La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la seconde partie notre 310ème sélection des clips de la semaine.

Le Noiseur – 27 au Paradis
Comme avec un vieux copain, même si le temps passe, le plaisir de retrouver Le Noiseur est toujours intact.
Il faut dire que le garçon prend son temps entre chaque album, se laisse porter et nourrir par la vie pour revenir en forme avec son lot de petites pépites pop. La preuve cette semaine avec son nouveau titre 27 au paradis, premier extrait de son nouvel album à venir.
Pour ceux qui ne le savent pas, le club des 27 représente les artistes légendaires décédés à l’âge de 27 ans. Le Noiseur ne sera jamais de ce gang et c’est peut être tant mieux. Avec ce nouveau morceau, il continue d’alterner entre l’espoir et l’ennui, regarde l’existence qui avance et lui qui reste là, un peu désespéré, mais jamais désespérant.
Toujours porté par un sens mélodique parfait, Le Noiseur raconte le spleen comme personne, joue avec quelques failles pour offrir un morceau attachant et humain, toujours touchant et assez universel au final.
Ce qu’on aime aussi chez Le Noiseur, c’est sa manière de traiter les clips comme un objet unique et important. Il y a toujours eu un soin visuel assez prononcé chez le musicien et c’est une nouvelle fois le cas ici.
Ainsi avec Aurélien Ferré, ils nous offrent une vidéo hyper cinématographique et inspirée du Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Avec beaucoup d’humour et de tendresse, réutilisant bon nombre d’anachronismes du film (notamment les paires de Converse culte), la vidéo traite aussi de la solitude et de l’ennui, des thématiques que partagent le film et le morceau du Noiseur.
Un petit bonbon aussi bien dans l’image que dans le son. Le Noiseur est de retour et ça met nos coeurs en joie !
Blumi – Jaguar
Le compte à rebours est lancé, le premier album de Blumi arrivera bientôt.
Héroïne discrète, mais pourtant incontournable, de la scène indé française, Emma Broughton tisse depuis plusieurs années déjà la toile d’une musique personnelle et unique, entre folk et musique électronique. Un univers fascinant que l’on suit avec un bonheur non feint et ce n’est pas la sublime Jaguar, envoyée en éclaireur, qui risque d’apaiser notre enthousiasme.
Une batterie qui ne faiblit jamais, des textures en mouvement constant, des refrains extatiques et la voix subtile et apaisante de Blumi, Jaguar est un morceau qui accroche dès la première écoute et qui ne manque pas de nous surprendre sur les dizaines d’écoutes qui suivent. Un morceau ou chaque couche sublime la suivante, qui éparpille des petits trésors mélodiques pour notre plus grand bonheur et qui s’apprécie comme un plaisir sans fin.
Avec Jaguar, Blumi explore une idée que l’on vit tous : le contraste constant, le petit combat, entre notre besoin de solitude et la nécessité pour tout être humain de sociabiliser pour avancer, de se nourrir des autres autant que l’on se nourrit du temps passé avec soi même. Dans une écriture intime et subtile, tout à la fois drôle et poétique, Blumi réussit à mettre des mots sur sa pensée et par extension, nous permet de trouver une petite lumière à chérir pour nos propres questionnements.
La vidéo réalisée par Anne-Laure Etienne and Emmanuel Chevilliat nous entraine dans un univers parallèle et hors du temps, porté par un noir et blanc sublime.
Rempli de métaphores et d’idées, le clip suit la trame du morceau, alternant entre moments intérieurs et solitaires dans une sorte de languissement et de réflexion et des moments collectifs plus joyeux, explosifs et dansants. La vidéo s’amuse de ces deux états, les explore complètement grâce à une réalisation dynamique permettant à la vidéo de vivre complètement et de nous impliquer avec elle.
Avec Jaguar, Blumi effectue un retour de grande classe et nous rend impatient pour la suite à venir.
D’accord Simon – Je préfère le foot
D’accord Simon fait parti de cette nouvelle salve revigorante d’artistes français qui manient aussi bien la langue de molière que les influences anglo-saxonnes.
En bon amoureux de Julian Casablancas, le garçon manie aussi bien le spleen que la guitare, s’amuse d’un chant faussement distancié pour raconter ce qu’il a sur le cœur de manière tragi-comique, utilisant des subterfuges pour mieux exprimer sa peine.
La preuve avec Je préfère le foot, petit hit immédiat qui profite de l’effervescence de la coupe du monde pour raconter un cœur fêlé et une histoire d’amour qui se termine. En douceur, faussement crâneur, D’accord Simon raconte dans ce morceau ce qu’il n’arrive pas à exprimer dans la vie : ses sentiments pour l’autre, ses envies de réparer ce qu’il a lui même cassé.
Yvan Lehmann offre un clip à la hauteur du morceau où l’on alterne entre entrainement, petit match au five et histoire d’amour après laquelle on court, et où il faut clairement préparer son cardio.
Jeanne Cherhal et Jean Dujardin – Je pense à vous, je pense à vous
L’évidence d’une rencontre entre Jeanne et Jean, voilà la petite douceur taquine de la semaine. Jeanne Cherhal et Jean Dujardin nous offrent un duo surprise avec Je pense à vous, je pense à vous.
Après Jean, une déclaration d’amour pleine d’humour faite par Jeanne Cherhal à Jean Dujardin sur son dernier album Jeanne – vous me suivez ? – voici donc les deux artistes bel et bien réunis pour écrire ensemble la suite d’une aventure musicale aussi charmante qu’étonnante.
Musicalement, on retrouve Benjamin Biolay à la manœuvre. Sur des rythmes ensoleillés, percussions, guitare et cuivres nous transportent tout droit vers le Brésil. Un voyage mis en images dans le clip réalisé par Jean Dujardin et Gaëtan Chataigner. A la manière d’une correspondance, tantôt épistolaire tantôt téléphonique, Jeanne Cherhal et Jean Dujardin incarnent deux amoureux à distance, qui finissent par se retrouver. Un clip chic, romantique et bourré d’auto-dérision « dujardinesque » façon OSS 117, l’agent secret en moins.
Allegaeon – Dark Matter Dynamics
Allegaeon, groupe emblématique de death metal, revient avec un titre d’une complexité mélodique hors pair avec Dark Matter Dynamics. Le morceau commence fort avec un solo des deux guitaristes Michael Stancel et Greg Burgess qui nous surprend avec une introduction flamenco, portée par des guitares acoustiques. La technicité et la dextérité sont extrêmement impressionnantes. Mais on entre rapidement dans le vif du death metal avec l’introduction de la batterie, de la guitare électrique et de la voix scream.
La section rythmique est extrêmement impressionnante, aussi bien à la batterie qu’à la guitare. Ce titre est un exemple parfait de la virtuosité des instrumentistes dans le metal. Le clip adopte une esthétique minimaliste, mettant en avant les musiciens à travers une alternance de plans serrés sur les instruments, les visages et les mains des guitaristes, le tout porté par un jeu de lumières oscillant entre le bleu et le violet.
Sans même se concentrer sur le texte, le morceau parvient à imposer une tension constante et une puissance remarquable. Dark Matter Dynamics s’impose ainsi comme une démonstration de force musicale, où technique et émotion ne s’opposent jamais mais se complètent. Allegaeon confirme ici sa place parmi les formations les plus exigeantes et inventives du death metal moderne, capable de transformer la complexité musicale en une expérience intense et captivante pour l’auditeur.
Maro – Feeling so nice
L’un des bangers de l’été, voici Feeling so nice de Maro, troisième extrait clippé de son album So much has changed.
Dans ce titre pop totalement solaire, Maro fait le deuil d’une relation toxique qui l’a faite souffrir, pour mieux s’en libérer et reprendre le contrôle de sa vie. Un morceau profondément introspectif qui résonnera forcément avec l’histoire de nombre d’entre vous, ami.es lecteurs et lectrices. Un morceau qui donne de la force, qui montre qu’un autre chemin est possible et que le meilleur est à venir, pour peu qu’on s’accroche à la lumière au bout du chemin.
Et cette lumière est présente tout du long du clip réalisé par Marco Braia. Dans une ambiance estivale, on y voit Maro heureuse, en train de savourer chaque instant. Une joie de vivre retrouvée, clairement communicative. Un clip feel good à regarder encore et encore !
Ghetto Funk Collective – Damn Right We Are Somebody
Le Ghetto Funk Collective d’Amsterdam réunit des artistes de tous bords avec un point commun : leur passion pour la culture funk. Bien plus qu’une passion, le funk est un style de vie que le collectif exprime au travers de la musique bien sûr, mais aussi de la danse et de l’art.
Le GFK nous régale cette semaine avec Damn Right We Are Somebody, un hommage au morceau de 1974 Damn Right I am somebody, de Fred Wesley & The J.B.’s, sorti sur le label de James Brown.
Le clip réalisé par Ruben Chi met en scène le collectif, et tout spécialement le groove de leurs excellents danseurs. Plus qu’une chorégraphie parfaitement exécutée, les danseurs du GFC ont ceci d’exceptionnel qu’ils réussissent à parfaitement incarner le rythme et même les sons des instruments. Une belle performance, un brin gâchée toutefois par la quasi absence de femmes.
Luiza – La Vida Loca
Alors que la chaleur s’installe sur la capitale et dans tout le pays, Luiza nous apporte celle de Rio de Janeiro. La chanteuse franco-brésilienne dévoile son nouveau titre, La Vida Loca. Un morceau dans lequel elle exprime son désir de paix intérieure tout en célébrant une vie libre, intense et sans préoccupations.
Chantée en portugais brésilien et ponctuée de quelques mots en français, la chanson fait également écho à sa double culture. Le clip, entièrement tourné par Theo Higel au Brésil, montre Luiza dansant avec une énergie libératrice et cathartique.
Avec La Vida Loca, Luiza transforme chaque écoute en un véritable moment de fête. Une bande-son idéale pour célébrer ce dimanche de Fête de la Musique et l’arrivée de l’été.
Graham Coxon – Easy
Un album jusqu’alors inattendu qui, il y a encore quelques mois, semblait presque inimaginable. Pourtant, sa simple annonce a suffi à faire naître en nous une impatience fébrile, une attente que la sortie de ce vendredi est enfin venue apaiser. Graham Coxon dévoile Castle Park, avec en tête de cortège le superbe Easy.
Un projet dont les premières graines ont été semées il y a près de quinze ans. Longtemps mis en pause par les nombreux projets du musicien de Blur, il refait aujourd’hui surface contre toute attente. En découvrant ce titre, nous réalisons à quel point il aurait été cruel que ce morceau ne nous parvienne jamais.
Nous y retrouvons toute la signature de Coxon : une identité musicale immédiatement reconnaissable, où la richesse créative et l’esprit d’innovation qui jalonnent sa carrière se mêlent à une tradition acoustique profondément ancrée dans son univers. Ce premier extrait ravive une fois encore ce plaisir presque addictif de voir le musicien continuer d’enrichir le paysage musical de sa présence singulière. Et nous ne pouvons qu’espérer que cette aventure se poursuive encore longtemps.
Swing – ILY
ILY pour I Love You. Cette semaine Swing effectue un retour apaisé avec ILY, nouvel extrait d’un album à venir prochainement.
Un morceau direct et évident, presque rassurant qui continue de tracer la trajectoire évident et humaine du belge. ILY est un morceau solaire, qui claque dès la première écoute et dans lequel Swing raconte la vie, celle qu’on vit quand on entrevoit la lumière et qu’on laisse l’amour revenir doucement comme une évidence.
Entre vibe pop, refrain chanté et flow toujours aussi tranchant, Swing « poursuit son ascension« , éloigne les nuages et laisse le temps faire son office dans un morceau parfait pour faire accompagner l’arrivée de l’été.
Il l’accompagne d’une vidéo minimaliste en noir et blanc réalisée par Noah Yildiz et Misha Van der Werf où il évolue dans un décor en pleine construction. On y suit Swing qui chante et qui danse, qui laisse les sentiments qu’il porte à l’intérieur de lui s’exprimer dans une sorte de solitude pleine de confiance.