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Kasabian : "On voulait que cet album ressemble à un voyage"

Kasabian
© Neil Bedford

Longtemps considéré comme le successeur naturel d'Oasis, Kasabian est de retour avec Act III, un troisième album en à peine quatre ans. Un disque fédérateur, mélodique et taillé pour la scène, qui renoue par moments avec l'ADN des débuts du groupe sans jamais regarder uniquement vers le passé. Quelques jours après leur concert aussi électrique que mémorable à la Salle Pleyel, on a rencontré Sergio Pizzorno. Au programme de cette interview : les Beatles, les dancefloors, Radiohead et Leicester City.


ENGLISH VERSION BELOW

 

La Face B : Salut Sergio ! Comment ça va ?

Sergio Pizzorno : Bien, très bien. Et toi ?

La Face B : Ça va. Kasabian fait partie de mes groupes préférés depuis longtemps. Act III est votre troisième album en quatre ans. Qu'est-ce qui continue de t'inspirer pour créer autant de musique ?

Sergio : J'adore tout simplement ce que je fais. J'adore faire des disques, partir en tournée, écrire des chansons. J'aime tout ce qui accompagne un album : les visuels, l'artwork, le live. Le fait d'être créatif me procure énormément de joie. Si j'ai été aussi prolifique, c'est surtout parce que j'y prends du plaisir, tout simplement.

La Face B : Vous venez de donner le plus gros concert de votre carrière en tête d'affiche, à Finsbury Park. Est-ce que ça ressemble à l'un des moments les plus importants de l'histoire de Kasabian ?

Sergio : C'était absolument incroyable. C'était probablement l'un des meilleurs concerts qu’on n’ait jamais donnés. L'ambiance était dingue. On se serait cru à un match de football en Amérique du Sud, avec des fumigènes partout et une énergie complètement folle. Ce qui m'a le plus marqué, c'est de voir cette nouvelle génération de fans de Kasabian. Les gamins donnaient tout. C'était magnifique.

La Face B : Vous avez rejoué des morceaux comme Goodbye Kiss, qui apparaissent rarement dans la setlist. Cette tournée est-elle l'occasion de faire revenir certaines chansons ? Et vous retournez aussi au Japon à la fin de l'été.

Sergio : Oui, on joue au Summer Sonic. Le Japon, c'est vraiment notre deuxième maison. On y est allés tellement de fois au fil des années. J'ai toujours eu le sentiment que le public japonais comprenait Kasabian mieux que presque partout ailleurs. Ils perçoivent toutes les influences plus subtiles, le style... Ils comprennent vraiment l'essence du groupe. C'est un endroit incroyable où jouer, et l'ambiance est toujours complètement folle. J'ai hâte d'y retourner.

La Face B : Et qu'est-ce que tu aimes au Japon quand tu n'es pas sur scène ?

Sergio : Toute la culture. La mode, surtout. L'art aussi. J'adore le design japonais. À chaque fois que j'y vais, je reviens avec trois valises pleines.

La Face B : Revenons à votre nouvel album Act III. Qu'est-ce qui différencie cet album de The Alchemist's Euphoria et de Happenings ?

Sergio : J'ai l'impression que cet album contient des éléments de toutes les époques de Kasabian. En tant qu'auteur-compositeur, j'ai énormément appris au fil des années. J'ai développé une façon d'écrire et un son qui, à mes yeux, définissent Kasabian mieux que jamais.

Je suis vraiment fier de ce disque. Je trouve qu'il a de très fortes mélodies, de grandes chansons pensées pour le live, mais aussi quelque chose de plus poétique. Et puis il y a cette idée d'Act III, qui résume vraiment ces six dernières années.

La Face B : Tu as décrit Act III comme un troisième acte, presque comme un opéra.

Sergio Pizzorno : Oui, c'est vraiment comme ça que je le vois. Ces dernières années ont été un sacré voyage, complètement fou. La musique est une manière de guérir, une forme de thérapie. C'est une façon de transmettre des idées, des émotions, de créer une connexion.

Les histoires ont un pouvoir immense. On est tous complètement pris dans nos propres histoires, ou dans les histoires auxquelles on choisit de croire. On met notre foi dans des choses dont, au fond, on ne sait rien. L'univers, par exemple : c'est une histoire en soi. Qu'est-ce que tout ça veut dire ? Au final, c'est juste une histoire qu'on invente pour se sentir bien. Du coup, je me suis appuyé sur cette structure narrative : Act III, c'est le moment où tous les éléments finissent par se rejoindre.

La Face B : Cet album me paraît plus mélodique, parfois même plus pop, tout en gardant l'ADN électronique et psychédélique de Kasabian. On y entend aussi du piano, des cordes et de la guitare acoustique. C'était une intention dès le départ ?

Sergio : Oui. Pour moi, tout commence par la mélodie. C'est quelque chose de magique, presque impossible à expliquer. On peut apprendre la technique. On peut devenir un meilleur musicien, jouer plus vite, connaître plus d'accords. Mais écrire une grande mélodie, ce n'est pas quelque chose qu'on apprend vraiment. Ça vient d'un endroit mystérieux.

J'ai grandi en adorant les Beatles. Leurs chansons sont avant tout construites autour de mélodies incroyables, avec des couplets et des refrains très forts. C'est ça que j'aime dans la musique. Parfois, ça me frustre. J'écoute des chansons et je me dis simplement que la mélodie n'est pas assez bonne. Mais quand une chanson a une mélodie vraiment exceptionnelle, on a l'impression de la connaître depuis toujours. Elle devient intemporelle.

C'est exactement ce que je voulais pour Act III : un album intemporel, pas juste une collection de bonnes idées.

La Face B : Il y a aussi plusieurs courts interludes sur l'album. Pourquoi était-ce important d'en mettre ?

Sergio : C'est vraiment lié au fait d'écouter l'album dans son intégralité, même si je sais que ce n'est plus forcément comme ça que les gens écoutent la musique aujourd'hui. Je voulais que cet album ressemble à un voyage. Les interludes te permettent de respirer entre les chansons. Ils te laissent le temps d'assimiler une émotion avant de passer à la suivante.

Je suis un immense fan des bandes originales de films et des albums instrumentaux. J'aime l'idée d'emmener l'auditeur quelque part, de le préparer émotionnellement à ce qui arrive ensuite. Donc ils sont là pour te faire redescendre... pour te manipuler. (Rires.) Pour te préparer à la prochaine idée.

La Face B : Y a-t-il une chanson sur Act III dont tu es particulièrement fier ?

Sergio : Je dirais que Superpowers et Soulmates me sont vraiment très chères. Ce sont des chansons tellement Kasabian. Je suis vraiment fier qu'on ait créé ce son-là, un son qui ne peut être fait que par un seul groupe. Je trouve que ces deux morceaux sont vraiment cool.

Et je suis aussi très fier de Hippie Sunshine. Ces trois chansons qui s'enchaînent, c'est probablement l'une des séries de morceaux les plus fortes que j'aie jamais écrites. Je trouve qu'elles sont vraiment géniales.

La Face B : Après autant d'albums, quelle est la partie la plus difficile quand il s'agit de faire un nouveau disque de Kasabian ? Est-ce que c'est trouver de nouvelles idées, ou garder cette énergie et cette excitation intactes ?


Sergio Pizzorno : Je crois qu'on est passés par la partie la plus difficile. Maintenant, c'est juste du plaisir. Ce qui est génial en vieillissant, c'est qu'on devient plus libre. Beaucoup d'artistes se retrouvent prisonniers de ce qu'ils ont déjà créé. Ils s'accrochent à la version d'eux-mêmes que les gens ont aimée. Je n'ai jamais respecté cette façon de voir les choses.

J'ai toujours pensé que le plus excitant, c'était de faire quelque chose de complètement différent, de continuer à avancer. C'est ce qu'on fait depuis le début. J'ai l'impression que plus on continue à faire de la musique, plus elle peut devenir étrange, merveilleuse, obscure, exigeante... ou plus pop. Ce sont les versions les plus extrêmes de la musique qui me passionnent.

La Face B : Je vous ai vu à Paris il y a quelques semaines, à la Salle Pleyel. C'était un concert incroyable.


Sergio : C'était magnifique. On n'avait aucune idée de ce que ça allait donner un lundi soir. Honnêtement, l'ambiance était électrique. C'était l'une de ces soirées où tout se met en place, où tout se connecte. C'était juste merveilleux. C'était tellement bien. Franchement, c'était l'un des concerts les plus incroyables. La standing ovation à la fin n'en finissait plus. C'était une soirée vraiment spéciale.

La Face B : C'était la première fois que j'entendais Hippie Sunshine en live, et pour moi, ce morceau ressemble déjà à un classique de Kasabian. Est-ce que tu as eu ce sentiment immédiatement, toi aussi ?

Sergio : J'adore cette chanson. Je l'adore vraiment. C'est une chanson très, très spéciale. Il y a quelque chose dedans, surtout ce passage au piano au milieu, qui provoque vraiment quelque chose chez le public. À chaque fois qu'on la joue, elle prend encore plus d'ampleur.

C'est comme un retournement dans un film, comme dans Sixième Sens : « I see dead people. » (Rires.) Et là tu te dis : « Mais qu'est-ce qui est en train de se passer ? » C'est comme dans ce moment-là du film.

La Face B : Quelles chansons du nouvel album vont, selon toi, devenir des incontournables du live ?

Sergio : On va clairement continuer à jouer Hippie Sunshine et Superpowers. On jouera probablement Soulmates aussi. Quand on partira en tournée des salles et des arenas, il y aura pas mal de chansons de cet album dans la setlist.

La Face B : Ce que j'adore dans les concerts de Kasabian, c'est qu'il n'y a presque jamais de pause. Les morceaux s'enchaînent avec des intros, des samples et plein de petites références musicales comme Kendrick Lamar, Stardust, Faithless... Pourquoi est-ce si important pour toi ?

Sergio Pizzorno : On essaie de créer un concert qui soit en mouvement permanent. Ces petits extraits, ces petits « earworms », ils sont là pour capter l'attention des gens. Tu entends quelque chose de familier et tout le monde se retourne en se disant : « Attends... c'est quoi, ça ? »

Il y a clairement une influence de la musique électronique et du hip-hop. Je me souviens avoir entendu quelqu'un passer le thème de Super Mario sur un breakbeat, et j'avais trouvé ça complètement dingue. Daft Punk faisait ça brillamment aussi. Star Wars, la marche de Dark Vador... Ces références te retournent le cerveau pendant une seconde, puis tu replonges dans la musique. J'adore cette sensation.

La Face B : Kasabian a la réputation d'être l'un des meilleurs groupes de scène. Selon toi, qu'est-ce qui fait un grand concert de Kasabian ? Et à l'inverse, qu'est-ce qui fait un mauvais concert ?

Sergio : Les fans. Tout commence et tout se termine avec les fans. Et ça, c'est notre responsabilité. Notre boulot, c'est de créer l'ambiance, de préparer les gens. Mais ce sont eux qui font le concert. Un mauvais concert... Je ne sais pas vraiment. C'est difficile à dire. Tu sais ce qu'est un mauvais concert ? C'est un concert dont tu apprends quelque chose.

On a déjà fait des concerts où rien ne se passait. Il faut juste passer au suivant. Parfois, il n'y a aucune raison particulière. C'est juste que, ce jour-là, l'univers tourne dans le mauvais sens.

La Face B : Tu as toujours été le principal auteur-compositeur de Kasabian, et maintenant tu es aussi le frontman. Est-ce que le fait d'être devenu le chanteur a changé ta façon d'écrire des chansons ?

Sergio : Non. J'ai toujours écrit les chansons de la même manière. J'ai écrit L.S.F. de la même façon que j'ai écrit Hippie Sunshine. Ça, ça n'a pas changé.

La seule chose qui a changé, c'est la scène. Tu deviens Mr. Entertainment, the King of Comedy. Il faut l'assumer. La seule façon de traverser tout ça, c'est d'embrasser le chaos, d'embrasser la folie, d'embrasser l'énergie, et de devenir aussi grand que possible. Fly like an eagle, man. (rires)

La Face B : Les chansons de Kasabian ont toujours donné envie de danser. Si tu devais choisir un morceau de Kasabian parfait pour un club, ce serait lequel ?

Sergio : Eh bien, il y a un morceau sur For Crying Out Loud qui s'appelle Are You Looking For Action? Il dure environ huit minutes, il y a un solo de sax complètement fou, et il ne fait que monter en puissance. Il emmène vraiment les gens quelque part.

La Face B : Je suis aussi DJ, et je passe encore des morceaux de Kasabian. Je suis un peu déçu que vous ne jouiez plus cette chanson.

Sergio Pizzorno : Tu sais quoi ? Elle revient dans la setlist. Il y en a déjà un petit aperçu. Mais oui, je pense qu'on va la remettre à un moment.

La Face B : Et si tu devais choisir un morceau dance qui ne soit pas de Kasabian ?

Sergio : Ooooh... Je vais probablement dire Donna Summer. I Feel Love, sans doute. Je sais que c'est le choix évident, mais ce morceau fait exactement ce qu'il doit faire. C'est un peu l'OG de la musique de dancefloor.


La Face B : Tu fais aussi de la musique dance avec Calvin Harris. Comment cette collaboration est-elle née ?

Sergio : Ça fait un peu vingt ans qu'on gravite l'un autour de l'autre. Et là, c'était simplement le bon moment. C'était génial. Franchement, c'était incroyable pour moi d'avoir un morceau qui est joué à Ibiza et qui retourne complètement le public. Quand il démarre, il démarre vraiment. Et en live, il prend une autre dimension. C'est un mec incroyable. C'est un type formidable, tellement talentueux. C'est un vrai plaisir de travailler avec lui.

La Face B : Kasabian fêtera ses 30 ans l'année prochaine. Vous pensez déjà à célébrer cet anniversaire ?

Sergio : Oui, probablement. On va surtout passer les deux prochaines années sur la route. On va essayer de visiter le plus de pays possible.

La célébration, ce sera ce nouvel album, mais aussi le fait qu'on continue à faire une musique qui nous passionne et à donner de grands concerts.Le concert à Paris, l'autre soir... on a encore des soirées qui nous surprennent. Même après toutes ces années, il y a encore des moments où tu te dis : « Wow... je ne m'attendais pas à ça. » Ça devient de plus en plus fou.

La Face B : Quand Kasabian a commencé, des albums comme OK Computer, Urban Hymns ou The Fat of the Land venaient de sortir. Est-ce que tu écoutes toujours ces disques aujourd'hui ?

Sergio : Oui. Radiohead ne m'a jamais quitté. Il y a des choses que tu écoutes quand tu es ado et que tu n'écoutes plus forcément ensuite. Mais Radiohead, j'y reviens toujours avec énormément de plaisir. Je cours beaucoup en écoutant In Rainbows. C'est un peu mon album de running. Donc oui... ils sont magnifiques.

La Face B : Je suis obligé de te poser une question football. Leicester vient d'être relégué. Est-ce que ça fait bizarre de jouer Club Foot après ça ?

Sergio : (Rires.) Oui. C'est dans les moments difficiles que l'équipe a le plus besoin de toi. D'une certaine façon, maintenant, c'est aux supporters de répondre présent. C'est là qu'il faut rester fort. C'est facile quand tout va bien.

Là, il faut soutenir encore plus fort. Il faut chanter encore plus fort. Mettre encore plus de passion. C'est précisément dans ces moments-là que ça compte.

La Face B : Tu vas toujours au stade quand tu peux ?

Sergio : Oui. Bien sûr.

La Face B : Tu pourrais un jour imaginer investir dans le club ?

Sergio : Non, je ne pense pas. Je suis très heureux d'être un ambassadeur de Leicester et de parler du club partout où je vais. Ça me suffit largement.

La Face B : Pourquoi Club Foot n'est toujours pas l'hymne officiel de Leicester City ?

Sergio : (Rires.) Je ne sais pas ! Peut-être que ça devrait l'être.

La Face B : Merci beaucoup pour ton temps.

Sergio : Merci à toi, mate. À bientôt.

La Face B : À bientôt.

Sergio : Au revoir.

La Face B : Au revoir.

 


ENGLISH VERSION

La Face B : Hello Sergio ! How are you ?

Sergio Pizzorno: Good, very good and you !

La Face B : I’m fine. And Kasabian has been one of my favourite bands for a long time. Act III is your third album in four years. What keeps inspiring you to create so much music?

Sergio Pizzorno: I just love what I do. I love making records, going on tour, creating songs. I love everything that comes with an album : the visuals, the artwork, the live show. I get so much joy out of being creative. It's kind of been prolific just because of enjoyment, really.

La Face B: You just played your biggest-ever headline show at Finsbury Park. Does that feel like one of the defining moments in Kasabian's history?

Sergio: It was absolutely unbelievable. It was probably one of the best shows we've ever played. The atmosphere was incredible. It felt almost like a football match in South America, with flares everywhere and just this unbelievable energy. The thing that struck me the most was seeing the new generation of Kasabian fans. The kids were absolutely going for it. It was beautiful.

La Face B : You played songs like Goodbye Kiss, which don't appear in the set very often. Has this tour been an opportunity to bring some of those songs back? And you're heading back to Japan as well during this last summer.

Sergio: Yeah, we're playing Summer Sonic. Japan is really our second home. We've been there so many times over the years. I've always felt that Japanese audiences understand Kasabian better than almost anywhere else. They get the subtle influences, the style… They really understand the essence of the band. It's an amazing place to play, and the atmosphere is always so crazy. I can't wait to go back.

La Face B : And what do you love about Japan when you're not playing shows?

Sergio: Yeah, the whole culture. The fashion, especially. The art as well. I love Japanese design. Every time I go, I come back with three suitcases full of stuff.

La Face B : Everything seems to lead into Act III. What makes this record different from The Alchemist's Euphoria and Happenings?

Sergio: I feel like this album contains elements from every era of Kasabian. As a songwriter, I've learned so much over the years. I've developed a way of writing and a sound that, to me, defines Kasabian better than ever. I'm really proud of this record. I think it's got strong melodies, big songs that are made for live shows, but it's also got something more poetic. And there's this idea of the Act III, which really sums up the last six years.

 

La Face B : You've described it as a third act,  almost like an opera.

Sergio: Yeah, that's how I see it. It’s been quite a crazy ride the last few years.. Music is a way of healing and a way of therapy. It’s a way og getting across ideas, emotions and connection. The stories are such a powerful. We’re all so wrapped up in our own stories or the stories that we believe. Because, we’re putting faith in things that we really don’t know anything about the universe. That’s a story in itself. What does any of it mean ? It's just a story that we make up to make ourselves feel OK. So based on a story structure and the third act in the story is the coming together of all the elements.

La Face B : This album feels more melodic to me, maybe even more pop in places, while still keeping Kasabian's electronic and psychedelic DNA. You can also hear piano, strings and acoustic guitar. Was that intentional?


Sergio: Yeah.  For me, everything starts with melody. It's something magical  it's almost impossible to explain. You can learn technique. You can become a better musician, play faster, know more chords. But writing a great melody isn't something you can really learn. It comes from somewhere mysterious. I grew up loving The Beatles. Their songs are essentially built around incredible melodies, with really strong verses and choruses. That's what I love about music.

Sometimes I get frustrated. I hear songs and I just think the melody isn't good enough. But when a song has a truly great melody, it feels like you've known it forever. It becomes timeless. That's exactly what I wanted Act III to be: a timeless album, not just a collection of cool ideas.

La Face B : There are also several short interludes on the album. Why was it important to include them?


Sergio: It’s really to do with listening to the albim in its entirely, which I know is not necessarily what people do these days. I wanted this album to feel like a journey. The interludes let you breathe between songs. They give you time to process one emotion before moving into the next. I'm a huge fan of film scores and instrumental records. I love the idea of taking the listener somewhere and emotionally preparing them for what's coming next. So they’re put in there to just bring you down to manipulate you (laugh), to make you ready for the next idea.

La Face B: Is there one song on Act III that you're especially proud of?

Sergio: I really feel that Superpowers and Soulmates are really dear to me. They feel like so Kasabian songs, and I'm really proud that we created that sound that can only be made by one band. I feel that those two are really cool. I'm also really proud of Hippie Sunshine. Those three songs in a row are probably one of the strongest runs of songs I've ever made. I feel that they're really great.

La Face B: After so many albums, what's the hardest part of making a new Kasabian record? Is it finding new ideas, or keeping the energy and excitement alive?

Sergio: We’ve Been through the hardest part now. It’s just fun now. actually think we've already done the hardest part. The great thing about getting older is that you become freer. A lot of artists get trapped by what they've already created. They cling to the version of themselves that people loved. I've never respected that. I've always thought the exciting thing is to do something completely different, to keep moving forward. That's what we've done from the start. I feel like the longer we keep making music, the weirder, more wonderful, more obscure, more challenging or more pop. It can become the extreme versions of music are what make it exciting for me.

La Face B : I saw you in Paris a few weeks ago at the Salle Pleyel. It was an incredible show.

Sergio: It was beautiful. Weh ad no idea what that would be like on a Monday. Honestly, the atmosphere was electric. It was one of those nights where everything connected. The atmosphere was electric. It was just wonderful. It was so good. Really one of the most amazing show. The standing ovation at the end just kept going. It was a really special night.

La Face B : It was the first time I'd heard Hippie Sunshine live, and to me it already feels like a classic Kasabian song. Did it immediately feel that way to you too?

Sergio: I love that song. I absolutely adore it.It’s a really speacial song. There's something about it, especially the piano breakdown in the middle, that really does something to the crowd. Every time we play it, it seems to get bigger. It's like a twist in a film like The Sixth Sense : « I See Dead People » (laugh). And you go, what is going on ? It’s that bit of the film.

La Face B: Which songs from the new album do you think will become permanent fixtures in the live set?

Sergio: We'll definitely keep playing Hippie Sunshine and Superpowers. We'll probably play Soulmates too. When we tour arenas, we'll be playing quite a few songs from this record.

La Face B : One thing I love about Kasabian shows is that there's almost never a pause. Songs flow into one another with intros, samples and little musical references like Kendrick Lamar, Stardust, Faithless… Why is that so important to you?


Sergio: We're trying to create a live show that's in perpetual mouvement. Those little drops, those little earworms, they're there to keep people's attention. You hear something familiar and everyone looks around thinking, "Wait... what's that?"

There's definitely an influence from dance music and hip-hop. I remember hearing someone play the Super Mario theme over a breakbeat and thinking it was unbelievable.

Daft Punk used little cultural moments brilliantly too.  Star Wars, Darth Vader's march... Those references blow your mind for a second before you're thrown back into the music. I love that feeling.

La Face B : Kasabian has a reputation for being one of the great live bands. In your opinion, what makes a great Kasabian show? And what makes a bad one?

Sergio: So The fans. It begins and ends with the fans. And that’s on us. Our job is to create the atmosphere and get people ready, but they're the ones who make the show.

A bad show... I don't really know. It’s hard to say. You know what a bad show is ? You just learn form a bad show. We've had shows where it just isn't happening. You just have to move on. Sometimes there's no specific reason. The universe just spins the wrong way that day.

La Face B: You've always been the main songwriter in Kasabian, and now you're also the frontman. Has becoming the singer changed the way you write songs?

Sergio Pizzorno: No. I've always written songs the same way. I wrote L.S.F. the same way I wrote Hippie Sunshine. That part hasn't changed. The only thing that's changed is performing. You become Mr. Enterainment, the king of comedy. You've got to embrace it The only way I would say to get through it is to just embrace the chaos, embrace the madness, embrace the energy and just become as big as you can possibly become. Fly like an eagle, man.

La Face B : Kasabian songs have always made people dance. If you had to pick one Kasabian song that's perfect for a nightclub, which one would it be?

Sergio: Well, there’s a song on Crying Out Loud called Are You Looking For Action ?. It's about eight minutes long, it's got a saxophone solo which is pretty wild, and it just keeps building. It really takes people somewhere.

La Face B : I'm a DJ as well, and I still play Kasabian tracks. I'm a bit disappointed you're not playing this song anymore.

Sergio: You know what ? It’s coming back in the set. There’s a little hint of it. But yeah, I think we’re going to be putting that back in the set at some point.

La Face B: And if you had to choose one dance track that isn't by Kasabian?

Sergio: Ooh…Probably I’m going to say Donna Summer. I Feel Love, probably. I know it's the obvious choice but it just does the think. It’s like the OG dancefloor music.

La Face B: You've been making dance music with Calvin Harris. How did that happen?

Sergio: We’ve kind of circled each of us a little bit for the last 20 years. It just was the right time. It’s been brillant. It’s been amazing to me to have a song that just gets played in Ibiza and it rocks. When it goes, it really does. It really kick in live.

He’s a wicked geezer. He’s a beautiful man, so talented. It’s great. It’s a pleasure to work with.

La Face B : Kasabian turns almost 30 next year. Are you thinking about celebrating that anniversary?

Sergio: We probably yeah. We’re just going to be playing for two years so yeah. We’re going to try and visit as many countries as possible. The celebration will be the new record and will be just the fact that we are still making interesting music, and playing great show still. The Paris’gig the other day, we still have nights that surprise us where you sort of feel like even after all this time, things keep surprising us. It just keeps getting more and more crazy.

La Face B : When Kasabian started, albums like OK Computer, Urban Hymns and The Fat of the Land were coming out. Do you still listen to those records?

Sergio: Yeah. Radiohead have stayed with me all these years. Some things you listen to when you’re a teenager, you might not necessarily listen to anymore. But with Radiohead I still find hugely enjoyable. I run a lot and listen to In Rainbows. That’s king of my running album. So yeah, they’re magnificient.

La Face B :  I have to ask one football question. Leicester have just been relegated. Is it strange playing  Club Foot after that?

Sergio: Yeah (laugh). In difficult times, this is when the team really needs you. In a way, it’s now up to the fans. This is where you have have to stay strong. It’s easy when things are going great. So this is when you really have to turn on the supporters. This when you have to go and shout louder thane ver. More passion thane ver. This is when the chips are down.

La Face B : Do you still go to the stadium when you can?

Sergio: Yeah. Of course.

La Face B : Could you ever imagine investing in the club?

Sergio: No. I don't think so.

I'm happy being an ambassador for Leicester and talking about the club wherever I go. That's enough for me.

La Face B : Why isn't "Club Foot" the official Leicester City anthem?

Sergio: I don't know! Maybe it should be.

La Face B: Thanks so much for your time.

Sergio: Thank you, mate. See you soon.

La Face B : See you soon.

Sergio: Au revoir.

La Face B : Au revoir.

©Crédit Photo : Neil Bredford

Pour écouter leur nouvel album, c'est par ici :


 

 

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