Dour c’est (vraiment) l’amour

« Dour, c’est l’amour. » Le slogan officieux flotte dans l’air dès l’entrée sur le site. Au fil du temps, le festival s’est imposé comme un passage obligé pour, dans un premier temps, les amateurs de techno et maintenant, ayant élargi sa palette, d’une multitude d’autres styles. Tout en cultivant ce supplément d’âme qui fait sa signature. Mais au fond, pourquoi Dour rime-t-il autant avec amour ?

Un amour, ça se renouvelle

Pour beaucoup, l’expérience de Dour Festival commence bien avant le premier concert. Dans les trains qui convergent vers la petite commune du Borinage, dans les files d’attente chargées de sacs et de tentes, ou encore dans l’effervescence du camping qui se construit peu à peu. Chaque année, près de 40 000 festivaliers installent leur tente dans les campings du Dour Festival. 

Le mercredi a toujours une saveur particulière. C’est le moment des retrouvailles, des premières bières partagées sous des tonnelles improvisées, des discussions avec les voisins de camping qui deviennent souvent des compagnons de festival… et parfois bien plus. Une sorte de grand « before » à ciel ouvert, où l’excitation monte progressivement avant le véritable marathon musical.
C’est précisément cette atmosphère que le festival a décidé de transformer cette année. Pour son édition 2026, Dour Festival inaugure une nouveauté baptisée « THE OPENING« , prévue le mercredi 15 juillet. L’idée : faire de cette première journée un événement à part entière.
Pour l’occasion, le site sera repensé dans une configuration plus intime, avec quatre scènes thématiques, chacune confiée à un collectif chargé d’en imaginer la programmation. Une manière d’ouvrir le festival différemment, en mettant à l’honneur celles et ceux qui font vivre les scènes musicales au quotidien.

Pour l’électro, le collectif 240KMH transformera la piste en véritable arène sonore avec son format Face-to-Face. Deux DJs se retrouvent au centre d’un dancefloor circulaire et improvisent un échange musical, presque comme un duel. Parmi les confrontations attendues : Boys Noize face à SPFDJ, aux côtés de DJ Gigola, Laure Croft ou Relajadita.

Le hip-hop sera orchestré par Grünt, média devenu incontournable pour suivre l’actualité du rap francophone et dénicher de nouveaux talents. Habitué à réunir des artistes de générations différentes, Grünt proposera une programmation à son image : curieuse et pointue, avec notamment Isha et Limsa d’Aulnay, mais aussi Zinée ou Yvnnis.

Pour le rock alternatif, le festival a fait appel au collectif liégeois JauneOrange. Figure incontournable de la scène indé belge, il proposera une plongée dans cette scène foisonnante avec des groupes comme Barack Obahamas, La Roue ou Nathachelet.

Enfin, la scène dub et reggae sera pilotée par Agobun, sound system lillois reconnu à l’échelle européenne pour la puissance de ses sessions, avec notamment la présence du chanteur jamaïcain Earl Sixteen.

THE OPENING est ainsi une nouvelle manière pour Dour de rappeler que, même pour celles et ceux qui pensent connaître le festival par cœur, l’histoire continue de s’écrire autrement.

Un amour dès les premiers pas

Cette line-up éclectique attire des festivaliers et festivalières venu·e·s du monde entier. Les voisin.e.s français.e.s ne sont pas les dernier.e.s à passer la frontière pour profiter de la chaleur humaine et musicale qui incarne le festival. Parmi elleux, Anouck y foule, en 2019 et pour la première fois, le sol d’un festival. Elle y rejoint des ami.e.s qui ont posé leur campement à côté d’un groupe de compatriotes. Iels sont plus habitués aux festivals, mais, c’est la première fois qu’ils viennent à Dour, la solution pour concilier un groupe qui aime autant le rap que la musique électronique.

L’esprit du festival aidant, les groupes commencent à se mélanger et, c’est par leurs prénoms qu’iels jugent « atypiques » qu’Anouck et Achille se rapprochent. Une coïncidence sous forme d’excuse qui leur fit passer progressivement un peu plus de temps tous les deux. 7 ans plus tard, iels viennent d’emménager ensemble.

Bien qu’iels ne soient pas retourné.e.s en tant que festivalier.e.s sur le lieux de leur rencontre, iels ont pu s’y retrouver. Elle en tant que bookeuse et lui en tant que journaliste. C’est « comme si, on avait fait le tour des rêves qu’on avait envie de réaliser quand on s’est rencontré » conclu Achille. Confirmant la puissance du festival comme machine à rêves s’étendant bien au-delà des frontières de la musique.

Si le festival crée des couples qui durent, il voit aussi des amitiés se mouvoir. Arrivé à 6 sur le camping, le groupe de xxxxx s’est mué d’années en années et de rencontre en rencontre. Si certain.e.s sont parti.e.s, d’autres se sont ajouté.e.s. Pour leur dernière édition, ils étaient une vingtaine à partager rires, bières et amour de la musique pendant les cinq jours de festivals. Un moment de communion qu’iels ne rateraient pour rien au monde, même pas des vacances.

Un amour qui se partage

Dans la même logique, d’autres groupes d’amis racontent une expérience similaire, où le festival dépasse largement la musique. Pour certain·e·s, Dour Festival est avant tout un moment collectif qui se répète et se renforce d’année en année. « Ça fait quatre éditions qu’on y va tous ensemble, et on y retourne encore cette année », explique l’un d’eux. « C’est un des seuls festivals où tu peux aller voir un concert de rap en journée et finir la soirée sur de la techno. On est un groupe qui aime bien différents styles, donc ça nous correspondait parfaitement. »

Mais au fil des éditions, ce sont surtout les liens qui se créent en dehors des scènes qui marquent.

« Le camping, c’est vraiment là que tout se passe. Tu passes la journée posé avec ton groupe, sur ta chaise, au soleil. Tu discutes, tu partages… Il y a un vrai esprit de partage, que ce soit la nourriture, l’alcool. »

Dans cette bulle, les repères habituels s’effacent. Pendant quatre jours, le temps semble suspendu.

« Ce n’est pas vraiment des vacances, c’est quelque chose à part. Tu passes rarement quatre jours comme ça non-stop avec des gens. C’est un peu hors du temps. […] À force d’y aller chaque année, ça a vraiment créé un groupe. À la base, on était plusieurs petits groupes de connaissances à Bruxelles, et aujourd’hui on fait plein de choses ensemble en dehors du festival. »

Malgré l’ampleur de l’événement, cette proximité reste intacte.

« Dour, c’est énorme, ça peut faire peur. Mais ça contrebalance avec la bienveillance des gens. Tu peux discuter avec n’importe qui, les gens sont chill, il n’y a pas cette pression qu’on retrouve ailleurs. »

Une énergie collective, façonnée autant par les festivaliers que par la musique, qui donne tout son sens à la formule devenue presque évidente : à Dour, l’amour se vit aussi entre ami·e·s.

Un amour à retrouver dès le 15 juillet 2026

Mais si les festivaliers profitent d’une programmation aussi riche et aventureuse, c’est aussi grâce à une équipe déterminée à préserver cette atmosphère devenue unique. Pour Clara, aujourd’hui programmatrice pour Dour Festival, cette dimension est indissociable de l’événement. Elle l’a découvert une première fois en 2014, presque à reculons.

À l’époque, elle s’imaginait un rassemblement trop grand pour elle, presque intimidant. La réalité la frappe dès l’arrivée. « Le festival commence déjà dans le train, puis dans la navette depuis la gare. Je me souviens de ces centaines de personnes qui criaient “Dour !”. Je ne connaissais pas ce rituel. J’en ai eu des frissons. Tu n’es même pas encore entré que tu te sens déjà appartenir à une grande famille. Ça m’a marqué très fort. »

Si Clara continue l’aventure aujourd’hui dans l’équipe de programmation, c’est précisément pour défendre cette idée. « Proposer de la diversité, dans un monde de plus en plus polarisé, c’est un message essentiel. Bien sûr, on vient pour faire la fête, mais derrière, il y a aussi cette pluralité qui résonne encore plus fort aujourd’hui. »

Et parfois, cette promesse dépasse le simple symbole. Sur un plan plus intime, Clara a rencontré le père de son enfant sur le site du festival, en 2017. Une histoire personnelle qui donne une résonance particulière à la devise devenue familière des festivaliers : à Dour, l’amour n’est (vraiment) jamais bien loin. Un leitmotiv qui se transforme en musique grâce à une line-up aussi diversifiée que le public foulant la plaine du festival.

Côté rap, le 16 juillet donnera le ton. Vald sera accompagné de Todiefor et Vladimir Cauchemar pour un show à la croisée du rap et de l’électro, déjà très attendu. Le jeune talent en vogue Ino Casablanca viendra compléter l’affiche avec un univers nourri d’influences multiples s’inscrivant à merveille dans l’ADN du festival.

L’intensité ne retombera pas, le 18 juillet, Damso et Disiz incarneront deux visions presque opposées du rap et de l’amour. Avant que Sean Paul ne vienne clôturer le festival au rythme de ses classiques dancehall.

La musique électronique, coeur du début du festival ne sera pas en reste avec des noms en pleine ascension comme Cloudy ou Funk Tribu. Le producteur colombien mais basé à Berlin livrera un show spécial mêlant son et lumière. A l’instar de deux des têtes d’affiches, la papesse belge de la techno Amelie Lens et Apashe toujours bien accompagné par le Brass Orchestra.

Ghinzu, Sleafords Mods ou encore Pendulum, les amateurs de riffs de guitare et de batteries qui tapent en tout genre pourront également trouver leur bonheur dans la large line-up du festival qui ne met pas de côté ses amours pour le rock et ses déclinaisons.

Toujours à la pointe de l’avant-garde, Dour Festival accueille toujours des noms qui feront la musique de demain. Cette année les plus curieux.se.s pourront se presser pour (re)découvrir la pop atmosphérique d’Oklou, la house ensoleillée de Myd ou encore la variété désabusée façon Yoa.

Que ça soit sur le plan musical, sur l’accueil des festivalier.e.s, sur les histoires qui s’y créent, le festival belge crée en l’espace de quelques jours une bulle d’amour qu’on vous invite à rejoindre dès le 15 juillet.

Pour voir la line up complète ou prendre tes places c’est juste ici

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