Chalk : « On veut que les gens se laissent embarquer avec nous, mais on veut aussi que ça soit très intense »

Dans le cadre du festival This Is Not A Love Song à Nîmes, on a rencontré Ben et Ross de Chalk, duo de post-punk électronique venant tout droit de Belfast. Le groupe revient sur la sortie de leur premier album Crystalpunk, les influences du cinéma et de l’Irlande dans leur musique ainsi que d’un potentiel second album à venir.

Chalk au festival This Is Not A Love Song © Manon Le Nalbaut

La Face B : Salut ! Comment allez-vous ? C’est votre première fois à Nîmes ?

Chalk : Bien ! Ouais, il fait si chaud !

LFB : Alors comment ça se passe depuis la sortie de Crystalpunk ? Si je me souviens bien, l’album est sorti en début d’année.

Ross : C’est plutôt sympa, on vient tout juste de terminer notre tournée il y a un mois, et on vient seulement de commencer la tournée d’été. Donc on commence un peu à penser aux prochaines étapes après ça. On a été occupé avec divers petits projets différents et autres, donc ouais ça a été génial de pouvoir partager ça avec le public au Royaume-Uni et en Europe. On vient tout juste de sortir l’album et on vient de faire une tournée, donc c’est super.

LFB : Avant de parler de l’album, je me demandais si Chalk était un projet éphémère. Vous savez sûrement que la craie (“chalk” en anglais ndlr) est un matériau très fragile et éphémère, et vous avez annoncé faire un seul et unique album. Je me demandais donc si c’était la fin de Chalk ou vous comptiez sortir d’autres projets ou si vous alliez simplement faire un nouveau groupe ?

Ross : En vrai, on va certainement sortir un nouveau projet. Je pense que c’était plus quelque chose qu’on s’était dit à nous-mêmes, qu’on considérait en quelque sorte cet album comme le dernier, plutôt qu’une affirmation littérale. Du coup, je pense qu’on a encore des choses à dire, et on a hâte de travailler sur de nouveaux morceaux et d’écrire d’autres chansons. Mais à l’époque, on s’était vraiment dit “C’est probablement notre premier et dernier album” et c’est un peu comme ça qu’on voyait les choses, alors j’espère qu’il y aura un autre album.

LFB : Oh super ! Je me disais “Ah, c’est le premier et dernier et ça s’arrête là.”

Ross : Ouais, s’arrêter là.

Ben : Pourquoi faire une interview alors ? (rires)

Ross : Ouais, je pense qu’on va en faire un autre.

LFB : C’est génial. Et vous avez dit que vous aviez écrit un manifeste, mais je ne l’ai pas trouvé sur internet. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ?

Ross : Ouais, on a écrit quelques lignes et on s’est en quelque sorte tenus à ce manifeste tout au long du processus de création de l’album. Je crois qu’à un moment donné, on a peut-être envisagé de le partager en ligne ou même de l’inclure dans l’album, mais au final je pense qu’on a préféré le garder pour nous parce-ce que ce manifeste, en quelque sorte… il y a beaucoup de choses qu’on a écrites et qu’on continuera probablement à garder à l’esprit et à suivre, je pense, en tant que groupe. On parlait de prendre des risques, d’être audacieux, et de traiter cet album comme si c’était le premier et dernier album de Chalk, des trucs comme ça, et aussi de petits détails de production un peu farfelus qui ne donnent pas vraiment l’impression que l’ambiance soit quelque chose d’essentiel, ce qui est un peu… je ne sais pas quel serait le mot en français, mais un peu prétentieux.

Ben : Ouais, de la merde ! Je ne sais pas. (rires)

Ross : Ouais, voilà quelques exemples.

LFB : Pourquoi avoir choisi le nom Crystalpunk pour l’album ? Le cristal est quelque chose de très fragile et le punk c’est carrément le contraire, je me demandais donc si cela faisait référence à l’aspect éphémère du nom Chalk également.

Ben : C’est une excellente question. C’est en quelque sorte Ross qui a trouvé ce nom. Je pense que quand on composait en tant que groupe, on était un peu dans la veine post-punk, dans l’univers post-punk, mais quand les gens nous demandaient “Comment décririez-vous le groupe ?” c’était toujours un peu difficile pour nous de donner une réponse précise, parce-qu’on aime puiser notre inspiration dans plein de genres différents. Donc je pense que oui, Crystalpunk : le cristal, qui fait référence au côté électronique et plutôt esthétique des choses, et le punk, comme la musique punk et la musique agressive qu’on adore tant. Et je crois que dès qu’on a trouvé ce titre, qu’on a su à quoi allait ressembler l’album et comment il s’appellerait, ça nous a beaucoup facilité la tâche. Et certains morceaux nous semblaient tout simplement “Crystalpunk”, donc c’était un nom assez important dans ce sens-là.

LFB : Pouvez-vous m’expliquer le choix pour la pochette d’album ? Est-ce que cela fait référence à la citation “une main de fer dans un gant de velours” mais de façon inversée pour la pochette d’album ?

Ben : C’est une façon sympa de le dire.

Ross : C’était un peu un hasard en fait ? Ça s’est passé sur le tournage de notre clip, on m’avait fait fabriquer ce gant spécialement pour le clip, puis on a pris une photo en coulisses où on voyait le gant. Au départ, on pensait que ça pourrait servir de pochette pour le single, mais on s’est dit que ça ferait peut-être une bonne pochette d’album. Du coup on a refait la photo avec un meilleur éclairage et dans de meilleures conditions pour l’améliorer. C’est Patricia (Rosingana ndlr), la photographe avec qui on travaille, qui a rendu tout ça possible, ainsi que Lucinda (Graham ndlr), la créatrice des gants, avec qui on collabore également. Donc ouais, on a juste trouvé ça cool. Il y a toutes ces différentes choses que ça représente à nos yeux, et on aime bien que les gens comme tu l’as dit, y voient “une main de fer dans un gant de velours”. On aime que chacun l’interprète à sa manière.

Crystalpunk © Patricia Rosingana

LFB : Je vais m’attarder sur l’aspect esthétique, puisque vous êtes tous les deux réalisateurs, et que d’un point de vue esthétique, Crystalpunk a une identité très forte et définie, que j’adore. Pour les clips, les visuels et même en concert, vous êtes-vous inspirés d’autres réalisateurs ou d’autres types d’œuvres d’art ? Comme des films, de la musique ou autre ?

Ben : On adore les films, on s’est rencontrés dans une école de cinéma, et au début on faisait de la musique un peu comme un projet sympa à côté. Mais on aime bien Wim Wenders ; il a réalisé un film intitulé Les Ailes Du Désir qu’on apprécie beaucoup, et un autre intitulé Paris, Texas, qu’on adore vraiment. On a étudié Paris, Texas pendant nos études, c’était plutôt sympa. Et on aime bien Jonathan Glazer, il réalise des films cools et bizarres. Et puis il y a… comment ça se dit en français ? Julia Ducournau. Je n’arrive pas à le prononcer. Elle a réalisé Grave et un film intitulé Titane.

Ross : Ah oui !

LFB : Titane !

Ben : On adore aussi ce qu’elle fait, ce sont donc des cinéastes qu’on apprécie beaucoup et qui nous ont clairement influencés. On réfléchit aussi beaucoup visuellement. Ça nous aide dans notre processus d’écriture, donc tout ça fonctionne bien pour nous, surtout sur cet album : c’était une très belle façon de rassembler plein d’éléments différents, de supports variés et des touches artistiques qu’on adore, le tout sur une quarantaine de minutes environ. C’était très agréable de faire ça sur un album, par rapport aux EPs qu’on avait sortis auparavant.

LFB : À propos du thème de l’album, comme je le disais plus tôt, on retrouve beaucoup de fragilité dans les thèmes abordés dans les paroles. Je pense notamment au traumatisme générationnel dans One-Nine-Eight-Zero, à la mort dans Pain et Longer ainsi qu’à des événements marquants dans la vie d’une personne comme dans Can’t Feel It. Pouvez-vous m’en dire plus sur le choix de chacune de ces thématiques ?

Ross : Ouais, c’est sans doute un peu comme ça, comme une petite boîte d’idées, des choses et des sentiments qui se sont accumulés depuis longtemps, et qu’on avait en quelque sorte envie d’explorer sur l’album : des sujets beaucoup plus personnels, dont certains peuvent parfois être assez autobiographiques, ou même s’inspirer d’un personnage. Donc, en passant de l’un à l’autre, on laisse généralement une grande place à l’interprétation pour beaucoup de choses. Mais tu sais, certains passages de l’album sont assez directs.

LFB : En ce qui concerne les précédents EPs, je trouve qu’ils ont une sonorité beaucoup moins électronique que l’album. Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers une production plus électronique comme l’EBM (Electronic Body Music) ? Pour moi, Crystalpunk a un son nettement plus électronique que les précédents EPs.

Ross : Ouais, je pense qu’on s’est en quelque sorte tracé une voie à suivre, et qu’on a simplement mis les gaz pour s’engager dans cette voie électronique dès la création du groupe. Du coup, une grande partie de la production et de la composition s’est faite à partir d’un ordinateur portable, plutôt que d’être dans une pièce avec des instruments pour travailler les morceaux. Et ça a ses avantages et ses inconvénients : parfois tout se met en place assez rapidement, tandis que d’autres fois, ça peut prendre beaucoup de temps pour assembler les pièces du puzzle. C’est aussi en lien avec la musique qu’on apprécie, et on essaie de faire quelque chose qui soit, du moins à nos yeux, un peu différent, tout en restant quelque chose qui nous plaît. On a trouvé que la musique électronique serait un élément sympa à intégrer au groupe.

LFB : L’album est plus court que le format traditionnel d’un album. Il dure trente neuf, mais il est très intense et c’est compliqué de s’en détacher quand on l’écoute. Était-ce un choix de votre part à tous les deux de le faire plus court,  ou n’aviez-vous tout simplement pas d’autres sujets à aborder ?

Ross : Ouais, je suppose que oui.

Ben : Je crois qu’à un moment donné, on parlait même d’un album de trente minutes ; on se disait que certains albums pourraient être un peu plus courts, ce qui est cool. Je crois qu’on a toujours voulu aborder l’album un peu comme un concert, et tu sais, avec nos concerts, on veut que les gens se laissent embarquer avec nous, mais on veut aussi que ça soit très intense. Et il y a quelque chose… Je veux dire, l’album nous a semblé avoir la durée parfaite pour nous. Et quand on essaie de l’écouter d’une traite, il y a certes des moments de répits et tout ça, mais on a voulu, je pense, vous tenir en haleine autant que possible, et c’est un peu ce qui t’es arrivé, j’imagine. Donc oui, je pense qu’on en était conscients. Au départ, on se disait “Ce serait génial si ça durait trente minutes”, puis on a juste prolongé un peu à partir de là. 

LFB : J’ai lu sur internet qu’en réalité, les gens n’écoutent plus d’albums de quarante minutes ou plus, car ils se laissent distraire et finissent par stopper leur écoute.

Ross : Ouais, je pense que c’était vraiment un point auquel on avait réfléchi, en quelque sorte. C’est comme si… même-moi, j’ai du mal à écouter un album qui dure plus de quarante-cinq minutes ou même une heure, même s’il y a eu une époque , évidemment, où ça pouvait parfois durer une heure, comme pour un album classique, mais peut-être qu’à un moment donné, on écrira quelques morceaux supplémentaires pour arriver à cette durée-là.

Ben : Mais même si on avait dix chansons, et même si on en avait eu plus de dix… Je veux dire, on a travaillé dur pour en arriver là, mais je me souviens avoir pensé qu’un album de dix chansons, dans ma tête, ça avait l’air génial, comparé à…

Ross : Non, dix-sept.

Ben : Oh mon Dieu. Mais qui va bien pouvoir… (rires) Tu vois ce que je veux dire ? C’est comme si… Je ne sais pas. Je ne vais pas écouter ça ! C’est mon album, je ne vais pas faire ça. (rires) Ça, c’est pour ton prochain album !

LFB : Parlons un peu de l’Irlande. En tant que musiciens Irlandais, diriez-vous que l’Irlande a influencé votre musique, comme c’est le cas pour Béal Feirste (Belfast en Irlandais) ?

Ross : Ouais, on a été très inspirés par Max (Cooper ndlr), qu’on a en quelque sorte vu grandir, et surtout de la scène électronique et dance de Belfast, c’est très sympa d’en faire partie. Et puis aussi, l’histoire de la ville et de Belfast, avec sa musique et tout ça, a en quelque sorte inspiré le titre de l’album ainsi que notre sorte de “mission”, je suppose, qui consiste à mélanger musique électronique et punk-rock, deux genres pour lesquels Belfast possède une histoire très riche. J’ai donc eu l’impression qu’en sortant cet album, on posait en quelque sorte une épingle sur la carte, ou qu’on laissait une trace, qui, espérons-le, permettra au moins aux habitants de la ville d’apprécier ce qu’on a fait.

LFB : Vous n’avez pas beaucoup tourné en France. Vous avez fait quelques concerts sur les dernières années, puis deux dates au printemps à Paris et Grenoble. Comptez-vous revenir en tournée ici dans le futur ? Est-ce que vous appréciez de tourner en France ?

Ross : Oh oui, on va certainement en faire d’autres. Je pense que c’était juste une question de logistique, de coordination avec les bookers, les agents, les organisateurs et tout ça,  mais c’est sûr, on a vraiment apprécié la dernière fois.

LFB : Dernière question : avez-vous des recommandations, des livres ou des films à proposer ? Qu’est-ce que vous écoutez, regardez, lisez pendant la tournée ?

Ross : L’album d’Iceage est bien.

Ben : On l’a écouté dans la voiture. Une nouvelle chanson de Yard Act est sortie, et ça ne correspondait pas du tout à ce à quoi je m’attendais, je ne sais pas encore trop quoi en penser. Côté cinéma, Obsession était génial, c’est un nouveau film d’horreur, on aime les films d’horreur. On a regardé Obsession et Backrooms à la suite, mais je préfère Obsession, c’était vraiment bien. Je ne sais pas quoi dire d’autre. On écoute aussi de temps en temps des podcasts dans la voiture, comme des podcasts d’histoire et ce genre de choses, on écoute ça aussi, voilà nos recommandations.

LFB : Merci !

ENGLISH VERSION BELOW

La Face B : Hi! How are you? Is it your first time in Nîmes?

Chalk : Good! Yeah, just arrived, so hot!

LFB : So how’s life since Crystalpunk was released? It was released at the beginning of the year if I remember correctly.

Ross : Yeah, it’s been pretty nice, we just finished our tour about a month ago, and we’re kind of just underway with summer shows. So we’ve sort of just been thinking about the next steps after that. And we’ve been busy with different little projects and stuff as well, so yeah it’s been great to sort of share that with the audiences in UK and Europe and we just released the album and did tour, so it’s great.

LFB : Before talking about the album, I was wondering if Chalk is a temporary project, because you know that chalk is a very fragile and ephemeral material and you said that you’re doing one album and that’s all. So yeah I was wondering if that’s the end of Chalk or you will release other projects or just be in a new band?

Ross : Well, we certainly will. I think it was more of like a thing we told ourselves that we were sort of treating it like the last album, rather than a literal thing, so I think we sort of feel like we have more to say, and we’re excited to sort of work towards new music, and write more songs, but at the time we kind of just really said “this is probably, let this be our last and only album” and that’s kind of how we looked at it, so hopefully there will be another one.

LFB : Oh cool! I was wondering “Oh, that’s the one and it’s ending here”.

Ross : Yeah, sign off, yeah.

Ben : What’s the point of interviewing? (laughters)

Ross : No, yeah, I think we’ll do another one.

LFB : So awesome. And so you said that you wrote a manifesto, and I didn’t find it online so can you tell me more about it?

Ross : Yeah, we wrote a couple of lines and sort of stayed to that manifesto during the process. I think there was a time where we maybe would share it online or like even maybe within the album but I think we just kept it kind of personal to ourselves because that manifesto is kind of, there’s a lot of stuff that we wrote that we’ll probably still carry with us and go by, I think, as a band. We were talking about like, you know, take risks, and be bold and, you know, treat this like it’s the last and the only Chalk album, things like that, and kind of little silly production things that kind of don’t really sound like something about atmosphere being like kind of essential, which is kind of a bit, I don’t know that the French word would be, but wanky.

Ben : Yeah, bullshit! I don’t know. (laughters)

Ross : Yeah, so those are a few.

LFB : Why choosing the name Crystalpunk, because crystal is something very fragile, and punk is like the contrary. So yeah I was wondering if it’s referring to the ephemeral aspect of the name Chalk too.

Ben : No, it’s a great question. Ross kind of came up with the words. I think when we were always writing stuff as a band, we were kind of like post-punk, in the kind of post-punk world, but people would even ask us “how would you describe the band?”, it was always a bit difficult for us to kind of say one thing because we like to kind of take inspiration from lots of different genres and stuff. So I think, yeah, Crystalpunk, definitely the crystal, more the electronic, kind of beautiful side of things and punk, like the punk music and the aggressive music that we love so much, and i think as soon as we kind of had that title and what this album was going to sound like and be called, it made stuff a lot easier for us. And certain stuff just sounded like Crystalpunk to us, so it was quite an important name in that way.

LFB : Can you explain to me the choice for the cover artwork ? Because I was wondering if that’s like the saying “an iron fist in a velvet glove” and I was wondering if it’s the contrary for the artwork or?

Ben : That’s a cool way to put it.

Ross : It kind of was an accident? It happened on our music video set, and I got this glove made for the music video, and then, there was a behind the scenes photo, and we saw the glove and it was maybe going to be the artwork for the single, but we kind of were like, this could maybe be the album cover, so we re-shot it in a better lighting and conditions, and made it better. So Patricia (Rosingana ndlr), who we work with, photographer, she made that happen, and Lucinda (Graham ndlr), who designed the gloves, that we work with. So yeah, I just thought it was cool. There’s all these different things that we sort of think it represents, so I like, we sort of like people to, like you said, “iron fist in a velvet glove”. We like people to sort of interpret it in a way that’s their own.

Crystalpunk © Patricia Rosingana

LFB : And I will go on the aesthetic, because you’re both directors, and aesthetically, Crystalpunk is very well defined and I love this whole aesthetic. And for the videoclips, visuals, and even live, were you inspired by other directors or other types of work of art? Like movies, music?

Ben : We love movies, we met in film school, and we kind of did music as a fun project on the side, as it kind of started out. But we like Wim Wenders, he has a film called Wings of Desire, which we quite enjoy, and one called Paris, Texas, which we really enjoy, we studied Paris, Texas on the course, that was quite nice. And Jonathan Glazer we like. He does cool, weird movies. And I’ll say, what’s the french for it? Julia Ducournau. I can’t pronounce it. She did Raw and she did a movie called Titane.

Ross : Oh, yeah!

LFB : Titane

Ben : We love her stuff as well, so those are some filmmakers we really like, and they definitely influenced us. We think about things visually as well. It helps in our songwriting process as well, so it all kind of works for us, especially in the album, was a really nice way to kind of bring lots of different stuff together and mediums, and bits of art that we really love, and kind of have like forty minutes or something. It was very nice to do that in an album, compared to the EPs we did before.

LFB : About the album’s theme, because I thought of it as fragile as I was saying before, there is a lot of fragility on the subjects of the lyrics. Like I think about generational traumas on One-Nine-Eight-Zero, death in Pain and Longer, and key moments in someone’s life, like in Can’t Feel It, can you explain more about each of the choices of the subjects?

Ross : Yeah, it’s probably like a thing, like this little box of ideas, like things and feelings that have been built up for a long time, that we kind of wanted to explore on the album, a lot more sort of personal subjects, and some of it can be quite like autobiographical at times, or even sort of thinking about like a character as well. So jumping between that, it’s usually like to leave it up to interpretation, a lot of things. But you know, some of the stuff on the album is pretty straight on.

LFB : About the previous EPs, they were less electronic than the album, why did you choose to take a turn into a more electronic production like EBM (Electronic Body Music ndlr)? For me, Crystalpunk has a really more electronic sound than the EPs.

Ross : Yeah, I think we sort of just set a route for ourselves to go down, and we just put our foot on the pedal and went down that electronic route since we started the band, so a lot of the production and songwriting has kind of been based from a laptop, as opposed to sort of being in a room with like instruments and working songs out. And that has its benefits and its struggles, it can be kind of something can come together quite quickly or it can take a long time to put the pieces together, and also just like music we enjoy, and also trying to do something that maybe, at least to us, trying to create something a little bit different, and something that we enjoy as well. We felt that electronic would be a cool thing to bring in to the band, yeah.

LFB : The album is shorter than the usual traditional albums. It’s thirty nine minutes if i can remember, but it’s very intense and it’s really hard to get away from it while listening. Was it a choice from both of you to make it shorter or you didn’t have more subjects to talk about?

Ross : Yeah, I suppose we did.

Ben : I think we were even talking about a thirty minute album at one point, we were like, some albums would kind of get a bit shorter, which is cool. I think we always kind of want to approach the album as a live set as well, and you know, we want to, with our live sets, we want people to kind of take a journey with them, but we kind of want it to be very relentless. And there is something about… I mean, the album did just feel like the perfect length for us. And to try and listen to it in one setting for us, like there’s definitely dips in it and stuff, but we did, i think we want to just keep you for as much as we can, and just kind of, it happened to you I guess. So yeah, I think we were conscious. Originally we were like, it’d be great if this was thirty minutes and then we just got a bit longer from there.

LFB : I read online that actually, people aren’t listening to albums like forty minutes or longer because they get distracted and just stop.

Ross : Yeah, I think that was seriously a point that we sort of thought, that was like, even I find it hard to listen to like an album that’s like more than forty five minutes or an hour, even though there was a time, obviously, where it would be an hour sometimes, like for a standard thing, but maybe at some point we’ll write a few more songs around then.

Ben : But even like we did have ten songs, anything more than ten, I mean we worked to get to those ten but I do remember thinking a ten song album in my head sounded great, compared to like…

Ross : No, seventeen.

Ben : Oh my God. Like who’s gonna be… (laughters) You know what I mean? It’s like, I don’t know. I’m not going to listen to that! It’s my record, I’m not going to do it. (laughters) That’s for your next album!

LFB : We’ll talk a bit about Ireland. As Irish musicians, would you say that Ireland has influenced your music like in Béal Feirste?

Ross : Yeah, we take a lot of inspiration from Max (Cooper ndlr), who we sort of grew up and watched, and especially like the dance electronic scene in Belfast,  it’s been really nice to be a part of that. And also just like, the history of the city and Belfast, with music and stuff that kind of inspired the album title, and our kind of, I suppose, mission statement of blending electronic music and punk rock, which Belfast has like a rich history of, so I kind of felt like we were maybe releasing the album, and we were kind of putting a pin or like dropping something that hopefully at least, people in the city can, you know, enjoy.

LFB : You didn’t toured a lot in France, you did a few dates years ago, you did two dates this spring in Paris and Grenoble, will you tour again here in the future? Is it something you enjoy touring in France?

Ross : Oh yeah, we will definitely be doing more. I think it was just, you know, certain logistics and things lined up and booking agents and promoters and stuff, but absolutely, we enjoyed it last time.

LFB : Last question : Any recommendations, books, movies? What are you currently listening to or reading while touring?

Ross : Iceage album is good.

Ben  : We have put that on in the car. A new Yard Act song came out, which was not what I was expecting it to sound like, I don’t know how I feel about it yet. Movies, Obsession was great, this new horror movie, we like horror movies. Did Obsession, Backrooms, kind of back to back, more of a fan of Obsession, that was really good. I don’t know what else is good. Listening to the odd podcast in the car as well, like some history podcast and stuff, we’ll listen to as well, those are our recommendations.

LFB : Thank you! 

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