Pelpass Festival : une neuvième édition sous haute intensité

Entre déferlante sonore et découvertes coup de coeur, cette neuvième édition du Pelpass Festival a tenu toutes ses promesses. De Copycat à Zélie, en passant par Angine de Poitrine ou Snapped Ankles, le festival strasbourgeois a confirmé son statut de rendez-vous incontournable pour les amateurs de découvertes musicales. La Face B y était et on vous fait un récap’.

On a démarré le festival avec Copycat, un des groupes provenant tout droit de notre sélection des concerts à ne pas manquer pendant le Pelpass Festival. Et si vous l’avez manqué, quelle erreur ! Emporté par l’énergie d’Apolline et de Zoé, on a adoré sauter et danser sur leur EP Morning Routine ou encore sur leur tudesque dernier single Mode Avion. Bonus : on a adoré découvrir la nouvelle scénographie de la Mili-tente, qui a rendu justice à l’énergie et le déferlement de la vague Copycat sur un public déjà bien énervé.

On a ensuite filé au grand chapiteau, direction Sam Sauvage. Sam était certainement un des artistes les plus attendus du festival. Avec une fanbase déjà présente très tôt qui campait sous le grand chapiteau, il était garanti de passer un bon moment. Et en effet ! Le jeune dandy, nouveau chouchou de la pop française, a enchaîné ses derniers hits, comme le tant adoré (comme détesté par certains) Les Gens Qui Dansent (j’adore), ou encore  le chavirant Je Ne T’Aime Plus, le déchirant Un Cri Dans Le Métro ou le génial Avis De Tempête, pour bien finir le concert en bonne et due forme, sur l’annonce météo à Strasbourg : « Strasbourg, au Pelpass Festival il va faire chaud ! ».

Changement de registre total avec Snapped Ankles, aka LE coup de coeur du festival. Si vous ne connaissez pas, Snapped Ankles est un groupe de post-punk anglais basé à Londres et très fan des arbres. Fan à tel point qu’ils se déguisent eux-mêmes en esprits sylvestres, venus nous conquérir à coup de beats tabassants. Avec leur musique, également infusée de musique électronique (qui nous rappelle notamment Aphex Twin), les londoniens sont venus embraser le public. S’il y avait bien un concert à voir hormis les québécois d’Angine de Poitrine, c’était bien les londoniens de Snapped Ankles

Le vendredi, notre plannning était plus calme que la veille. Mais c’était sans compter sur Joe & The Shitboys. Tout feu tout flamme, Joe a embrasé le public avec son crew de Shitboys. Le shitpunk venu tout droit des Îles Féroé n’était pas là pour faire dans la tendresse. Joe, suant comme pas possible, scande les paroles dans son micro, invite un fan à monter sur scène pour lui faire une accolade suante et lui susurrer quelques mots dégoulinants à son oreille, pour finir par s’évader ainsi que son guitariste en crowdsurfant sur une foule aussi déjantée que lui. On ne ressort pas indemne d’un concert de Joe & The Shitboys de part les pogos massifs dans le public et d’autre par la puissance du show qui nous a décollé la rétine et les tympans.

Côté local, on est allé voir Flupke. Complètement déjanté et avec une scénographie plus que loufoque rappelant notamment la fusée de Tintin, le strasbourgeois est venu retourner le public à travers un set électronique ravageur. Il a évidemment invité son ami québécois Aujourd’hui sur scène, après une tournée passée ensemble au Canada dans le cadre de l’alliance avec le Phoque Off. Voir Flupke en concert c’est la garantie de passer un bon moment.

En découverte coup de coeur du festival, on a eu un gros crush sur Bricknasty. Les Irlandais nous ont enchanté avec leur musique, entre r’n’b, néo-soul, jazz et psychédélisme, saupoudrée d’influences électroniques. Avec un leader cagoulé, à la fois charismatique et mystérieux, le groupe a envoûté le public déjà présent en masse pour la tête d’affiche de la soirée.

On ne pouvait évidemment pas louper notre chouchou du Pelpass, Les Louanges ! Loulou était bien présent à Strasbourg ce soir-là. Venu tout droit du Québec grâce à la coopération entre le Pelpass Festival et le Phoque Off, il a défendu son dernier album, sorti en avril, Alouette! À travers une foule déjà très compacte venue pour camper en attendant Angine de Poitrine qui passe sur la même scène, on a aimé pouvoir enfin écouter IRL Je confirme ma présence, Au pied de la montagne (sauvez mon âme), Correct, À la nage ou encore La journée va être chaude. Aucun doute qu’on foncera revoir Les Louanges à son prochain passage dans le coin.

Et on a bien évidemment assisté au phénomène-OVNI Angine de Poitrine pour la première fois. En trois ans de Pelpass, on n’avait jamais vu une nappe de personnes aussi dense venues voir le phénomène du moment. Dans un chapiteau plein à craquer, le duo québécois n’a pas à rougir face à sa popularité et a fédéré une communauté venue de différents pays pour enfin apercevoir quel était ce mystérieux duo. Entre rythmiques krautrocks et lignes de guitare-basse DIY, Angine de Poitrine était LE concert-phénomène à ne pas louper du festival. Imaginez la chance de booker un duo aussi déjanté avant leur explosion fulgurante ! 

Après la tornade Angine de Poitrine la veille, il fallait commencer en douceur la dernière journée de festival. Et quoi de mieux qu’Alma Rechtman ? À travers une folk léchée, teintée de soul et de jazz, l’autrice-compositrice nous a embarqué dans son univers onirique, dans lequel on a adoré naviguer pour se remettre en douceur de la soirée de la veille.

Trio rock-yéyé super fun, Coup Dur n’ont même pas un album de sorti qu’ils foulent déjà le grand chapiteau du Pelpass Festival. Le trio, basé entre Bruxelles, Strasbourg et Anvers, nous ont fait entrer dans leur bulle. Entre amitié et déboire des relations amoureuses sur une pointe pop, c’est assurément un des groupes à suivre de très près, surtout après la sortie de leur premier EP The English Want Coup Dur.

Originellement, Jelle Denturck est le chanteur et leader de DIRK. Souhaitant réaliser un album introspectif, il a lancé sa carrière solo avec Dressed Like Boys. D’une sensibilité rare, l’artiste belge flamand nous a raconté son histoire et ses expériences personnelles telles que sa quête de liberté, son homosexualité, ses relations amicales comme amoureuses. On a adoré le découvrir et on a eu la chance de le revoir quelques semaines plus tard au festival This Is Not A Love Song à Nîmes. 

Plutôt fans de l’Écosse que de l’Irlande ? Vous avez été servis avec Brògeal au Pelpass ! Entre hymnes fédérateurs indie-folk et sonorités plus celtiques, le groupe a permis de défouler plus d’un festivalier dans le public afin de finir en apothéose, en plus d’être certainement le groupe le plus déjanté de la journée.

Et pour finir, impossible de passer à côté de la tempête Zélie. À travers un show choréographié de qualité et d’une grande sensibilité, la chanteuse et danseuse nous a transporté dans son univers, intense et haut en couleurs. À travers une discographie touchante, nuancée d’électro-pop, Zélie était la pépite à voir pour clôturer cette neuvième édition du Pelpass Festival de la meilleure des manières.

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