PVA, groupe londonien de post punk et de musique électronique a sorti son deuxième album No More Like This ce vendredi 23 janvier 2026. Actif depuis 2017, le groupe formé de Ella Harris (chant, clavier, percussions), Josh Baxter (chant, clavier) et Louis Satchell (batterie) est épaulé cette fois-ci par le producteur Kwake Bass, annonçant la qualité et diversité exquises du projet.

Good morning… Il est 9h en Angleterre et Ella Harris, chanteuse de PVA, nous souhaite un bonjour psychédélique avec “Rain”, premier titre de l’album. “Good morning / Following the moon / Ambience again / Good morning to the spit on the street / Fading kick in the distance / The night at Avalon / In the distance / Good morning to the voice in my head.” Certes, un bonjour un peu morose, mais il fait tout de même œuvre de réveil matinal ou nocturne après une soirée mouvementée. Il est 5h du matin et Ella Harris rentre de soirée, encore transpirante, les mouvements de danse de la veille encore dans le corps. Les synthés, alternant entre crescendo et decrescendo, rappellent le retour de soirée alcoolisée qui donne le tournis. Les vas et viens renforcent une dimension cyclique du rythme de la journée et du fil des pensées.
PVA, groupe londonien de post punk et de musique électronique a sorti son deuxième album No More Like This ce vendredi 23 janvier 2026. Actif depuis 2017, le groupe formé de Ella Harris (chant, clavier, percussions), Josh Baxter (chant, clavier) et Louis Satchell (batterie) est épaulé cette fois-ci par le producteur Kwake Bass, directeur musical des tournées de Kae Tempest et Sampha, ainsi que musicien ayant collaboré avec Lianne La Havas, MF DOOM, Roots Manuva ou Joey Bada$$. Cela annonce la qualité exquise du projet et la diversité des genres qu’on peut identifier au cours de ce nouvel album.
En rappelant leurs anciens projets aux influences plus discos et techno, les titres “Peel” et “Send” incarnent bien l’identité dancefloor, et l’importance que le live a joué pour le groupe ces neuf dernières années. La comparaison à LCD Soundsystem que les critiques ont souvent faite est sûrement moins pertinente avec No More Like This, plus déconstruit harmoniquement et structurellement. PVA revient avec un son plus mis à nu, brut et épuré, sans mille pistes instrumentales complexes, qui sont tout de même embellies par des nuances de basses texturées comme dans “Anger Song” ou “Flood”.
Dans “Rain”, mais aussi dans “Enough”, Harris joue beaucoup avec la phonétique des paroles notamment avec les sons percussifs en [ks], [k], [s] synchronisés aux instruments rythmiques composés de cymbales de batterie très présentes doublées d’un drum pad. “Fix me, white knuckles on my skin”.
Par ailleurs, les récits narratifs du groupe sont inspirés d’histoires du folklore et de la mythologie car elles révèlent les côtés cachés de la société et les pulsions intériorisées des individus. Les paroles de “Okay” avec “I’m a creature / Know what you’re thinking” ou encore “I’m a siren / Get caught in my tide line” renvoient bien à cet imaginaire. La narration de Harris notamment reprend des fragments de souvenirs personnels qui deviennent partie du narratif collectif. Dans une interview avec The Quietus, Harris caractérise ce processus de sublimation quand l’histoire passe de l’intérieur à l’extérieur. Le récit raconté par PVA est avant tout le fruit d’une collaboration musicale et le produit d’un sens communautaire. Cet esprit de communauté est central pour PVA car ils ont gagné en notoriété grâce à leurs concerts à Brixton et à New Cross, rassemblant la communauté des fanatiques de punk et de techno dans le sud de Londres. Leurs concerts agissent d’espace de libération des mœurs et du quotidien monotone de la ville. Cette dimension de la musique de PVA rappelle Les Villes Invisibles, roman écrit par Italo Calvino en 1972 qui décrit un enfer que nous créons par le fait d’être ensemble, mais qu’il faut accepter et incarner en groupe pour ne pas en souffrir.
No More Like This joue donc avec les archétypes et les conventions en chantant des folklores imaginaires. L’album remet aussi en cause les normes sociétales en témoignant d’une queerness kinky avec le titre “Mate” lorsque Harris chante “You’re my scene / You’re my queen”.
No More Like This s’impose comme un album à la fois intimiste, audacieux, chargé d’émotion et de sensualité. Ce disque invite autant à imaginer le folklore qu’à danser les récits du présent.