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Les clips de la semaine #320 - Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, la seconde partie de notre 320ème édition des clips de la semaine.


Bandit Bandit – Opaline (Live à Ferber)

Il y a encore quelques mois, nous posions des mots sur le très bel album d’un duo hexagonal important sur la scène rock : Bandit Bandit. A l’approche de leur concert au Trianon prévu le 5 novembre prochain, quoi de mieux qu’une captation live ? C’est avec la chanson sans doute la plus intime de l’album que le duo nous séduit.

Opaline ne pousse pas Bandit Bandit à renoncer à son rock puissant, elle leur permet de se tourner vers la délicatesse. Ce qui fait sa force c’est d’ailleurs cette dernière qui se dégage alors qu’elle porte le poids lourd de son récit. Son sujet - l’avortement – n’est pas qu’un argument que l’on raccrocherait à la corde sensible des émotions et se positionne au cœur du travail d’écriture de chaque artiste toutes disciplines confondues ; la difficile recherche des mots justes sur un vécu personnel. 

Choisir la live session pour illustrer Opaline c’est faire le choix de la mise à nu totale, l’impossibilité de fuir le réel, lui faire une place où tout peut émotionnellement basculer, ne laisser aucune place à la fiction. Avec Opaline, Bandit Bandit nous touche en plein coeur, raconte sans tout révéler, émeut sans dramatiser. 

Good Charlotte Feat. Ziggy Marley - U R

Il y a des morceaux qui semblent attendre le bon moment pour retrouver leur public. Avec U R, Good Charlotte s’associe pour la première fois à Ziggy Marley et fait renaître un album longtemps resté dans l’ombre. U R est un titre solaire, feel good et mélodiquement surprenant, à la croisée du rock et du reggae, où le groove rencontre l’énergie punk, preuve que les frères Madden n’ont jamais vraiment voulu se laisser enfermer dans les codes du pop-punk.

À l’origine, U R figurait sur Greetings From California, album sorti en 2014 sous le nom de The Madden Brothers, le projet parallèle de Joel et Benji Madden. Retiré des plateformes en 2015, le disque retrouvera donc le 6 novembre prochain une nouvelle vie sous la bannière Good Charlotte, avec trois titres bonus.

Joel et Benji Madden reviennent eux-mêmes sur cette réappropriation : « Il y a plus de douze ans, nous avons réalisé cet album sous le nom de The Madden Brothers. Peu après sa sortie, nous avons ressenti le besoin de le reprendre pour nous, de le garder rien qu’à nous. Toutes ces années plus tard, nous avons réalisé qu’il aurait très bien pu être un album de Good Charlotte depuis le début. Nous avons donc pris le temps de le retravailler, d’y mettre tout notre amour pour le rééditer, et c’est vraiment important pour nous de pouvoir le partager à nouveau. Nous avons beaucoup appris au fil des années et appris à apprécier toutes ces histoires et ces expériences. Finalement, le voyage était la destination. »

Pour accompagner cette renaissance, Ziggy Marley apporte à U R une chaleur et une décontraction qui épousent naturellement son groove. Le rock a des couleurs reggae, les frontières s’estompent et le morceau prend des allures de reggaepunk aussi singulier que familier. La collaboration apporte une nouvelle couleur au titre sans lui faire perdre son ADN : on retrouve dès le couplet l’énergie mélodique de Good Charlotte, portée par un refrain hyper accrocheur qui s’installe en tête dès la première écoute. La voix de Ziggy Marley enrichit le titre. Une excellente surprise pour commencer l’automne !

Derrière ce refrain lumineux se cache aussi une déclaration d’amour à la personne qui inspire chaque chanson et chaque mélodie. U R évoque les sacrifices d’une carrière musicale, la distance et les moments précieux manqués auprès de ceux qu’on aime. Entre culpabilité et amour inconditionnel, le morceau rappelle que derrière chaque artiste se cachent des absences, mais aussi des liens qui donnent tout son sens à la musique.

Côté clip, Good Charlotte opte pour le noir et blanc et mise sur l’authenticité. Pas de scénario spectaculaire : les images de backstage et de making-of nous plongent dans les coulisses du groupe, entre moments capturés sur le vif et instants de complicité. Les paroles défilent à l’écran, tandis que cette esthétique sobre ajoute une touche de nostalgie. Une façon simple de faire écho à l’histoire de cet album, longtemps mis de côté avant de retrouver sa place dans l’aventure Good Charlotte.

Cette nouvelle édition de Greetings From California sera disponible le 6 novembre 2026. Good Charlotte retrouvera également les scènes européennes pour sa tournée Motel Du Cap, avec Yellowcard en invités spéciaux. Le groupe fera notamment escale au Zénith de Paris le 17 novembre.

Ibeyi – Moshpit

Ibeyi, duo formé par les deux sœurs Lisa-Kaindé et Naomi Díaz, poursuit son parcours musical entre Cuba et le reste du monde avec son dernier titre, Moshpit, extrait de son album Offering, sorti cet été. Les réalisateurs Corry Van Rhijn et Roman Pichon Herrera donnent corps à ce titre fiévreux. Les plans s’enchaînent rapidement, dans un mouvement de transe presque chamanique. On y découvre des scènes de contemplation du quotidien, entrecoupées de danses.

Pour accompagner la sortie de leur dernier album, dont les clips rendent hommage à La Havane, Ibeyi partira en tournée en France et en Europe cet automne. Il faudra attendre début novembre pour les retrouver sur scène, le 9 au Cirque d’Hiver.

Ofé - Mal 

Si parfois la pluie tombe à l’intérieur et que l’orage gronde, Ofé parvient une nouvelle fois à sublimer ces émotions parfois contraires, ou du moins puissantes. Elle nous surprend et nous bouleverse, dans une danse à la fois morose et libératrice. Ce cri du cœur s’intitule Mal. Il est extrait de son nouvel EP process, sorti ce vendredi. 

On souligne tout le sublime travail fait autour de l’image et le talent d’interprète de l’artiste. Sur les toits de Paris, le ciel est gris, lourd. Ofé nous fait face. L’émotion est brute, à l’image de ce piano sous des amas de roches et de câbles emmêlés, un sentiment se niche et grandit. On devine ce fil invisible. Car la tristesse précède à la colère. Le clip en deux parties, s’ouvre vers une explosion, un feu intérieur trop longtemps dissimulé. Il faut sortir le mal à tout prix, le laisser prendre toute la place ! Puis le détruire. 


De la création musicale à l’interprétation, Ofé développe un univers riche et singulier. Après avoir repris notre souffle, on vous invite à aller découvrir, vite écouter son nouvel EP, process. 

Masguel - Gourou

Avec Gourou, Masguel met en scène la descente aux enfers dans un clip cinématographique. On démarre sur une télé, où n'apparait que sa bouche scandant ses mots : « Suis ton gourou ». Puis, un enchaînement en noir et blanc, fait de jeux de lumière intenses. Dans une esthétique presque horrifique, il plante un décor dont son pan maléfique et égocentrique est le protagoniste. Dévoilant l'origine du mal, on voit le chanteur au milieu d'une réunion avec les grands pontes. Alors que les feuilles volent et que les discussions semblent animées, le chanteur reste calme, comme impuissant face à la situation. Malgré sa position centrale à la table, personne ne semble lui accorder de l'importance.

Utilisant la couleur et le noir et blanc pour marquer la dualité, le bleu semble marquer la transition. Il se lève pour reprendre le contrôle, et s'ensuivent des scènes où la colère jaillit, sans limite. À grands coups de batte, la foule semble suivre le chanteur aveuglément dans cet accès de rage. Finalement, Masguel finit par lâcher prise, complètement. Alors qu'il se laisse tomber dans les bras de la foule, la musique l'accompagne. Alors que ses yeux commencent à se teinter de noir, il succombe à ses démons. L'instru se calme alors pour finir en douceur dans un chant vulnérable.

Godwin - My way

Godwin nous dévoile My Way : un titre touchant et intime où la persévérance et le soutien familial sont synonymes de paix intérieure. 

La musique commence fort avec un message vocal de sa tante qui lui exprime sa fierté et lui souhaite le meilleur. Godwin nous confie dans ce titre avoir décidé de se lancer pleinement dans la musique. On comprend que sa famille le soutient, ce qui n’est pas forcément le cas de tous et c’est pourquoi cette musique est une manière de remercier ses proches. 

En effet, Godwin exprime à travers ce titre sa reconnaissance envers sa famille mais aussi l’importance de vivre ses rêves et de se donner corps et âme pour atteindre ses objectifs. 

Il s’agit d’une musique intime, sensible et touchante. Grâce à sa voix totalement captivante, on comprend à quel point c’est important pour lui de nous délivrer ce message, de nous parler de sa passion. 

Une musique pleine d’espoir qui mélange à la fois l’anglais et le pidgin nigérian. Cela donne du caractère à la musique et laisse transparaître toute son originalité. 

Godwin est un artiste à suivre de très près et on lui souhaite de réussir comme il le mérite ! 

Rone - Megaptera Novaeangliae

J’ai rêvé que je flottais, mais que je flottais sous l’eau, en dessous de la surface de l’eau. Le compositeur et musicien français Rone, nous emmène cette semaine au cœur d’un projet pas comme les autres. Ce single est extrait du disque Megaptera, une expérience unique durant laquelle le compositeur de musiques électroniques est parti à La Réunion à la rencontre des baleines. Le documentaire La Baleine et le Musicien retrace cette exploration. 

Créer un dialogue, écouter, un monde mystérieux et fascinant. Ce clip nous ouvre une petite porte vers l’expérience qu’a vécu Rone, une immersion. Alors que les rayons du soleil tentent de se frayer un chemin sous la surface de l’eau, cette ligne que l’on franchira à peine durant tout le morceau, la musique prend corps à l’approche des baleines. Le mouvement des baleines à bosse, s’il n’est plus inatteignable, demeure précieux et vulnérable. Sur la pointe des pieds, Rone attend leur réponse. 

Adèle Castillon - C'est tout moi

Adèle Castillon revient avec C’est tout moi, un morceau où elle se livre sans filtre, entre fragilité et lucidité. De l’enfance aux premières fois, des débuts sur YouTube à l’aventure Videoclub, jusqu’à sa carrière solo, la chanteuse dresse son autoportrait comme on feuilletterait un album de photos souvenirs.

Et s’il était possible de se raconter sans rien cacher ? C’est le pari de ce titre, qui aborde sa famille, ses anciennes addictions, et ses insécurités avec une franchise rare, quitte à laisser affleurer les pensées les plus intimes. Une sincérité qui touche d’autant plus qu’elle ne cherche jamais à embellir. La vidéo prolonge cette idée de manière aussi simple qu’efficace.

Le clip reste presque constamment sur le visage de la chanteuse, parfois en décalage avec la dureté des paroles. À l’écran, un défilé de photos de vacances, de selfies et de vidéos tournées au téléphone, à l’appareil photo ou au caméscope. Ces fragments de vie, qui ressemblent à des archives personnelles, forment une mosaïque où chaque image semble raconter un chapitre de son histoire. Un titre qui rappelle qu’un autoportrait honnête n’est pas un portrait flatteur, mais un portrait juste.

Le contraste entre la légèreté apparente des images et le poids du texte crée une tension subtile. Le visage d’Adèle reste le fil conducteur, comme si, au milieu de tous ces souvenirs, c’était lui qui portait l’essentiel. L’ensemble, volontairement brut et sans artifice, donne au clip des allures de journal intime numérique, ce qui renforce son esthétique nostalgique et profondément sincère. En posant ses proches, son enfance et ses doutes sur la table, Adèle Castillon fait de son histoire intime un miroir : chacun y retrouve un peu de la sienne.


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