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Les clips de la semaine #315 - Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie de notre 315èeme sélection des clips de la semaine.


ARTICLE15 - MOLILI (feat. Les Amazones d'Afrique)

Depuis leurs premiers bruissements sonores, on suit avec intérêt, et passion, les aventures d'ARTICLE15. Le duo est de retour en cette rentrée avec un nouvel EP, DISPOSITIONS, dont ils avaient dévoilé plusieurs extraits tout au long de l'année et à travers lequel on remarque l'évolution du duo vers une musique plus produite et dansante, à même de contrôler le chaos et les impulsions politiques qui vibrent dans le projet.

MOLILI, en collaboration avec Les Amazones d'Afrique, en est la preuve la plus simple. Un morceau percutant, vibrant qui démarre comme une prière avant que le beat et le chant, toujours aussi impression de Wilfried prenne le pas pour nous entrainer dans l'obscurité. On peut pas vraiment parler d'équilibre, ce qui nous intéresse chez ARTICLE15 c'est la manière dont les frottements entre Wilfried et GriGri crée des étincelles, comment ces deux personnages s'unissent pour faire cohabiter leur deux personnalités au sein d'une même aventure. MOLILI impressionne par cette alliance qui devient une évidence d'efficacité et de talent.

Projet musical, ARTICLE15 se vit aussi à travers ses visuels et ses clips. Et là aussi, l'ambition est montée d'un cran avec MOLILI.

MOLILI signifie obscurité en lingala et c'est précisemment dans la nuit de Kinshasa qu'on se retrouve entrainé. La vidéo commence par une coupure de courant, on suit alors Wilfried dans une évasion nocturne dans les rues et ce monde plongé dans le noir. Filmer l'obscurité n'est pas une chose aisée et à la vue du clip on rangerait très certainement ARTICLE15 à côté de Michael Mann et de Johnnie To dans leur manière de jouer avec les ombres, de marquer la nuit, de la rendre aussi familière qu'inquiétante.

MOLILI s'offre aussi l'occasion de développer encore plus l'univers du duo, d'y créer de nouveaux personnages, de mettre en avant une culture et une histoire. Et au final, c'est grâce à la friction de deux êtres étranges que la lumière revient dans la ville et que la fête peut reprendre. N'est-ce pas l'histoire même d'ARTICLE15 ?

Pour fêter la sortie de DISPOSITIONS, ARTICLE15 sera sur la scène du Badaboom le 15 octobre prochain. On ne peut que vous inciter à aller les découvrir sur scène, là où le projet prend tout son sens.

Syd matters - The Holy Ghost

Cette année aura été marquée le retour de groupes qu'on pensait, à notre grand désespoir, disparus à jamais. Parmi eux, le retour de Syd Matters après 16 ans d'absence se vit à la fois comme une réjouissance et comme une nécessité, tant A Gospel of Some Sort semble exister pour nous accompagner dans l'incertitude du monde moderne. Il y est question de solitude, de chemin perdu mais aussi de renaissance, d'espoir et de la vie.

Un chemin de deuil et de doute qui se vit avec intensité, la preuve avec The Holy Ghost, single envoyé comme une étincelle pour faire briller la flamme de ce nouvel album. Ce fantôme sacré nous accompagne, alors que les rythmes se brisent, que les cordes s'élèvent pour élever la mélopée qui nous envahit et qui grandit encore et encore pour mieux nous aspirer.

Le texte de The Holy Ghost parle de changement, d'acceptation, d'élévation et d'échappée, une thématique qui accompagne tout l'album comme le fait d'accepter sa tristesse et d'en tirer quelque chose.

Pour accompagner le morceau, le groupe confie la réalisation de la vidéo à l'artiste Daniel Barreto qui nous entraine dans une histoire animée, au milieu des couleurs, des lumières et des être sans visages.

Une expérience qui se veut aussi marquante que le morceau lui même, allant chercher l'inspiration dans les mots pour briser les lignes, transformer les formes et nous transporter dans la beauté, dans l'inconnu et ce besoin de suivre la lumière qui file pour se transformer, grandir et renaître.

Syd Matters reprendra la route de la scène cet automne avec notamment des concerts complets au Grand Mix et à l'Olympia.

Dressed Like Boys - And Then I Woke Up

On n'était pas encore totalement remis de l'émotion provoquée par le premier album de Dressed Like Boys, paru en 2025, que Jelle Denturck a décidé qu'il était déjà temps de revenir prendre nos coeurs en otage et de transformer à nouveau nos joues en réceptacle à larmes.

And Then I Woke Up est le premier extrait d'un album qui portera le même nom et qui est prévu pour le mois de février chez MayWay Records. Il est surtout la marque de l'évolution de Dressed Like Boys, nous plongeant un peu plus dans l'intimité du musicien à travers ce piano-voix du plus bel effet, jouant sur l'équilibre entre ampleur et simplicité, porté par la voix hors norme du belge et son sens de l'interprétation.

And Then I Woke Up est un poème, un cri du cœur qui répare les âmes perdues et manière de trouver son chemin, de faire corps avec les autres tout en acceptant sa propre singularité et son authenticité. C'est la toute l'ambotion de Dressed Like Boys : mettre les différences à la marge et retrouver une humanité commune à travers la musique.

Toujours très influencé par les 70's, c'est tout de blanc vêtu que Jelle se présente devant la caméra de William Van Bavel. Un plan fixe de presque 6 minutes à travers lequel le musicien envahit l'écran, raconte sa musique, nous guide dans les émotions, alors que les couleurs envahissent l'image comme des vagues qui changent tout ce qui existe.

Si, selon lui, Dressed Like Boys n'a pas encore écrit sa "vraie première chanson", on est de notre côté assez sûr d'assister à la naissance d'une icône en devenir.

Séverin - Petite Solitude

Les chansons écrites un soir de pluie sont-elles obligatoirement là pour nous faire pleurer ? Le sujet est vaste, mais si on se fie à la Petite Solitude de Séverin, la réponse est sans doute oui.

Déjà dans Nouveaux Dinosaures, le musicien avait pris un chemin vers une forme de gravité, un peu de sérieux doux amer qui semble continuer de se diffuser dans Tout Est Vrai, son nouvel album prévu pour le mois d'octobre prochain.

Petite Solitude surprend à la première écoute et c'est sans doute une bonne chose. On pensait bien connaître Séverin ? Dommage, le garçon a encore quelques surprises dans le fond de ses poches. Le voilà de retour et on a l'impression que le garçon est prêt à devenir le successeur de Michel Berger. Petite Solitude porte en lui la trace de la grande chanson française comme on l'aime, un morceau tout à la fois réconfortant et rempli d'une tristesse assez lourde. Séverin nous entraîne dans cette histoire qui semble être un récit mental, une histoire qui se vit comme une aventure presque cinématographique, lorsque le héros se retrouve à la croisée des chemins, où le cœur est blessé, où tout tangue mais qu'il est nécessaire d'avancer, de réparer les choses.

Petit indice tout de même, Petite Solitude est le premier titre de Tout est Vrai, on est donc assez curieux de voir où cet album va nous amener.

Ce qui est sûr, c'est qu'il n'était ni question de solitude, ni de tristesse lors de l'enregistrement de ce nouvel album. La preuve avec la caméra de Manou Milon qui joue le rôle de petite souris visuelle sur l'Ile de Wight.

On suit donc Séverin et sa bande, Sage, Theodora Delilez, Jérémie Arcache et Robbie Kuster pendant l'enregistrement du morceau. Beaucoup de sourires, de joie et énormément de talent au programme de cette session pour notre plus grand plaisir.

En plus de l'album, Séverin a annoncé sa première Cigale pour le 11 mai 2027. Et on espère aussi le retrouver un peu partout en France l'année prochaine.

Cassien - Oublie ça

Cassien sera de retour le 02 octobre prochain avec un nouvel EP et nous en dévoile un dernier extrait cette semaine avec Oublie ça.

Oublie ça, c'est un titre qui colle au corps et au coeur, un petit bonbon qui nous invite à relâcher la tension, à échapper au monde qui nous entoure pour se concentrer sur soi et évacuer ses inhibitions.

Une production directe et entêtant accompagne la voix et la poésie de Cassien qui navigue dans ses pensées, dans ses émotions, pour mieux les comprendre, les accepter et vivre avec elles en harmonies. Oublie ça est une maxime, un ordre à la tendresse de soi et un morceau parfait pour danser, que ce soit seul ou avec les autres.

La vidéo qui accompagne le titre comprend parfaitement les enjeux du titre et nous entraine dans un voyage onirique et mental. On se retrouve dans l'esprit de Cassien, dans ce champ de fleurs dont il nous parle et où il se met à danser.

Les yeux fermés, l'esprit bascule et c'est une alternance entre le soi et l'image de soi qui se joue, deux entités qui tentent d'exister et de cohabiter pour pouvoir avancer ensemble.

La vidéo se termine par une accolade réparatrice entre deux parties d'un même corps, d'une même âme.

Et au fond, c'est exactement l'effet que nous produit Oublie ça de Cassien : un gros câlin sonore qui fait du bien.


DIIV - KID

Les semaines passent et nous rapprochent de l'arrivée de ZIRP!, le nouvel album de DIIV produit par A.G. Cook.

Pour nous faire patienter, le quatuor new-yorkais dévoilait cette semaine un nouvel extrait intitulé Kid. Un morceau apaisé et rassurant, qui sonne comme une comptine enfantine remplie de tendresse et de douceur.

Le morceau montre aussi l'évolution du groupe et sa capacité à grandir et à évoluer tout en assumant pleinement ses envies et ses intentions. Ici, un morceau au carrefour de la musique indie et de la pop qui glisse doucement vers une énergie plus noise et abrasive dans son dernier tiers.

Pour accompagner le morceau, Jaxon Whittington prend le titre du morceau au premier degré en confiant la caméra à Roy, lefils de Zachary Cole Smith, et à son meilleur pote Julian.

On se retrouve donc à hauteur d'enfant, dans une vidéo qui confronte le monde des adultes et celui des enfants et où tout n'est prétexte qu'au jeu et à retrouver des sentiments parfois évaporés. Ainsi, dans un décor de cinéma, la caméra est en mouvement permanent, trouvant des angles étranges, des mouvements inattendus et basculant souvent vers les, très nombreux, jouets qui habitent le lieu. On peut aussi remarquer toute la beauté du regard d'un père vers son fils. Le résultat est parfait dans ses imperfections, rempli d'humanité et d'une espèce de chaleur qui nous envahit, que ce soit à l'écoute de Kid ou à la vision du clip qui l'accompagne.

DIIV sera en tournée cet automne avec un passage parisien le 02 novembre prochain au Badaboum dans le cadre du Pitchfork Festival.

Jean Felzine – Y’a que moi qui travaille

Il a ce qu’on peut appeler une gueule, Jean Felzine. Une gueule de cinéma, mais surtout une grande gueule dont il se sert allègrement, et avec malice, pour dénoncer le patronat, les chefs et plus globalement nos petits travers bien français dans Y’a que moi qui travaille.

Dans le clip réalisé par Alex Pilot, Jean Felzine se démultiplie pour camper avec humour une série de personnages qu’on a tous croisés. D’un côté, il y a bien sûr la figure du patron très 80’s : cheveux gominés, costume cravate, attaché case, chevalière et montre en or qui brille, bien trop occupé à surveiller des employés flemmards qu’à travailler lui-même, tout en clamant l’inverse. De l’autre, différents employés qui partagent leur temps entre au mieux leur emploi, et surtout partie d’échecs, jeux vidéo, babyfoot, danse avec un homard, etc.

Un clip réjouissant pour un titre politique comme on les aime, qui vient mettre une petite pièce dans une campagne pour l’instant laborieuse.

Y'a que moi qui travaille est le dernier extrait de son prochain album Cinéma permanent, attendu le 18 septembre prochain chez Vietnam Records.

Jean Felzine sera en concert au Zèbre de Belleville (Paris, 11e) chaque mardi du mois d’octobre : 06/10 en solo, 13/10 en quatuor, 20/10 en duo, 27/10 en quatuor.


Fat Dog - Call It What You Want

Comme tous les matins depuis le début du mois de juillet, nous rayons une nouvelle case sur notre calendrier. Encore un jour qui se termine et nous rapproche de la date fatidique du 2 octobre, date à laquelle sortira enfin le nouvel album de Fat Dog.

Pour combler notre interminable attente, le groupe nous dévoile un nouvel extrait de Cancel me, (I’m tired), ainsi qu’un clip qui nous donne envie de maudire la rentrée. Alors que l’on se résout à mettre notre réveil à une heure bien trop matinale, le clip de Call It What You Want nous replonge dans nos souvenirs d’été. Un été passé dans la foule des festivals, la sueur ancrée à notre front comme une seconde peau et l’exposition aux UV dont quelques traces roses subsistent.

Un état mêlant euphorie et déshydratation, partagé par les 500 personnes présentes dans le clip qui se bousculent dans une forme de danse effrénée pendant que la formation anglaise interprète son nouveau titre à l’occasion de son pop-up show intitulé Woofstock. Un nouveau titre où l’on retrouve les synthés planants tandis que Joe Love s’interroge sur son héritage psychologique.

Un quatrième single pour Fat Dog qui accompagne déjà nos trajets vers notre lieu de travail.


ADÉLA - Nicole Kidman

Entre Moulin Rouge!, Eyes Wide Shut et Babygirl, ADÉLA s'empare de l’imagerie de l’idole Nicole Kidman pour le clip du nouveau single qui accompagne la sortie de son projet, qui déborde de références et de glamour. Tout est théâtral, sexy, avec cette envie très assumée de jouer la grande pop star.

Là où The Provocateur avait montré qu’ADÉLA pouvait emprunter des chemins moins balisés, elle semble ici avoir légèrement levé le pied pour parler à une plus large audience.

Un premier album qui préfère le gloss au latex, les ballades aux dancefloors moites et la nostalgie Y2K aux nuits en club. Les mélodies bubblegum semblent sorties d’une petite boîte à souvenirs du début des années 2000. Une sorte de lettre d’amour à la pop écrite au stylo gel rose, paillettes sur l’enveloppe et petit cœur sur le i.

Mais c’est là que PRIMA devient frustrant. L’album est efficace, accrocheur, bien produit et possède de bons titres. Tout est suffisamment joli et catchy pour fonctionner, mais rarement assez surprenant pour véritablement marquer les esprits. KGB qui ouvre le projet est justement le titre qui se rapproche le plus de ses précédentes sorties. Plus dangereux, plus étrange et surtout plus singulier, il rappelle ce qui pouvait rendre ses premières propositions aussi excitantes. 

ADÉLA semble avoir toutes les cartes en main pour proposer une pop capable de prendre des risques plutôt que de simplement mélanger les bons ingrédients. Si The Provocateur donnait envie de découvrir jusqu’où elle pouvait aller, PRIMA laisse surtout avec l’envie de savoir pourquoi elle ne va pas plus loin.

Ezra Collective - Jubilee Feeling

La bande d'Ezra Collective n'en finit plus de nous impressionner et d'enchaîner les sans fautes. Avec Jubilee Feeling, le groupe avance sereinement vers leur prochain album, Here Because of Hope, sortant le 11 septembre. On retrouve encore une fois une énergie débordante, tout en décontraction qui nous emmène cette fois-ci dans l'ambiance d'un club londonien.

Comme usuellement, les cinq musiciens nous invitent au partage, une valeur inhérente et immanquable lorsqu'il advient du Jazz. Une autre composante majeure de ce morceau et de la musique du groupe de manière plus générale est la danse. L'art d'Ezra Collective en est un vecteur, une forme d'initiation pour nous amener à nous abandonner. Une mission ici une nouvelle fois parfaitement remplie qui nous rend d'autant plus impatient de pouvoir poser nos oreilles sur l'entièreté du nouveau disque des anglais.

Novelists - Ravage

Formation parisienne de metalcore progressif formée en 2013, Novelists a connu de nombreux changements de membres. Depuis 2023, c’est Camille Contreras qui occupe brillamment le poste de chanteuse au sein du groupe, après plusieurs remaniements depuis leurs débuts. Leur singularité, c’est d’avoir réussi à conserver leur âme et leur empreinte si particulière malgré ces transformations. En 2025 sort leur dernier long-format, CODA, où infusent rock moderne et atmosphérique et influences électroniques. Un cocktail explosif et addictif, où Novelists assume sa transformation.


Ravage et son clip emportent le groupe encore plus loin, dévoilant une ambition sans limite. Totalement autoproduit, le clip réalisé par Bastien Sablé dévoile une production ambitieuse, qui reprend je trouve les codes des clips des années 2010, entre chorégraphies incarnées, costumes et décors perfectionnés. Camille y prend son rôle, sa place de leader, et le groupe assume sa volonté de s’imposer encore sur la scène metalcore internationale en repoussant toutes leurs limites. Peut-être aussi leur volonté de conquérir un nouveau public en sortant des codes du metalcore. Faisant son entrée en seconde moitié, le violoncelle baroque fait une entrée remarquée auprès de la guitare et de la basse.


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