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Les clips de l'été 2026 - Partie 3
Si La Face B a pris des vacances, les artistes n'ont pas cessé de nous offrir des clips. On vous a donc sélectionné les meilleurs clips parus pendant l'été. Suite et fin avec la troisième partie de notre sélection.

Phoebe Bridgers - I Can't Wait
Après avoir séché nos larmes et envoyé un message à notre psy pour caler une séance le plus tôt possible, il est temps pour un temps calme. Sauf que patatra ! La première vidéo qui apparaît sur YouTube va prolonger notre chagrin. Phoebe Bridgers - dont l’album Lost Weekend est la cause de notre tourment - nous attend et nous invite à découvrir le clip du titre I Can’t Wait.
Nous ressortons donc nos mouchoirs et cliquons sur la vignette. En une fraction de seconde, nous quittons notre corps pour emprunter celui d’une mouche, pas à la manière de Cronenberg et de sa transformation douloureusement démente, mais à d’une manière plus introspective. Filmé du point de vue d’une mouche, le clip d’I Can’t Wait nous emporte dans une aventure, l’insecte que nous sommes traverse la ville, s’invitant dans plusieurs maisons, puis dans un ascenseur et dans une assiette. Chaque fois, nos pattes viennent taquiner des inconnus, un geste imperceptible par ces derniers, mais qui provoque un pincement au coeur que l’on ne saurait expliquer.
Finalement, c’est Phoebe Bridgers qui vient rompre notre solitude de mouche. Dans le creux de ses mains, elle nous sérénade son regard plongé dans le nôtre, le temps du couplet partagé avec Cameron Wint- pardon, Son-John Johnson, avant de nous libérer. Nos ailes nous mènent à la rencontre d’une multitude de personnes le temps de quelques secondes, certains nous remarquent et tentent de nous attraper, d’autre ont l’esprit ailleurs.
Cette expérience de quelques minutes dans le corps d’une mouche, est à la fois ludique et triste.
Tout comme une mouche, notre place dans ce monde est miniature, insignifiante pour plusieurs
milliards d’humains. Pourtant notre esprit à cette malicieuse facilité à nous faire croire que certaines épreuves que l’on affronte peuvent mettre fin au monde qui nous entoure. Après avoir vu ce clip, on se dit qu’il est parfois bon de relativiser… promis on arrête de tuer les mouches qui se glissent chez nous.
« Mais non ! » Laissons nous échapper à la fin du clip quand notre curseur traverse l’écran pour mettre sur pause la vidéo 2 secondes avant la fin - une habitude inutile mais tenace - et que l’on ne retrouve pas la barre rouge typique de la plateforme. À la place, une barre bleue tirant sur le vert, rappelant le Pantone de l’album, ainsi qu’une mouche ! Un petit détail qui ne changera pas le cours de l’histoire, mais qui ajoute un peu plus de poésie.
Jordan Rakei - Promise
Seulement deux ans après l’excellent The Loop, Jordan Rakei fait son retour avec son nouvel album intitulé A Safe Place To Be Wild Here. Un projet placé sous le signe de la sérénité et de l’intimité. À cette occasion, le néo-zélandais a révélé à la mi-août l’un des chapitres de ce nouvel opus : Promise. Toujours armé de sa voix si caractéristique et portante, le producteur déploie un morceau qui dégage un calme et une douceur qui laissent présager un disque chaleureux et apaisant.
Comme à son habitude, le multi-instrumentiste démontre une capacité impressionnante à composer des titres d’une efficacité redoutable. En allant droit au but, Jordan Rakei démontre à travers Promise tout son esprit de synthèse et sa faculté à aller là où il faut dans le meilleur des timings. Ce n’est plus une surprise, l’originaire d’Hamilton réalise encore un démarrage sans faute et nous laisse attendre un nouvel album qui risque, une nouvelle fois, de nous plaire et de nous passionner.
Mastodon - In The Ruins
À l’heure à laquelle vous lisez ces lignes, la route vers Marrow Deep est terminée, mais pas au moment de leur écriture ! Le 13 août dernier, Mastodon a révélé In The Ruins, single promotionnel de ce nouveau disque succédant à Your Ghost Again et Snakes for Dinner. Comme les deux derniers extraits le laissent présager, ce dernier met en avant une facette, du désormais quintette, très orientée vers les musiques progressives, sans pour autant abandonner l’amour du riff qui caractérise tant le style de la formation.
In The Ruins propose un morceau construit sur la base d’un crescendo qui voit comme point d’orgue harmonique le superbe refrain chanté par Troy Sanders, directement suivi de la partie finale instrumentale campée par les guitares de Bill Kelliher et Nick Johnston. La voix est posée, d’une grande assurance, traite du thème du deuil, une des spécialités de Mastodon, avec toute la douceur lyrique et la poésie qu’on leur connaît. En trois épitomés très différents, les cinq musiciens ont su nous montrer la nouvelle direction emmenée par le tournant qu’ils ont décidé d’emprunter. De quoi nous donner d’autant plus envie de se plonger à cœur ouvert au sein de ce Marrow Deep…
Slow Pulp – Spill
Notre fierté est toujours mise à rude épreuve. Toutes et tous avons un certain ego à gérer, qu’il est parfois bon de laisser apparaître, mais qui devient souvent un poison lorsque celui-ci nous empêche de révéler nos réels désirs.
Le nouvel album de Slow Pulp, Melodie, sortira le 18 septembre, et cet été, le groupe nous partage Spill, une douce parole sur le fait de se laisser aimer et protéger. Sur cette mélodie mélancolique, prenons conscience que notre vulnérabilité face à certaines situations n’est pas un frein, mais qu’elle nous rend toujours plus humains. Nos proches sont cette béquille qui maintient notre équilibre le temps d’un instant de vie, avec pour seule motivation l’amour qu’ils portent en eux.
Embrasser l’amour et l’aide de nos proches, c’est aussi une façon d’être plus entier. Un regard simple qui mérite d’être mis en lumière et partagé à toutes et tous lorsque l’individualisme prend le pas.
Vianney - D’or et d’étain
Après plusieurs années sans actualité musicale, le retour tant attendu de Vianney se fait avec une nouvelle chanson, D’or et d’étain. Elle s’accompagne d’un clip tout en nature brute, qu’on vous présente tout de suite dans notre sélection des clips de l’été !
Pour les plus impatients, voici ce dont il est question dans ce clip et cette chanson : l’Amour (avec un grand A) et ses tempêtes traversées, des plans d’une forêt quasi automnale et une ribambelle de guitares toutes plus exceptionnelles les unes que les autres (on n’en attendait pas moins venant de Vianney).
Le clip dégage une réelle énergie brute, réconfortante. Les tons sont chaleureux et le grain bien particulier du 35 mm apporte une vraie texture aux images. On y voit Vianney jouer de divers instruments qu’il a utilisés pour l’enregistrement de cette chanson, toujours accompagné d’un magnétophone à bandes hyper vintage (on est jalou.x.ses !). Les images donnent un rendu très intimiste et reflètent la portée des paroles : revenir à l’essentiel quand tout semble vaciller. Et finalement, tout dans le clip semble aller dans ce sens : la nature, les instruments, le grain de l’image… comme si Vianney cherchait à revenir aux fondamentaux, tout simplement.
On ne va pas se mentir, après ces années loin des caméras et la construction de sa cabane, on avait un peu peur que Vianney revienne avec un discours trop porté sur les grandes leçons de vie. Nous voilà agréablement surpris, tant par le message porté par les paroles que par l’instru pop-rock, qui apporte une vraie énergie à cet univers très contemplatif. Le clip, digne d’un film d’auteur tourné à l’argentique, parvient ainsi à parler d’un retour à l’essentiel sans jamais tomber dans quelque chose de moralisateur.
Maintenant, on attend l’album impatiemment…
BODEGA - Weather Me
En cette rentrée, on se branche sur une chaîne (vraiment) pas comme les autres pour se tenir informer des dernières surprises météorologiques et possibles tempêtes émotionnelles. J’annonce « The Weather Me Channel ». Le groupe de rock originaire de Brooklyn, Bodega, nous a préparé un beau projet. Ce single est un avant-goût de leur futur album All Inside Aquarium annoncé pour le 9 octobre.
On découvre Ben Hozie et Nikki Belfiglio en présentateur-rices télé et météo. Retour en arrière dans les années 90. C’est rétro, drôle et rafraîchissant. On salue les montages de qualité. Weather Me est un rock façon égotrip coloré, entraînant mais pas assourdissant. Du divertissement déjanté ! Concernant l’image, si vous souhaitez en prendre plein les mirettes, on vous conseille de rester jusqu’au bout (jusqu’au feu d’artifice …). À très vite sur le câble.
Bonobo feat. Joy Crookes - Always on Your Side
Pause nécessaire, moment en suspension, si on aimerait parfois arrêter le temps, on s'est trouvé la musique comme meilleur allié. Le compositeur et DJ anglais Simon Green alias Bonobo a sorti cet été le morceau Always on Your Side en featuring avec Joy Crookes. Ce duo britannique nous entraîne dans une danse lumineuse, un regard doux porté sur le monde.
Always on Your Side est traversé par une lumière chaude qui donne une direction au clip du début à la fin. Une lumière dans le son des cuivres, et dans la voix de Joy Crookes qui se pose à merveille sur la mélodie de Bonobo. Il y a quelque chose d’envoûtant, une distance avec ce monde connu et en mouvement qui nous appartient et ne nous appartient plus. On se laisse porter par ces images du quotidien, ce making-of du morceau. Le projet est très soigné et le message limpide. « How do you keep the world from happening? » C’est avec impatience qu’on attend Distance In Static, le nouvel album de Bonobo qui sortira dans quelques jours.
Noah Hill - Bye Baby
À travers une chorégraphie feutrée et intimiste, le clip officiel de Bye Baby par Noah Hill (oui oui, le Noah du groupe Parcels) résume les phases d'une rupture amoureuse. Il capture toute la complexité de cette séparation à travers la tendresse et le réconfort de gestes encore pleins d'affection, qui glissent progressivement vers la distance et le silence. Le jeu des acteurs est excellent : ils transmettent avec brio des émotions brutes, autant par le mouvement que par leurs expressions et leurs jeux de regards.
Le vidéoclip se démarque par un contraste original : la chaleur du décor et des éléments visuels est tempérée par un traitement de l'image plus froid et désaturé. Cette combinaison renforce le sentiment de détachement, où des souvenirs au confort chaleureux basculent peu à peu vers la résignation.
Naomi & SLM - Hershey kiss
Le vidéoclip de Hershey Kiss par Naomi et SLM présente une esthétique R&B inspirée des années 2000. Teinté de couleurs vibrantes et d’éclairages néon, le visuel reflète une chaude ambiance de club rétro où s'enchaînent des changements de plans rapides, qui se marient parfaitement au son ultra rythmé mêlant la pop à la techno. La mise en scène s'articule autour de chorégraphies simples mais efficaces, tout en intégrant un décor ludique captivant, notamment une machine à toutous géante et une borne d'arcade. L'ensemble livre une performance à la fois nostalgique, dynamique et addictive.
The Guest List - If Ever Your Devil is Kind
Avec If Ever Your Devil Is Kind, The Guest List signent un morceau de rock anglais comme on les aime : une guitare qui donne immédiatement le ton, une mélodie qui s’installe sans forcer, une voix chargée de tension et cette capacité à transformer une histoire très personnelle en quelque chose d’universel. Originaires de Manchester, les cinq musiciens s’inscrivent dans cette tradition du rock britannique qui sait mêler mélodies immédiates, élégance et gravité. Dévoilé le 3 juillet, le titre figure sur Something Real, leur premier album attendu le 28 août chez Artist Theory.
Ça parle de quoi, If Ever Your Devil Is Kind ? Inspirée par les frustrations et les comportements agressifs observés par le groupe lors d’un match de football, la chanson s’intéresse à ce qui se cache derrière la colère : la solitude, la pression, la déception et surtout cette impression de ne jamais être à la hauteur de ce que l’on est censé être. If Ever Your Devil Is Kind explore les contraintes parfois étouffantes de la masculinité moderne et le désenchantement qui accompagne cette injonction à « avoir tout ». Réussir, construire une famille, posséder une maison, une voiture, célébrer les anniversaires, afficher une vie parfaite : autant d’étapes présentées comme les ingrédients du bonheur. Mais derrière cette réussite en apparence idéale se cachent le doute, la peur et une solitude que l’on ne sait pas toujours exprimer. En bref : on a tout, mais il nous manque l’essentiel.
C’est précisément ce contraste qui donne au morceau sa force. The Guest List raconte le moment où l’on réalise que l’on a peut-être obtenu tout ce qu’on nous avait promis, sans pour autant trouver le bonheur.
Mais avant même les paroles, tout part de cette guitare qui donne d’emblée son âme au morceau. Puis arrive la voix de Cai Alty, et le titre nous embarque dans une ballade rock qui avance par vagues, entre douceur des couplets, harmonies, puissance des refrains et progression des cordes. Une construction qui laisse constamment la chanson respirer avant de la pousser vers des sommets de plus en plus intenses.
Et c’est là que la chanson bascule. Un passage vocalement, mélodiquement et musicalement magnifique, particulièrement accrocheur, presque addictif, où Cai Alty adopte un flow entre chant et parlé. Tout semble soudain se précipiter, comme si le personnage cessait de retenir ce qu’il a sur le cœur. “And then it all burns in a cigarette. Somewhere between the house and the car, And the birthdays, And the clean white picket fence and the football net. You realized you still ain't happy yet. Why the fuck ain't you happy yet?”
C’est la véritable charnière du morceau. En quelques lignes, tout le décor s’effondre : tout ce qui devait représenter la réussite devient soudain un décor vide, résumé par cette cigarette qui brûle pendant que le personnage réalise qu’il n’est toujours pas heureux. Et la question « Why the fuck ain't you happy yet? » résonne d’autant plus fort parce qu'elle devient une question que l’on se pose à soi-même.
Musicalement, la chanson ne cherche pourtant jamais vraiment l’explosion de colère que pourraient laisser entendre ses paroles. On ressent davantage la tristesse que la frustration, la déception que la rage. La voix de Cai Alty semble constater les dégâts plutôt que revendiquer sa colère. Puis les harmonies et les cordes amplifient progressivement cette émotion jusqu’à un pont qui agit comme un véritable point culminant. La production reste élégante et laisse respirer les guitares et la voix, tandis que les violons apportent de l’ampleur et de la consistence. La chanson gagne ainsi en puissance sans jamais perdre sa fragilité.
Le clip réalisé par Valentina Khodnevich prolonge parfaitement cette tension. On alterne les plans serrés de Cai Alty, qui chante presque directement dans les yeux de la caméra, avec ceux consacrés aux différents membres du groupe. Puis apparaît une fête d’anniversaire : un « Happy Birthday » lumineux, une pinata, un masque multicolore, une batte.
Le décor ressemble à une fête anglaise presque banale, organisée dans un pub ou une salle des fêtes. Il y a les invités, les filles, un homme chauve un peu boxeur qui tente de s’attaquer à la pinata, une dame, les chapeaux de fête et, bien sûr, le gâteau. Tout est réuni pour composer cette image familière du bonheur collectif. Mais quelque chose sonne faux dans ce bonheur en trompe-l'oeil. On rit, on fête, on pose, mais les visages laissent aussi deviner les préoccupations et les anxiétés de chacun. À mesure que la musique progresse, l’énergie de la fête augmente elle aussi. Les plans se resserrent, les gestes gagnent en intensité et l’ambiance change. Et puis tout s’arrête sur une scène de photo d’anniversaire. Le bruit du shutter pour une image figée, joyeuse en apparence, qui prend une tout autre dimension après ce que l’on vient de voir.
Avec If Ever Your Devil Is Kind, The Guest List livrent un rock anglais à la fois immédiat et mélancolique qui séduit. On a hâte de découvrir l'album et de voir le groupe en live cet automne. The Guest list sera de passage à Paris, aux Étoiles, le 21 octobre 2026.
Oiza x Meyi avec Firstklaz et Falz — Na Je
Nous avons eu la chance de découvrir cet été le clip de Na Je, tourné dans le nord du Nigeria. Dès les premières secondes, le clip nous plonge dans un univers haut en couleur : des paysages magnifiques, des tenues renversantes, le peuple nigérian et une multitude de détails qui témoignent de la richesse culturelle du pays. La musique débute en chœur, portée par Oiza et Meyi, et installe immédiatement une atmosphère chaleureuse et entraînante qui donne envie de découvrir la suite.
Puis, le rythme s’accélère et Falz fait son entrée avec une prose percutante. À travers ses paroles et les images du clip, on découvre différentes facettes du Nigeria et de son peuple : la danse, les artisans, les enfants et les savoir-faire transmis au fil des générations. Les vêtements attirent particulièrement l’attention par leurs couleurs, leurs motifs et la précision de leurs détails. Le clip met ainsi en valeur une culture vivante, créative et profondément ancrée dans l’identité du pays.
Mais derrière cette beauté se cache une réalité beaucoup plus difficile. Falz dénonce le contraste entre cette réalité et celle des plus riches, capables de dépenser leur argent dans des voitures ou des jets alors qu’une partie de la population continue de souffrir.
Par la suite, la voix pure de Firstklaz intervient dans un passage émouvant où il adresse une prière. Il s’adresse à Dieu et lui demande de venir en aide à son peuple. Les paroles évoquent la faim, la pauvreté, l’insécurité et la souffrance. En effet, des enfants n’ont pas de quoi manger, des mères sont contraintes d’enterrer leurs enfants. De plus, la population lutte chaque jour pour survivre.
Cette opposition entre la beauté des images et la dureté des paroles rend le clip particulièrement puissant. Malgré les difficultés, la chanson ne se résume pas à un constat de désespoir. Elle devient une véritable ode au courage, à la foi et à la résilience. Elle rappelle que, même dans les moments les plus difficiles, le peuple continue de croire, chanter, danser, rire et créer. L’art devient alors une manière de résister et de continuer à avancer.
Comme ils le disent eux-mêmes dans la chanson, ils puisent leur force dans l’art, la danse, l’humour et la musique. Na Je nous montre ainsi un Nigeria à la fois magnifique et meurtri. Mais surtout un peuple qui malgré les épreuves, continue de vivre, de croire et de danser.
Interdit les chiens - Bruit sonique
La première fois que l'on a entendu Interdit les chiens c'était à l'Auberge des Balcons lors du Festif! de Baie-St-Paul, et on s'est pris une jolie petite claque derrière les oreilles. Alors on a été bien contents quand on a su que leur premier album allait sortir le 11 septembre 2026!
Leur premier extrait Bruit sonique est une pièce instrumentale aux accents noise rock. La chanson déploie des guitares abrasives et angulaires sur une rythmique soutenue et hypnotique. Entre tension, répétition et énergie brute, Bruit sonique donne le ton d'un univers où le bruit devient matière, mouvement et langage.
Charlie xcx- Camera
Pour célébrer la sortie de son nouvel album Music, Fashion, Film, l’enfant terrible de la pop Charli xcx dévoile le clip de Camera. Quatrième clip de sa nouvelle ère sous nuances de noir et blanc, après la parenthèse colorée Wink Wink, qui nous laisse d’une humeur morose.
«Charli is an old man at heart and I love that for her» («Au fond, Charli est un vieil homme et j’adore ça», traduction approximative), peut-on lire dans les commentaires. Tel un vieil homme blanc bourgeois, Charli xcx a choisi de mettre l’un de ses trop peu représentés camarades à l’honneur. Après avoir décoré sa pochette d’album avec l’appropriateur culturel en série Marc Jacobs, et le réalisateur qui a vendu son âme, non pas au diable, mais à l’IA - ce qui est sûrement pire -Martin Scorsese.
C’est au tour de Vincent Casselde rejoindre l’univers impitoyable de la pop star britannique. Dans ce plan-séquence de 2 minutes et 37 secondes réalisé par Aidan Zamiri, le comédien interprète son propre rôle : un acteur qui ne tient pas plus de 20 secondes sans crier sur les équipes qui l’entourent. En arrière-plan, une voiture en feu déverse des tonnes de fumée au milieu d’un canyon, représentant sûrement l’état de notre cerveau devant ce clip qui veut nous faire croire que l’attitude de Vincent Cassel est le résultat d’une crise existentielle.
Un état d’âme propre à la chanteuse qui enchaîne les projets musicaux et cinématographiques depuis son échappée du Khya Asilium grâce à l’excellent Brat, comme elle le décrit tout au long de ce nouvel opus. Comment conserver son authenticité face à une popularité soudaine, se questionne la chanteuse. Difficile d’éprouver de la compassion quand ce trouble est interprété par Vincent Cassel…
Un acteur notamment connu pour ses prises de position en faveur d’agresseurs sexuels présumés, ses propos homophobes ainsi que ses histoires d’amour avec des femmes bien plus jeunes reflétant une fétichisation raciste. Un choix de casting qui nous fait grincer des dents, d’autant plus que le projet de Charli xcx est à la hauteur des attentes.
Il ne s’agit pas d’un Brat 2.0, mais d’un projet plus intime qui nous rappelle timidement les confessions d’How I’m Feeling Now. Un retour aux sources qui rejoint notre playlist, contrairement à son clip que l’on souhaiterait enterrer dans les abysses d’Internet.