Les clips de la semaine #313 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie notre 313ème sélection des clips de la semaine.

De Staat – GLORY

La formation néerlandaise De Staat avait déjà bien marqué les esprits il y a quelques années – un peu plus de dix ans nous souffle-t-on dans l’oreillette – avec son clip tourbillon humain puissant pour son hymne Witch doctor qui lui a valu quelques prix internationaux. 

Le frontman Torre Florim se met une fois de plus en scène au cœur d’une foule. S’ils ne le formulent pas, nous on va le dire : « Toute ressemblance avec des faits et des personnages ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d’une pure coïncidence ». On vous laissera libres de juger ! 

GLORY tient en elle une critique féroce de l’ambition professionnelle, du culte de la réussite en passant en revue l’absurdité du concept « Employé de la semaine ». L’aliénation corporatiste devient une transe collective. Tel un gourou qui répète ce refrain ”I got the keys for the centuries”, Torre Florim harangue son auditoire tout en étant bien décidé à nous élever. 

Si De Staat est avant tout un groupe de rock, la vibe est ici clairement hip hop à l’ancienne. Prononcé comme un réel manifeste, le discours est terrible, plus que jamais frontal. En un peu moins de 3 minutes, Torre Florim pose les termes et nous laisse imaginer un nouveau chapitre assez sombre. On guette ça !

damaghead – Miss Understood

damaghead est de retour avec un nouveau single Miss understood tiré de son album Lily Gazpacho à venir pour le 9 octobre prochain chez Le Cèpe Records / Snail Bliss Records et Grandiose Records. Dans le prolongement esthétique de l’indie garage, le groupe choisit de se mettre en scène en pleine performance devant des amis dans un espace pour le moins restreint. Entre plans rapprochés sur les spectateurs et images du trio en action, nul besoin d’effets spéciaux pour en mettre plein la vue. damaghead séduit par sa simplicité à laquelle adhèrent tels des autocollants des petits cœurs inspirés de nos sms tendres des années 2000 « <3 ».

Réunis autour de la nostalgie du « cool », c’est bien ce qualificatif qui transpire sur Miss Understood – dont on vous laisse capter le jeu de mots -. Sans en faire des caisses, Miss Understood joue sur la carte de la sincérité brute, la rythmique y est nonchalante pour mieux laisser la place à des émotions fortes lors des concerts. A ce propos, le trio est à retrouver le 23 août prochain au festival Cabaret Vert à Charleville-Mézières.

TeddyBear – Enfin Bon

TeddyBear nous dévoile à nouveau un clip très introspectif qui sonne comme une histoire d’enfant. Avec Enfin Bon, il aborde une des désillusions de l’âge adulte : nos parents ne sont que des humains qui vivent eux aussi pour la première fois. Et oui, coup dur.

Assis au centre de la pièce, la tête baissée comme un enfant qu’on aurait puni, le jeune homme s’adresse, à mi-chemin entre le récit et la discussion, à son père.

La partie à sa droite baigne dans une lumière dorée presque nostalgique. Une cuisine tout ce qu’il y a de plus simple, avec du mobilier en formica et un frigo rempli de souvenirs. On imagine facilement les dîners qui ont eu lieu en famille.

Des envolées lyriques accompagnent le regard du chanteur alors qu’« enfin, bon » marque la transition, comme à la fin d’une comptine. Revient alors une douce mélodie au piano, qui rappelle également les chants pour enfants.

Il s’adresse finalement à sa mère et d’un coup c’est l’autre partie du cadre qui se dévoile. Comme l’autre pan d’une même histoire. Les lumières se teintent de bleu pour devenir plus froides et l’ambiance semble plus morose. Comme si le foyer n’était plus.

Finalement, ces deux histoires se rejoignent en lui, qui doit apprendre à se construire avec le poids de la relation entre ses parents. Alors que le cadre n’avait pas bougé, comme immuable face au changement, le plan se resserre finalement sur lui. Il nous laisse sur un sourire naïf d’enfant, non sans rappeler la pochette du single. Un sourire qui s’estompe irrémédiablement avec l’âge.

Jeanne Bonjour – One way (le mode automatique)

Jeanne Bonjour trace sa route et continue d’imprimer son style : un rock libre et décomplexé à l’énergie communicative. Quelques mois après avoir sorti son nouvel EP Look, la bretonne revient avec une adaptation du mythique One way or another de Blondie, totalement réécrit en français et réarrangé avec Jules Jaconelli et Léo Chaussé

Une version augmentée, plus punchy et plus percutante à l’image de l’artiste, qui nous plonge dans un véritable tourbillon d’émotions et de pensées qui s’entrechoquent, entre mantras, injonctions et indécision. On est en apnée pendant tout le morceau, emporté par la vague Jeanne Bonjour. 

Le clip splitté en 3 morceaux verticaux est signé par son fidèle partner in crime Sacha Arethura. On y voit Jeanne Bonjour dans un univers urbain, qu’il s’agisse du décor ou du dress code (elle et ses danseurs portent tous une chemise et une cravate, non sans nous rappeler l’esthétique des garçons du Blue Boys Club). Toujours mouvement, Jeanne Bonjour alterne entre deux tableaux. One way : elle avance invariablement, en mode automatique, en suivant une ligne dont elle-même ne sait sans doute pas où elle la mène. Another : elle danse, comme pour se libérer des pensées obsédantes qui l’assaillent.

Une adaptation réussie de cet énorme classique, aussi bien en musique qu’en images. En attendant la suite, on vous invite à (ré)écouter Look

Jorja Smith et Nia Archives — Get Me Down

On retrouve Jorja Smith aux côtés de Nia Archives qui dévoilent le clip de Get Me Down. Ce nouveau morceau mêle avec aisance des influences électro, jungle et R&B, des univers qui reflètent parfaitement l’identité des deux artistes. Dès les premières secondes, le duo instaure une ambiance festive portée par une production percutante et des mélodies entêtantes.

Les voix des deux chanteuses se complètent à merveille et forment des harmonies particulièrement réussies. Le timbre immédiatement reconnaissable de Jorja Smith répond avec justesse à l’énergie communicative de Nia Archives, créant un équilibre qui donne toute sa personnalité au morceau.

Le clip prolonge cette dynamique à travers une esthétique rétro inspirée des années 90 et 2000. Entre les couleurs, les effets visuels et une mise en scène épurée, il joue avec la nostalgie tout en conservant une approche moderne. Cette direction artistique accentue le caractère solaire et insouciant du titre, qui transmet une véritable sensation de liberté et de bonne humeur.

Entre son énergie communicative, son refrain accrocheur et l’alchimie des deux artistes, Get Me Down pourrait bien s’imposer comme l’un des titres phares de l’été.

ROMANCE – Sur Le Net

Enfin ! Le clip de Sur Le Net est sorti, après avoir été joué un nombre incalculable de fois en live. Ce banger surf rock complètement déjanté apporte un vent de fraîcheur à la scène rock française. Il s’agit du troisième single du groupe, extrait de leur premier album Promis ce soir, attendu le 18 septembre 2026. Le morceau raconte, avec malice, les premiers émois d’un adolescent qui découvre les joies d’Internet. C’est terriblement efficace, irrésistiblement entêtant, et le refrain se reprend instinctivement aux côtés de Charles Crocq dès la première écoute.

Le clip met parfaitement en images l’univers barré du groupe. À la réalisation, le guitariste Pierrick Orfao s’amuse avec l’esthétique d’un bureau de la fin des années 90, à l’époque où l’ADSL avait un débit et un temps de connexion limités. Surtout, on y retrouve une bande qui prend un plaisir évident à jouer ensemble, allant jusqu’à nous offrir une chorégraphie qu’on a déjà hâte de reproduire et voir en concert. Tout comme le postérieur de ta sœur, oui.

TVOD – Wet Brain 

Sur Wet Brain, TVOD transforme une peine d’amour en hymne post-punk aussi déchirant qu’exaltant, clin d’œil à la comédie culte Sixteen Candles. En un peu plus de deux minutes, la formation new-yorkaise passe d’une intro minimaliste aux couplets scandés par Tyler Wright, qui égrène les relations gâchées, les lendemains de veille qui s’étirent et le regret d’avoir blessé celle qui est désormais son ex.

L’extrait annonce The Farm, enregistré à Leeds avec le réalisateur Danny Blackburn (Adult DVD), moins d’un an après Party Time, qui avait pris forme à Montréal. Écrit en partie dans une ferme de Neufchâtel-en-Bray, l’album s’inspire d’un commandement satirique de La Ferme des animaux d’Orwell (“Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres”) pour se moquer de l’autorité et capter la colère, la tension et le malaise d’une société de plus en plus absurde. Le tout sans perdre le côté brut et volatile qui a ancré le groupe au cœur de l’underground.

Parazar – Hola (feat. Nordo)

Parazar revient avec Hola, un extrait à la croisée du hip-hop et de l’EDM en compagnie du chanteur tunisien Nordo. Sur une production uptempo signée King Alex, les deux artistes s’échangent des lignes sur l’ambition, la résilience et le déracinement. “J’ai pas changé moi depuis l’départ / pas d’switch pas d’faux espoirs”, rappe la première; “L’ghorba wahchek la mama / Hid bla chi drama” (“L’exil te fait souffrir, maman / Tout ça, sans faire de drame”), lui répond le second. Leurs couplets s’entrelacent pour évoquer autant la soif de réussite que les blessures invisibles de leurs parcours : la pression, les faux-semblants, les sacrifices, l’exil.

Le résultat est un véritable hymne à celles et ceux qui avancent malgré les obstacles, pensé autant pour la route que pour les festivals. Fidèle à son habitude, Parazar accompagne le tout d’un vidéoclip, réalisé par Disjonctés : un huis clos chaleureux au ton de la confession, où des danseuses s’enflamment au rythme effréné de la pièce

Ezra Collective – Well Organised feat. Lila Iké 

Le clip de Well Organised de Ezra Collective en collaboration avec Lila Iké traduit avec brio l’ambiance sonore du morceau. D’un côté, on plonge dans une esthétique rétro au cœur d’un village de pays chaud : la mer, les côtes montagneuses et les hangouts relax pieds nus.

Puis, un contraste s’installe, laissant place à une soirée festive où les tenues relax cèdent le pas à un style disco à paillettes. Visuellement et musicalement, la collaboration entre Ezra Collective et Lila Iké sonne comme s’ils étaient faits pour vibrer ensemble. 

Bref, le tout s’accorde parfaitement au groove décontracté du morceau.

Green Day – I‘m Never Gonna R.I.P. 

Sorti pour la bande originale du film Nimrods (2025), le clip pour la chanson I’m Never Gonna R.I.P. de par Green Day est un shot d’adrénaline à l’état pure. En alternant et superposant de manière ultra-dynamique des scènes de fiction et des extraits de concerts électrisant du groupe, la vidéo capture à la perfection un esprit punk-rock indomptable. L’ambiance est fun et festive, célébrant la liberté à travers des roadtrips improvisés et des soirées mémorables entre amis. C’est un hymne énergique et nostalgique qui prouve que Green Day n’a absolument rien perdu de sa réputation et de son talent.

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