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Les clips de la semaine #320 - Partie 1
La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, la première partie de notre 320ème sélection des clips de la semaine.

Sébastien Delage - PopSong
Sébastien Delage, notre stakhanoviste de la pop favori, est de retour cette semaine avec PopSong, premier extrait de son quatrième album à venir prochainement.
Une PopSong ? Vraiment ? Avec Sébastien, rien n'est jamais aussi simple et c'est sans doute ça qui nous plaît. PopSong est un morceau au côté méta complètement assumé, qui permet une nouvelle fois à l'artiste de réinventer les choses, d'injecter dans une trame trop simple des réflexions intimes et des hommages d'amoureux véritable de la musique.
Ainsi, d'une énergie purement 90's avec ses guitares puissantes et son rythme effréné, Sébastien Delage nous offre une analyse de la PopSong, souvent trop simple et légère. Lui inverse le tout, se l'approprie pour nous parler de santé mentale, de précarité et du gouffre que l'on observe parfois devant soi. Tout à la fois docteur et patient, Sébastien Delage analyse la musique pour se soigner lui même, pour avancer dans la vie et faire ce qu'il fait le mieux : de la bonne musique avec des thèmes sérieux et une sincérité à toute épreuve.
La vidéo réalisée par Sébastien Delage et Lola Protar a tout elle aussi du petit plaisir de geek bien senti. Entre influences des séries télés légères et du cinéma d'horreur bis des années 80/90, PopSong est un petit manège aux horreurs qui se lit sur plusieurs lignes de lectures.
On peut ainsi y voir une histoire de potes dans une fête foraine qui se transforme en grand massacre quand l'un deux, qui s'isole et se sent blessé et incompris, se transforme en petit démon au sourire flippant.
Mais on peut aussi voir la vidéo comme un voyage mental dans l'esprit de Sébastien, coincé avec des émotions qu'il ne sait pas gérer, des sentiments qui se bousculent dans son esprit et dont il cherche petit à petit à se débarrasser.
On vous laisse faire votre choix, en tout cas on ne peut que vous inciter à plonger dans le manège PopSong de Sébastien Delage.
Blumi - Such Reverence
Quelques mois après l'extatique Jaguar, Blumi revient cette semaine avec un morceau au tempo plus lent, mais à l'émotion toujours aussi présente : Such Reverence.
Second extrait de son premier album, Steady Heart, attendu pour le début 2027 chez Capitane Records, Such Reverence montre l'autre facette de Blumi, une musique à l'ambiance qui prend son temps, qui l'étire même, un morceau qui se laisse exister, qui grandit lentement, porté au départ par la voix d'Emma avant qu'elle ne laisse la composition prendre sa part et trouver cet équilibre précaire où tout s'imbrique comme par magie.
Avec Such Reverence, Blumi nous parle d'un amour qui se délite, une relation qui change, qui évolue et la difficulté à trouver sa place et à faire sens quand tout change. Blumi, à travers son morceau, s'interroge autant qu'elle prend de la hauteur, regarde l'amour qui parfois, lentement, sans même s'en rendre compte, se transforme en une sorte de violence que l'on ne contrôle plus.
Comme une petite souris à La Frette, Julie Bessard filme l'intimité de la création du morceau, entre l'écriture, l'enregistrement, les moments de réflexion et de doutes et les petites promenades pour s'aérer l'esprit.
Des instants délicats et intimes qu'on se retrouve heureux de découvrir alors que le vent souffle dans les arbres et que les oiseaux chantent doucement cachés derrière les feuilles.
Cet automne, on pourra retrouver Blumi en concerts en ouverture de plusieurs shows de Syd Matters et Girls In Hawaii.
Coup Dur - Ça me vexe
Petit détour par la Belgique cette semaine pour retrouver les géniaux Coup Dur qui dévoile cette semaine un nouveau titre, Ça me vexe, premier titre bonus de leur EP étendu dont la sortie est prévue pour le 05 novembre prochain.
Toujours dans cette vibe DIY et très 60's (notamment ces chœurs géniaux) qui nous fait chavirer, Coup Dur nous raconte une relation qui se termine, les petites vexations, les colères légitimes et l'accumulation qui les transforme en des plaies qui ne se referment jamais vraiment.
On se laisse emporter par le côté répétitif et un peu psyché du morceau, sa douceur d'apparence, la manière faussement enjouée de chanter le morceau qui cache vraie noirceur dans ses paroles et dans certains moments du morceau.
Le clip réalisé par Alexandre De Bueger représente parfaitement le morceau de coup dur. Lui aussi spécialisé dans une esthétique très DIY pour ses vidéos, le réalisateur belge nous entraine dans un rendez-vous foireux qui finit par une fuite en avant.
On retrouve nos deux protagonistes autour d'une paella pour une histoire d'amour qui va droit dans le mur, entre tensions, humour un peu naze et partage de l'addition.
Alexandre De Bueger filme l'histoire comme une sorte de roman photo dont on tournerait les pages, en incrustant les membres de Coup Dur ici et là sur l'image. Le tout à un côté tout à la fois désuet et volontairement drôle qui nous charme complètement.
Pour les amoureux de Coup Dur, le trio sera en première partie de Girls In Hawaii à l'Aéronef le 06 novembre prochain.
Nidjo - Funambule
Parfois, on se demande pourquoi on s'occupe de la sélection des clips de la semaine, et chaque semaine, une petite merveille d'ingéniosité et de talent nous le rappelle.
Cette semaine, la palme clip le plus beau et le plus fou revient à Nidjo pour son titre Funambule. En effet, l'artiste a pris le temps de réaliser un clip entièrement fait main, de la construction du personnage et des lieux à l'enregistrement en image par image de cette petite pépite d'animation.
Avec Funambule, Nidjo garde l'équilibre dans un morceau pop-rock qui parle lui d'équilibre... mental. On plonge ainsi dans son esprit, une routine qui tourne en boucle, la vie qui défile et une recherche permanente d'évasion qui se termine toujours par des rêves qui se fracassent malheureusement sur la réalité. Que reste t'il alors à part s'évader dans ses pensées et ses rêves ?
C'est ce que fait le mini Nidjo en pâte à modeler, montant ici et là vers le ciel avec sa guitare mais toujours rappelé au réel par la gravité du monde. On reste ainsi pantois face à la vidéo d'une beauté bouleversante et qui met parfaitement en image le morceau qu'elle accompagne, notamment dans ces derniers moments où le rêve se retrouver altérer par des images du réel qui nous angoissent tous.
En un mot comme en cent, on ne peut que vous inviter à visionner et à soutenir le travail de Nidjo.
Baby Wave - The Scene is Changing
Braver l’inconfort de voir les autres s’en sortir tandis que le cadenas de nos addictions ne cesse de se refermer sur nous révèle toute la difficulté d’accepter notre propre fragilité.
Bien que cette situation soit loin d’être agréable à vivre, Baby Wave parvient à rappeler que ce combat est universel, The Scene is Changing c’est cette frustration intime face à la réussite de l’autre peut se transformer en une force collective. Derrière le sentiment de rester prisonnier de ses propres démons se cache aussi la difficulté d’accepter que les choses changent, et que nous n’évoluons pas tous au même rythme.
Auprès de ces paroles parfois convenues, mais non moins nécessaires, le groupe enveloppe son propos d’une sonorité cassante et pleine de vie, sans jamais dissimuler la morosité et la tristesse qui habitent le morceau. Une énergie contradictoire qui ne cherche pas à effacer les blessures, mais à leur donner une voix, sans jamais trahir l’âme du titre.
Kid Sistr – Accelerator
Un EP remarqué en mai dernier, le groupe revient cette semaine avec un nouveau single qui affirme une liberté sauvage des plus convaincantes.
Avec Accelerator, Kid Sistr joue la carte de l’insolence jusqu’au bout, dans un morceau où les moteurs vrombissent autant que les corps s’échauffent. Sous ses airs de virée à toute allure, le titre déroule un jeu de séduction franchement grivois, où les métaphores mécaniques deviennent le terrain d’un désir qui ne s’embarrasse guère de pudeur. Ça accélère, ça dérape, ça flirte avec l’excès, sans jamais perdre ce goût du jeu et de la provocation qui fait tout son charme.
Le trio s’amuse à brouiller les lignes avec une malice réjouissante, préférant l’instinct aux convenances et le plaisir aux bonnes manières. Une décharge insolente, portée par une énergie merveilleusement indocile
deathtoricky - all year
Le rappeur de Celbridge, deathtoricky, affine son univers à chaque sortie. Deux mois après son EP pre life, qui annonçait une nouvelle direction visuelle avec lemon haze, il revient avec all year.
Plutôt que de raconter une histoire linéaire, ses clips misent sur l’énergie et la bonne humeur. Fonds verts, images pixelisées et buildings déformés composent une esthétique bricolée qui revendique pleinement la culture internet, loin des productions ultra-léchées. Son patronyme est trompeur, ricky incarne une musique profondément vivante. Ses messages d’espoir rappellent que, même dans un contexte difficile, certains artistes continuent d’ouvrir la voie. Son goût pour le mélange se retrouve aussi dans ses samples, entre Toro Y Moi et Martin Solveig, qui font de lui un véritable curateur musical.
Avec pre life, all year et son prochain projet real life, deathtoricky esquisse un triptyque qui semble raconter un passage de l’ombre à la lumière. Un dernier chapitre que l’on attend avec impatience.
KNIVES - VERMILLION
Toujours en pleine tournée de leur premier album, GLITTER, KNIVES ne chôme pas et annonce l'arrivée d'un second album, NOTHING NEW UNDER THE SUN, avec un premier single explosif, VERMILLION.
Ce premier extrait qui porte en lui toute l'intensité et la puissance que l'on apprécie chez KNIVES.
Avec VERMILLION, le gang de Bristol enfonce le clou et nous invite à interroger nos actions et nos valeurs, à réaliser que ce que l'on fait a des conséquences sur, autant sur nous et sur notre entourage et qu'il est nécessaire d'être sur de l'impact positif de ce que l'on fait. Le groupe nous invite aussi à nous exprimer et à ne pas nous laisser envahir par le désespoir, le tout sur un rythme effréné, une association basse-batterie qui tabasse et un petit saxophone discret qui apparait pour notre plus grand bonheur.
Le clip réalisé par Harry Steel transforme KNIVES en icône bien stylées, montrant l'évolution du groupe depuis quelques années. On se retrouve donc devant une vidéo très esthétique, avec un soin très fort apporté aux lumières et à l'ambiance, dans ce décor presque post-apocalyptique dans lequel ils semblent évoluer.
KNIVES frappe fort et juste. Pour les plus chanceux, le groupe sera présent à Nos Rêves Font Du Bruit en novembre prochain.