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Les clips de la semaine #316 - partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, la 316ème sélection des clips de la semaine.


Super Plage - SEXY ET FATIGUÉE (Feat. Laurence Camille)

Vous êtes sexy ? Vous êtes fatigué.e ? Ne vous inquiétez pas, Super Plage et Laurence Camille ont la solution parfaite pour vous et elle s'intitule SEXY ET FATIGUÉE.

Avec ce titre, le musicien québécois continue de teaser l'arrivée de son cinquième album, MINI CLUB, prévu pour le 23 octobre chez Lisbon Lux Records, et nous sort de notre flemme avec un morceau aux accents house et à la douce ironie qui vous fera sortir de votre léthargie pour vous pousser à bouger vos popotins. Ne soyez pas cyniques, ne tentez pas de résister, le saxophone sonne le rappel et vous entraine sur le dancefloor.

Avec SEXY ET FATIGUÉE, son texte scandé de manière distante et drôle par Laurence Camille et son rythme imparable et attirant, Super Plage nous offre une nouvelle fois la preuve qu'il n'est jamais meilleur que lorsqu'il cherche à nous faire danser, sourire et oublier la course du monde pendant 3 petites minutes.

Pour l'accompagner, le musicien réalise un clip simple, direct et évident. On suit ainsi Laurence Camille dans tout un tas de lieux, d'aventures et de moments dans lesquels la chanteuse nous prouve qu'on peut être sexy et fatiguée en toute circonstance, que ce soit devant un magasin, avec une tondeuse à gazon ou dans des toilettes de chantiers.

Le plus important reste l'attitude, la bonne tenue et un bon cocktail jamais très loin pour nous accompagner. Alors vivons le moment et acceptons toustes d'être sexy et fatigué.e.s avec Super Plage.


Fujiya & Miyagi - Point 33 Recurring

Depuis 25 ans, Fujiya & Miyagi trace la route d'une carrière qui met en avant la qualité et l'exigence d'un groupe qui préfère la bonne musique à une lumière factice qui ferait tourner la tête et perdre le sens de sa musique.

La preuve une nouvelle fois cette semaine avec Point 33 Recurring, nouveau single d'un album à parraitre pour la fin du mois d'octobre. La bande de Brighton continue de diffuser une musique indé profondément dansante et immédiatement reconnaissable dès les premières notes.

Avec Point 33 Recurring, Fujiya & Miyagi signe une sorte de manifeste entêtant sur l'art, sa valeur et le fait qu'on aie souvent tendance à confondre qualité artistique et popularité. De notre côté on se laisse emporter par ce qu'on aime depuis presque deux décennies chez la bande de Brighton.

Réalisé par Fujiya & Miyagi & Thomas Martin, la vidéo rend hommage à certains héros du groupe, tels que Kraftwerk ou les Talking Heads pour nous offrir une vidéo.

Des mouvements de danse étrange et répété, des regards lancés vers un horizon lointain et inconnu et des tableaux de couleurs qui s'enchainent de manière aléatoire et étrange. La vidéo en devient presque psychédélique et un brin étrange alors que son sens ne se dévoile complètement qu'à ceux qui prêteront oreilles aux paroles de Point 33 Recurring.

Avec ce nouvel album à venir, on espère fortement retrouver Fujiya & Miyagi sur scène en France.

Johnny Jane - Il faut que tu m'attendes

L'arrivée du second album de Johnny Jane se fait de plus en plus concrète et cela met forcément nos cœurs en joie. De retour cette semaine avec un troisième single,Il faut que tu m'attendes, le musicien affirme la direction prise d'une musique qui se veut plus sensible mais pas forcément apaisée.

Il faut que tu m'attendes raconte l'histoire de deux être qui s'aiment mais dont les directions s'opposent. Une histoire passionnée, qui avance dans le temps alors que les routes s'éloignent, que le temps accélère pendant que le cœur ralentit. Johnny Jane bouleverse le monde, joue dans on écriture des différences, des positions qui s'éloignent alors que chacun est à un moment différent de sa vie, malgré des sentiments qui continuent de brûler.

Dans une formule plus acoustique, portée par une batterie qui joue le cœur qui accélère, ralenti et disparait, Johnny Jane laisse parler les émotions dans une sorte de douceur douce amère qui nous bouleverse.

Pour l'accompagner, Dario HOLTZ filme le jour qui part, là ou Plan B nous laissait sur le jour qui se lève. On retrouve ainsi Johnny Jane dans son terrain de jeu favori, le live, accompagné de son groupe pour une vidéo en forme de session live sur les toits de Paris.

Tout de blanc vêtu, l'artiste et ses musiciens semblent rendre hommage à une certaine idée de la pop à la française qui est chère à nos cœurs tout en la rendant fatalement hyper actuelle.

Un petit avant-goût en attendant la tournée prévue pour le début d'année prochaine et qui passera notamment par l'Aéronef, Le Botanique ou encore La Lune des Pirates avant d'atterrir au Zénith de Paris, la plus grosse date de Johnny Jane à ce jour.

Gilla Band - Alogia

Il y a des morceaux qui nous frappent et nous marquent pour des raisons qui n'appartient qu'à nous. Alogia de Gilla Band fait partie de cette catégorie.

Une montée en tension menaçante, un discours qui semble décousue et hachée, des propos presque provocateurs avant que tout ne fasse sens. Alogia est un grand morceau sur la santé mentale, une exploration sonore des idées qui peuvent trotter dans la tête, des voix dissonantes qui envahissent certain.e.s d'entre nous et qui dirigent parfois nos existences.

Gilla Band transforme la souffrance en art, la surprise en épopée et la maladie mentale en force créatrice, pour contrer l'inéluctable et pour cela on peut remercier Dara Kiely pour ça.

La vidéo en noir et blanc de Cuan Roche & Chanthila Phaophanit semble suivre le chaos ambiant du morceau.

Des images qui se répètent en boucle, un écran qui se sépare et qui diffuse. Le travail visuel prend à corps ce sentiment d'oppression, de perte de sens et d'émotions brutes qui peuvent se diffuser et nous posséder lors de crise où tout semble insurmontable. On reste chaos et épuisé, que ce soit par le son ou par l'image.

Le nouvel album de Gilla Band est prévu pour la fin du mois et sera accompagné d'une série de dates françaises au début de l'année 2027.

Flora Hibberd – Silent Movie Baby

Avec Flora Hibberd, le changement c'est maintenant, même si cela prend du temps. Alors que la musicienne dévoilera Mammoth, son nouvel album, à la mi-octobre, elle nous offre cette semaine le titre qui ouvrira cette nouvelle aventure, Silent Movie Baby.

Et le titre laisse apparaître ce que les précédents singles laissaient déjà envisager : une musique plus rythmée et physique, sans doute plus intime aussi et portée par des arrangements plus pop et enlevés.

Avec Silent Movie Baby, la musicienne nous parle de changements nécessaires, d'émotions qui parfois nous submergent comme une vague en laissant derrière elle des traces et des bouleversements qui nécessiteront prise de conscience et évolution. On y croise des fantômes, des mondes à détruire et une liberté retrouvée et nécessaire.

Pour lui donner visuellement, Victor Claass & Flora Hibberd nous délivrent leur version du Project Blair Witch avec une vidéo en found-foutage un peu cracra où une ballade en forêt dévie complètement pour laisser se diffuser un sentiment de peur et et d'étrange, comme si le réel était soudainement envahi par des créatures étranges et invisibles qui nous entourent et nous assaillent.

Flora Hibberd sera en concert au MaMa Festival pour la sortie de son album et on pourra ensuite la retrouver à la Gaité Lyrique au mois d'avril prochain.


Warhaus - Simple Pleasures

Une piscine, un ciel bleu, une glace et un toutou: voilà les petits plaisirs simples de Warhaus cette semaine. Mais à l'image de la vidéo hilarante qui accompagne son nouveau morceau, même les petits plaisirs n'empêchent pas les problèmes et la galère qui les accompagnent parfois.

Dandy incandescent, Maarten Devoldere fait preuve d'une autodérision bien sentie dans la vidéo de Pieter De Cnudde qui accompagne son nouveau morceau Simple Pleasures et ça n'est pas pour nous déplaire.

Avec Simple Pleasures, Warhaus continue de teaser l'arrivée de son nouvel album, prévu pour le mois de janvier prochain, et prouve la capacité du musicien belge de se transformer en permanence et de ne jamais jouer en terrain connu. Si sa voix, reconnaissable entre mille, nous accompagne toujours, on le retrouve dans des terrains beaucoup plus pop et directs.

Un rythme évident, une basse qui groove et des notes synthétiques qui permettent au morceau de s'envoler, Simple Pleasures est une petite pépite qui trouve un équilibre bienvenue entre pulsions dansantes et mélancolies.

Comme toujours avec Warhaus, l'annonce d'un album se fait en parallèle d'une immense tournée,


Gaétan Nonchalant - Perdu de vue

La collaboration fructueuse entre Gaétan Nonchalant et Norma continue cette semaine avec la vidéo de Perdu de vue.

Le duo nous offre le bonheur d'un objet visuel complètement hybride, une sorte d'anti-clip qui mélange tout à la fois making-of, réel, tout y passe dans une critique méta des formats, de leurs limites qu'elles soient dans l'ambition ou son manque, dans le budget ou son manque et de la folie que peut amener la nécessité de créer du contenu autour de sa musique.

Malin, hyper méta et profondément DIY, la vidéo de Norma nous mène par le bout du nez, dans un trip parfois drôle, parfois carrément flippant et qui finit dans un grand squitch alors que Gaétan Nonchalant se retrouve piégé dans sa propre vidéo.

Ce qui est intéressant, c'est que le clip et sa forme labyrinthique colle parfaitement au morceau Perdu de vue, qui, comme son nom l'indique, s'amuse à nous perdre, nous entraine dans des chemins étranges où le groove disparait pour devenir un trip psychédélique avant de revenir sur une forme classique de pop française qui s'échappe une nouvelle fois.

Perdu de vue, dans le son comme dans l'image, est un délire halluciné et hallucinant qui ne laisse jamais indifférent.

Une nouvelle pièce qui dévoile un peu plus ce qui nous attend avec Le Jazz, le nouvel album de Gaétan Nonchalant attendu pour le 09 octobre prochain.

Lisa LeBlanc - A Fleeting Thought Becomes Another Fleeting Thought

Cette semaine, on prend la direction de l'Acadie pour retrouver Lisa LeBlanc. Après un premier single paru fin juin, la musicienne nous offre cette semaine la pièce d'ouverture de Patchwork, son nouvel album attendu au mois de janvier chez Bonsound.

A Fleeting Thought Becomes Another Fleeting Thought, un nom à rallonge pour un morceau clairement touché par la grâce. Le morceau commence par ce mantra, lancé comme une incantation qui se répète avant de se lancer dans une grande épopée entre la folk et le rock, porté tout à la fois par les harmonies vocales irréelles de Lisa LeBlanc autant que par les folles mélodies d'orgues, la 12 cordes impressionnantes et les percussions presque chamaniques.

Avec A Fleeting Thought Becomes Another Fleeting Thought nous parle des sentiments qui nous apparaissent et disparaissent presque aussitôt, des traces qu'ils laissent et des mystères qui les accompagnent.

Alexandre Pelletier nous délivre une vidéo qui joue tout à la fois sur les cercles en mouvements et sur la volonté affichée de transformer Lisa LeBlanc autant en icône qu'en grande prêtresse.

Dans une vidéo à la cinématographie hyper prononcée, on la suit donc dans divers lieux, sur des routes, apparaissant autour d'un feu comme une présence mystique ou au bord d'une falaise dansant face au vent.

Un clip, et un morceau, fascinant de beauté qui auront marqué cette semaine et qui nous rendent bien impatient quant à l'arrivée de Patchwork, et du concert au Trabendo qui l'accompagnera le 19 mai prochain.

Do Nothing - The Nail

Plus les singles passent et plus Do Nothing enfonce le clou, prouvant morceau après morceau le potentiel du quatuor et le fait que son second album, Friend World, risque de marquer la fin de l'année.

The Nail donc, commence en douceur, avec une sorte de groove nonchalant et bien senti avant de monter progressivement vers les cimes de l'indie-rock, bien porté par la voix de Chris Bailey et les rythmiques de guitares incisives et absolument parfaites.

Avec The Nail, Do Nothing navigue entre différentes eaux et le fait avec une sorte de grâce qui ne force rien, qui s'amuse des cassures de rythmes, de genre et d'intensité pour notre plus grand bonheur et celui de nos petits pieds qui bougent.

En parlant de bouger, CLUMP Collective nous entraine dans un road trip tout ce qu'il a de plus anglais : drôle, étrange, remuant et avec la présence de moutons.

On suit donc le voyage de deux potes, qui démarre comme un polar sans nous expliquer vraiment pourquoi, et cette fuite en avant remplie de mystères, de territoires typiquement britanniques et d'une chaleur qui semble accablante et qui transforme le récit.

Entre la mer et la forêt, nos deux losers magnifiques promènent leurs angoisses, leurs costumes et leur téléphone à antenne pour un voyage dont on ne connaît ni le début, ni la fin réelle mais dont la conclusion toute en douceur et en humanité nous comble au plus haut point.

BEN plg - Histoire sans fin feat. Mathilde

2027 l'année BEN plg ? Ici, on a envie d'y croire. Car derrière cette idée un peu bête, il y a une histoire de passion, d'abnégation et de positivité. Tout ce qu'est BEN plg. Un mec qui n'a rien lâché et qui continue encore et encore jusqu'à annoncer ses deux premiers Zéniths en 2027.

BEN plg c'est le pote qui rappe le quotidien, le sien comme le notre, qui plutôt que d'aller vers la noirceur, cherche toujours un petit bout de lumière pour lui courir après.

Vous en doutez ? Allez donc écouter Histoire sans fin, son dernier single en feat avec Mathilde et qui porte aussi le nom de son album à venir.

Une batterie, des boucles, des références pop et une histoire sans fin qui se raconte et qui continue. Des doutes, des bats, des hauts, des tempêtes et des soleils, Ben plg raconte la vie de manière directe et évidente pour offrir un morceau qui fait du bien et qui brille, le jour comme la nuit.

Le clip qui l'accompagne, réalisé par Axel Chely, poursuit cette idée. Trouver sa voix, faire du bien au sien, se battre pour les choses en lesquelles on croit.

On suit BEN plg et son bonsaï, son entreprise étrange pour nourrir les rats et des choix de vie qui changent tout.

Le psy c'est 60 euros, BEN plg et son histoire sans fin, c'est 4 minutes qui font tellement de bien.


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