Strasbourg Music Week 2026 : 3 jours pour dénicher les artistes de demain

Du 5 au 8 mai avait lieu la Strasbourg Music Week ! Sur trois jours et trois lieux à travers la ville, La Grenze, le Karmen Camina et le Molodoï, le festival transfrontalier strasbourgeois a confirmé son statut de rendez-vous incontournable pour les amateurs de découvertes musicales et les professionnels. La Face B y était et on vous fait un récap’.

Jour 1 – La Grenze : un début de festival placé sous le signe de la découverte

Dès les premiers concerts à La Grenze, la Strasbourg Music Week a rappelé ce qui fait sa singularité : sa capacité à faire dialoguer les scènes locales, régionales et européennes au sein d’une même programmation.

Les suisses de Glaascats ont ouvert la soirée avec une indie-rock énergique et prometteuse, avant que les Messins de Caprice ne plongent le public dans une électro-pop hypnotique.

Parmi les premiers grands moments de cette édition, Kaat Van Stralen s’est imposée comme une des révélations de la soirée. Venue des Pays-Bas, la Néerlandaise a déroulé un post-punk incisif et une énergie communicative qui a rapidement conquis le public.

Même constat pour le trio luxembourgeois Francis Of Delirium, dont l’indie-pop mélancolique a apporté une touche plus sensible à cette soirée.

Et bien évidemment, impossible de louper la pépite strasbourgeoise Damaghead. Power trio de garage punk signé chez Le Cepe Records, ils ont même joué leur tout nouveau morceau A Billion Butterflies. Si vous ne les avez pas encore vus, c’est le moment de s’y intéresser.

Jour 2 – Karmen Camina : des identités artistiques déjà affirmées

La deuxième soirée au Karmen Camina a confirmé ce qu’on espérait : un festival qui mise sur l’éclectisme et la qualité, avec des artistes qui ont déjà une vraie identité.

Côté électro-pop, Josy Basar et Julie Rains ont montré deux facettes complémentaires du genre. Josy Basar a proposé une électro-pop qui sort des cases, tandis que Julie Rains a déroulé une version plus contemplative mais tout aussi efficace. Deux projets à garder en tête pour la suite.

En découverte coup de coeur du festival, Tendinites a particulièrement retenu notre attention. Le duo suisse a présenté un reggaeton groovy avec prestation scénique poussée et un univers chouette et bien fun, qui donne envie de suivre leur évolution de près.

L’intensité est montée d’un cran avec Güner Künier et son électro-punk frontal, d’une intensité vocale et d’une présence qui captivent direct le public.

Côté rap, Maïcee n’était pas en reste et nous a fait une démonstration de son rap teinté d’influences électroniques, avec une belle énergie sur scène. Étonnant qu’elle n’ait pas encore percé plus largement, car elle le mérite amplement.

Et pour clore cette deuxième soirée, nos chouchous de Nord//Noir ont envoyé un set techno gabber particulièrement efficace. Malgré un horaire tardif qui a limité l’affluence dans la salle, le duo nordiste a largement réussi à imposer son univers et à retourner le Karmen Camina.

Jour 3 – Molodoï : une dernière soirée à la hauteur

Pour sa dernière soirée, la Strasbourg Music Week a encore franchi un palier. Entre prestations abouties, directions artistiques affirmées et belles surprises, le Molodoï a accueilli une succession de concerts qui ont parfaitement illustré l’ambition du festival.

Première très belle surprise de la soirée, le Ncy Milky Band. Le collectif nancéien a fait groover le public grâce à un jazz-funk généreux, porté par des cuivres efficaces et une énergie communicative. C’est clairement un projet qu’on veut voir plus souvent, encore trop rare sur scène à notre goût. Lady Poï a ensuite présenté pour la première fois sur scène son nouveau projet. Encore en construction, son univers onirique et pop laisse entrevoir un potentiel évident qui mérite déjà toute notre attention. 

Et puis il y a eu Cascadeur. Beaucoup d’attentes car jamais vu en live encore jusqu’à présent, on a été envoûté par son électro-pop à la fois rêveur et mélancolique. Contre toute attente il s’est également montré très proche de son public, alors qu’on aurait pu l’imaginer plus discret de par son casque et son style musical. Mention spéciale au featuring improvisé avec le saxophoniste du Ncy Milky Band qui était bien chouette.

La rappeuse Ÿend a ensuite pris le relais avec un set particulièrement solide. Lauréate du Buzz Booster, elle a démontré toute l’étendue de son potentiel grâce à une présence scénique impressionnante et une énergie constante tout au long du set. Les berlinois de Lobsterbomb nous ont également impressionné, en voici un récap’ en trois étapes : post-punk puissant, prestation scénique explosive, public conquis. Le trio allemand mérite amplement d’émerger et il a parfaitement illustré la dimension transfrontalière du festival. 

Dans une veine plus psyché, le groupe belge Gros Coeur ont proposé un psych-rock dense et immersif Eux aussi méritaient un slot plus tôt dans la journée, et on ira très certainement les revoir lors de leur prochain passage strasbourgeois.

Nathalie Froehlich s’est distinguée par son rap punk et une proposition scénique développée. Accompagnée de ses danseurs, c’était l’une des rares artistes à avoir une scénographie aussi poussée, ce qu’on salue fortement.

Enfin, Cheapjewels a clôturé cette dernière soirée avec un set à la croisée du rap, de l’hyperpop et du club. Une conclusion parfaitement en phase avec l’esprit du festival : audacieuse, libre et résolument tournée vers l’avenir.

Avec cette nouvelle édition, la Strasbourg Music Week démontre qu’elle occupe une place essentielle dans le paysage musical régional et transfrontalier. Au fil de ces trois jours, le festival a permis de faire de belles découvertes et confirmations, qui nous ont permis de repérer quelques artistes dont on risque fort d’entendre parler dans les années à venir.

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