The Art Of Pretending To Swim : et Villagers vit la lumière

Que celui qui n’a jamais pleuré en écoutant Villagers lève la main. Ok, on ne vous voit pas mais on pense sincèrement que personne n’a le bras en l’air, ou alors on va s’inquiéter sérieusement pour vous, et pour nous aussi car ça voudrait dire qu’on est lu par des sociopathes. Car oui, depuis bientôt 10 ans, la bande de Conor O’Brien nous crève le cœur avec ses chansons et a fait couler des torrent de larmes sur nos joues. Et quand on le voit revenir avec sa guitare, ses gros sabots de songwritter génial et un nouvel album au titre plutôt évocateur, The Art Of Pretending To Swim, on se dit qu’une nouvelle fois, on ne va pas y couper. Alors on a sorti notre petit plaid, on s’est préparé un thé, on a lancé l’écoute… Et on a été surpris.

On a glissé nos pièces dans le Sentimental Jukebox de Coming Soon

Flashback, retour en 2008. « Hey, tu devrais écouter ce groupe, ça s’appelle Coming Soon et c’est vachement bien. » Cette phrase, c’est celle d’une petite sœur de 12 ans à son grand frère de 21. On se méfiait un peu, parce qu’à l’époque elle écoutait quand même Superbus et les BB Brunes. Mais comme cette même année elle nous avait poussé à écouter Yelle et Housse de Racket, on a suivi son conseil et on l’a finalement pas regretté. 10 ans plus tard, Coming Soon fait toujours partie du jukebox de notre vie, et ce n’est pas le bien nommé Sentimental Jukebox qui va les en éloigner. On met une petite pièce et on lance l’écoute.

For Ever, Jungle

Il y a des albums qui marquent leur époque, qui sont si parfaits et fulgurants qu’ils s’accrochent à nous et à nos souvenirs pour toujours. Mais certains sont frappés d’une étrange malédiction qui font qu’ils resteront à jamais un premier album. On pourrait parler du Nevermind The Bollocks des Sex Pistols, mais de manière plus récente, on pourrait aussi fatalement citer Late Of The Peer ou Wu Lyf comme des groupes qui nous auront laissé un sale goût d’inachevé et de promesse manquée dans le cœur et les oreilles. Et on a craint, pendant un moment, que cette guigne ne frappe aussi Jungle qui avait imprimé de toute sa classe l’année 2014, ouvrant la porte à une vague neo-soul qui les verra souvent copiés mais jamais égalés. Heureusement, les deux amis d’enfance avaient sans doute juste besoin de vivre, respirer… et de se faire briser le coeur, pour nous offrir For Ever, second album tant attendu.

Une Ode à Chilly Gonzales – Solo Piano III

Quand on pense à Chilly Gonzales, il y a des mots clairs qui reviennent en tête pour le définir : entertainement, folie, génie. Des mots qu’il utilise lui-même pour se définir et qui ont fini par se greffer à son ADN. On laissera à chacun le libre choix de son interprétation de cet artiste hors norme à la fois hors du temps et pourtant toujours d’une actualité clinquante. La sortie de sa dernière oeuvre Solo Piano III nous donne surtout une excuse parfaite pour faire l’éloge d’un artiste qu’on aime dans son entierté, pour ses qualités comme pour ses défauts. Laissez donc votre impartialité de côté et laissé vous bercer par tout l’amour qu’on porte au grandiose canadien.

Joy as an Act of Resistance de Idles : Boys do cry

Musique et politique, acte 2 ! Quelques jours après vous avoir parlé du premier album de Kiddy Smile, on passe de la house au punk pour se diriger vers les terres brutales de Idles. Moins d’un an après leur premier effort, Brutalism, le gang de Brixton a visiblement toujours beaucoup de choses à dire avec ce Joy as an Act of Resistance où l’on parle de la vie, de l’actualité, d’amour et d’une forme de masculinité toxique qui doit définitivement disparaitre.

One Trick Pony de Kiddy Smile : Danser, Penser, Vivre & Aimer

Quand on parle de musique, on se dit souvent qu’on ne pourrait pas faire plus différent que le punk et la house. Pourtant, les deux genres ont un parcours commun : une musique qui vient d’une base populaire, au message politique fort et imposant, qui s’est vu un peu édulcorée par son succès grandissant, jusqu’à se voir copié et singé par la culture globale. Si on vous parle de ça, c’est tout simplement parce que le 31 août, sont sortis en même temps le premier album de Kiddy Smile et le second du groupe Idles. Deux albums qui remettent la musique au centre du jeu politique, de manière consciente ou non. Et on a décidé de vous parler des deux albums. On commence avec One Trick Pony de Kiddy Smile.

Slaves : « Si ta musique a un impact positif sur quelqu’un, tu as tout gagné ! »

On était un peu stressé à l’idée de se retrouver face à Slaves. Surement une histoire d’image que les médias semblent vouloir leur coller. On aurait pas pu se planter plus tant les deux garçons furent charmants, souriants et drôles. On a parlé de leur nouvel album, de leur réputation pas volée de bêtes de scène, de leur humour et des changements que créent la paternité.

Acts Of Fear And Love : le renouveau de Slaves

Jusqu’à présent Slaves était un petit secret bien gardé pour les amoureux français de punk rock. Depuis 2015, le duo venu du Kent nous réjouit avec sa musique à la fois abrasive, drôle et souvent pertinente sur le monde qui nous entoure. Seulement, la donne risque clairement de changer tant Acts Of Fear And Love s’annonce comme un album charnière dans l’histoire certes jeune mais déjà bien remplie des anglais. Et si le changement, c’était maintenant ?

Head Over Heels, le retour funky de Chromeo

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Cette idée pourrait facilement s’adapter aux albums du duo canadien Chromeo. Il faut dire que les deux garçons ont la fâcheuse habitude de proposer des pochettes oscillant entre le laid et l’hideux. Mais il serait injuste de s’arrêter à la jaquette sans découvrir la galette qu’elle nous cache car une nouvelle fois, avec Head Over Heels, le duo nous propose une recette qui fait mouche.

Les nouveaux essentiels de Soulwax

Il nous avait fallu attendre douze ans pour recevoir un nouvel album de Soulwax. On avait rongé notre frein, trépignant, espérant, rêvant, fantasmant le successeur de Nite Versions. Et notre patience avait été récompensée, From Deewee était apparu et avait comblé nos attentes les plus folles, les surpassant même largement. On s’était donc préparé mentalement à une nouvelle attente destructrice, ponctuée ça et là de remix parfois bons, parfois oubliables, de live endiablés et de DJ sets plus ou moins prévisibles sous le nom de 2 Many Dj’s. Mais encore une fois, on s’était bien planté. A peine un an après l’exceptionnel From Dewee débarque donc Essential, un album qui sonne comme la quintessence de la musique des frères Dewaele  : libre, spontanée, salvatrice et incroyablement réjouissante.

Une conversation avec Bagarre

Dans le petit jeu de la promo, il y a les artistes qu’on interviewe. C’est très carré, froid parfois, et ça dépasse rarement le cadre professionnel. Et puis il y a des moments plus rares et précieux où quelque chose se passe, où un échange se crée. Le genre de moment qu’on espère toujours vivre en tant que chroniqueur musical. Quand on a retrouvé Bagarre après leur goûter concert lillois, on n’avait pas vraiment de craintes, puisqu’ils font un peu partie de la famille. Au final, on a passé un moment un peu rêvé, clairement unique, où ça parle beaucoup, ça dévie parfois, ça se confie toujours et au final ça transpire l’amour.

L’étrange cas du Docteur Kanye et Mister Ye

Parfois, parler de certains albums est difficile, voire impossible. Parce qu’ils touchent à l’intime, qu’ils nous confrontent à certaines parties de nous-même qu’on aurait très fortement envie d’éluder, d’éviter, d’annihiler. La première écoute de Ye, le nouvel album de Kanye West, a fait l’effet d’une bombe à retardement dans notre tête, comme une cocotte minute mentale qui explose pour remettre toutes les pièces en place. On ne pensait pas que ça arriverait un jour et surtout, on n’imaginait pas que cela viendrait de Kanye West. Et finalement cette crainte, cette peur de s’exprimer est devenue une nécessité, une obligation. On a donc décidé de vous parler de Ye, parce qu’on en avait besoin, et vous aussi sans doute.