ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Alors que leur premier album éponyme vient de sortir chez Manic Depression, Cold Cause nous dévoilent aujourd’hui leurs influences musicales.

Grace Jones – Slave to the Rhythm
Des structures cycliques… Mais les éléments récurrents ne sont pas juste répétés, ils sont légèrement déplacés, ce qui crée une dynamique très particulière : rien ne se résout de manière classique. Le morceau avance par répétition, tension et contrôle, plutôt que de suivre une structure de chanson traditionnelle.
Au lieu d’une progression linéaire, le mouvement se construit par densité et par retrait. La guitare agit comme un élément rythmique au sein de l’ensemble. Les nappes de claviers, tenues, tracent une ligne claire, tandis que les passages parlés viennent encore perturber et redessiner la structure.
Son langage visuel et sa présence scénique sont sans compromis, précis et physiques. Sa voix, marquée, grave, portée par une autorité froide, est unique et saisissante. Son usage de l’androgynie vient briser les catégories et les attentes figées.
Nico – Frozen Warnings
La voix de Nico est incroyable sur tous ses morceaux, mais dans celui-ci particulièrement.
C’est une voix grave, minérale, incantatoire. On dirait que cette voix, dans le monde du pop-rock, vient nous rappeler d’où l’on vient.
Elle était déjà géniale en contrepoint des Fratboys, ennemis du Velvet Underground, mais dans ses albums solo, sa mue en druidesse jouant du drone sur son harmonium est incroyable. Elle vient nous raconter des histoires de l’au-delà avec des images fragmentées. C’est froid, très froid, glacial même.
Nick Cave & The Bad Seeds – Jubilee Street
Au centre, il y a une figure féminine forte et ambivalente, qui échappe à toute définition simple. Ce qui est fascinant aussi, c’est l’équilibre entre une histoire racontée presque comme au cinéma et, en même temps, une vraie ouverture à l’interprétation. Les images, les personnages et les motifs restent volontairement ambigus.
Pour nous, Jubilee Street est un bel exemple de la richesse des multiples niveaux de sens qui coexistent. Un mouvement se dessine, qui monte lentement jusqu’à une forme de libération.
Cette montée en intensité (le morceau accélère comme une réponse aux boites à rythmes), du retenu vers le cathartique, est une idée qui influence fortement notre travail.
Popol Vuh – Die Nacht der Himmel
C’est un groupe qui a fait beaucoup de BO pour le réalisateur Werner Herzog. Ce morceau se trouve dans le film Nosferatu ; nous, on aime bien les histoires de vampires.
Ce morceau, Die Nacht der Himmel (la nuit le ciel), est très dépouillé. Il décrit une nuit intérieure, c’est gothique, lent, mental, juste quelques nappes de synthé, des accords suspendus. Il décrit bien le vampire du film : un monstre fatigué, mélancolique.
Dans notre morceau Vampire der Liebe, même si notre morceau est plus rythmé et plus dansant, on retrouve cette mélancolie, à la fin du morceau tout se fige.
On aurait tout aussi bien pu prendre une musique d’un film de David Lynch, autant pour les bruits de vent ou de radiateur que pour les thèmes d’Angelo Badalamenti, beaucoup de nos morceaux sont cinématographiques.
The Soft Moon – Breathe the Fire
Les guitares, les boîtes à rythmes, les reverbs infinies, jamais trop de notes, jamais de la musique pour les musiciens, Joy Division toujours dans un coin, l’autoroute, la noirceur.