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Les clips de la semaine #317 - Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie de notre 315èeme sélection des clips de la semaine.

Louise Charbonnel - Lady Blue
Il y a ces morceaux qui donnent des frissons en quelques secondes, une recette magique et imparable. Aujourd’hui on vous parle de la musique de Louise Charbonnel, que l’on aurait bien du mal à ranger dans une case … Jazz, pop, électro, musique classique et expérimentale, cette artiste originaire de Normandie utilise sa voix forte et sublime pour nous faire voyager au plus près de nos émotions. Avec Lady Blue on débarque dans une course poursuite débordante d’intrigue et de vitalité.
Lady Blue est un être mystérieux que l’on croisera peut-être à l’angle d’une rue, ou sur le quai d’un métro parisien. De jour comme de nuit, le morceau prend vie avec cette danse (signée Nathalia Meneses Gonzalez). Accompagnée par les mots de Louise, on la suit du regard. Le rythme s’accélère. Le clip est très réussi car il parvient à mettre en lumière cette pulsion, absolument libre et joyeuse. Nous sommes captivés. Alors que le ciel se teinte d’un bleu profond et violacé, Louise Charbonnel manie l’imprévisible. On ne s'attend à rien et on s'attend à tout.
Peut-être que la suite est déjà là ? En effet Lady Blue est un morceau extrait du tout premier album de Louise Charbonnel, How To Be Confused About Happiness (sorti ce vendredi !). Bonne et douce écoute.
Amouë - L'eau des fleurs
La fin de l’été est arrivée et avec elle, un nouveau clip d’Amouë. Ce deuxième titre issu de son prochain album sonne comme la suite de L’horizon. On retrouve à nouveau la jeune femme dans la nature, vêtue de blanc, face à la caméra. Les plans, emplis de candeur, la mettent en scène dans une simplicité nostalgique dont le grain et le mouvement donnent l’impression de voir des souvenirs volés.
Le sous-titrage, jaune vif, prend alors toute son importance. Il met les textes de l’autrice au centre. Et quels textes. Amouë se livre avec beaucoup d’authenticité sur son passé. Sans enjoliver les peines qu’elle a connues, elle met un peu de douceur autour d’elles, avec une mélodie douce et mélancolique. Le piano qui l’accompagne la guide dans cette narration. Dès qu’il s’accélère, on la voit courir et les plans s’enchaînent avec plus de rapidité.
L’eau des fleurs est en quelque sorte un écrin nostalgique qui invite à croire qu’un avenir meilleur est toujours possible.
marguerite - cartable
Cartable de Marguerite est une chanson qui parle du poids qu’on porte sur le dos, comme un cartable trop lourd rempli de choses qui ne nous appartiennent plus vraiment.
À travers des images très concrètes (le chemin de l’école, le banc qui regarde, les rêves sous les paupières), Marguerite évoque l’enfance, la pression, les attentes des autres et la difficulté de se sentir à sa place. Le refrain pose des questions simples mais profondes : qu’est-ce qu’on fera de sa vie, de sa peau, de la fille qu’on a été ? C’est une chanson sur la croissance, sur ce qui pèse et sur l’espoir de s’en défaire un jour.
Visuellement, le clip est d’une grande sobriété. C’est un plan séquence unique sur le visage d’une petite fille qui chante la chanson, à l’extérieur. Sa voix innocente, portée par ce visage d’enfant, nous impacte d’autant plus et donne au morceau une résonance émotionnelle immédiate.
Fatoumata Diawara - Mogo
La grande voix malienne Fatoumata Diawara s’offre le clip de Mogo, sorti en juin dernier sur l’album Massa, chez NØ Format. Derrière la caméra, le photographe et réalisateur Marcello Perego donne à voir un univers afro-futuriste.
Fatoumata Diawara navigue dans cet univers. Avec ses lunettes de soleil et ses habits traditionnels, elle a des airs de déesse. Sans doute une prêtresse du groove.
Musicalement, on reconnaît immédiatement la patte de Mathieu Chedid, avec qui elle fait partie du collectif Lamomali. M signe la composition de Mogo, joue les guitares et la batterie. Tandis que son frère Joseph Chedid se place derrière les synthétiseurs et les percussions. De quoi rappeler que les Chedid et Fatoumata Diawara font partie de la même constellation.
MADAM - Bullshit
Le trio de feu MADAM est enfin de retour ! Après presque 10 mois dans le silence, les toulousaines ont repris du service cette semaine sur leurs réseaux sociaux. Pour cette nouvelle ère, elles ne font pas les choses à moitié, et commencent avec une annonce explosive : une Cigale le 19 mars prochain. Cette date est rapidement rejointe par deux autres, un Bikini à Toulouse le 13 mars, puis le Botanique de Bruxelles le 20. Une absence qu’on qualifiera de productive !
D’autant plus qu’elles nous partagent, ce vendredi 18 septembre, un nouveau titre accompagné d’un clip enragé, Bullshit. MADAM n’a rien perdu de son tempérament bagarreur, au contraire. Les trois musiciennes semblent toujours aussi prêtes à en découdre, et décident cette fois d’apporter une certaine malice, de colère presque froide et latente au départ, avant de se libérer. Un refrain enivrant et des riffs de guitare acérés, MADAM, vous nous avez manqué !
Un clip brillant où le groupe tente de nouvelles choses, et des paroles mises en mouvement par des danseurs et danseuses brillants, le tout chorégraphié par Maryne Bernard, donnant une ampleur quasi cinématographique au titre. Un retour grandiose qui promet du lourd pour la suite !
Death Cab for Cutie - Stone Over Water
Avec Stone Over Water, Death Cab for Cutie signe un retour qui donne immédiatement l’impression de retrouver un vieil ami. Un titre avec cet ADN indie qui a fait toute la singularité des débuts du groupe. Dernier extrait de I Built You A Tower, la chanson retrouve une écriture intime et cette façon si particulière de Ben Gibbard de transformer les fragilités personnelles en mélodies immédiatement addictives et universelles.
Dès les premières notes : cette mélancolie douce, cette guitare qui semble flotter juste au-dessus de nous, la voix de Ben Gibbard, toujours aussi reconnaissable, et surtout cette capacité à transformer une émotion intime en quelque chose dans lequel on peut tous se reconnaître. Bref - Un vrai morceau de Death Cab for Cutie, comme ceux qui nous accompagnaient déjà il y a vingt ans.
Stone Over Water avance pourtant sur une ligne beaucoup plus fragile. Pas de grande explosion rock ni de démonstration : le morceau s’installe doucement, porté par une boucle rythmique, des guitares lumineuses et la voix de Ben Gibbard. Une simplicité qui fait mouche et qui rappelle justement ce que Death Cab for Cutie sait faire de mieux : des chansons qui paraissent presque évidentes avant de venir vous chercher là où ça fait mal.
Et puis il y a ce refrain. Terriblement entêtant, il devient le cœur battant du morceau et contraste avec la fragilité de ce qui est raconté : “I’m trying to hold it together / I’m trying to sleep through the night”. Quelques mots simples, mais cette sensation immédiate de faire semblant d’aller bien alors que tout menace de se fissurer, de se péter la gueule “And I keep telling my friends I’m alright” : difficile de faire plus universel. Car Stone Over Water parle précisément de ça : essayer de convaincre les autres — et surtout soi-même — que tout s'ecroule. Le groupe résume d'ailleurs lui-même le cœur du morceau : « Si vous avez déjà dû vous convaincre, vous-même et votre entourage, que tout allait bien alors que c’était loin d’être le cas, cette chanson est pour vous. »
Puis vient cette autre image, assez vertigineuse : “With temples fading to grey / I’m seeing the end drawing nearer.” Death Cab for Cutie nous parle du vieillissement et de la pleine conscience du temps qui file. Une belle angoisse sans jamais alourdir la chanson. C’est précisément cette tension entre la légèreté mélodique et le poids des paroles qui rend Stone Over Water aussi touchante. C'est comme si on la chante à tue-tête tout en réalisant, quelques secondes plus tard, ce que l’on est réellement en train de chanter.
Et puis il y a le clip.
Réalisé et animé par Sean Solomon, Stone Over Water prend volontairement le chemin inverse de la chanson. Là où les paroles sont lourdes, le petit personnage "papi" animé traverse une journée qui semble accumuler toutes les catastrophes et rejets possibles. Gags visuels, maladresses, situations absurdes : Solomon injecte une bonne dose de burlesque dans cette chanson profondément mélancolique. Un contraste qui fonctionne particulièrement bien, justement parce qu’il ne cherche jamais à nier la tristesse du morceau. Le réalisateur explique avoir trouvé la chanson « incroyablement personnelle » et avoir voulu montrer que chacun traverse quelque chose. L’idée de pouvoir aider quelqu’un d’autre pour sortir, ne serait-ce qu’un instant, de sa propre tête devient ainsi le petit rayon de lumière du clip.
Et c’est peut-être ce qui rend Stone Over Water aussi attachante. Parce qu’elle possède cette qualité très Death Cab for Cutie : prendre une pensée que l’on garde habituellement pour soi et la transformer en chanson que l’on a immédiatement envie de partager.
Alors oui, Stone Over Water ressemble à un morceau 100% Death Cab for Cutie. Celui que l’on lance une première fois en se disant « je crois que je vais l’aimer », puis une deuxième, puis une troisième… jusqu’à réaliser qu’il est déjà installé quelque part dans notre tête. Et avec cette voix de Ben Gibbard qui n’a décidément rien perdu de son pouvoir de nous attraper au vol, difficile de ne pas se laisser emporter.
“I’m trying to hold it together.” On comprend. Et on est nombreux à essayer aussi.
Death Cab for Cutie sera à retrouver sur scène pour notre plus grand plaisir le 3 octobre à L’Élysée Montmartre, à Paris.
This Is Lorelei - The Kid With The Crown
Avec The Kid With The Crown, This Is Lorelei dévoile un morceau fun et énergique, porté par des guitares accrocheuses et cette manière si singulière qu’a Nate Amos de faire surgir des personnages étranges au détour de mélodies accrocheuses et de rimes aussi drôles qu'assassines. Dernier extrait de The Singer in My Band, sorti le 11 septembre chez Matador Records, The Kid With The Crown nous raconte l'histoire de Buddy,
Ça parle de quoi, The Kid With The Crown ? Derrière l’énergie et les répétitions presque enfantines, c'est chanson sur l’amitié, l’inquiétude et le refus de laisser quelqu’un sombrer seul Buddy, notre heros, vole, va trop vite, pleure toute la nuit, cherche la douleur et semble ne plus savoir quoi faire de ses propres rêves. “Buddy you’re the kid with the crown” se veut comme une formule presque rassurante, alors que pour Buddy, tout laisse entendre qu'il est loin d’aller bien.
Musicalement, Nate Amos entretient ce contraste entre légèreté et fragilité. Les guitares donnent au morceau son énergie, avec une mélodie qui donne le sourire, tandis que les paroles sont sombres : “you’re crying and crying all night”, “it’s a curse / yea buddy it’s a curse and it’ll only gets worse”.
À propos de The Kid With The Crown , Nate Amos explique : « The Kid With The Crown est l’opposé de Oh No Now My, dans le sens où cette chanson a été écrite très tôt puis préservée telle quelle. L’album avait besoin d’un lacet défait, et c’est ce que j’ai imaginé avec ce morceau. » Une image qui résume assez bien le côté spontané et légèrement bancal du titre.
Billy, Joey, Genevieve, Sarah et Buddy - autant de personnages touchants et loufoques dignes d’un film qui traversent The Singer in My Band, un album nourri par les fondations du Great American Songbook dans une Amérique faite de routes, de lieux improbables et d’expériences chaotiques. Des histoires nourries par le réel, mais transformées en petite fiction, le temps d'une chanson.
Réalisé par Spencer Kelly, le clip suit un groupe d’enfants venus encourager leur pilote préféré de demolition derby, surnommé The Kid With The Crown. L’idée fonctionne vraiment bien : Buddy devient ici un véritable héros, couronné par les enfants venus le soutenir alors que les voitures se percutent autour de lui. Le chaos du demolition derby résonne bien avec celui qui traverse la chanson. Derrière le spectacle et l’excitation, on retrouve ce personnage qui semble toujours avancer, voler, tomber, recommencer — sans jamais vraiment savoir où il va.
Le clip apporte ainsi une dimension cinématographique à l’univers de This Is Lorelei. On retrouve cette Amérique un peu étrange, peuplée de personnages singuliers, un peu hors des clous où le réel et la fiction se mélangent constamment.
This Is Lorelei sera de passage en France en 2027 : le 18 mars à Bordeaux, à la Rock School Barbey, le 19 mars à Rennes, aux Ateliers du Vent, et le 20 mars à Paris, au Petit Bain.
No Sex Last Night – 3x rien
Ils ont parcouru les routes de France pendant la saison estivale pour célébrer la sortie de leur EP NSLN sorti en avril dernier. Le duo No Sex Last Night nous revient avec le clip de leur doux 3x rien.
Ils nous le confiaient en mai dernier, 3x rien est fortement inspiré de l’humoriste disparu Raymond Devos lors du sketch Parler pour ne rien dire qui permet habilement de montrer par l’absurde que le rien a une consistance et carrément une valeur. Puisqu’on peut le soustraire : « Rien moins rien égale moins que rien ! Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose » et même le multiplier : « Si l'on multiplie trois fois rien par trois fois rien, le calcul donne rien de neuf ».
Et c’est dans cette zone fragile qu’ils ont choisi de positionner le morceau. Quasi désespéré, dans une économie de mots, No Sex Last Night laisse un dernier message. Lorsqu’une relation quelle que soit sa nature s’effiloche, les choses autrefois insignifiantes prennent une importance considérable. Minimaliste le morceau joue sur le silence, le non-dit pour suggérer. Retenir pour mieux faire ressentir donnant ainsi l’impression que le morceau avance mais émotionnellement tourne en rond. La production froide du morceau vient lui offrir son plus fort dosage mélancolique. Et rien que pour ça, on aime tendrement No Sex Last Night.
Blossoms - Husband
Et l’Oscar de l’homme blanc de l’année revient, pour la seconde année consécutive, à Jack O’Connell. Qui l’eût cru après un début d’année sous les traits de Jimmy Cristal, alias l’homme le plus cracra et vilain dans le meilleur film d’horreur de l’année, 28 Years Later : The Bone Temple.
Cette fois-ci, l’acteur nous apprend à réaliser un plat typiquement anglais : le cottage pie. Une fois son costume parfaitement repassé, protégé par un tablier, souvenir d’un voyage en terre italienne, Jack O’Connell s’attaque à la confection du dîner. Il jongle entre la découpe des légumes, la cuisson de la viande et la réalisation de la purée tout en se laissant entraîner par le morceau du groupe, clamant : « I’m a husband now ».
Un repas présenté aux membres du groupe Blossoms, qui s’apprêtent à leur tour à servir un nouvel album, Songs From The Wedding Cake, le 2 octobre.
slayyter - crank 2
« Vendredi 10 septembre, aujourd’hui, j’ai mis fin à mon énième relation amoureuse », écrivions-nous dans notre journal intime. Une phrase un peu trop souvent rédigée cette année pendant que l’on joue à plein volume le troisième album de Slayyyter, Wor$t Girl In America.
Ainsi, ces derniers mois, nous avons épuisé nos cordes vocales sur le titre Crank en nous rappelant que, même si notre vie amoureuse est catastrophique, de l’autre côté de l’océan quelqu’un traversait une épreuve pire que la nôtre. Après avoir appris la tromperie de son compagnon deux jours avant la sortie de l’opus, la chanteuse a décidé que, pour aller mieux, elle allait traîner son ex dans la boue en préparant un album meilleur que le dernier.
En toute sincérité, on ne pensait pas qu’il serait possible de faire mieux, mais la sortie de ce quatrième morceau semble indiquer le contraire. Fidèle - contrairement à son ex - à son esthétique, Slayyyter ressort du placard son short en jean et sa casquette présent, dans le clip de Crank, pour délivrer une performance dans le sable et la poussière aux côtés d’autres danseuses à son effigie. Suivant le principe de l’album jumeau, des scènes de Crank 2 sont tournées dans le même stade que le clip précédent.
Alors que beaucoup attendent impatiemment la sortie de Wor$t Man In America, on sait déjà que, quelque part dans une petite ville des États-Unis, un homme pleure, redoutant ce jour fatal.