de rencontres dans un clip volontairement exagéré. Les transitions dignes d’un PowerPoint, les décors colorés et les effets visuels participent à cette mise en scène kitsch qui oscille entre nostalgie et souvenirs gênants. Un résultat original, rafraîchissant et surtout extrêmement drôle.

Musicalement, Be My Valentine mélange pop et influences caribéennes pour créer un morceau aussi solaire qu’efficace. Dès les premières secondes, le rythme s’installe et reste en tête. Fidèle à son identité artistique, Theodora livre un titre fédérateur qui devrait rapidement trouver sa place dans les playlists de l’été.

Melchior Leroux signe une nouvelle fois une réalisation à la hauteur de l’univers de la chanteuse. En parfaite adéquation avec l’énergie du morceau, ce clip célèbre l’amour avec légèreté et autodérision. 

Une sortie qui tombe à point nommé pour conclure le mois des Fiertés.

Phoebe Bridgers – Lost Boys

Voilà six ans que beaucoup se demandaient quel serait le nom du prochain album de Phoebe Bridgers. Cette semaine, l’attente a enfin trouvé sa réponse.

Il y a quelque chose d’étrange dans la sortie d’un disque que l’on espère depuis longtemps. Des années d’impatience semblent soudain se dissiper en un claquement de doigts, comme si cette attente interminable n’avait finalement été qu’un battement de cils. Dès les premières notes, tout revient : une écriture toujours aussi forte, une musicalité d’une grande poésie, et cette voix qu’il est profondément réconfortant de retrouver.

Lost Boys, autant dans sa proposition sonore que dans son esthétique visuelle, marque un retour éclatant pour la musicienne. Fidèle à elle-même, la musicienne continue de sonder les replis les plus enfouis de l’âme humaine. Une œuvre d’une richesse émotionnelle saisissante, où chaque note semble porter un poids.

Dans un paysage musical parfois saturé, Phoebe Bridgers demeure une artiste essentielle, dont les nouvelles parutions rappellent à quel point sa voix occupe une place à part. En attendant le 14 août et la sortie de ce nouvel opus, Lost Boys offre un premier aperçu aussi généreux que prometteur.

oda. – Les Lilas

Nouveau single pour le duo oda. : Le Lilas. Un titre floral pour une chanson qui donne envie de ralentir. On s’imagine assez facilement l’avoir dans les oreilles depuis un canapé aux premières heures du jour alors que la chaleur de l’été est déjà installée, que la nuit fut difficile et qu’un peu d’apaisement est le bienvenu. C’est ce qu’apporte Le Lilas, frais comme la lotion nettoyante à la fin de la réalisation d’un tatouage, serein comme le lever du soleil au milieu d’une prairie. Ce genre de moment est rare et il faut les savourer, quand on découvre un titre aussi sensible et doux. Côté images, on suit une déambulation à vélo bordée d’une nature bien plus cramoisie que couleur Lilas. Pour autant, les images sont magnifiques et renforcent une nostalgie déjà bien présente. C’est beau, c’est doux, c’est chouette.

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