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Rencontre avec Kingfishr

La Face B a rencontré Kingfishr à Rock en Seine, et il faut croire que les histoires les plus folles sont parfois celles qui commencent par une simple anecdote entre potes. Depuis Limerick, le trio irlandais trace son chemin avec un son qui mêle folk, indie, harmonies envoûtantes et instruments traditionnels.

Dans cette interview, Kingfishr nous ouvre les portes de son univers : de la naissance improbable de Killeagh à l’importance des paysages et des liens familiaux et amicaux dans leur musique, en passant par les coulisses de The Blade. On explore aussi la direction plus affirmée de leur premier album audacieux, Halcyon. Une rencontre sincère, ponctuée d’humour irlandais, avec un groupe qui nous rappelle que les histoires les plus personnelles sont parfois celles qui touchent le plus grand nombre.

Retrouvez également le travail d‘Alexia Arrizabalaga-Burns (sous le pseudo Troubleshooteur) sur son site et sur Instagram

« En art, plus quelque chose est spécifique, plus ça devient universel. » — Eddie Keogh, Kingfishr

La Face B : Bonjour Kingfishr ! Comment ça va aujourd’hui ?

Eddie Keogh : Très bien ! Et toi ?

La Face B : Très bien, merci ! Vous vous êtes rencontrés à l’université, à Limerick, en 2017. Aujourd’hui, vous jouez pour la première fois à Rock en Seine. Quand vous repensez au chemin parcouru depuis vos débuts, qu’est-ce qui vous paraît encore un peu incroyable ?

Eddie Keogh : Tout ça est complètement dingue ! On en parlait encore ce matin. Pour arriver jusqu’ici, on a joué deux gros concerts à Édimbourg, puis on a traversé tout le Royaume-Uni pour récupérer notre tour-bus, dans lequel on dort avec tous nos potes. Ensuite, le bus est monté dans un train, et le train est passé sous la mer !

Eoghan « McGoo » McGrath : Si j’avais quatre ans, je pourrais inventer cette histoire !

Eddie Keogh : Ouais, ouais, ouais !

La Face B : On adore les voyages avec plein d’étapes ! C’est génial.

Eddie Keogh : Et puis on a débarqué à Paris, où il fait très beau aujourd’hui. Espérons que ça dure ! Et maintenant, on va jouer sur une grande scène, là-bas. C’est complètement dingue.

La Face B : Il y a un véritable ancrage géographique dans la musique de Kingfishr : Limerick, Tipperary, l’Irlande rurale, les paysages, les histoires au milieu desquelles vous avez grandi… Est-ce que vous avez parfois l’impression que l’Irlande est presque un quatrième membre du groupe ?

Eoghan « McGoo » McGrath : On l’a toujours dit. Il existe une vraie différence sonore entre l’Irlande rurale et les grandes villes. Si tu nous compares à un groupe comme Fontaines D.C., il y a une énorme distinction entre nos musiques. Mais les deux ont leur place dans la richesse artistique irlandaise.

La Face B : Absolument ! Et il y a tellement de sons différents qui émergent d’Irlande en ce moment. Cardinals ont un univers très différent, tout comme Florence Road, que j’ai rencontrées hier. Il y a aussi des artistes comme Declan Kennedy, qui intègrent davantage d’instruments traditionnels irlandais à leur musique.

Vous utilisez le banjo et l’harmonica aux côtés de la guitare d’une manière très naturelle, sans donner l’impression de chercher à tout prix à faire de la musique irlandaise. Quel rôle jouent les instruments traditionnels dans la définition du son de Kingfishr ? Est-ce une direction que vous aviez envie d’explorer dès le départ ?

Eoghan « McGoo » McGrath : Je ne crois pas qu’on ait jamais eu l’intention de sonner irlandais ou quoi que ce soit de ce genre. C’étaient simplement les outils qu’on avait à notre disposition. Ça fait longtemps que je joue du banjo. Quand j’étais gamin, je voulais vraiment apprendre la guitare, mais j’ai grandi dans une région d’Irlande où on ne jouait pratiquement que de la musique traditionnelle irlandaise. Il n’y avait pas de professeur de guitare disponible. Alors on m’a acheté un banjo, et voilà !

La Face B : Je voulais parler de Killeagh, votre titre le plus écouté sur Spotify, qui a également atteint la première place des classements. C’est une chanson extrêmement ancrée dans un lieu précis : vous évoquez Glenbower, la rivière Dissour, la paroisse… Pourquoi, selon vous, un morceau aussi intimement lié à un endroit particulier a-t-il touché autant de gens qui n’ont pourtant jamais mis les pieds à Killeagh ?

Eddie Keogh : C’est une excellente question.

Eoghan « McGoo » McGrath : Quelle excellente question ! On se pose exactement la même.

Eddie Keogh : On pourrait parler d’enantiodromie, c’est-à-dire de la rencontre des contraires. Je pense qu’en art, plus quelque chose est spécifique, plus ça devient universel. C’est une idée assez connue, mais elle est vraie.

Killeagh est un endroit d’environ 600 habitants. C’est un peu un dos-d’âne sur la route : tu pourrais passer à côté en un clin d’œil ! Mais ce sont les détails qui permettent aux gens de retrouver leur propre vécu dans une chanson. Qui sait pourquoi Killeagh a eu cet effet ?

La Face B : Au fond, peu importe. L’essentiel, c’est que les gens s’y soient retrouvés.

Eddie Keogh : Oui. Je me souviens qu’une fois la chanson terminée, je relisais les paroles et quelque chose m’a frappé : il n’y avait rien de superflu. Chaque ligne était nécessaire, et chacune était extrêmement dense en références et en contexte.

La Face B : Absolument. Vous transformez les souvenirs de Glenbower, de la rivière Dissour et de toute une communauté en quelque chose qui ressemble presque à un hymne. La chanson devient universelle précisément parce qu’elle est si personnelle.

La dernière image du clip, avec le hurley, renforce aussi cette idée d’identité et d’appartenance. On a l’impression qu’une histoire familiale se transmet de génération en génération. Est-ce que vous aviez dès le départ l’intention d’écrire une chanson sur l’identité et les racines, ou est-ce que vous en avez découvert le sens au fil de l’écriture ?

Eddie Keogh : Elle n’était pas vraiment censée parler de quoi que ce soit. À l’origine, elle était destinée à un ami de Fitz.

Eoghan « McGoo » McGrath : On n’avait même pas prévu de la sortir quand on l’a écrite !

Eddie Keogh : C’était un peu une blague. Elle faisait partie d’une conversation de groupe sur WhatsApp. Vous utilisez WhatsApp ici ? Je ne sais pas. Désolé, on revient tout juste d’une tournée américaine, et là-bas, ils n’ont absolument aucune idée de ce qu’est WhatsApp ! Je me demandais si c’était pareil ici !

Bref, elle devait simplement rester dans une conversation de groupe. Et puis, tout à coup, elle a pris une autre dimension. Elle est devenue quelque chose de beaucoup plus grand. Donc oui, Killeagh est une très bonne chanson !

La Face B : Le clip ressemble davantage à un album de famille qu’à un clip traditionnel. Il y a du football, des lieux familiers, plein de petits moments de vie… À quel point était-il important de préserver cette authenticité, avec de vraies personnes et de vrais endroits qui évoquent la maison, plutôt que d’adopter une approche plus fictionnelle, comme vous l’avez fait avec The Blade, par exemple ?

Eddie Keogh : Pour cette chanson en particulier, je pense que c’est essentiel. Pour nous, plus on explore les relations personnelles qui font partie de nos vies et plus on les intègre à notre propre histoire, plus le résultat sonne juste et touche les gens.

Bien sûr, la fiction a sa place dans l’art, mais ce n’est pas vraiment ce que notre public vient chercher chez nous. Il y a déjà suffisamment de drames dans nos propres vies !


La Face B : Pour Killeagh, ces souvenirs de famille et ces scènes de football apportent une dimension supplémentaire au morceau. On a l’impression que vous ouvrez vos vidéos de famille pour y ajouter de la musique, et ça lui va parfaitement.

Mais The Blade explore un territoire émotionnel complètement différent. Le morceau est plus sombre, plus introspectif. D’où est venue cette chanson ?

Eddie Keogh : Honnêtement, je n’en sais rien. J’essaie encore de le comprendre ! Je ne me souviens plus exactement du contexte dans lequel elle est née. Là encore, elle a été écrite en quinze ou vingt minutes. C’est un peu la formule classique chez nous !

Mais The Blade était vraiment à vif, et son sujet est difficile. C’est quelque chose qui occupe une place très importante dans la vie de beaucoup de gens. Bon sang, je ne referais probablement pas ce clip aujourd’hui ! Il n’y aurait certainement pas de portraits de famille dans celui-là. C’est une autre histoire.

C’est justement tout l’enjeu : mettre en parallèle la réalité du sujet avec quelque chose qui soit peut-être un peu plus facile à regarder et à recevoir visuellement.

La Face B : Le clip est magnifique. Il y a cette histoire parallèle entre le personnage d’Anthony Boyle et l’étalon noir, et le paysage devient presque un élément de leur dialogue. Lorsqu’il s’allonge au sol, ses mouvements font écho à ceux du cheval. Aviez-vous une idée précise du clip dès le départ, ou avez-vous laissé Sean Mullen développer le concept ?

Eddie Keogh : Les gars se sont emparés du concept et l’ont développé. Tout s’est mis en place en trois jours environ. C’est fou à quel point tout est allé vite.

Eoghan « McGoo » McGrath : On avait rencontré Anthony quelques mois plus tôt, lors d’un concert. Il était même venu nous voir jouer plusieurs fois, notamment à Vancouver. C’est un type formidable. Et Vancouver est une ville géniale !

On cherchait justement un moyen de travailler ensemble quand l’idée du clip est arrivée sur la table. Honnêtement, en trois jours à peine, tout le monde était partant. Ça devait être du mardi au vendredi, quelque chose comme ça, et tout le monde disait : « Ouais, je suis partant ! »

La Face B : Sa performance est vraiment puissante, très physique aussi. Tout fonctionne dans ce clip. Visuellement, je le trouve aussi beau que votre musique, si tu vois ce que je veux dire. Parlons de Halcyon. C’est un premier album ambitieux, avec seize titres.

Eddie Keogh : Seize, oui ! On écrit beaucoup de morceaux. On a passé des années à les envoyer dans tous les sens, comme un yo-yo !

La Face B : On y retrouve du folk traditionnel, de l’indie et beaucoup d’influences différentes. Maintenant que vous avez eu le temps de vivre avec cet album, avez-vous le sentiment d’avoir réussi à définir ce qu’est Kingfishr et la direction musicale que vous souhaitez prendre ?

Eddie Keogh : Oui, je pense. J’espère qu’on a trouvé une direction plus affirmée et plus réfléchie, en tout cas de mon point de vue.

Pendant plusieurs années, on lançait simplement des morceaux et on voyait ce qui allait prendre. Il y avait quelque chose de libérateur là-dedans, mais au bout d’un moment, on se disait aussi : « Allez, on se pose un peu ! » Tu vois ce que je veux dire ?

Je pense aussi qu’on a eu beaucoup de chance de participer à ce renouveau de la culture irlandaise. On n’avait encore jamais vu quelque chose comme ça, et on a la chance d’en faire partie.

La Face B : Vous avez collectivement une palette musicale beaucoup plus large, et ça s’entend sur l’album.

Eddie Keogh : Oui, c’est vrai ! De la pop trad !

La Face B : Même vocalement, vous passez de voix très puissantes à des harmonies beaucoup plus douces.

Eddie Keogh : On a de la chance, les gars et moi !

La Face B : Vous êtes irlandais ! J’ai vraiment l’impression qu’il y a quelque chose dans l’eau, chez vous.

Votre morceau For the Boys, sorti le 14 août, me semble plus ouvert et plus introspectif. Il regarde en arrière, vers une vie partagée avec d’autres, et explore l’amour, l’amitié et tout ce que la vie nous réserve. La phrase qui revient sur le fait d’avoir tout fait par amour transforme le morceau à la fois en célébration et en tentative de tenir les ténèbres à distance.

Est-ce que l’écriture est devenue pour vous une manière de comprendre des choses qu’il est difficile d’exprimer dans la vie de tous les jours ?

Eddie Keogh : C’est exactement ça. Je pense que toutes les chansons qui ont vraiment compté pour nous ont été un commentaire sur ce qui se passait dans nos vies. Heureusement, c’est toujours le cas.

La Face B : Parfois, il s’agit d’observer l’état du monde ; d’autres fois, de trouver les mots pour exprimer quelque chose de difficile à formuler. Tu peux me raconter l’histoire de For the Boys ?

Eddie Keogh : On l’a écrite en Allemagne, alors qu’on était en studio pour travailler sur quelque chose de complètement différent.

Je pense qu’elle reflète mon rapport à la masculinité, dans un sens positif. Être un homme a mauvaise presse, et c’est compréhensible : il y a des raisons à cela. Mais je pense qu’il y a aussi de belles choses dans la masculinité.

J’aime l’idée de noblesse. Je trouve que la culture moderne oublie parfois cette notion : l’idée qu’on peut aspirer à être quelqu’un de noble. Ce n’est pas vraiment le genre de message qu’on adresse souvent aux hommes.

La Face B : Mon grand-père était le patriarche de notre famille, mais il incarnait ce rôle d’une manière très noble. Il encourageait ma tante et toutes les femmes de notre famille à faire des études et à voyager. Je trouve qu’il y a quelque chose de précieux dans cette conception de la masculinité, mais qu’on finit parfois par l’enfouir sous tout le reste.

Eddie Keogh : À cent pour cent.

La Face B : Il y a quelque chose de très beau dans ce genre de modèle, et j’ai l’impression qu’on n’entend pas assez souvent ce point de vue.

Eddie Keogh : À cent pour cent. J’espère que, lorsque tu regarderas ta vie en arrière, tu pourras te dire que tu as toi aussi incarné certaines de ces qualités.


La Face B : Si Kingfishr était un endroit en Irlande, où est-ce qu’on vous trouverait ?

Eddie Keogh : Excellente question ! Excellente question ! Non, non, non… Qu’est-ce que j’étais en train de dire ?

Eoghan « McGoo » McGrath : Tu avais sorti un truc drôle, comme Tipperary Town !

Eddie Keogh : Tipperary Town !

La Face B : Et si Kingfishr était une boisson, ce serait quoi ?

Eddie Keogh : Une Guinness.

La Face B : Évidemment ! Merci beaucoup à tous les deux. J’ai hâte de vous voir sur scène et, je l’espère, de vous retrouver lors de votre concert au Trabendo, fin novembre.

Eddie Keogh : Le Trabendo !

La Face B : Merci beaucoup !

Kingfishr : Merci beaucoup à toi. Vraiment, ravis de t’avoir rencontrée !

Toujours plus d’interviews et de photos de concerts dans La Face B

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Enfin, retrouvez les articles d‘Alexia Arrizabalaga-Burns dans La Face B


Version en Anglais

La Face B : Hello, Kingfishr! How are you today?

Kingfishr : Very good! How are you?

La Face B : I'm good, thank you. You met at college in Limerick in 2017, and now you're playing Rock en Seine for the first time. When you look back at the journey from those early days to where you are now, what still feels slightly unbelievable?

Eddie Keogh : The whole thing is ridiculous! We were actually talking about it this morning. To get here, we played two big gigs in Edinburgh, then drove the length of the UK to pick up our tour bus, which we sleep on with all our friends. The bus then drove onto a train, and the train went underneath the ocean!

Eoghan “McGoo” McGrath : I mean, if I were four years old, I could make up this story!

Eddie Keogh : Yeah, yeah, yeah!

La Face B : We love a multi-stop journey! That's brilliant.

Eddie Keogh : And then we drove off and ended up in Paris on what is currently a lovely, sunny day. Hopefully, it stays that way! And now we're going to play on a big stage over there. It's ridiculous.

La Face B : There's a strong sense of place in Kingfishr's music: Limerick, Tipperary, rural Ireland, the landscapes and the stories you grew up around. Do you think Ireland is almost a fourth member of the band?

Eoghan “McGoo” McGrath : We've always said that. There's a distinct sonic difference between rural Ireland and the inner cities. If you compare us with a band like Fontaines D.C., there's a huge distinction between our music and theirs. But both have a place in the tapestry that is Irish art.


La Face B : Absolutely. And there are so many different sounds emerging from Ireland at the moment. Cardinals have a very different sound, as do Florence Road, whom I met yesterday. Then you have artists like Declan Kennedy, who incorporate more traditional Irish instruments into their music.

You use instruments like the banjo and harmonica alongside the guitar in a way that feels completely natural, rather than as though you're deliberately trying to make Irish music. What role do traditional Irish instruments play in defining the Kingfishr sound? Was that always a direction you wanted to explore?

Eoghan “McGoo” McGrath : I don't think we ever intended to sound Irish or anything like that. These were simply the tools we had in the box. I've been playing the banjo for a long time. When I was a kid, I really wanted to learn the guitar, but I grew up in a part of Ireland where exclusively traditional Irish music was played, and there wasn't a guitar teacher available. So they got me a banjo, and that was that!


La Face B : I wanted to talk about Killeagh, your most-streamed song on Spotify, which also reached number one. It's incredibly specific: you mention Glenbower, the River Dissour and the parish. Why do you think a song so deeply rooted in one particular place has connected with people who have never even been to Killeagh?

Eddie Keogh : That's a great question.

Eoghan “McGoo” McGrath : What a great question! We've been asking ourselves the same thing.

Eddie Keogh : You could describe it as enantiodromia: the meeting of opposites. I think that, in art, the more specific something is, the more universal it becomes. That's fairly well-trodden ground, but it's true. Killeagh is a place with a population of about 600 people. It's a speed bump; you could blink and miss it! But it's in the details that people find their own experiences reflected. Who knows why Killeagh did what it did?

La Face B : I suppose it doesn't really matter. What's important is that people connected with it.

Eddie Keogh : I remember when we'd finished writing it and I was reading through the lyrics. One thing that struck me was that there was no real fat on it. Every line was necessary, and every line was incredibly dense with context.

La Face B : Absolutely. You're turning memories of Glenbower, the River Dissour and an entire community into something that feels almost like an anthem. The song becomes universal precisely because it's so personal.

The final image in the music video, with the hurley, also brings that sense of identity and belonging into focus. There's a feeling of family history being passed down through generations. Was it always intended to be a song about identity and belonging, or did you discover what it meant as you were writing it?

Eddie Keogh : It wasn't really meant to be anything. It was meant to go to a friend of Fitz's.

Eoghan “McGoo” McGrath : We didn't even intend to release it when we wrote it!

Eddie Keogh : It was a bit of a joke. It was part of a WhatsApp group chat. Do you use WhatsApp over here? I don't know. Sorry, we've just come back from an American tour, and they haven't a fucking clue what WhatsApp is over there, so I was wondering if it was the same here!

Anyway, it was just intended to be part of a group chat, and then, all of a sudden, it wasn't just part of a group chat anymore. It became something bigger. So, yeah, Killeagh is a very good song!

La Face B : The music video feels more like a family album than a conventional music video. There's football, familiar places and all these little moments. How important was it to preserve that authenticity, with real people and real places that feel like home, rather than taking a more fictional approach, as you did with The Blade, for example?

Eddie Keogh : For that particular song, I think it's everything. For us, the more we delve into the personal relationships in our lives and make them part of our own tapestry, the better it feels and the more it connects.

Of course, there's a place for fiction in art, but that doesn't seem to be what our audience is looking for from us. There's enough drama in our own lives!


La Face B : For Killeagh, those family memories and scenes of people playing football add another layer to the song. It feels as though you're opening up your family videos and putting music over them, which really suits it. But The Blade inhabits a completely different emotional territory. It's darker and more introspective. Where did that song come from?

Eddie Keogh : I genuinely don't know. I'm still trying to work that out! I can't remember the exact context of how it came about. Again, it was written in about 15 or 20 minutes. That seems to be the classic story with our songs.

But I think The Blade was so raw, and the subject is very difficult. It's something that's very present in many people's lives. Jesus, I don't think I'd make that music video again now! There would be no family portraits in that one. It's a different story.

That's the whole point: juxtaposing the reality of the subject with something that's perhaps a little easier to take in visually.

La Face B : The video is fantastic. There's this parallel story between Anthony Boyle's character and the black stallion, and the landscape almost becomes part of their dialogue. The way he lies on the ground echoes the horse's movements. Did you have a clear idea for the video, or did you leave it to Sean Mullen to develop the concept?

Eddie Keogh : The boys took the concept and ran with it. Everything came together in about three days. It was crazy how quickly it all happened.

Eoghan “McGoo” McGrath : We'd met Anthony a couple of months earlier at a show. He'd actually come to a couple of our gigs, including one in Vancouver. He's a gentleman. Great city, Vancouver!

We were trying to figure out how we could all work together, and then the idea for a music video came across the table. Honestly, within about three days, everyone was on board. It was something like Tuesday to Friday, and everybody was saying, “Yeah, I'll do that.”

La Face B : His performance is incredibly powerful and physical. Everything works in that video. Visually, it's as beautiful as the music, if you see what I mean. Let's talk about Halcyon. It's such an ambitious debut album, with 16 tracks.

Eddie Keogh : Sixteen, yeah! We write a lot of tunes. We've been firing them around genres like a yo-yo!

La Face B : You've got traditional folk, indie and so many different influences in there. Now that you've had some time to live with the album, do you feel you've captured what Kingfishr are and where you want to go musically?

Eddie Keogh : I think so. Hopefully, it's more focused and heading in a more measured direction, at least in my head. For several years, we were just throwing things out there and seeing what stuck. There was something nice about that approach, but it was also a bit like, “Come on!” Do you know what I mean?

I think we've also been very lucky to become part of this resurgence in Irish culture. It's something that hasn't happened like this before, and we're fortunate to be part of it.

La Face B : You have a much broader musical palette collectively, and that comes through in the album.

Eddie Keogh : Yeah, we do. We do! Pop trad!

La Face B : Even vocally, you move between really powerful vocals and much softer harmonies.

Eddie Keogh : We're lucky boys!

La Face B : You are Irish! I feel like there's something in the water over there. Your song For the Boys, released on 14 August, feels broader and more reflective. It looks back on a life shared with others, exploring love, friendship and everything that happens along the way. The recurring line about having done it all for love turns the song into both a celebration and an attempt to keep the darkness at bay. Has songwriting become a way for you to make sense of things that are difficult to articulate in everyday life?

Eddie Keogh : That's all it is. I think every worthwhile song we've ever written has been a commentary on what's happening in our lives. Thankfully, that's the case.

La Face B : Sometimes it's an observation of the state of the world, but sometimes it's about finding the words for something that's difficult to express. Can you tell me the story behind For the Boys?

Eddie Keogh : It was written in Germany while we were in the studio working on something completely different. I suppose it represents my relationship with masculinity in a positive sense. Being a man gets a bad rap, and fair enough, there are reasons for that. But I think there are good things about it, too.

I love the idea of nobility. I think modern culture sometimes forgets about that: the idea that you can aspire to be a noble person. That's not something that comes across men's desks very often.

La Face B : My grandfather was the patriarch of our family, but he embodied that role in a very noble way. He encouraged my aunt and all the women in our family to study and travel. I think there's something valuable in that idea of masculinity, but it can get buried beneath everything else.

Eddie Keogh : One hundred per cent.

La Face B : There's something quite beautiful about that kind of role model, and I think it's a perspective we don't always hear enough about.

Eddie Keogh : One hundred per cent. I hope that, when you look back on your life, you can feel that you've embodied some of those qualities yourself.


La Face B : If Kingfishr were a place in Ireland, where would we find you?

Eddie Keogh : That's a great question! That's a great question. No, no, no... What was I saying?

Eoghan “McGoo” McGrath : You said something funny, like Tipperary town!

Eddie Keogh : Tipperary town!

La Face B : And if Kingfishr were a drink, what would it be?

Eddie Keogh : Guinness.

La Face B : Thank you both so much. I'm looking forward to seeing you live, and hopefully catching you again when you play Le Trabendo at the end of November.

Eddie Keogh : Le Trabendo!

La Face B : Thank you very much!

Kingfishr : Thank you very much. Seriously, nice to meet you!

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