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Les entrevues cartes sur table - Épisode 3

Cette année, La Face B vous propose comme série de l'été les entrevues cartes sur table. Le principe est simple : l'artiste ou le band pioche une ou plusieurs cartes de tarot et nous donne son interprétation (on aurait aimé jouer les madames Irma mais on n'y connait rien). On lui demande ensuite de nous donner une musique à laquelle ça lui fait penser, de son répertoire ou non, et ainsi constituer votre playlist de l'été de vos artistes préférés.
Pour ce troisième épisode des cartes sur table, on a parlé aussi bien de temps pour soi, de trahison, de doubles, de karma, de savourer le travail bien fait, de s’aimer soi même et du manger les riches.
Alphonse Bisaillon
Le Trois d'Épée

Une carte est sortie toute seule. J'ai l'impression que c'est celle-là qui est pour moi, le 3 d'épée.
On dirait que c'est la trahison, parce qu'il y a un cœur percé à trois endroits, comme les trois mousquetaires. Mais là, où est l'épée du quatrième mousquetaire ? Ça, on ne le sait pas. Peut-être que c'est le cœur du quatrième mousquetaire. Donc c'était une équipe qui a connu une mutinerie, qui s'est rebellée quand le quatrième mousquetaire est arrivé. Parce que les trois mousquetaires sont quatre, mais le quatrième n'est pas dans le titre. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il a été trahi.
Tout ça se passe lors d'un soir d'orage. Il y a des nuages, il y a la pluie, du bruit, des éclairs. On voit moins bien, la visibilité est moins grande. C'est le moment idéal dans la nuit pour frapper. Est-ce que ça représente un de mes souvenirs ? Pas dans cette vie, mais potentiellement dans une vie antérieure, parce que j'ai l'impression que ça se passe au 17e siècle. Puis, qui n'a jamais été trahi ? Je vous pose la question.
J'ai l'impression que ça renvoie à toutes les personnes qui ont été laissées de côté, laissées pour compte. Peut-être au primaire, les amis avec qui tu jouais au ballon-poire et qui, une journée, ont joué sans toi. Ou au ballon-mur, quand ils ne m'ont pas pris dans leur équipe. Je pense que ça renvoie à tous ces moments où on s'est sentis rejetés, puis qu'on a travaillé toute notre vie à ce que ça n'arrive plus. À se créer un cercle assez fort, des gens qu'on aime et en qui on a confiance. C'est comme ça qu'on guérit les trois blessures du cœur.
La toune qui me vient en tête
Ça me fait penser... C'est peut-être parce que mon interprétation est de thème cape et épée, mais ça me fait penser au Don Quichotte de Jacques Brel. La chanson La Quête aussi, quand il veut atteindre l'inatteignable étoile, l'espoir d'un monde meilleur, où il n'y aurait pas de sentiments cruels à l'intérieur des humains, ou en tout cas un monde qui serait pur.
Sinon, dans mon album, ça me fait penser à toutes ces personnes-là qui étaient des idoles, peut-être, mais qui finalement ont trahi les gens qui avaient confiance en eux, parce qu'elles se révélaient être des personnes à qui on n'aurait jamais dû donner le pouvoir. Je pense à party de bourreaux. Il y a trois épées, puis il y a trois bourreaux dans la toune : il y a le proprio, je n’aime pas mon proprio, il y a le politicien populiste, puis il y a les tech bros. Là, c'est une épée pour représenter un groupe, parce qu'ils agissent ensemble. En plus, la chanson commence avec un bruit de tonnerre, puis on a un ciel d'orage. C'était vraiment ma carte.
Le vœu à lancer dans l'univers
De la joie, de la joie et encore de la joie. Et merci.
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Antoine Corriveau
Le Deux de coupe, le Dix de bâton et le Roi de bâton

J'ai réalisé que dans mon projet, j'ai beaucoup de chansons qui commencent par “deux”. J'ai Deux animaux, Deux visages, Deux femmes, Deux oiseaux. Je pense que c'est tout, mais quand même. Ça représente quoi, le deux, pour moi ? Bonne question. Dans l'imaginaire collectif, le deux, c'est plein de choses. Le duo, en musique. Le couple. Les chambres d'hôtel, aussi. Mettons que tu réserves une chambre, ça te propose par deux avant de te proposer tout le reste. Puis t'as deux lits. En France, t'as même des lits jumeaux qui sont collés.
Les bâtons, maintenant. Je pense aux bâtons de drums. Aux bâtons de popsicles aussi. Mettre des bâtons dans les roues.
Un fardeau qui me pèse en ce moment ? Non ! Mais je fais beaucoup de choses. Peut-être que les dix bâtons pourraient être dix choses que je fais dans ma vie. Comme les épreuves des travaux d'Astérix. C'est douze travaux, mais dix plus deux, ça fait douze, tout est dans toute.
C'est un peu mes dix choses de l'été. Je fais de la musique, mes affaires à moi, mais aussi celles des autres. Je réalise pour d'autres, j'enseigne un cours d'écriture, j'ai été band-gear pour Klô Pelgag cet été. Je fais des fois du design graphique, de l'illustration. J'aime aussi ça me baigner dans l'eau salée, j'aime ça faire à manger, j'aime ça lire. Puis j'aime ça, les amis.
Alors on me dit qu'avec tout ça, je deviens le roi des bâtons, le bâton ultime. Sauf que moi, je ne crois pas au bâton ultime. Je le casserais, le bâton. Si tu veux être le bâton ultime, ça me gosserait, je serais comme non non, t'es un bâton comme les autres, t'es juste un peu plus gros. Je le casserais en deux, pas en dix. Juste pour lui donner une leçon d'humilité.
La chanson qui me vient en tête
Des bâtons, puis des coupes. Du duo. En ce moment, je participe à un truc tout le mois de juillet, puis j'ai fait ça en janvier aussi. Je reçois des contraintes pour écrire des chansons. Genre, à tous les trois jours, il faut que j'en fasse une. C'est tough, et elles ne sont pas toutes bonnes, mais c'est le fun d'avoir une contrainte qui t'oblige à faire des trucs. La dernière, c'était d'écrire une chanson qui feel trop rapide. Je n'ai pas réussi, je n'ai pas eu le temps, parce que là je suis en fun mode, je ne suis pas obligé de toutes les faire. En janvier, j'étais obligé. En juillet, j'étais trop occupé.
Mais j'avais quand même commencé à écrire. Je voulais justement essayer un truc qui feel trop rapide, avec beaucoup de textes, à déballer vite. On dirait que ça me fait penser à ça. Pas le fardeau, mais plein d'affaires. L'idée, c'était un peu l'accumulation d'expériences dans la vie, là où je sens que je n'arrive pas à bien faire les choses. Une énumération qui illustre la complexité de ce que j'essaie de faire. Ça pourrait être ma prochaine chanson.
Le vœu à lancer dans l'univers
Une industrie de la musique plus saine. Parce que c'est difficile, c'est une période où tout le monde que je connais trouve ça dur. Tout le monde struggle. Il y a des problèmes de santé mentale à cause de cette industrie-là.
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Ariane Roy
Le Trois de deniers et La Justice

Pour ce tirage, j'aime mieux laisser le tarot me parler par lui-même, sans poser de question. Je préfère laisser l'univers faire son travail. Je pioche donc une première carte, et c'est le 3 de deniers qui sort. Ça, c'est bon.
C'est la carte de la collaboration, celle du travail d'équipe. Pour moi, elle parle de construire quelque chose à plusieurs, d'être dans l'esprit de gang, de mettre les compétences en commun pour concrétiser un projet. Je trouve que ça nous représente vraiment, moi et mon band, alors je suis contente d'être tombée dessus. C'est une belle carte.
J'en pige une deuxième, et là c'est la Justice. Elle dit un peu tout d'elle-même, celle-là. C'est voir les choses telles qu'elles sont, être droite. Il y a aussi quelque chose de l'ordre du contrat là-dedans, une justice à la fois terrestre et divine selon le rôle qu'on occupe. J'y vois beaucoup le karma, l'idée qu'on récolte ce qu'on sème. J'espère que j'ai estimé les bonnes choses, mais je pense surtout qu'elle m'invite à regarder les choses en face, à ne pas faire de faux-fuyants. C'est très droit, comme carte.
La chanson qui me vient en tête
La collaboration fait vraiment partie de mon univers musical. J'aime travailler avec d'autres, et j'aime particulièrement les collaborations entre filles. Trouver une chanson précise qui incarne cette thématique, par contre, c'est plus difficile. Je dirais peut-être Âmes sœurs, où il y a justement cet aspect d'être ensemble, d'être plus fortes à plusieurs. C'est un peu far-fetched, mais on va dire ça. Et c'est une chanson que je joue tantôt sur scène.
Le vœu à lancer dans l'univers
Ce que je pitche dans l'univers, c'est qu'il y ait de la joie ce soir, parce que c'est la dernière fois qu'on présente ce show à neuf sur scène. Je souhaite aussi qu'il n'y ait pas d'orage, que la température soit clémente, que les gens soient au rendez-vous et que ce soit un moment incroyable. J'ai une grosse liste de demandes, en fait, mais je pense que l'univers est capable de me le délivrer.
Si je peux rêver à une collaboration ultime, ce serait St. Vincent. Je suis allée la voir au Festival de jazz, et rencontrer cette femme, qui est vraiment incroyable, m'a donné un instinct de I'm running. Je me suis dit qu'on avait quelque chose à faire ensemble. Elle est américaine, elle vient de New York, alors les chances sont minces, mais qui ne risque rien n'a rien.
Ce qui me tient le plus à cœur dans ce spectacle, c'est qu'on est neuf sur scène. Oui, je suis en avant, mais c'est un show qui inclut tout le monde, où chacun a son moment de briller. Comme tous les shows de Dogue, c'est un gros travail d'équipe, un vrai truc de gang. On est une crew sur scène, et c'est ça qui le rend fort, tant qu'à moi. C'est central dans ma façon de travailler, et je pense que le public le ressent aussi. On me parle beaucoup de mes musiciens et de mes musiciennes, et ça me rend très fière.
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Les Hay Babies
Le Huit de deniers

On a pioché le 8 de deniers. Sur la carte, il y a un monsieur, un petit peu à l'écart du village, assis sur un banc de bois brut qui permet de s'accouder directement à l'arbre. Il porte de beaux collants rouges. Devant lui, six étoiles déjà accrochées, une septième au sol, et il est en train de finir la huitième. Derrière, un petit village, un ciel bleu gris.
Le deniers, c'est une très bonne carte, ça veut dire beaucoup d'affaires. Le huit, par contre, on ne le connaît pas autant. On assume que c'est probablement juste une étape de plus, quelque chose qui demande encore du travail, mais dont il va sortir du bon. On dirait qu'on a du piochage à faire, parce que le huit, comme numéro, ça ne nous dit pas grand-chose par rapport aux Hay Babies. Ce qu'on voit surtout, c'est qu'il y a déjà six étoiles d'accrochées. Il y a eu un long parcours, il y a déjà quelque chose de fait.
Ce que ça nous renvoie, c'est l'image de quelqu'un qui travaille énormément et qui a déjà accompli tellement de choses qu'il n'y a presque plus de place. Des petites médailles partout, il y en a tellement que certaines tombent, pendant que d'autres sont encore en train de se faire. Et on trouve que c'est pertinent pour nous. Même si ça fait longtemps qu'on est en band et qu'on a fait des albums, dès qu'on accomplit quelque chose, le temps passe tellement vite et on sort quand même beaucoup de musique. En entrevue, c'est souvent « Maintenant que votre album est sorti, qu'est-ce que vous allez faire après ? » alors qu'on vient juste de sortir un album et de faire une tournée de shows. Notre dernier disque est sorti en 2024 et déjà on nous demande la suite. Ça expire vite tout ça ! Mais l'idée, c'est aussi de ne pas juste se reposer sur ses œuvres accrochées au mur. Il faut continuer d'en faire, continuer à piocher. Et on va repiocher dans pas si longtemps.
La chanson qui nous vient en tête
Ce serait Travailler, c'est trop dur de Zachary Richard. Il y a un peu de ça, cette idée que travailler, c'est dur, mais qu'on continue quand même. Et puis il y a l'histoire des étoiles. Nous, à chaque show, on reach pour une étoile. Ce n'est pas une chanson en soi, mais il y a un peu ça aussi.
Le vœu à lancer dans l'univers
On a sûrement plein de souhaits modestes, comme le fun de pouvoir continuer à faire ce que l’on fait. Mais au fond, on se sent un peu hippies à vouloir souhaiter la paix mondiale. La paix sur terre, ça serait un bon début.
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Naya Ali
Le Pape

Ce que je vois, c'est un personnage sur un trône, comme le pape. Il y a deux clés qui forment une sorte de X, son bâton, le numéro 5, deux piliers. Puis ces deux messieurs agenouillés devant lui bien chauves. Il est assis sur son trône, et on dirait qu'ils attendent un discours ou une bénédiction, parce qu'il a les mains levées avec deux doigts, un signe qui a l'air quand même ancien et rituel. Il y a trois petites croix. Quand on regarde son visage, il a l'air un peu bizarre. Honnêtement, je ne le lui ferais pas confiance.
Ce que je vois surtout, c'est de l'opulence, et des gens qui cherchent des réponses en dehors d'eux. Le fait qu'il soit sur un trône, ça installe une différence de statut. Il y a beaucoup de X, jusque sur ses pieds. On dirait qu'ils pensent connaître le chemin, mais que ce n'est pas ça.
Si j'y pense, oui, ça résonne avec quelque chose chez moi. Cette culture de révérence envers des gens qu'on croit plus hauts que nous, même envers les célébrités. C'est une sorte de worship, une révérence envers quelqu'un qui est pourtant humain lui aussi. Il n'y a personne au-dessus de toi, à part Dieu. Là, c'est chercher des réponses à l'extérieur, alors que la spiritualité est ailleurs.
La chanson qui me vient en tête
Honnêtement, ce sont surtout des valeurs qui m'habitent. Je ne pense pas avoir une chanson précise, mais ça rejoint mon âme, cette quête d'obtenir des réponses. Ultimement, toutes les réponses sont en dedans de nous-même. Le chemin, le journey, c'est vraiment un parcours intérieur. Je trouve que dans le monde où on vit, comme dans le passé, on a toujours besoin de quelque chose à l'extérieur, quelque chose à chercher, que ce soit un travail ou autre chose. Il y a toujours une quête vers quelque chose. Enfant, à l'école, on se demande déjà c'est quoi le prochain pas, la prochaine étape. Cette quête intérieure, elle, ne s'apprend pas. Tu dois trouver les clés.
Le vœu à lancer dans l'univers
Je souhaite plus d'amour de soi pour les gens.
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Malaimé Soleil
Le Roi de coupe

On a décidé de tirer une seule carte pour nous trois, et c'est le Roi de coupe qui sort. Ça nous parle tout de suite de jeux de cartes, parce que les coupes, on les reconnaît de la Scopa, qui reprend justement les arcanes mineures du tarot.
Les coupes, il y a une affaire de célébration là-dedans, quelque chose de sérieux qui parle de réussite. Le Roi de coupe, c'est un peu Dionysos, le roi de la fête. Peut-être que ça veut juste dire que ce soir, on va faire plus la fête qu'on ne le pense, même si Antoine n'est pas supposé, avec un spectacle super tôt demain matin. Et c'est pourtant lui qui a tiré la carte.
La seule affaire qui nous gosse, c'est le roi. On n'aime pas vraiment la monarchie ni le pouvoir en général. La coupe, on la voit d'un bon œil, mais le roi, ça nous fait un peu chier. Dans son autre main, il tient une sorte de mailloche, un chandelier sans chandelle. Il est censé éclairer le monde, mais il ne le fait pas, justement parce que c'est un roi. La coupe, c'est la fête, et la mailloche, c'est l'autorité. Alors on se demande si on ne va pas se faire arrêter par la police après avoir fêté.
On finit par se dire qu'on va peut-être être les rois du succès, rien de moins. On ne souhaite pas vraiment ça, remarque. On veut du succès, mais on en a déjà suffisamment, et être dans une position de pouvoir, très peu pour nous. Son chapeau, par contre, a tout d'une belle petite tarte aux abricots, alors c'est sûrement signe que l’on va bien manger. On va se gâter ce soir à notre show, on se paye la traite. On va gagner la coupe, se payer la traite après, puis envoyer chier les riches et les puissants. C'est de mise à un show de Malaimé Soleil.
En regardant mieux, sa robe est bleue, il y a des vagues, de l'eau par terre. Au final, c'est un roi qui va se noyer, emprisonné sur sa petite dalle de béton en plein océan. Sauf qu'un petit bateau s'en vient vers lui, il va se faire secourir. Ça brise tous nos espoirs. Mais au fond, il faut qu'il reste, ce roi, il faut que les riches et les puissants restent dans le monde encore des milliards d'années, sinon on ne fera plus jamais de bonnes tounes. On capitalise nous aussi sur la merde qu'ils font. Pour en revenir à la carte, on a un riche qui passe proche de se noyer, pogné sur une crisse de dalle de béton dans l'océan, avec un petit poisson, ou un serpent de mer, ou un monstre marin, on ne sait pas trop, mais ce monstre est plus proche que le bateau. De toute façon, entre le monstre qui arrive avant, et le bateau qui va le secourir ou se crasher, dans tous les cas, il est déjà mort ce roi-là.
La chanson qui nous vient en tête
Démons. C'est exactement ça, on envoie chier les riches, on fait la fête, un gros jam où on se paye la traite. Et la tarte aux abricots sur sa tête, c'est le top du top. C'est gourmand. Un jam gourmand. Démons, c'est parfait comme toune pour représenter cette carte et ce que ça nous inspire.
Le vœu à lancer dans l'univers
Aller jouer en Europe. Ça tombe bien avec la carte, parce que la monarchie rappelle l'Europe, là où étaient les rois, alors qu'ici on n'en a jamais vraiment eu à nous. Du succès en Europe, avec un petit bateau pour traverser. Et jouer devant le roi Charles au Palais de Buckingham, tant qu'à faire ! On souhaite aller là-bas et tout casser. Ça serait vraiment le fun !
Malaimé Soleil sur Facebook et Instagram