News

Les clips de l'été 2026 - Partie 2

Si La Face B a pris des vacances, les artistes n'ont pas cessé de nous offrir des clips. On vous a donc sélectionné les meilleurs clips parus pendant l'été. Sans plus attendre, la seconde partie de notre sélection. 


Auren - Record 

Alors que son prochain album, Réciproque, est attendu le 28 août prochain, Auren nous dévoile le clip de Record. Une chanson pleine d'émotions dans laquelle elle établit un parallèle entre la maladie et le sport. 

Sur des plans dignes d’un documentaire sportif, on la suit lors de sa course en montagne. Elle y met en exergue le lien entre cette épreuve sportive et les épreuves qu’elle traverse dans son corps. Que ce soit face à la maladie mais aussi face aux injonctions faites aux femmes, comme le rappellent ses mots. 

L’image suit parfaitement le message. La course, à l’instar de la maladie, est faite de hauts, de bas, de moments ensemble et d’autres en solitaire. Elle demande de la résilience, des efforts, et surtout, de garder espoir. Si les plans de montagne filmés au drone sont à couper le souffle, les plans rapprochés de la coureuse font écho à ses paroles. On se sent au plus proche de ses pensées, qui ne cessent de l’envahir. Oscillant entre informations factuelles sur la course et sentiments sur son combat. 

En quelques minutes, elle nous montre la manière dont la course à pied lui permet de se réapproprier son corps et de se sentir plus forte. Le clip se termine en beauté à la ligne d’arrivée, victoire cathartique et porteuse d’espoir. 

Ryan Beatty - White Lightning 

Ryan Beatty signe un clip tout en simplicité avec White Lightning. Laissant quelques mots échangés avec son caméraman dans les premières secondes, le clip a des airs de backstage, comme si nous étions avec eux. 

La musique démarre alors, sans que le cadre ne change. Rien de spectaculaire, si ce n’est les éclairs qui font échos au titre de la chanson. Pour accompagner une musique introspective et sentimentale, le chanteur mise tout sur une proximité simple et intime. De la même manière qu’on peut rester avec ses amis dans le silence, on peut ici rester avec lui face au spectacle qui se joue dans le ciel. 

Les éclairs sont tout à la fois objet de décor et protagoniste, accompagnant le chanteur dans son récit. La colorimétrie est travaillée de sorte qu’ils aient une teinte rosée, rappelant l’éclairage posé sur le chanteur. On se sent en phase avec le chanteur, qui observe le spectacle céleste lors du solo de guitare final, comme on le ferait à sa place. 

Boy Harsher – Hard Beat

En voilà un beau retour aux affaires pour le duo Boy Harsher ! L’album Get mean prévu pour le 18 septembre prochain - hébergé désormais chez Atlantic - nous laisse imaginer une tournée mondiale. Et en effet, escale française prévue en novembre entre Paris, Nantes, Lyon et Strasbourg. Il y en aura pour tout le monde !

Avec ce nouveau single hyper dark EBM, c’est retour aux fondamentaux pour le duo. Avec Hard Beat, Boy Harsher cherche l’abandon total et frôle le danger. Ambiance clubbing sous stroboscopes, la danse est un moyen de s’extirper du réel. On sent déjà une chaleur moite – et ce n’est pas parce qu’on est sous canicule ! – s’installer.  

Côté images, le duo signe la réalisation en étroite collaboration avec Owen Smith-Clark de ce clip que l’on sent très inspiré du body horror d’un certain Crash du canadien Cronenberg. Il n’y a qu’à voir ce plan introductif rapproché, presque voyeur, sur la jambe en métal sous attelle d’Angel Zinovieff. Ces images elles-mêmes captées à travers des écrans de vidéosurveillance. En parallèle, Jae Matthews coiffée d’une voilette en résille noir chante à l’arrière d’une voiture qui trace sous la surveillance d’une punk échappée d’un volet de Millenium.

Hard Beat est un morceau puissant, taillé pour les pistes de danse obscures où crépitent les néons et signe le grand retour en force de Jae Matthews et Augustus Muller.

Protomartyr – Sounds we cannot hear

La bande de Détroit Protomartyr signe son grand retour en 2026 avec un nouvel album – le septième - Hotel Usona prévu pour le 25 septembre chez Domino. Enregistré sous la direction du producteur Dave Fridmann – qui a déjà accompagné The Flaming Lips, MGMT ou encore Low -, l’album du quatuor est déjà salué par l’une des grandes figures précurseur du punk : Iggy Pop – et qu’on se le dise, ça n’est pas uniquement parce qu’il est du même Etat, il est derrière eux depuis longtemps -. Le chanteur Joe Casey explique son choix de la métaphore, il imagine les Etats-Unis comme un hôtel vieillissant et délabré, chaque chanson devient une chambre hantée.

Premier extrait clippé : Sounds we cannot hear. Une nouvelle vision crépusculaire se dessine dans ce morceau abrasif qui démarre dans une ambiance où l’urgence côtoie l’angoisse, ça pue l’anxiogène. Joe Casey plane au-dessus de tout ça avec sa voix qui raconte. Ne ferait-il pas corps avec un lobby quelque peu désabusé de l’hôtel ? Notons une montée progressive, plus il semble chanter, plus le récit se fait terrifiant. La répétition de « Sounds we cannot hear » devient une incantation.

Le clip tourné dans le restaurant japonais Mori Teppan Grill met en scène un homme – interprété par Nate Varrone repéré dans la série The Bear - vient célébrer son 38ème anniversaire en solitaire. Il se retrouve attablé juste à côté d’une famille. Chacun est épaté par la surprenante cuisine au wok – les flammes contrôlées ont de quoi - et joue le jeu d’attraper au vol des portions de crevettes. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’il rate à plusieurs reprises. L’échec finit par le vexer. Nous vous dirons rien de ce qui suit.

Avec un titre comme Sound we cannot hear, Protomartyr joue sur les bruits de fonds profondément sociétaux : les angoisses collectives, les non-dits qu’ils soient politiques ou non, les fractures. C’est un grand retour éminemment politique qui se dessine. Si le morceau est à dominante inquiétant, l’élargissement musical avec l’intégration plus spécifique des cuivres lui donne une direction plus chaleureuse inattendue. 

Travis Scott, James Blake, Ludwig Goransson – When I’m Home

When I'm Home est le morceau de générique de fin de The Odyssey de Christopher Nolan (dans lequel Travis Scott apparaît également à l'écran). Le clip, dirigé par Travis Scott offre quelque chose de cohérent. Le visuel plonge dans un paysage nocturne, dominé par une obscurité quasi totale que seul le feu vient trouer. James Blake s'avance avec une torche, ses étincelles embrasant le sol autour de lui avant qu'il n'approche de plaines en feu qui finit par dévorer une maison.

Travis Scott, lui, traverse une cité en pierres, lance-flammes en main, qui traduit une figure à mi-chemin entre guerrier antique et rappeur maudit. Ludwig Göransson joue de différents instruments dans l'ombre, architecte discret d'un morceau qu'il co-signe entièrement.

Musicalement, When I'm Home est contemplatif, presque sans refrain. Une rumination de cinq minutes sur le retour, l'exil, le chemin. Nolan a dit avoir casté Scott parce que le rap lui évoquait la tradition de la poésie orale, celle d'Homère et le morceau semble honorer cela sans l'illustrer bêtement.

James Blake, avec sa voix fragile et précise, glisse entre les couplets et apporte la sensibilité que le morceau réclamait. C'est lui qui donne de la gravité à l'ensemble, qui transforme ce qui aurait pu rester un exercice de style en quelque chose d'habité.


Ariana Grande – Petal

Deux ans après Eternal Sunshine, la superstar américaine Ariana Grande vient de dévoiler Petal, son 8e album studio à seulement 33 ans.

Fini l’univers magique d’Oz et l’image parfaitement incarnée de la gentille Glinda dans Wicked, celle qui partage son temps entre musique et cinéma écorne son image (trop) lisse et règle ses comptes avec une certaine rage dans ce nouvel opus.

A commencer par Petal, le morceau éponyme, qu’on pourrait voir comme une réflexion plutôt acerbe sur le rapport entre souffrance, célébrité et création artistique. Ariana Grande pose les termes d’un débat quasi politique sur l’industrie musicale : que devient une artiste lorsque sa souffrance, ses relations et son identité ont tellement de valeur culturelle et financière qu'il devient difficile de savoir où finit la vraie vie et où commence l'histoire qu'on attend d'elle ?

D’ailleurs, l’artiste américaine annonçait dans la foulée de la sortie de Petal qu’elle comptait être moins présente dans la vie publique. Au moment où nous écrivons ces lignes, ses réseaux sociaux semblent toujours très alimentés…

Toujours est-il que le pétale – comprendre Ariana Grande – beau, fragile, se montre bien plus fort qu’il n’y paraît. Le clip réalisé par Christian Breslauer en donne une parfaite illustration. Véritable petit court-métrage, il nous raconte en un peu moins de 7 minutes l’histoire d’une jeune chanteuse rêvant de faire carrière. Et cela s’annonce littéralement sanglant.

Le clip démarre par un message d’avertissement : public sensible s’abstenir. Etonnant, mais soit.  

On la voit arriver en taxi devant l’imposant immeuble de la Fame Inc, sur ce qui pourrait ressembler à Hollywood boulevard. Tirée à quatre épingles, juchée sur ses talons hauts dans une tenue très sage et coiffée d’une queue de cheval impeccable, Ariana Grande se rend à sa première audition. Comme chez le boucher, elle est invitée à prendre un ticket, se mettre dans la file et patienter jusqu’à ce que son tour arrive. Des dizaines d’autres candidates sont là, et progressent mécaniquement de place en place. Une scène absurde, drôle, malaisante aussi. Première audition : premier échec. Jugée « Not good enough » par un jury de vieux mâles blancs.

Qu’à cela ne tienne, Ariana retente sa chance, encore et encore en se mettant à chaque fois dans la peau d’une personne différente. Toujours le même verdict « Not good enough », assorti de nombreux commentaires sur l’apparence : pas assez si, trop ça...

Au fur et à mesure que les auditions défilent et le morceau progresse, la tension s’accentue jusqu’à atteindre son climax. S’en est trop pour Ariana Grande, qui dans une scène digne d’un mélange entre Dexter et Massacre à la tronçonneuse, vient régler leur compte à ces vieux messieurs. Un déchainement de violence, des cris, du sang qui gicle partout : sur les murs, sur le plafond. Le visage et le corps d’Ariana sont maculés de sang.

La fureur, le silence, la dignité retrouvée. Mais est-ce vraiment la réalité ? Du grand Ariana Grande

Murman Tsuladze - Ik Tarara 

Pour celles et ceux qui n’auraient pas pu partir cet été, on vous propose un peu de dolce vita et de drama à la sauce géorgienne. Murman Tsuladze a sorti fin juillet le clip d’Ik Tarara. Le tournage de ce morceau, composé à Florence, en Italie, a eu lieu en Géorgie, avec en rôle principal la sœur de l’artiste : l’actrice Tatia Tsuladze.

La réalisatrice Nia Zhvania illustre cette ballade pop et entêtante par une histoire d’amour. Alors que les paroles évoquent les réminiscences de l’être aimé après une rupture, elle imagine une saynète où l’on voit ce dernier partout, jusqu’à finir par lui ressembler. Un clip rempli d’humour absurde et un peu kitschouille, à l’image de l’univers de Murman Tsuladze.

Love Spells - Don't Touch

Le jeune artiste américain nous surprend encore. Avec ce nouveau titre, Love Spells signe une nouvelle réussite qui marquera sa carrière. Don't Touch est une ballade soul nappée de psyché, fortement ancrée dans l'univers des seventies. Dans le clip, on le voit accoudé à un bar, jusqu'à ce qu'une magnifique danseuse vienne l'attirer, à l'image d'une célèbre scène de Grease. La première partie de danse entre ces deux tourtereaux se montre terriblement intense et sexy. La suite se poursuit comme dans un classique cinématographique, dans la salle de billard, où Sir Taegen C'aion Harris vient avec sa troupe de danseurs pour la séduire et finir en slow.

Diantre ! C'est old school, mais tout sauf ringard. Love Spells vient remettre au goût du jour une indie pop envoûtante, empruntée à des références fortes et universelles. Il sait chanter, composer, danser et réaliser l'un des clips de l'été les plus marquants… Il représente la perfection.

Nieve Ella - Standing On a Pane Of Glass

Nieve Ella Pickering est une autre jeune artiste à suivre de très près et qui a, en plus, livré l'un des plus beaux et poétiques clips de l'été. Réalisé par Millie Jamieson-Pond, il met en abyme l'instabilité d'un état mental, où Nieve Ella joue comme une rock star emo des années 2000.

L'anxiété et la perte de contrôle de soi prédominent dans ces enfilades d'images d'une scène se déroulant sur un front de plage. La guitare vient appuyer vigoureusement ces crises psychiques qui nous font sursauter par leur puissance. Standing on a Pane of Glass marque également une forte évolution de son style, qui semble désormais moins pop et plus rock et brutal.

On est ébahi et sous le choc face à la proposition forte et dramatique de ce titre, teintée d'une forte influence de Foo Fighters dans le choix esthétique et musical. Nieve Ella change clairement de dimension Ce titre accompagne l'annonce de son tout premier album prometteur, How Long Will It Take ?, qui sortira le 16 octobre 2026.

Midnight Til Morning - Easy

Midnight Til Morning (MTM) est un vrai boys band comme on les aime, entre alchimie de groupe, voix complémentaires et tournées mondiales qui affolent les fans depuis leur formation en 2024.

Leur titre Easy, raconte la douleur de celui qui apprend que son ex a déjà tourné la page, en apparence sans le moindre effort, alors que lui reste enlisé dans le chagrin.

Entre colère rentrée, sentiment d'injustice et incompréhension profonde, la chanson dépeint cette solitude particulière de celui qui reste à se consumer dans les souvenirs.

Claudia Bouvette - Amour écran

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté entendre enfin Claudia Bouvette chanter en français, ça me fait quelque chose! Avec son nouveau titre Amour écran co-écrit avec Soran, Claudia Bouvette nous raconte l'idéalisation romantique des films d'amour et comment ça influe sur nos réalités. Le tout porté par une pop à la fois moderne et nostalgique et des synthés vaporeux avec une petite touche d'années 80. Et quoi de mieux pour parler d'amour que de tourner un clip dans les rues de Paris?


P'tit Belliveau - Parfait pays ft. Kinji00


Extrait de son quatrième album à paraître le 16 octobre prochain, P'tit Belliveau a sorti cet été son deuxième titre Parfait Pays en feat avec Kinji00. Ici, on parle de souverainisme, mais pas celui du Québec! P'tit Belliveau imagine la Baie Sainte-Marie comme nouvel État souverain avec une usine de baloney, Ronnie Leblanc comme roi et on forme une nouvelle milice, la “P'tit Bell beatdown squad” pour remplacer la police. La promesse des deux artistes est simple : si on fait ça, tout le monde devient millionnaire.

Tourné cet été à Baie-Saint-Paul, on peut également voir dans le clip Sami Landry faire une brève apparition.

Montréal, tiens-toi prête! P'tit Belliveau organise son lancement les 9 et 10 novembre à L'Espace Transmission, et quelque chose nous dit que les places vont partir très vite.


Partager :