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Les clips de la semaine #316 - Partie 1
La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie de notre 316ème sélection des clips de la semaine.

Almost Rose - What You Feel
Almost Rose dévoile What You Feel, dernier single avant la sortie de leur EP, attendue le 18 septembre. Après une tournée estivale réussie, le groupe revient avec un titre qui plonge au cœur de relations aussi intenses que destructrices, lorsque les émotions finissent par prendre le dessus.
Entre rythmique nerveuse et guitares minutieusement arrangées, What You Feel évolue dans une atmosphère instable, traversée par les doutes et les attirances interdites. Le morceau affirme au passage l’identité sonore d’Almost Rose, nourrie par une influence French Touch qui mêle disco moderne et pop, dans la lignée de Parcels, Daft Punk ou L’Impératrice.
Bey - La fin du monde
Bey nous partage La fin du monde, premier single de son premier album, et présente un univers où se rencontrent pop rock moderne, drum and bass et chanson française. Porté par une écriture sincère, le morceau revient sur les séquelles d’une rupture, entre manque, colère et reconstruction.
Côté images, Bey nous emmène dans sa chambre sous les toits, un espace rempli d’instruments et de posters. Le clip enchaîne les plans de l’artiste, tantôt à la guitare, tantôt en train de sauter dans sa chambre... Une mise en scène spontanée qui accompagne l’énergie du morceau et donne à voir l’univers dans lequel s’inscrit ce premier single.
Charlie Jeer - Small talk
Cette semaine, Charlie Jeer a dévoilé un nouveau titre, Small talk, qui fera partie de Take Away My Problems, son premier EP attendu pour le 25 septembre. Ce morceau donne le ton : optimiste, solaire, construit sur une complicité qui n'a rien de fabriqué. La collaboration avec Cat Burns est née d'un commentaire laissé sur un de ses TikToks. Sa voix chaude vient se poser sur la disco-pop saxophonée de Charlie Jeer comme si elle y avait toujours été. Le morceau parle du potentiel d'un début, de ce moment suspendu avant que quelque chose commence vraiment. Musicalement, il ressemble exactement à ça : entêtant, léger, qui tourne en boucle sans qu'on sache trop pourquoi.
Le clip, réalisé par Douglas Reddan, va droit au but : les deux artistes à leur fenêtre d'un même bâtiment, un guitariste qui revient en contrepoint, et peu d'autre chose. C'est dans ce dépouillement que tout se joue. Quand Cat Burns chante, Charlie Jeer répond au saxo, et l'alternance crée quelque chose de presque cinématographique, une conversation à distance. Les sonorités rétro du morceau trouvent dans ce cadre simple leur espace naturel.
Alysse - L’odeur des citrons
À l’instar de son premier single, Alysse accompagne son deuxième, L’odeur des citrons, d’un clip.
L’odeur des citrons, c’est un morceau nostalgique, plein de douceur, qui nous rappelle les vacances. Un citron sur l’épaule, fidèle compagnon de ses souvenirs, la jeune chanteuse nous embarque dans un décor feutré, teinté de bleu, de vert et bien sûr, de jaune.
Dans cette campagne aux airs de carte postale, les ralentis ajoutent une dimension à la fois nostalgique et candide. Les plans tantôt rapprochés, tantôt éloignés, nous donnent véritablement l’impression de la suivre pendant une journée de vacance ensoleillée. Mais sous ses airs de souvenirs filmés à la volée, le clip est travaillé dans le détail. De la robe bleue et jaune aux quatre citrons rappelant la date de sortie du single, Alysse ne laisse rien au hasard. Ça nous donnerait presque envie de tout plaquer pour repartir en vacances.
Swing ft. aupinard - AMOUR&MANQUE
Un mois avant la sortie de son nouvel album, Swing pose une nouvelle pierre après les singles L’enfer et ILY. Le rappeur bruxellois dévoile AMOUR&MANQUE, un featuring avec aupinard qui n'a rien d'un simple single de transition : c'est la porte d'entrée vers F5, son nouveau projet depuis Au revoir Siméon.
Portée par la production d'Armand Tournier et PBL, cette ballade délaisse les codes du rap pour s'installer dans une zone plus feutrée, à la croisée du R'n'B, de la soul et du jazz. Les arrangements habillent un texte qui parle de ce qui reste quand une histoire d’amour s'arrête : l'absence qui pèse, les regrets qui remontent, l'envie de reprendre le dialogue sans savoir par où commencer. La participation d’aupinard est presque une évidence, tant sa voix et sa technique s'accordent naturellement à cette mélancolie qui lui va si bien.
Réalisé par Juliette Marounek, le clip prolonge cette atmosphère à l'écran avec la patte visuelle et soignée qui caractérise la réalisatrice. Côté esthétique, la palette reste sobre, presque désaturée, un parti pris qui pourrait sembler austère mais qui, ici, tient davantage du charme “fané” assumé : une image un peu datée, presque intemporelle, qui donne au clip des airs de photographie ancienne plutôt que de tristesse. On y retrouve les deux artistes se confiant tour à tour à une figure mi-psy, mi-pasteur, tandis qu'une longue file de femmes en robe de mariée attend son tour, sans doute une manière de matérialiser les anciennes relations des deux artistes, venues elles aussi déposer leurs regrets et leurs non-dits.
Ce titre n'est qu'un avant-goût de F5, le deuxième album solo de Swing, attendu le 2 octobre. Un projet qu’il défendra déjà le 8 novembre à l'Olympia et le 13 à l'Ancienne Belgique pour voir si Swing tient ses promesses.
Mylène Farmer – Des lols et des quoi
Depuis toujours, Mylène Farmer accorde une immense importance au visuel et à l’esthétique des univers qu’elle crée. Chaque concert, chaque clip, chaque apparition publique est ultra travaillée. Qu’on soit réceptif ou pas à sa musique, l’image constitue un art en soi pour l’artiste franco-canadienne.
Des lols et des quoi ne fait pas exception. En un peu moins de 5 minutes, Mylène Farmer accompagnée des réalisateurs Thierry et Didier Poiraud nous proposent un véritable court-métrage, sur fond de totalitarisme, de censure et de combat pour la liberté. Rien que ça.
Le clip démarre par le message suivant : « Sous un régime totalitaire, les mots ont été vidés de leur sens. Les bibliothèques sont devenues leurs prisons. » Un frisson nous parcourt, il faut bien l’avouer.
Dans une esthétique rétro (on pense à Farenheit 451 de Truffaut), des dizaines d’employés de la censure d’Etat, installés à la Bibliothèque nationale de France, s’appliquent à masquer les mots interdits des livres, voire à détruire les ouvrages jugés trop subversifs. Dehors, dans une voiture, Mylène Farmer et ses acolytes s’apprêtent à agir. Armé de fusils et de la plus grande détermination, le commando part à l’assaut pour libérer les mots.
Avec ce titre et ce clip, Mylène Farmer se place en défenseure d’une langue vivante, charnelle, rebelle.
Des lols et des quoi et le 2e extrait du nouvel album de Mylène Farmer, Egrégore, attendu fin octobre.
TVOD – Bottomless pit
C’est le dernier après on vous promet qu’on passera à la chronique de l’album. TVOD a lancé cette semaine sa dernière bombe intitulée Bottomless pit. Et ce petit dernier a le mérite de donner envie de découvrir leurs prestations scéniques bien survoltées.
Le clip de Bottomless pit est une savante compilation d’images captées lors de leur récente tournée européenne, on y retrouve tout le joyeux bordel du quotidien de tournée entre images des coulisses et images de concerts et même sessions de promo, le groupe déballe tout. « Welcome to the bottomless pit » nous dit-on dès l’introduction. C’est clairement chaleureux et comme toujours avec TVOD ça déborde ! Si vous hésitiez encore un peu, on ne sait pas ce qu’il vous faut.
Spiritbox - Mourning
On retrouve Spiritbox avec Mourning, un titre aussi sombre qu’émouvant. Le morceau annonce la couleur à son intitulé : il est question de deuil, de perte et de cette douleur qui reste lorsque quelqu’un part trop tôt. Ce titre évoque la difficulté à effectuer ce deuil et même à ne jamais réellement réussir à le faire.
Avec ce titre, Courtney Laplante nous rappelle que le metal ne se résume pas à une démonstration de puissance vocale ou à une performance instrumentale. C’est aussi un genre capable de mettre en musique des émotions profondes et des sujets délicats, avec une intensité débordante.
Spiritbox nous livre ici une prestation aussi riche en émotions qu’en maîtrise instrumentale. Les paroles, sincères et profondément touchantes, s’appuient sur des métaphores pour évoquer l’absence. Cela nous ramène chacun à notre manière, à une personne qui nous manque.
Et au centre de tout ça, la voix de Courtney Laplante : puissante, sensible par moments, mais surtout pleine de sentiments. Une interprétation qui donne à Mourning toute sa personnalité.
Pour les fans de Spiritbox (et les fans de nouveauté), rendez-vous le 9 octobre à la Seine Musicale pour les (re)découvrir en live.
Kings Of Leon - My whole world
Le clip de My Whole World de Kings of Leon est un hymne touchant au temps qui passe et au vieillissement, aux moments mémorables du passé. En juxtaposant des performances actuelles du groupe et des archives intimes style rétro (que je soupçonne provenir de VHS), comme des réunions de famille, des souvenirs d'enfance et moments d'insouciance, la vidéo met en lumière la beauté des étapes franchies et la richesse des souvenirs accumulés. La question de la perte y est intégrée sous la forme d'un deuil de mémoire: un hommage bienveillant qui honore les êtres chers disparus en chérissant l'héritage émotionnel qu'ils ont laissé. Tout dans la nostalgie et le bonheur
BAD BAD BIRD – Fontaine Varia
Le titre prend sa source dans une plage bretonne qui fut le refuge entre deux examens médicaux du curieux volatile qu’est BAD BAD BIRD. Le morceau lui-même évoque les périodes de doutes et de fragilité, une grossesse visiblement rythmée par les angoisses.
Sur Fontaine Varia, la jolie plume en français s’allie à des guitares incisives proches d’un post-rock tempêtueux où s’alternent vagues contenues comme prêtes à déborder dans l’espace. Le décor de la plage n’agit pas comme un simple lieu mais la métaphore d’un moment où face à l’immensité, on reprend son souffle. Entre vulnérabilité et déferlantes électriques, BAD BAD BIRD pousse un puissant cri intime.
Ladaniva - Margarita
En cette rentrée, Ladaniva revient à toute allure avec le clip de Margarita. Le duo franco-arménien nous avait laissés cet été avec Yasaman, un morceau sur un amour désenchanté et son pendant libérateur. La chanteuse Jaklin a bien repris son rôle émancipateur. Elle l’affirme avec Margarita, dont le texte, un peu simple donc très direct, rappelle le consentement : « Toi ? t’aimes parler mais t’écoutes pas quand on te dit non ! » Le réalisateur Artur Ustyan représente cet élan féministe par une Jaklin entourée d’un gang de filles reprenant l’espace de la place de la République à Erevan jusqu’aux aires d’autoroute arméniennes. Ce qui porte le morceau réside avant tout dans une musique rythmée par des sonorités balkaniques et terriblement addictives. Un avant-goût entêtant d’un prochain album qui sortira en novembre.
Aloïse Sauvage - tomboy
En septembre, les souvenirs d’enfance remontent. La chanteuse et artiste pluridisciplinaire Aloïse Sauvage partage Tomboy. Un clip réalisé par Marie Mc Courtillustre ce single sur l’acceptation et la compréhension de soi depuis l’enfance. La réalisatrice met en miroir des images d’archives de Sauvage dansant, jouant dans des salles de sa Seine-et-Marne natale, avec celles de l’Aloïse actuelle. De quoi rendre compte de tout le chemin parcouru. Tandis que l’artiste chante des paroles réconfortantes comme une incantation : « J’encaisse, j’encaisse, j’fuis les doutes. Je tiens mes promesses ». Depuis le début de sa carrière, Aloïse Sauvage a parcouru et survolé de nombreuses scènes prestigieuses. En février, elle se produira à La Cigale pour défendre son nouvel album, qui sortira fin octobre.