Les clips de la semaine #305 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, on vous fait découvrir la deuxième partie notre 305ème sélection des clips de la semaine.

Ok Goodnight – Spiral

Ok Goodnight vient tout juste de dévoiler le clip de Spiral, nouveau single issu de leur prochain album stop/go attendu pour le 12 juin.

La voix de Casey Lee Williams possède cette fragilité et douceur qui peuvent rappeler Björk, avec une interprétation chargée en émotion et flottante. À l’inverse, l’alternance entre voix claire et passages scream évoque davantage Leprous. Ce contraste fonctionne extrêmement bien et donne au morceau une identité très singulière, capable de passer d’une immense douceur à une puissance presque écrasante.

L’instrumentation, elle, est d’une complexité déroutante. Les signatures rythmiques semblent constamment évoluer, au point d’en donner la migraine si l’on essaie de comprendre précisément comment tout s’imbrique. Et cette technicité ne se fait pourtant jamais au détriment d’une émotion constante, presque organique.

Le clip est à l’image de la musique : dense, poétique et minutieusement travaillé. Il y a une véritable montée en puissance, autant dans le son que dans les images. Toute la direction artistique donne une impression de scrapbooking vivant et mouvant, avec une tension palpable qui contraste sans cesse avec des moments de douceur.

Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le groupe mélange les influences. Ok Goodnightnavigue entre metal progressif, rock et jazz avec une fluidité impressionnante. On retrouve des constructions rythmiques très ancrées dans le genre metal, des textures plus expérimentales, mais aussi une approche vocale presque instinctive par moments, comme si certaines lignes étaient improvisées.

Le noir et blanc renforce cette sensation d’intemporalité. Le clip possède quelque chose d’ancien et d’authentique, tout en restant extrêmement moderne dans sa mise en scène. Chaque plan semble chargé de symboles et de métaphores. La scène finale, où les membres se tiennent la main pour former une ligne continue, représente sans aucun doute ce lien qui les unit les uns aux autres : leur groupe.

Une seule hâte dorénavant : découvrir l’album le 12 juin ! Si vous aimez le metal progressif, le rock expérimental et la technicité, vous devriez trouver votre bonheur !

Luan Larobina – Voz de mi vida

Grande gagnante de la 30e édition des Francouvertes cette année, Luan Larobina fête sa victoire en sortant le titre Voz de mi vida, dans laquelle elle exprime sa gratitude envers son père, le musicien Juan Sebastian Larobina, pour lui avoir légué le pouvoir de la musique et sa multiculturalité, entre l’Argentine d’où il vient et la Gaspésie de sa mère.

On découvre le tout sur un rythme de cumbia qui se mélange avec l’intimité de l’indie folk, et dans un clip qui pourrait aussi bien être un film de famille, réalisé par Luciano Larobina (on vous le dit, ça travaille en famille ici, et quelle famille!)

On est bien content·es de la voir enfin sortie sur les plateformes d’écoute, dernière chanson du set de Luan, elle a fait aussi bien bouger la tête que pleurer par ce qu’elle nous raconte.

On attend la suite de ce que Luan Larobina a à nous proposer avec impatience, et sa récente signature avec Bonsound en label nous met la puce à l’oreille qu’il devrait se passer de quoi dans pas long.

Magi Merlin – So Smart

So Smart est le troisième extrait du premier album à venir le 10 juillet prochain de Magi Merlin, POWER HOUSE. Sur So Smart, l’artiste s’offre un peu de bienveillance et rappelle que l’on est les seules personnes à pouvoir s’offrir l’empathie dont on a vraiment besoin. Lors d’un voyage au Mexique, Magi a malencontreusement brisé 10 ans de végétarisme en mangeant un taco, ce qui l’a mise au plus bas. So Smart vient de ce moment où son collaborateur Funky lui a dit d’être plus indulgente avec elle-même. En écoutant l’instrumental de la chanson, les paroles sont venues d’elles-mêmes.

Magi Merlin sera en concert en Europe le 26 juin en Mayenne pour Un singe en été, à Bailleul le 27 juin au Nord Beat Festival, et au Dour Festival le 17 juillet. Un conseil, ne manquez pas son show si vous en avez l’occasion!

Fat Dog – Go F*** Urself

Fat Dog fait sans conteste parti des groupes les plus excitants des trois dernières années, que ce soit sur album, avec l’excellent WOOF, ou sur scène.

On était donc ravi lorsqu’ils ont annoncé un nouveau single cette semaine ainsi que des dates à Paris, Nantes et Tourcoing cet automne. On a donc mis notre casque et lancé l’écoute et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a été assez surpris par ce Go Fuck Urself.

Ce qui est intéressant, c’est que la première écoute a ressemblé pour nous à une sorte de doigt d’honneur de la part des anglais. Et puis on a réécouté, plusieurs fois, en réalisant que l’écriture si particulière de Joe Love était toujours là, que l’énergie propre au groupe aussi et qu’après tout, un groupe avait le droit d’évoluer et de s’aventurer dans différentes voies.

Au fur et à mesure, on a réalisé que ce Go Fuck Urself était inattendu mais de plus en plus addictif au fur et à mesure des écoutes.

La vidéo réalisée par Nine Screens semble suivre l’idée de combat propre morceau. On voit Joe Love qui se prépare dans un vestiaire avant de monter sur un ring de catch pour rejoindre ses camarades de Fat Dog pour interpréter ce morceau.

Un Théâtre un peu absurde, des pom-pom girls qui les rejoignent sur scène et dans public, on remarque un certains nombres d’invités qui semblent être des sosies de certains musiciens américains bien connus. C’est assez drôle, irrévérencieux et finalement très plaisir.

On peut le dire tout simplement : it’s fucking Fat Dog baby !

Maddy Street – RAT

La musique de Maddy Sreet est inclassable et c’est tant mieux. L’artiste est de retour cette semaine avec un nouveau single RAT à l’efficacité détonante, le genre de morceau parfait pour soulever les foules.

Avec RAT, Maddy Street nous raconte l’absurditié du monde, se mettant en opposition face à lui et à ceux qui le dirigent.

Un flow acéré pour une musique à l’énergie profondément punk et une musique qui passe du rap au gabber pour revenir mélanger le tout et s’envoler dans un élan puissant et explosif. Maddy Street est toujours la petite flamme qui allume la mèche pour tout faire exploser autour d’iel.

Iel-même à la réalisation de sa vidéo, Maddy Street développe un univers rempli de non sens et un peu surréaliste. On se retrouve ainsi en pleine campagne normande avec des rats à tailles humaines qui l’accompagnent avant de se retourner contre iel.

On apprécie particulièrement les chorégraphies et l’ambiance absurde mais qui représente bien l’état du monde dans lequel nous vivons actuellement où les choses que l’on trouvait folles il y a peu sont peu à peu devenu na réalité qui nous entoure.

Maddy Street continuera de dévoiler un titre tous les 2 mois pour finalement arriver à sa mixtape No Limits et à son concert à La Maroquinerie prévu en décembre prochain.

Flora Hibberd – Mammoth

Alerte coup de coeur cette semaine avec le retour de Flora Hibberd. La musicienne revient en pleine forme avec Mammoth, juste un peu plus d’un an après la sortie de son excellent album Swirl.

Mammoth annonce une vraie évolution dans les sonorités de l’anglaise qui, à l’image du titre du morceau, nous propose quelque chose de plus ample, ambitieux et orchestré. On se laisse emporté par ces sonorités rock, cette guitare qui se mêle parfaitement aux sonorités de synthés et l’apparition de cuivres qui donne un côté un peu épique à cette pop qui s’envole et nous embarque avec elle.

Flora Hibberd teinte sa poésie d’un brin de mystère, nous entraine dans un univers qui joue avec le temps, qui parle du doute et d’un sentiment d’égarement propre à notre époque.

Prenant le titre au pied de la lettre, Victor Claass, dans la vidéo qui accompagne le morceau, nous entraine à la poursuite du Mammoth, cet animal depuis longtemps disparu.

On explore ainsi les territoires, le temps qui passe et la vie qui bouge à travers des images de montagne, avec toujours présent ici et là cet extraordinaire animal plus gros que la vie.

Avec ce nouveau morceau, Flora Hibberd ouvre la porte d’une nouvelle aventure que l’on a hâte d’explorer avec elle.

Mei Semones – Donguri

Instant de douceur cette semaine avec le Donguri de Mei Semones.

Alors que l’artiste avait dévoilé Kurage, un EP collaboratif,au mois d’avril, elle revient cette semaine pour continuer à mettre en images les morceaux de son premier album, Animaru, paru au début de l’année passée.

Donguri semble représenté tout ce qui fait le sel de la musique de Mei Semones à savoir un grand mélange des genres et des langues au service de la douceur.

Entre l’anglais et le japonais, entre le jazz et la bossa nova, la musique de Mei Semones fait beaucoup de bien, apaise le cœur et semble ralentir la course du monde. On se laisse bercer et emporter le temps de quelques minutes parfaites.

La vidéo de Takuto Shimpo va aussi dans se sens. On retrouve ainsi Mei Semones en deux temps, dans ce qui semble être une forêt japonaise.

Entre personnage fantasmagorique, qui de notre côté fait clairement référence à Max et les Maximonstres et promenade dans la grandeur du monde, on explore cet univers et on laisse la nature emporter le tout avec un petit sourire au coin des les lèvres, retournant à un état presque sauvage où tout semble plus simple.

Mei Semones sera de retour en Europe cet été et ouvrir notamment le concert de Vulpeck à l’Accor Arena.

Laura Misch – Soften

Alors que se profile la sortie de son nouvel album Lithic le 5 juin prochain, Laura Misch nous dévoile un dernier single : Soften. Balade contemplative magnifique, le titre nous enveloppe de son atmosphère comme pourrait le faire une couverture à l’occasion d’une froide journée d’hiver. Le genre qui s’écoute dans de bonnes conditions de confort, seul ou à deux, en tout cas en petit comité.
Le morceau peut être interprété comme évoquant la maternité ou le soin de soi face à l’immensité du monde. Son rythme nous invite à ralentir, respirer et prendre le temps de savourer ce qui nous entoure, à l’image des paysages qui composent le clip.

On y découvre des plans fixes de la chanteuse entourée de roches, certaines immenses et d’autres plus petites, des plans de pierres recouverts de mousse, et quelques plans plus larges qui sentent bon l’humidité de la nature au début du jour.

On rêve d’aller y randonner en gardant ce morceau dans la tête et en s’écoutant. La vie est trop courte pour ne pas prendre soin de soi.

Scylla & Furax Barbossa – Zénith

Après Hayawan, Les rois de la jungle et Atlas, les deux rappeurs Scylla et Furax Barbarossa continuent de tracer leur territoire et dévoilent la première track de leur prochain projet : Zénith.

Un titre à la hauteur de leur réputation — fort, dense, implacable. Le morceau vient définitivement installer le terrain de chasse du duo : la jungle, métaphore acérée des désillusions de l’humanité. Les mots jaillissent et lacèrent comme des griffes, les voix rugissent leur haine du système.

Derrière la caméra, leur fidèle comparse Andy Sabkhi signe une réalisation qui prolonge l’esthétique noir et blanc des précédents clips. Une élégance sauvage et furieuse, sous laquelle le duo lâche littéralement ses fauves sur Paris — transformée, le temps d’un clip, en jungle urbaine grouillante. Panthères, tigres, lions, éléphants, singes, crocodiles et aigles déferlent sur les rues et dans le ciel de la capitale, menés par leurs rois Scylla et Furax Barbarossa. Toute cette meute converge vers un même point de chute : le Zénith de La Villette.

Une salle aux allures de territoire à conquérir — c’est là que le duo donnera son premier concert, le 30 octobre 2026. Un rendez-vous qui s’annonce grandiose. Difficile de faire meilleur teasing.

wave to earth – heaven and hell 

wave to earth, le groupe K-indie phare sud-coréen, revient apaiser les cœurs avec un message toujours aussi touchant qu’à leur habitude. Mené par la voix douce et rauque de Daniel Kim, le groupe sort son premier single heaven and hell avant un prochain album. Comme il a toujours été question d’éléments avec eux, de vagues, de fleurs ou de saisons, cette fois, il est question de la dualité entre le paradis et l’enfer. Ici, le but n’est finalement pas d’opposer les deux, ni de les rassembler, mais plutôt de laisser tomber le dogme religieux et la conviction, et de montrer ces deux états davantage comme des émotions.

À travers le clip, tourné dans un cadre représentatif de la culture mexicaine, les images viennent appuyer les paroles. Un jeune homme sous pression se retrouve entouré de danseurs qui se ressemblent, que ce soit dans leurs attitudes ou leurs apparences. Il doit alors s’y intégrer, jusqu’à ce qu’un second personnage, un proche, vienne lui rappeler la réalité et partager avec lui des moments simples et humains, ceux d’un jeune homme de son âge. Finalement, ils finiront tous les deux par s’échapper du groupe et se libérer du jugement. Car rien n’est noir ou blanc, paradis ou enfer.

heaven and hell est un encouragement, un véritable cri qui sort de la poitrine, celui d’être soi-même et de refuser la conformité. La véritable foi est finalement le chemin que décide de prendre le cœur, et wave to earth l’illustre magnifiquement tout au long de cette production en crescendo.

Rostam – Hardy (ft Clairo)

L’histoire raconte que l’instrumentale de Hardy a commencé à être travaillée par Rostam en 2012 de la bande originale composée par Georges Delerue pour La Nuit Américaine.

Il n’est donc pas étonnant que le morceau nous rappelle le meilleur de Vampire Weekend, cette manière d’utiliser les cordes et la batterie, de jouer avec les émotions et cette sensation de fuite en avant mélancolique.

Ce qui est intéressant, c’est que le morceau traite d’un sujet qui colle si bien à la musique. L’art et la façon dont il nous échappe, dont il reste parfois imparfait et pas totalement fini et le fait qu’il faut parfois accepter l’imperfection, la nécessité d’essayer avant tout et d’avancer. Sous couvert de cette diée, Rostam parle aussi d’amour, d’univers qui se rencontrent et se séparent et du temps qui passe, bien aidé en cela par Clairo qui le rejoint pour un troisième couplet tendre et rempli de lumière avant que le refrain ne revienne terminer le morceau en beauté.

La vidéo de Antony Muse suit elle aussi l’idée de Hardy. Un clip en mouvement permanent, ou Rostam suit la course d’un monde qui avance encore et encore. On le suit alors dans les rues de New-York, à la recherche de quelque chose qui semble lui échapper.

La partie de la vidéo consacrée à la partie de Clairo, et le pont instrumental qui la précède, prend elle de la hauteur, parle du temps qui fait des cycles, de la naissance, de la mort et de l’éternel recommencement, avant de retrouver Rostam et le jour qui se lève.

American Stories, le troisième album de Rostam, est sorti ce vendredi et le musicien viendra le défendre sur la scène de La Maroquinerie en septembre.

The Rolling Stones – In The Stars

Alors que les Rolling Stones préparent la sortie de leur prochain album Foreign Tongues, attendu pour juillet 2026, le premier single, In The Starsénergique et immédiatement accrocheur, annonce la couleur et fait beaucoup parler de lui.

Le morceau, commençant plutôt comme un titre pop-rock dans la lignée des Stones du début des années 1980, révèle finalement un refrain à la mélodie inattendue, accompagne de choeurs, puis laissant la place à un riff de guitare instantanément reconnaissable de Keith Richards

Mais c’est le clip, réalisé par François Rousselet, qui a le plus surpris les fans: Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood y apparaissent tels qu’ils étaient dans les années 1970, grâce à une technologie de rajeunissement numérique signée Deep Voodoo. Des doublures ont été utilisées pour les corps, tandis que la technologie s’est chargée de superposer les visages rajeunis des trois musiciens. Dans une ambiance de fête débridée, la video met également en scène l’actrice Odessa A’zion, qu’on a notamment pu voir dans Marty Supreme.

Si la technologie de rajeunissement impressionne, elle divise aussi : certains fans évoquant un sentiment de malaise propre aux contenus en IA qui se veulent trop réalistes. Qu’importe, la musique, elle, est bien réelle, et les Stones n’ont rien perdu de leur superbe.

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