Les clips de la semaine #305 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, on vous fait découvrir la première partie notre 305ème sélection des clips de la semaine.

Sofiane Pamart – Beauty

Le nouveau clip de Sofiane PamartBeauty, nous emmène dans un voyage contemplatif à travers Los Angeles. Dès les premières images, la ville apparaît comme un décor presque irréel : lever de soleil éclatant, routes infinies et lumières qui défilent. Le clip semble capter tout ce qui fait, aux yeux de l’artiste, le charme singulier de cette ville entre grandeur, solitude et fascination.

Ces images accompagnent parfaitement le morceau. Tout en délicatesse, il suspend le temps et installe une atmosphère presque méditative. À travers ses notes, Sofiane Pamart traduit autant la splendeur du monde que sa fragilité. Chaque plan paraît alors chargé d’une émotion discrète, comme si la musique cherchait à préserver un équilibre éphémère. Beauty n’est pas seulement un clip esthétique : c’est une parenthèse sensible, un regard poétique posé sur le monde.

More Amour – Satellite

Le trio cannois More Amour continue d’affiner sa pop romantique et nerveuse avec Satellite, un clip solaire taillé pour l’arrivée des beaux jours. Entre énergie légère et mélancolie diffuse, le morceau joue sur une production organique moderne et un refrain immédiatement fédérateur, capable de rester en tête dès la première écoute. Dans la continuité de leur nouvel EP Éclipse, le groupe confirme son goût pour une pop française émotionnelle, pensée autant pour les écouteurs que pour la scène. Visuellement, Satellite prolonge aussi l’univers du trio : esthétique léchée, spontanéité maîtrisée et cette façon très générationnelle de transformer les sentiments en images lumineuses, sans perdre la fragilité qui traverse leurs textes.

Jorja Smith – What’s Done Is Done

Avec What’s Done Is Done, Jorja Smith ouvre un nouveau chapitre plus frontal et apaisé à la fois. Porté par la production minimaliste et feutrée de P2J, le morceau transforme la rupture en forme de libération douce, sans jamais tomber dans le pathos. Le clip, réalisé par son collaborateur de longue date KC Locke, suit la chanteuse au cœur de soirées londoniennes, de block parties et de trajets nocturnes où l’intime se mêle constamment au collectif. Entourée de proches, d’artistes et de figures de la scène britannique, Jorja Smith filme moins la solitude que la façon dont on survit à elle. Fidèle à cette élégance émotionnelle qui traverse toute sa discographie, la chanteuse britannique signe ici un retour sobre, moderne et particulièrement maîtrisé.

Melissa – quoi faire de moi

Révélée par la dernière saison de la Star Academy, Melissa dévoile avec “Quoi faire de moi” un premier clip déjà très affirmé sur le plan esthétique. Entre pop mélancolique et production moderne, la chanteuse transforme les doutes du passage à l’âge adulte en morceau générationnel, porté par une écriture introspective et une voix volontairement fragile. Le clip prolonge cette sensation de décalage intime : Melissa y évolue au milieu d’une fête sans jamais vraiment s’y fondre, comme si l’euphorie collective accentuait encore davantage la solitude racontée dans le morceau. Avec ses influences Y2K assumées et une direction artistique déjà cohérente, “Quoi faire de moi” pose les bases d’un univers sensible, contemporain et étonnamment maîtrisé pour un premier single.


Fleur Bleu.e – Qui manque dans ce pays

La délicatesse de Fleur Bleu.e est de retour ! Leur deuxième album Question marked upon the world est sorti ce vendredi 15 mai chez Sunday Records et November Souls, pour célébrer cette nouvelle sortie, le duo formé par Delphine et Vladimir annonce une tournée entre France et Etats-Unis ET un single sur lequel nous nous attardons aujourd’hui : Qui manque dans ce pays

Entre résistance et mélancolie, Fleur Bleu.e explore notre monde, si beau, si fragile. Qui manque dans ce pays est autant une question collective qu’une blessure intime. Basé en Pennsylvanie depuis l’année dernière, le duo revient en musique sur la délicate question du sentiment d’appartenance. 

Au travers de leur écriture profondément sensible, c’est une ambiance douce et réconfortante qui accompagne leur questionnement profond. Pour l’illustrer, le duo joue la carte de l’introspection presque documentaire. Défilent des plans simples du duo, de la nature qui l’entoure qui renforcent un sentiment de solitude. Les images sont lentes, comme pour laisser les émotions éclore. Se mêlent poésie, douceur et regard critique sur notre monde contemporain.

Aérienne, la mélodie est flottante. Discrètement, le duo injecte quelques touches électroniques. La voix de Delphine nous chuchote aux oreilles pour entretenir une émotion sincère diffuse, son phrasé délicat pour mieux nous réconforter. Si vous êtes dans les parages parisiens, ne manquez pas leur passage au Point Ephémère ce lundi 25 mai, c’est férié donc l’occasion de reprendre en douceur ! Avant cela, Fleur Bleu.e passera le 17 mai à Saint-Aubin-sur-Yonne,  le 21 mai à Caen et le 23 mai à Roubaix. 

The Reytons – Busker’s Paradise

The Reytons continuent de tracer leur route loin des comparaisons faciles qui accompagnaient leurs débuts. Plus mature, plus ancré dans le quotidien populaire anglais, le groupe avance avec sincérité. Avec “Busker’sParadise”, les “Kids Off The Estate” dévoilent un nouveau single plus posé, presque mélancolique, sans perdre ce qui fait leur force : raconter la rue, les gens et la vraie vie.

Musicalement, “Busker’s Paradise” ralentit un peu le tempo habituel du groupe pour aller chercher quelque chose de plus britpop, dans une veine qui rappelle parfois Kasabian. Les paroles, elles, dressent le portrait d’une ville qui s’essouffle : commerces qui ferment, galères du quotidien et personnages invisibles que plus personne ne regarde. Au milieu de tout ça, un musicien de rue tente de survivre avec ses accords et quelques pièces jetées dans une housse de guitare.

Le clip prolonge parfaitement cette ambiance. On y suit une série de scènes du quotidien : un adulte qui achète des bonbons avec une enfant, un coach de boxe avec son jeune élève, des habitués au pub, des gamins qui jouent ou font leurs devoirs. Un billet passe de main en main et devient le fil rouge de toutes ces histoires, comme un symbole discret reliant chaque personnage.

Kevin Morby – 100,000

Sur l’illustration d’une Amérique grise et ordinaire errent les êtres et les vies que dépeint Kevin Morby sur ce nouveau single.

Autant l’avouer, l’arrivée de son nouvel album, Little Wide Open, ce vendredi, a immédiatement illuminé notre week-end, et les jours qui suivront ne seront pas en reste. Il faut dire que trois années se sont écoulées depuis son précédent projet, More Photographs (A Continuum), et nous y voilà enfin, prêts à accueillir ces treize nouveaux titres. 100,000 vient clore cette série d’extraits qui nous a tenus par la main, nourrissant peu à peu l’impatience de voir cet album parvenir jusqu’à nous.

Avec ce morceau mis en lumière, une nouvelle porte s’ouvre encore vers l’univers singulier du musicien : un monde façonné par la foi, la créativité et une profonde attention portée aux êtres humains. À travers ses chansons, Kevin Morby esquisse une humanité vacillante mais profondément vivante, qu’il regarde avec une sincérité désarmante et cette tendresse que sa musique sait si bien faire naître.

Allah-Las – Ultramarine 

Quelques notes électroniques, presque saturées, piquantes et abrasives tels du sel de mer sur la peau. On sent les embruns, la douce chaleur du soleil et le cri des mouettes. Les californiens d’Allah-Las nous emportent au coeur de l’été, de leur été. Ultramarine est le parfait tube estival, mais pas comme on pourrait le penser. Ce titre nous plonge plus dans nos pensées que dans nos déhanchés. 
Imaginez-vous, allongés sur le sable, observant les bâteaux flotter au loin, les enfants jouant à la raquette, le soleil se refléter dans la mer. Avec Ultramarine dans les oreilles, laissez-vous transporter. C’est l’occasion de méditer un peu, de se préparer doucement à l’arrivée des beaux jours. Un titre immersif, aux textures riches ponctuées d’un rythme doux et berçant.

Thee Marloes – 6 years

À quelques jours de la sortie de leur nouvel opus Di Hotel Malibu, le trio soul indonésien Thee Marloes nous offre un nouvel extrait : 6 years. 

Dans ce morceau autobiographique, la chanteuse Sianturi raconte ses envies d’ailleurs. Elle évoque la lassitude d’un quotidien ordinaire, répétitif et confie son rêve de changer de vie pour se consacrer à la musique. 

Le clip réalisé par Sarahdiva Rinaldy la montre dans un petit bureau, derrière une machine à écrire, victime d’un ennui sévère. Ses pensées sont ailleurs, probablement tournées vers la carrière de musicienne qu’elle s’imagine et dont elle se rapproche littéralement. 

En effet, son bureau, dont on comprend qu’il est installé dans une sorte de préfabriqué roulant, finit par la mener à sa destination. Elle rejoint ses compères de Thee Marloes qui l’attendent en voiture pour entamer leur périple musical. On notera le travail sur le son, pour faire comprendre qu’une fois montée dans la voiture, le morceau 6 years passe à la radio. Le succès est au bout du chemin, pour peu qu’on s’accroche à ses rêves. 

Di Hotel Malibu sortira le 22 mai chez Big Crown Records. 

GHOSTER feat. Agathe Rousselle – Dogs from Hell

Le duo GHOSTER débarque tout juste dans nos oreilles. On s’est laissés happer par une échappée clubbing noire. Des basses lourdes, des respirations presque suffocantes. Le duo créée une ambiance aussi étrange qu’intense presque dérangeante tant chaque son strident sonne comme un avertissement. Ce dernier qu’on ne prendrait pas à la légère tout en continuant à s’aventurer dans le morceau.  

La matière sonore de Dogs from Hell nous oppresse mais la voix discrète mais bien présente d’Agathe Rousselle tente une humanisation. Son apparition est comme spectrale, c’est une silhouette quasi vampirique qui ne fait que se figer sur des scènes nocturnes stroboscopiques ultra graineuses. Et à mesure que le morceau progresse c’est une lumière rouge qui strie les scènes et peu à peu l’esthétique se brouille. Loin de l’onirique, c’est une expérience sonore aussi hostile qu’immersive. 

Ibeyi – Aset 

Il fut un temps où la déesse Isis s’appelait Aset. Cette divinité magicienne et protectrice des femmes occupe une place importante dans le dernier clip d’Ibeyi. Les deux sœurs cubaines lui rendent hommage dans un single éponyme. Aset convoque cette figure mythologique égyptienne pour évoquer l’amour, la dévotion et la résurrection. Un clin d’œil à Aset, qui avait fait revenir son amant Osiris du monde des morts avant de faire de lui un dieu.

Le duo de réalisateurs du clip, Corry Van Rhijn et Roman Pichon Herrera, prend le parti de s’éloigner du sacré, du moins à première vue. L’ouverture se fait sur des femmes, des travailleuses, qui font le ménage, avant de se poursuivre sur une scène d’anniversaire. On retrouve les jumelles de 31 ans prenant part à la fête. Comme si les deux réalisateurs parvenaient à capturer le divin dans les gestes et les moments du quotidien.

Ce mysticisme semble également habiter le prochain album d’Ibeyi, intitulé Offering, qui sortira le 26 juin prochain.

Laisser un commentaire