Une conversation avec Sebastian Schub

A l’occasion de la sortie de Kiss Of Life, nous avons rencontré Sebastian Schub pour échanger sur son univers et sa façon d’appréhender le live.

Crédit photo : Urna Burnand

English version Below / Version originale plus bas

La Face B : Tu sors de la musique depuis plusieurs années maintenant, avec un premier EP paru l’an dernier. Comment décrirais-tu le projet Sebastian Schub aujourd’hui ?

Sebastian Schub : Je dirais que c’est avant tout une question de liberté d’expression. Le fait d’assumer pleinement la manière dont on a envie de s’exprimer. D’aller au bout de ce qu’on ressent. Je trouve que l’ensemble est plus léger dans le ton, mais émotionnellement, les enjeux restent toujours très élevés. C’est toujours comme si c’était la dernière fois. Si tu montes sur scène, tu joues comme si c’était le dernier concert de ta vie. C’est cette énergie-là. Je pense que toutes les chansons ont une certaine intensité, même celles qui sont plus légères. Pour moi, cet engagement émotionnel est essentiel.

La Face B : Tu as grandi entre une mère allemande et un père anglais, avant de suivre une formation à l’école d’opéra de Hambourg puis de devenir musicien de rue à Londres. En quoi ce parcours influence-t-il aujourd’hui ta manière d’écrire et de chanter ?

Sebastian Schub : Je pense qu’une formation classique, et plus particulièrement en chant lyrique, est extrêmement utile pour tous les outils qu’elle apporte. Le métier, la technique, c’est vraiment important, et je conseillerais toujours aux gens d’apprendre un savoir-faire avant de simplement se lancer.

Le busking, c’est presque l’inverse. Là, tout repose sur les gens qui passent devant toi. C’est très vivant, très mouvant. Tu essaies constamment de capter leur attention. Je jouais souvent une reprise très connue : les gens s’arrêtaient. Puis je passais à une de mes chansons, et ils repartaient.

Au final, ça m’a poussé à écrire de meilleures chansons. La réaction est immédiate. Tu sais tout de suite si ça fonctionne ou non. D’une certaine manière, le busking ressemble beaucoup aux réseaux sociaux. Les gens passent d’une chose à l’autre en permanence, ils « scrollent ». Dans la rue, c’est exactement la même logique.

La Face B : Sur ton projet sorti l’an dernier, les morceaux tournent en moyenne autour de quatre minutes. On sent une vraie volonté de prendre ton temps, de développer les chansons plutôt que de chercher un format calibré pour la radio. Est-ce que c’était une intention dès le départ ?

Sebastian Schub : Il faut simplement laisser les chansons devenir ce qu’elles ont envie d’être. Il ne faut pas laisser des voix extérieures dicter ce qu’elles doivent être. Si tu as envie d’une longue introduction, fais une longue introduction. Tu pourras toujours la raccourcir pour la radio ensuite.

Je pense que l’époque des chansons ultra-courtes est derrière nous. J’ai le sentiment que l’écriture revient au premier plan. Une chanson, c’est aussi un pont, un voyage. Elle doit être une expérience, pas simplement un extrait de trente secondes sur TikTok. Une chanson devrait être un livre.

La Face B : Il y a une forme de gravité qui traverse tout le disque, dans l’interprétation, dans ta manière de poser la voix, mais aussi dans les arrangements. On oscille sans cesse entre l’espoir et la lucidité. Est-ce une tension que tu recherches consciemment, ou est-ce simplement la manière dont les chansons naissent ?

Sebastian Schub : Je crois que ça revient à cette idée d’engagement émotionnel, de ce qu’il y a en jeu. Il faut s’abandonner complètement à ce qu’on ressent. Oui, c’est un choix conscient, parce que je détesterais que ma musique glisse simplement sur quelqu’un. Qu’on l’écoute en se disant juste : « C’est sympa. » Je détesterais ça. J’ai envie qu’elle t’attire, qu’elle te percute de plein fouet.

D’ailleurs, on sort une nouvelle chanson la semaine prochaine, et elle dit exactement ça : « Voilà, on est là. » Je pense que c’est important.

La Face B : Au fond, tout est une question d’émotion.

Sebastian Schub : Oui. C’est très bien résumé. Tout tourne autour des émotions. Des émotions heureuses aussi, pas seulement des plus sombres. Mais pour moi, tout ça relève presque de la vie ou de la mort. Il faut que tout compte. Sinon, pourquoi chanter ? Autant parler.

La Face B : Mon morceau préféré sur le disque est Scared of Screaming. Il dure plus de cinq minutes et trouve un équilibre entre des paroles très sombres et une orchestration qui devient presque hypnotique. D’où est née cette chanson ?

Sebastian Schub : Scared of Screaming est née d’une sorte de poème que j’ai construit au fil d’une année, en accumulant des instants de vie. Beaucoup de passages sont repris mot pour mot. Ce sont des choses qui me sont réellement arrivées et que j’avais simplement notées dans mon journal. Puis je les ai relues en me disant : « Tiens, ça sonne bien. » Et, petit à petit, tout a trouvé sa place dans la chanson.

Ce sont plein de petites scènes, de petites images : le professeur, l’enfant…

J’ai vraiment eu du mal à l’école. Je voulais rassembler tous ces souvenirs dans une même chanson. C’est d’ailleurs ce que j’essaie encore de faire aujourd’hui avec les nouveaux morceaux. Ma musique est un journal intime. C’est un reflet de ma vie. Il n’y a pas de concept derrière. Tu observes le monde, puis tu le retranscris à ta manière.

La Face B : À l’inverse, Sing Like Madonna est traversée par beaucoup plus d’espoir et de rêves. Quelle place occupe ce morceau dans l’équilibre général du disque ?

Sebastian Schub : Je pense que toute ma musique parle du désir. Toutes mes chansons parlent de ce manque, de cette envie de quelque chose de plus. Et Sing Like Madonna est un peu l’hymne de tout ça. C’est comme dire : « Je veux ces choses complètement folles. Je veux être Madonna, je veux chanter. Je veux toutes ces choses plus grandes que nature. » C’est complètement absurde.

Mais je suis sûr que tu connais aussi ce sentiment : au fond de nous, quand on désire quelque chose, ça nous paraît toujours être une demande déraisonnable.

C’est justement ce que j’ai continué à explorer sur ce nouvel album. La musique a évolué. Le son a changé, il s’est développé. Mais au fond, tout continue de parler de cette même chose : le désir et les rêves.

Le premier morceau qu’on sort la semaine prochaine s’appelle Kiss of Life.

La Face B : J’ai eu la chance d’écouter le prochain morceau que tu vas sortir, et je l’ai beaucoup aimé : il est incroyablement lumineux et accrocheur. J’ai aussi vu sur les réseaux sociaux que tu étais en train de mettre la dernière main à ton prochain album. Dans quelle direction t’emmène-t-il ? T’éloignes-tu de la noirceur de ton précédent projet ?

Sebastian Schub : Je ne dirais pas que je m’en éloigne. Je pense que Kiss of Life, en particulier, est un morceau assez audacieux. C’est le disque que j’ai toujours voulu faire. Je ne pensais simplement pas que je pouvais le faire. Je ne pensais pas que j’avais le droit de faire ce genre de musique.

J’allais voir d’autres artistes sur scène et je me disais : « J’aimerais écrire ce genre de chanson. Une chanson immense, glorieuse, joyeuse, une vraie chanson de fête. » Alors je l’ai écrite. Mais je ne savais pas si je pouvais me permettre de le faire, parce que c’était un peu différent de ce que j’avais fait jusque-là.

Je pense que le son évolue, mais qu’il reste fidèle à ce que je suis. C’est une conversation permanente entre tes racines, l’endroit d’où tu viens, et celui où tu aimerais aller. C’est la rencontre entre ton éducation et tes envies de grandir.

Kiss of Life, c’est vraiment le versant du rêve. C’est cette idée de se dire : « J’ai envie d’aller jusque-là. Alors essayons. » L’album sur lequel je travaille reste très ancré dans l’univers de l’EP, avec beaucoup de guitares. Mais je pense qu’il faut toujours chercher à aller plus loin. Il faut voir grand.

La Face B : Pourquoi pensais-tu que tu ne pouvais pas écrire une chanson comme celle-là ?

Sebastian Schub : C’est comme enfiler une chemise. Tu vois quelqu’un porter une chemise que tu trouves géniale et tu te dis : « J’aimerais bien porter ça. » Puis tu l’essaies et tu te demandes : « Est-ce que ça me va vraiment ? Est-ce que je peux assumer ça ? ». Au bout d’un moment, il faut juste la mettre. Il faut simplement oser.

Kiss of Life, c’est exactement cette sensation. J’ai écrit cette chanson avec un ami. J’avais cette idée, je la lui ai apportée et on l’a développée ensemble. J’étais complètement obsédé par ce morceau. Je me suis dit : « Waouh… j’adore ce son. C’est exactement la musique que j’ai toujours voulu faire. »

Et puis on s’est lancé. Je me suis juste dit : « Bon, on le fait. On saute le pas. »

Je pense qu’il faut parfois accepter de sauter dans le vide. Il faut poursuivre ce que l’on désire vraiment, embrasser ses envies. C’est exactement de ça que parle Sing Like Madonna. Et Kiss of Life, c’est le moment où tu décides enfin d’aller chercher tout ça.

La Face B : J’ai lu dans une de tes interviews que, pour toi, l’album reste « la forme la plus complète », à contre-courant de ces singles de trente secondes pensés pour les algorithmes. C’est presque une position militante. Comment tiens-tu cette ligne dans une industrie qui pousse justement vers l’inverse ?

Sebastian Schub : Je crois qu’il existe aujourd’hui un véritable contre-mouvement dans l’industrie. J’ai l’impression que les albums reviennent vraiment. Les gens réécoutent des albums entiers. Je pense aussi que l’écriture est de retour. On voit énormément d’auteurs-compositeurs folk incroyables émerger en ce moment.

Et puis l’industrie est devenue tellement décentralisée qu’il est désormais possible de construire sa propre niche. Tu peux faire ce que tu as envie de faire.

Je pense qu’il faut simplement faire la musique que tu as envie de faire. Faire l’art que tu as envie de faire. Vivre la vie que tu as envie de vivre, plutôt que celle que les autres voudraient te voir vivre.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment que cette sincérité est davantage récompensée. Il y a dix ans, c’était peut-être plus difficile. Aujourd’hui, il existe une vraie liberté : tu peux créer, publier ton travail, et les gens finiront par le trouver.

La Face B : Était-il important pour toi de faire un premier album ?

Sebastian Schub : Oui, je pense. Jack Antonoff a une phrase que j’adore : « The album is God. »

Je pense qu’il faut faire des albums. Bien sûr, on peut sortir des chansons les unes après les autres, et c’est très bien. Mais pour moi, c’est l’album qui compte.

Il y a cette tendance qui consiste à croire qu’il faut créer un énorme engouement avant de pouvoir sortir un album. Comme si tout devait être parfaitement lancé avant d’y avoir droit.

Moi, je pense qu’il faut simplement sortir un album. Laisser les gens l’écouter. Puis en faire un autre. Puis encore un autre. Parce qu’un album apporte du contexte. Tu peux avoir des singles très accrocheurs, mais sans l’univers dans lequel ils s’inscrivent, ils se retrouvent un peu seuls. Même Sabrina Carpenter parle beaucoup de l’importance de construire un univers. Toutes les chansons comptent. Je crois qu’on a parfois tendance à l’oublier.

La Face B : J’ai lu que tu composais beaucoup seul, à la guitare. Pour ce nouvel album, as-tu cherché à t’entourer davantage, à multiplier les collaborations ?

Sebastian Schub : Oui, énormément. Je pense que cet album est profondément un album de collaboration. Au début, j’ai travaillé avec beaucoup de personnes différentes. J’avais envie de rencontrer de nouveaux collaborateurs parce que je trouvais ça passionnant. Et puis, petit à petit, je suis revenu à une écriture plus solitaire.

C’est un équilibre permanent : faire en sorte que la musique reste la tienne, tout en acceptant que la musique soit, par nature, une expérience collective. Je détesterais être seul sur scène. J’ai longtemps joué seul, mais aujourd’hui je joue avec un groupe. Et je crois que c’est ce que je préfère. Soit je suis sur scène avec un groupe, soit je suis seul mais avec un public totalement impliqué avec moi.

J’écris énormément de chansons seul. Toutes les paroles sont écrites par moi, et personne n’y touche. C’est vraiment important pour moi. Mais la musique reste quelque chose qui se partage. Il faut accepter de s’ouvrir aux autres. On apprend énormément en collaborant. On apprend à trouver l’équilibre entre ce qui vient de soi et ce qui vient des autres.

Et au final, on est récompensé par cette idée de communauté. Je pense que c’est une bonne chose d’accepter de se mettre parfois un peu en retrait pour faire de la place au collectif. Dans la vie aussi, on est plus heureux ensemble.

La Face B : Tu viens de la rue, du busking, où il faut littéralement retenir l’attention des passants. Qu’est-ce que cette expérience t’a appris que les concerts « classiques » ne t’auraient jamais appris ?

Sebastian Schub : Quand tu joues un concert, les gens sont déjà venus pour te voir, ou au moins pour voir un artiste. Tu as déjà remporté une première victoire. Dans la rue, personne ne t’attend. Personne ne veut vraiment que tu sois là. Tu dois convaincre les gens d’abandonner ce qu’ils étaient en train de faire pour venir t’écouter. Et ça, c’est extrêmement difficile.

Ça t’apprend surtout la valeur de l’attention. Quand tu joues dans la rue, tu cherches simplement à faire s’arrêter une personne. Puis deux. C’est presque une chasse.

L’an dernier, j’assurais les premières parties de Noah Kahan et, d’un coup, tu te retrouves devant 20 000 personnes qui te regardent. Là, tu prends vraiment conscience de la chance que tu as. Ils sont là. Ils t’écoutent. Je n’ai plus besoin de les convaincre de venir : ils sont déjà présents. Ça rend extrêmement reconnaissant. Et puis ça t’apprend aussi à parler à un public. C’est une école de la scène. Tu te sens moins maladroit, tu prends confiance. Le busking est terrifiant. Vraiment. Il faut simplement se jeter à l’eau. Tous ceux qui disent que ce n’est pas intimidant mentent. C’est effrayant. Mais à force, on s’y habitue. Comme lorsqu’on saute dans l’eau.

La Face B : Tu as déjà dit que tu aimais rester dans des lieux très intimistes, devant trente ou cinquante personnes. C’est d’ailleurs ce que tu fais à Paris en ce moment, non ?

Sebastian Schub : Oui, on organise quelque chose qui s’appelle Early Versions. Je voulais simplement créer un endroit où je puisse essayer de nouveaux morceaux et les faire découvrir avant leur sortie.

Même quand on est en tournée dans de plus grandes salles, j’aime cette idée de jouer un gros concert, puis, la veille ou le lendemain, de retrouver cinquante personnes dans le fond d’un pub pour jouer quelques nouvelles chansons, mais aussi des anciennes. L’intensité n’est pas la même.

Quand on ouvrait pour Noah Kahan devant 20 000 personnes, c’était incroyable. J’ai adoré. Mais ce sont simplement deux expériences complètement différentes. Et moi, j’ai envie de vivre les deux.

Je trouve que c’est un vrai privilège de rencontrer les gens qui écoutent cette musique. Tu discutes avec eux, tu découvres leur histoire, leur relation aux chansons. Parce qu’à partir du moment où une chanson sort, elle ne t’appartient plus vraiment. Elle devient aussi la leur. Alors j’ai envie de continuer à faire ça. Je trouve ça beau.

La Face B : Avec un projet qui prend de plus en plus d’ampleur et une carrière qui s’accélère, comment comptes-tu préserver cette proximité ?

Sebastian Schub : C’est exactement l’idée. Imagine : on revient jouer à Paris dans une salle plus grande. On reste deux jours sur place. Et avant le concert, on annonce : « Retrouvez-nous dans ce petit pub, je vais jouer vingt minutes à la guitare avec un ami. »

On y jouera des morceaux qu’on ne jouera peut-être pas le soir même et on verra si c’est faisable d’un point de vue logistique, mais je trouve que ce serait génial. Ça a du sens. Et puis, pour être honnête, j’en ai tout simplement envie.

C’est peut-être un peu égoïste, mais ça me plaît. Tu ne sais jamais vraiment si une chanson est bonne avant de la jouer devant quelqu’un. Tu peux être chez toi et te dire : « Celle-là, je l’adore. » Puis tu la joues devant quelqu’un et tu te rends compte que tu avais complètement tort. Dès que tu te retrouves face à un public, tu comprends immédiatement ce qui fonctionne. Je crois que c’est important de continuer à vivre ces moments-là.

La Face B : Comment abordes-tu les clips ? Est-ce qu’ils prolongent ce que raconte une chanson, ou est-ce que c’est un exercice complètement différent, avec ses propres règles ?

Sebastian Schub : Ça dépend. Parfois, le clip est le prolongement naturel de la chanson. D’autres fois, c’est davantage une porte d’entrée dans mon univers, dans ma vie, dans mon imaginaire. Et, dans ce cas-là, la chanson devient presque la bande-son de cette histoire.

J’essaie encore de comprendre ce qu’est un clip aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux. Comment construit-on un univers visuel ? Honnêtement, je trouve ça très difficile. Mais j’adore ça. Essayer de trouver la bonne formule est passionnant. Et je pense que c’est vraiment important.

C’est intéressant parce que certains artistes réalisent des clips magnifiques qui n’ont absolument rien à voir avec la chanson. Ils sont juste beaux. Et c’est très bien comme ça. D’autres racontent une histoire. D’autres encore ont une portée plus symbolique.

Comme pour toute forme d’art, j’aime l’idée de collaborer. Je ne réalise pas mes clips moi-même. J’arrive avec des idées, bien sûr, mais ensuite tu travailles avec quelqu’un d’autre, avec un autre regard. Une personne qui écoute la chanson, qui y projette sa propre sensibilité, et ensemble vous créez quelque chose. Je trouve ça très excitant.

La Face B : Dernière question : dans cinq ou dix ans, qu’aimerais-tu que les gens retiennent du Sebastian Schub d’aujourd’hui ?

Sebastian Schub : Oh… belle question pour finir. Ça va paraître très cliché. J’espère simplement qu’ils se diront que je suis resté moi-même. Que j’ai toujours fait les choses comme j’avais envie de les faire. C’est quelque chose de très important pour moi : aller au bout de ce que je crois juste. M’y consacrer à cent pour cent. Comme si ma vie en dépendait. Tout donner.

English version

La Face B: You’ve been releasing music for a few years now, with one EP coming out last year. How would you describe the Sebastian Schub project today?

Sebastian Schub: I think it’s very much just about embracing freedom of expression. Just embracing however you want to. Embracing emotional commitment to something, you know. I think it’s much lighter in tone, but emotionally, the stakes are always high. It’s always like it’s going to be the last. If you’re going to play a show, it’s going to be the last show you’ll ever play. It’s that energy. And I think all the songs have a certain intensity to them, even if they’re fun. And I think that’s really important to me: the emotional commitment.

La Face B: You grew up with a German mother and an English father, and you attended the Hamburg Opera School before becoming a busker in London. How does that background influence the way you write and sing today?

Sebastian Schub: I think a classical background, like an opera background, is just really helpful in terms of the tools you get. The craft of it is really important, and I would always encourage people to learn a craft rather than just go out and play at it.

I think busking is kind of like the opposite. Busking is all about people walking past, and it’s very dynamic. You’re trying to get people’s attention. I think I would play a cover of a big famous song, and people would stop and listen, and then I’d play my own song, and people would leave.

Then that would make me go write better songs. I think it’s immediate. There is an immediate response. Busking is a lot like social media, actually. You’re kind of just swiping past: the next one, the next one. And busking is very similar to that.

La Face B: On your project released last year, the tracks average around four minutes in length: there’s a real sense that you’ve made a conscious effort to take your time and focus on structure rather than aiming for a radio-friendly format. Was that a deliberate choice from the outset?

Sebastian Schub: Just make the songs what they want to be. I think don’t let outside voices dictate how it feels on the inside. I think if you want the intro to be long, go with the long intro. Because you can always edit it for radio. I think the age of short songs is over. I think songwriting is back.

I think part of songwriting is a bridge, a journey. You want a song to be a journey, an experience, and not just a 30-second sound clip on TikTok. You want it to be a book.

La Face B: There’s a sense of gravity that runs through the whole album—in the singing, in the way you use your voice, and even in the choice of instruments. As you listen, you’re constantly oscillating between hope and lucidity. Is that a tension you consciously seek, or is it just the way the songs turn out?

Sebastian Schub: I think it goes back to emotional commitment and stakes. Really committing to the feeling of it. Really making it. That’s an intentional choice because I think I would hate for my music to wash over someone, for them to just go, « That’s nice. » I would hate that. I want it to pull you in.

I want it to hit you in the face. And then we’re putting a song out next week, and it’s very much like, « Here we are. » I think that’s important.

La Face B: It’s all about emotion.

Sebastian Schub: Yeah. Well put. It’s all about emotions. Good ones as well, happy emotions as well. But I think, you know, it’s like life or death to me. I think it needs to be everything. Otherwise, why sing? Like, you might as well just talk.

La Face B: My favourite track on the album is Scared of Screaming: over five minutes long, striking a balance between lyrics that are sombre in tone and an orchestration that becomes almost gripping. Can you tell me where that track came from?

Sebastian Schub: Scared of Screaming came from basically a poem I collected over a year of just moments. A lot of it is verbatim, a lot of stuff that actually happened that I just wrote down in my diary. Then I went, « Oh, that sounds good. » And then I just ended up writing the thing, and it all fit in there. It was all these different vignettes and images: the teacher, the kid…

I really struggled at school. All these different pictures, I just really wanted to get them in. It’s like that’s what I’ve tried to do with the new music now as well. The music is a diary. It’s a reflection of my life, really. There’s not a concept to it. It’s just you see the world and you put it back out, I guess.

La Face B: In contrast, in Sing Like Madonna, the vocals are full of hope and dreams. How do you see that track fitting into the overall balance of the album?

Sebastian Schub: I think all the music is about desire. All my music is about yearning, it’s about wanting something more. And Sing Like Madonna is the theme tune of that. It’s like I want these ridiculous things. I want to be Madonna, I want to sing. I want all these larger-than-life things, so ridiculous. But I think (I’m sure you have this as well) in our hearts, that’s what it feels like when we want something. It feels like a ridiculous request.

That’s something I’ve been working on with this new album now. The music has changed. The sound of it has changed. It’s evolved and developed, but at the heart of it, it’s still about yearning, and it’s about dreaming. The first song we’re putting out next week is a song called Kiss of Life

La Face B: I was lucky enough to hear the next track you’re releasing, and I really liked it: it’s incredibly bright and catchy. I’ve also seen on social media that you’re putting the finishing touches to your next album. What direction are we heading in? Are you moving away from the sombre tone of your previous project?

Sebastian Schub: I wouldn’t say it’s moving away from it. I think Kiss of Life, particularly, is kind of a bold record. It is the record I always really wanted to make. I didn’t think I could. I didn’t think I was allowed to do that. I’d go watch other artists play and think, « Oh, I want that kind of song. I want this big, glorious, happy, fun party of a song. » So I wrote it, but I wasn’t sure whether I was allowed to do it because it’s just a bit different.

A lot of the music coming out now… I think the sound is evolving, but it’s staying true to where I come from. I think it’s very much a conversation between your roots, where you come from, and where you want to go. It’s the clash of upbringing and dreams of growth. I think Kiss of Life is very much dreams. It’s like, « I want to get to this place, so let’s try that out. »

The album I’m working on has guitars. It’s very much still in the world of what the EP was, but I think you’ve just got to strive for more. You’ve got to dream big.

La Face B: Why did you think that you couldn’t write a song like this?

Sebastian Schub: It’s like putting on a shirt. You see someone wear a cool shirt, and you go, « I want to wear that. » And then you put it on, and you go, « Can I really pull that off? » You’ve just got to do it. You’ve just got to go wear the shirt.

And I think Kiss of Life feels like that. I wrote it with a friend, and I had this idea for the song. I brought it to a friend, and we wrote it together. I was just obsessed with the song, and I went, « Wow, I just love how this sounds. This is what I always wanted to make. » And we just did it. I just went, « Okay, fuck it. Let’s do it. We’ll just do it. Take the leap. »

I think you have to take the leap sometimes and chase, embrace what you actually want and what you desire, which is what Sing Like Madonna is about. And I think Kiss of Life is very much about fucking getting it.

La Face B: I read in one of your interviews that, for you, the album remains « the most complete form », going against the grain of the 30-second single designed for algorithms. It’s almost a militant stance on your part: how do you stick to this line in an industry that’s pushing for the opposite?

Sebastian Schub: I think there’s actually a really big counter-movement now in the industry. I think albums are really back. Everyone listens to albums again. I think songwriting is back, as I said. I think there are a lot of brilliant folk writers on the rise.

But I think the industry has become so decentralised that you can really build your own niche. And I think you can get away with just doing what you want. I think just make the music you want. Make the art you want. Live life the way you want to, not the way other people tell you to.

I think you get rewarded for it now in a way that, even ten years ago, maybe it was stricter. I think now there’s more freedom to actually just make art and put it out there. People will find it.

La Face B: Was it important for you to make your first album?

Sebastian Schub: Yeah, I think… Jack Antonoff said it: « The album is God. » I think you’ve got to make albums. I think you can make songs and songs, and it’s great, but that’s where it’s at.

I think there’s this trend of needing hype before you release your album. Like, « Oh, we’ve got to get everything going before you can put out the album. » Just put out an album. Let people listen to it. Then make another album. Make another one.

It’s really because I think it’s context as well. You have these singles, you have the big catchy songs, but without the context of the world of the album, they’re just alone. And even Sabrina Carpenter says that the world is so important. All the songs are really important. I think we can forget that sometimes.

La Face B: I’ve read that you compose a lot on the guitar, on your own. For this new album, have you tried to surround yourself with different people, to seek out other collaborations?

Sebastian Schub: Yeah, a lot. I think the album is very much an album of collaboration.

At the beginning, I worked with a lot of different people, trying to find different people because I thought that was really exciting. And now I’ve kind of gone back a bit to working alone, on the writing front.

It’s a real balance of making sure something stays your own. But also, music is a collective experience, and I would hate to be on stage alone. I’ve been playing a lot alone in my life, but we’re with the band now. The shows are with a band.

I either want to be on stage with a band, or I want to be on stage and then the crowd is there with me.

I write a lot of songs alone. I write all the lyrics alone. No one touches the lyrics. Just me. No one touches the lyrics. I think that’s really important. I think music is a collective experience. You’ve got to share it. You’ve got to open yourself up to that. And you learn a lot from it. You find the balance of how much is me, how much is them. But you get rewarded for community in the end.

I think inconveniencing yourself for community is a good thing. In life as well. We’re happier together.

La Face B: You come from the streets, from busking, where you literally have to hold passers-by’s attention. What has that taught you that « traditional » gigs would never have taught you?

Sebastian Schub: I think when you play a gig, people come to watch you, or people come to watch something. So you’ve already won it. But when you busk, no one wants you there. You have to win people over. You have to convince people to abandon what else they’re doing and come and watch you instead, and that’s really hard.

And I think it really teaches you the value of attention. Like when people stop when you’re busking, you’re hunting for people to stand. One or two people.

Last year I was on stage opening for Noah Kahan, and there were like 20,000 people out there just staring at you, and you really appreciate that. They’re listening. It’s great. I don’t have to convince them to come. They’re listening to me. I think it just makes you grateful for it.

But it also helps you talk to a crowd. It’s the craft of performing. It helps you feel less awkward. It makes you feel more confident. Busking, because it’s so scary, it’s terrifying. You’ve got to jump into it. Anyone that says busking isn’t terrifying is lying. It’s scary. But then you get used to it. It’s like jumping into the water.

La Face B: You’ve said you prefer to stick to intimate settings, venues holding 30 to 50 people. I think this is what you’re doing in Paris now?

Sebastian Schub: We’re doing a thing called Early Versions. I really just want to have a place to try out new material and to show new songs.

And even when you’re on tour playing bigger venues, I like this idea of: we’re going to do this big show, but also, here I’m going to play to 50 people in a back room. I’m going to play some new songs, some old ones, because the intensity of that moment with someone is a different thing.

When we were opening for Noah Kahan and playing to 20,000 people, amazing. I loved it. It’s amazing. But they’re just very different things. I want to do both. I think it’s such a treasure to actually meet the people who listen to the music. You talk to fans, you hear their stories and their journey with the songs, because once the song’s out, it’s theirs. So I’ll keep doing that. I think it’s nice.

La Face B: With a project that’s gaining traction and your career rising, how do you think you’ll be able to keep that going?

Sebastian Schub: That’s the idea. Imagine we’re in Paris, we’re playing a bigger venue, and then we’re in Paris for a day or two, maybe, and before the show we’ll go, « Come to this little pub, and I’m going to play 20 minutes on a guitar with my friend. » And we’re going to show some stuff that we might not play at the show.

I think we’ll see how the logistics will work, but I think that’s cool. It’s great. It makes sense. I think it would be fun, and I really enjoy it. I’m being selfish. I just want to do that.

You don’t know if a song is good until you play it to someone. You write it, you go like, « I like this, » and then you play it to someone, and you go, « Oh no, I was wrong. It was terrible. » As soon as you stand in front of someone, playing to them, you realise what works. I think it’s good to keep doing that.

La Face B: How do you approach the music video? Do the visuals serve to extend what you’re saying in the song, or is it a separate endeavour, with its own set of rules?

Sebastian Schub: I think it depends. Sometimes it’s an extension of the song. And sometimes it’s an introduction to my world, my life, my creative world, rather than just the song. And it’s the song that’s just the soundtrack to that.

I’m just trying to figure that out. What is a music video in the age of social media as well? How do you even approach visual world-building? I find it really difficult, to be honest. I love it, but trying to make that work is fun. I think it is really important.

It is interesting because there are some artists that put out amazing music videos. Some have nothing to do with the song. It just looks cool. And I think that is fine. That is great. There are some music videos with a story, and there are some music videos that are really meaningful.

Like any piece of art, I would get someone else to do it. I don’t make music videos. I have ideas, but you collaborate with someone, with another pair of eyes who listens to the song and has their own feelings, and then you make something. I think that’s exciting.

La Face B: In five or ten years’ time, what would you like people to remember about you as you are today?

Sebastian Schub: Oh, big one at the end. This sounds really cliché. But I hope they remember that I stayed myself. I just did things the way I wanted to do them. I think that’s so important to me, that I just committed to it. I gave it 100%, like life or death, just everything.

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