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Les clips de la semaine #317 - Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, la seconde partie de la 317ème sélection des clips de la semaine.


Melissa Weikart - L'amour se construit

Le clip le plus doucement surréaliste de la semaine est attribué à Melissa Weikart. Avec Ruby Cicero, ils nous entrainent dans un imaginaire à haute teneur DIY, où l'on croise des personnages étranges, entre un homme fer à repasser ou une femme balais. Dans cet univers parallèle, légèrement gore et parfaitement étrange, on nous parle d'amour, de rencontres, de petits gestes qui semblent être logiques mais qui font parfois le ciment d'une relation, d'un cœur qui prend forme dans une pelote de laine.

L'amour se construit, c'est dit. Et c'est ce que nous raconte le titre de Melissa Weikart et son clip, un morceau en français qui joue sur une certaine langueur, qui raconte les émotions qui grandissent, les contradictions qui apparaissent parfois et les grandes décisions qu'il faut prendre pour construire une relation qui fonctionne et qui lie parfois deux êtres qui ne sont pas tout à fait les mêmes mais qui, au delà de la peur et des doutes, décident de s'unir.

Avec l'amour se construit, Melissa Weikart dévoile une autre facette de son univers musical, plus étrange et cinématographique, porté par une batterie qui joue parfois à contre-temps et des nappes de synthétiseurs qui nous cajolent doucement.

Un morceau qui se présente comme une nouvelle pièce de son nouvel album, Contact, prévu pour le 23 octobre prochain chez Midnight Special Records.

Charlotte Adigéry & Bolis Pupul - Googoo Gaga

On l'espérait sans trop savoir à quel moment, il arriverait mais le voilà enfin : le grand retour de Charlotte Adigéry & Bolis Pupul.

Le duo belge nous revient cette semaine avec un nouveau single, Googoo Gaga, qui annonce donc l'arrivée d'un second album. Au vu de ce premier extrait, le duo n'a rien perdu ni de son sens du rythme, ni de son humour et de sa manière de porter des sujets pas toujours évident pour les amener sur le dancefloor.

Avec Googoo Gaga, Charlotte Adigéry & Bolis Popul parle de parentalité, des gestes répétitifs, de la fatigue, de la folie presque qui envahit le corps et l'esprit mais qui n'efface jamais l'amour infini que l'on peut ressentir en tant que parents.

Musicalement, le duo nous offre une production plus affirmée, toujours aussi intense et qui laisse grande place aux voix et aux chœurs notamment au début et à la fin du morceau qui le place au croisement du prêche et de la comptine.

Jamais effrayé par la puissance poétique et politique de leur musique, le duo laisse les pleins pouvoirs à Lennert Madou pour offrir au morceau un clip iconique et puissant.

Transporté dans un tableau vivant et hyper esthétique, nos deux musiciens parlent ici tout autant de la parentalité que de la défiance envers des structures humaines et politiques toujours dirigées par la puissance de vieux hommes blanc.

En devenant le sein nourrisseur d'un homme blanc sur le point de mourir, Charlotte Adigéry transforme ce qu'on pourrait voir au premier abord comme une image de soumission en véritable prise de pouvoir et en de rébellion envers un système qui a encore bien besoin de changer.

Quentin Sauvé - HANGOVER BLUES

On dit parfois que la musique sauve. Elle sauve sans doute celui qui l'écoute autant que celui qui la crée.

On en est quasiment sur, le morceau HANGOVER BLUES de Quentin Sauvé a tout de la bouée de sauvetage pour lui autant que pour ceux qui seront attraper son morceau.

Avec une sensibilité rare dans la composition, une vraie délicatesse dans la voix, le musicien raconte un combat et ses conséquences, les pensées intrusives qui envahissent lors de moments d'anxiété ou de dépression et qui finissent par devenir un quotidien, une voix dans la tête qui se transforme en barrière et en incompréhension entre soi et les autres, menant à une solitude et à un combat qui se mène souvent seul.

HANGOVER BLUES ne force jamais rien, Quentin Sauvé laisse l'émotion s'installer et nous frapper dans sa forme la plus pure alors que la musique progresse comme une marche que l'on enclenche pour éviter de tourner en rond. Le musicien transforme ainsi quelque chose qui parfois détruit en force poétique et constructive, en élément artistique pour rappeler à tout ceux qui traversent ces moments qu'ils ne sont jamais vraiment seuls.

La vidéo réalisée par Clara Griot & Quentin Sauvé joue de ces émotions diffuses. Ici, deux tableaux se confrontent, deux pièces d'un même moment, entre la solitude d'une chambre et moments colorés et collectifs.

On suit cette aventure, cette tension qui s'installe entre les pensées intérieurs et le monde collectif qui continue d'exister atour de nous et qui permettre, d'une certaine manière de se sauver.

Et quand Quentin Sauvé regarde la caméra et en scandant "Come back to me" on ne peut y voir qu'un appel à lui même, comme un reflet flou de soi même qu'on aimerait laisser disparaître.

No hard feelings, son nouvel album, est attendu pour le 16 octobre prochain chez Humus Records.

Thierry Larose - J’en sais rien

Thierry Larose vient d'annoncer officiellement l'arrivée de son troisième album, le X du Y, chez Bravo Musique pour le mois d'octobre prochain.

Avant cela, le québécois nous offre cette semaine un nouvel extrait de celui-ci qui marque une nouvelle fois l'évolution musicale du garçon. J'en sais rien est un morceau puissant, qui défile à tout à l'heure où la guitare laisse la place aux clavecins et aux synthés avant de laisser jaillir l'harmonica et de s'offrir un outro tout en douceur dans ces derniers instants.

Avec J'en sais rien, Thierry Larose embrasse le doute, les questions sans réponses et la force libératrice qui peut exister dans le fait de ne pas tout contrôler, de ne pas avoir de certitudes et de malgré tout continuer à avance et à vivre dans le monde qui nous entoure.

Le clip de Marianne Boucher nous entraine dans une esthétique nocturne et dans un monde qui avance à toute vitesse. Des routes de nuits, des lumières qui défilent et un Thierry face à ses questions qui se démultiplient malgré lui. Dans cette quête qui semble sans fin, il évolue et retrouve un certain chemin alors que la fin de la vidéo embrasse clairement des ambiances très 80's et que la nuit laisse place au jour.

Thierry Larose a annoncé récemment une grosse tournée québécoise pour le début de l'année 2027 et de noter côté, on espère le voir prochainement de retour en France.

Alma Reichtman - papa la maison s'effondre

Il y a une tension qui monte et qui nous habite dans papa la maison s'effondre, le dernier titre d'Alma Reichtman.

Il y a quelque chose de répétitif forcément, mais qui bouge, qui gagne en puissance, en tristesse, en colère, en injustice. Il y a le manque qui se fait sentir à travers ces mots qui se répètent sans écho, sans retour.

Alma Reichtman parle du monde qui s'écroule, de la famille qui s'effrite avec un brio et un talent qui percute de plein fouet. Pas besoin d'en faire trop, pas besoin d'appuyer sur une production intense ou sur un côté épique qui aurait été de trop, Alma Reichtman fait confiance à sa voix, ses mots et sa poésie pour nous fracasser le cœur et raconter le manque et la douleur.

La vidéo de Dario Holtz joue aussi de cette idée. Un semblant de réalité au départ, avant les grandes fissures, le face à face qui n'existe plus et le père qui ne voit plus l'existence de rien, qui ne bouge plus, comme figé dans un espace temps qui ne laisse plus rien habiter autour.

Le rendu est puissant, fascinant, alors que les lieux changent, qu'Alma Reichtman s'échine, s'exprime et que la figure de père se transforme en une sorte de statue de cire, un souvenir qui n'évoluera plus.

La maison s'effondre, le premier EP d'Alma Reichtman est attendu pour le 09 octobre.

Lola Sauvageot – Les Cigognes


Cette semaine, on a retrouvé notre camarade normande Lola Sauvageot. Elle a délaissé les paysages plombés par la grisaille pour un clip entièrement dessiné à l’encre de Chine par Clothilde EvideLes cigognes ça évoque tout de suite les déplacements, la transmission, la naissance, la migration… Et pourtant.

Dans cette chanson, Lola Sauvageot pose des mots sur une douleur profonde : ne pas réussir à quitter celui qu’il faut fuir et ne pas accéder à la maternité fortement désirée. Derrière la métaphore du départ, on y entrevoit le récit d’une jeune femme en quête de liberté d’une relation marquée par l’emprise tout en portant le poids de l’inconsolation d’un désir inachevé d’enfanter. Passer par le dessin donne une dimension plus poétique résolument sensible. 

Musicalement, Lola Sauvageot s’ouvre à un timbre plus psychédélique où sa guitare est désormais accompagnée d’un thérémine. Les tempêtes shoegaze ne sont jamais très loin. Les émotions sont plus contenues, mesurées comme pour laisser place à une véritable libération. A en croire le titre de l’EP à venir en Novembre – Les Flammes – on peut imaginer un travail brûlant d’intensité.

Championne – Nature Peinture

On reste à l’Ouest et cette fois, on se tourne vers la Bretagne pour prendre des nouvelles de notre chère Championne. Discrètement, elle opère son grand retour et ça nous fait bien plaisir ! Rendez-vous le 13 novembre pour découvrir son premier album Le Milieu à paraître chez Parapente music

Comme à son habitude, Championne fait dans la chanson douce et mordante. Dans Nature Peinture, elle avance sur le terrain de jeu des injonctions sociales. Entre allégories et traits d’ironie, elle épingle patriarcat, conformisme et obsession de la performance qui passe à la moulinette de l’ironie qui ne se fait jamais moralisatrice. Après tout est-ce que la société nous laisse être soi ? Oui mais, pas trop. Réussir ? Oui mais, sans jamais faillir. Rentrer dans le moule ? Oui mais, tout en prétendant s’en affranchir. Sur le plan purement musical, Championne nous propose un petit cocon dominé par des guitares claires et synthés enveloppants. 

Le clip est réalisé par Aloïs Lecerf – un nom qui ne nous est pas inconnu, il collabore beaucoup avec nos losers préférés : Gwendoline – où est mise en scène la starlette canine Billie – qui elle aussi fait une rapide apparition chez les bretons précédemment cités -. Un chien c’est l’animal qui avance souvent selon des règles qu’il n’a pas choisi, l’animal devient alors la métaphore de nos conditionnements d’humain. Assister à sa promenade, c’est le prolongement même du propos de Nature Peinture.

Lambrini Girls - Bang Bang Bang

Tout comme l’année 2025 avait commencé en fanfare avec la sortie de leur premier album, le groupe renouvelle l’expérience en 2027 avec l’arrivée de leur second opus, No Refunds, le 15 janvier.

Aussi savoureusement énergique et percutant que le premier extrait, Cult of Celebrity, le titre présenté ici nous tend une rage de plus en plus nécessaire au quotidien. Les puissants et leurs doctrines deviennent de plus en plus toxiques dans l’air, et des compositions telles que Bang Bang Bang renvoient notre vision aveugle du quotidien, absorbée par l’habitude, vers une lumière limpide qui nous pousse à nous diriger par notre propre volonté et réveille cette vérité présente, mais parfois étouffée.

Ce dernier single servira d’exutoire à celles et ceux qui veulent exploser, trouver un instant réel, intense et révélateur, dans un cadre qui se veut toujours cacher à la clairvoyance de ce qui pourrait rendre le monde un peu meilleur.

Kevin Morby – PBJ

À défaut de pouvoir goûter au sandwich au beurre de cacahuète et à la confiture de Kevin Morby, il reste toujours possible de profiter d’un titre qui met à l’honneur l’envie d’y savourer.

Le musicien américain a cette manière singulière de rendre au monde une part de joie là où personne ne l’attend. Après la sortie, cette année, de son très réussi nouvel album Little Wide Open, c’est avec toute la passion des choses simples qui l’anime que l’artiste déploie son travail mélodique pour, cette fois, donner simplement envie de manger. PBJ n’a pas d’autre ambition que de célébrer des mets dont la vocation première est de rassembler.

Une envie intense de déguster, des amis pour accompagner ce moment, un véhicule pour s’y rendre : l’artiste parvient presque à faire ressentir le plaisir d’un sandwich au beurre de cacahuète et à la confiture avant même d’y avoir goûté.

Bien que ce soit promotionnel, il y a quelque chose de doux dans cette idée de mettre des mélodies aussi travaillées au service d’une simple poussée gourmande.

Piche - Pa

On retrouve Piche avec son nouveau titre Pa. À travers cette chanson, Piche délivre une prestation d’une sincérité bouleversante. Piche nous partage son histoire, l’abandon mais aussi le manque de tolérance que l’on peut rencontrer au sein même du foyer. 

L’abandon, le rejet et l’incompréhension sont des états qu’on ne devraient pas avoir à subir en tant qu’enfant. Se connaître, s’aimer et savoir qui l’on est et qui on aime devrait être une célébration pour tous.

Malheureusement, Piche nous montre avec son histoire personnelle, que beaucoup de parents, ici son père n’ont pas conscience ou en tous les cas ne considère pas important ce rejet. Qui blesse et détruit l’enfant intérieur qui sommeille en chaque adulte ayant du choisir entre leur identité et l’amour conditionné d’un·e proche. 

Piche est de ces artistes qui réveille l’âme et qui répare les cœurs. Alors on ne peut que vous conseiller de venir à son prochain concert à l’Olympia le mardi 24 novembre

Attention c’est bientôt complet alors faites vite ! 

TeddyBear - Le Plus Beau

Qu'est ce qu'on fait de son corps lorsqu'il ne correspond pas aux carcans que la société veut nous imposer ? Comment on existe dans un monde qui place la beauté au somment et rejette toute forme de différences ?

Après avoir explosé pendant l'été, TeddyBear est bien décidé à enfoncer le clou avec l'annonce de son premier album, Le Plus Beau, et le superbe morceau qui lui donne son titre.

Une écriture racée, une sincérité qui bouleverse et un morceau qui joue tour à tout le rôle de miroir et de réconfort pour ceux qui l'écoute. TeddyBear frappe juste avec Le Plus Beau, renverse la table avec sa voix magnétique et cette chanson qui fait du bien à ceux qui l'écoutent.

Le clip nous entraine dans un institut de chirurgie, un monde bien décidé à transformer TeddyBear en quelqu'un de "plus beau". Des infirmiers aux coupes de cheveux étranges, aux sourires trop grands pour être honnête l'entrainent de pièce en pièce, mesurent, regardent, jugent et vont jusqu'à effacer ses tatouages.

Une sorte de secte bien décidée à transformer le musicien en l'un d'eux, à le fondre dans un moule où à trop vouloir ressembler aux autres, on en oublie d'être soi même. En le réalisant, une seule chose devient évidente : la fuite, pour que TeddyBear puisse retrouver sa mère, celle qui le voit déjà comme le plus beau.




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