Pour sa 34e collection de l’été, le festival rock de Saint Malo propose une programmation marquée par la vague post-punk irlandaise, l’indie rock de connaisseur et l’électro-rave montant. Au final, il s’agit très certainement de l’une des meilleurs programmations du festival de cette décennie. Se déroulant du 12 au 15 août au Fort de Saint-Père, la Route du Rock est avant un festival réunissant un public amoureux de l’indie et qui a vu du beau monde dans son histoire comme les Cure, Pulp, Blur, Muse, Phoenix ou encore Tame Impala. Pour cette édition, nous avons repéré sept concerts à ne surtout pas manquer !

Gurriers
Mercredi 12 août
Leur son semble avoir été façonné dans l’obscurité des caves de Dublin. Entre post-punk, noise rock et shoegaze, Gurriers érige un mur de guitares abrasives sur lequel viennent se fracasser une rage sourde et un climat d’anxiété permanent, sans jamais sacrifier le sens de la mélodie. Sur scène, le groupe se transforme en véritable déflagration : une énergie incontrôlable qui fait voler les corps et déclenche les premiers pogos. En les plaçant en ouverture de la Nouvelle Vague, les organisateurs ont clairement l’intention de réveiller le public dès les premières minutes du festival.

DITZ
Jeudi 13 août
Encore un quintet post-punk britannique ? Oui, mais DITZ a depuis longtemps trouvé sa propre voix. Celle de Cal Francis, d’abord, qui oscille entre spoken word et cris cathartiques, saisissant l’auditeur à la gorge. Les guitares, tantôt accrocheuses, tantôt stridentes, flirtent avec les sonorités industrielles tandis que les morceaux se construisent sur une répétition hypnotique des rythmes, renforcée par un chaos bruitiste savamment orchestré. Il suffit d’entendre Four ou Ded Würst pour comprendre : ici, tout invite au moshpit. Le concert s’annonce aussi brutal que libérateur.

Marie Davidson
Vendredi 14 août
Beaucoup l’ont découverte grâce à Work It, son irrésistible collaboration avec les génies de Soulwax. Il est pourtant temps de redécouvrir Marie Davidson, revenue au premier plan avec City of Clowns, l’un des albums électroniques les plus marquants de l’an dernier. La Canadienne cultive une électro sombre, sensuelle et hypnotique, portée par un spoken word aussi ironique que provocateur. Mais Marie Davidson n’est pas seulement chanteuse : c’est aussi une DJ redoutable, capable de faire basculer son live vers des séquences club aussi inattendues que grisantes, donnant une nouvelle texture à son répertoire.

BIG WETT
Samedi 15 août
Révélée par ses démos sur SoundCloud et des prestations scéniques aussi délurées qu’envoutantes et devenues virales, BIG WETT revendique une musique de club totalement décomplexée. Programmée sur la scène des afters, elle promet un concert plus coquin que jamais. Avec des titres comme Kiss My Ass, 69 ou Hold Up Ur Body, l’artiste australienne s’impose comme une véritable icône queer, célébrant une sexualité positive où la provocation devient un art de vivre. Beats 90’s, electroclash, slut pop : tout se mélange dans une explosion de mauvais goût parfaitement assumé. Ajoutez à cela des costumes extravagants, des chorégraphies absurdes et une interaction permanente avec le public, et vous obtenez l’un des concerts les plus déjantés du week-end. Ne prenez surtout pas le premier bus du retour.

Friko
Samedi 15 août
Friko rappelle avec une étonnante fraîcheur ce que l’indie rock des années 2000 avait de plus imprévisible. Une écriture qui refuse les conventions, des mélodies qui avancent de travers avant de s’embraser, et une intensité émotionnelle de chaque instant. Leur deuxième album, Something Worth Waiting For, confirme tout le bien que l’on pensait de leurs débuts. La voix éraillée de Niko Kapetan accentue chaque souffle, chaque inflexion, tandis que les guitares s’élèvent dans des envolées mélodiques avant de s’effondrer dans un tourbillon de désespoir incandescent.

chest.
Samedi 15 août
On les avait découverts en parallèle de Fontaines D.C. à Rock en Seine. Cette fois, on les retrouvera juste avant les Irlandais. Le quintet français, qui prépare la sortie de son premier album et une release party déjà annoncée à La Maroquinerie, débarque avec une furie communicative. Chaque morceau est une décharge électrique de riffs abrupts et de tension permanente, quelque part entre IDLES et DITZ. Sur scène, le chanteur Eliott Selwood semble possédé, traversé par ses propres démons, avant de venir se jeter au plus près du public pour entraîner la foule dans une ultime série de slams et de pogos.

Fontaines D.C.
Samedi 15 août
C’est l’exclusivité de cette édition. Et il serait tout simplement impensable de manquer Fontaines D.C. Les Irlandais reviennent avec une nouvelle tournée et un album en préparation. Que nous réservent-ils ? Quels nouveaux morceaux viendront enrichir leur répertoire ? Le mystère reste entier. Une chose paraît néanmoins certaine : le concert sera chargé d’émotion après la disparition de leur manager de longue date, dont le décès a profondément marqué le groupe. On peut également s’attendre à découvrir des compositions aux accents plus eighties et électroniques, dans la continuité de leur récente évolution. Mais assister à un concert de Fontaines D.C., c’est surtout retrouver un groupe qui ne cesse de gagner en ampleur, en personnalité et en intensité. Les incontournables seront là, quelques surprises aussi, avec peut-être le retour de titres délaissés durant la tournée ROMANCE. L’attente est immense.

A noter que la Route du Rock est aussi un espace culturel et de rencontre autour d’autres passions. Le tournoi de foot sera toujours présent pour célébrer l’équipe de festivalier qui aura le mieux récupéré de sa nuit de camping. On retrouvera également exposition photo sur Jean-Louis Murat de Frank Loriou. une conférence sur les power trio et duo de l’incontournable Christophe Brault, des concerts sur la plage l’après-midi et bien entendu la plus grande chenille du monde le dernier soir !