Avec SUMMER, Vulax poursuit son cycle des saisons entamé avec SPRING et affirme un peu plus sa singularité dans le paysage néo-classique. Formé au Conservatoire de Paris, le pianiste de 24 ans continue de brouiller les frontières entre exigence classique et accessibilité, en construisant un univers à la fois visuel, narratif et profondément contemporain. Pensé comme une traversée estivale, cet EP joue sur les contrastes : la lumière, l’élan, mais aussi cette sensation diffuse que tout peut s’évanouir plus vite qu’on ne le voudrait.

Jeux et détournements : un piano en mouvement
Passion numéro 2 après le piano, le ping-pong s’invite ici comme un terrain de jeu inattendu pour Vulax. Avec pingpongpingpong, il signe un morceau aussi ludique qu’expérimental, construit autour de deux “balles” : celles du piano et celles, bien réelles, de la table de ping-pong.
Pour ceux qui ne connaissaient pas cette facette de l’artiste, le morceau surprend d’emblée. Les rebonds s’entrelacent avec les notes et créent un dialogue inattendu, presque hypnotique. Loin d’un simple effet, cette idée révèle surtout l’inventivité de Vulax. Si le mélange peut sembler improbable, il s’impose pourtant avec évidence à l’écoute. Et laisse entrevoir une chose : chez lui, tout peut devenir matière musicale.
Quand les rôles s’inversent et que le piano rencontre la voix, si bo joue avec les attentes autant qu’avec les genres. Vulax, qui ne chante pas, laisse toute la place à Ange pour venir habiter son univers.
Le morceau devient alors un point de rencontre entre piano néo-classique et rap français. Plus qu’un contraste, c’est une véritable fusion qui s’opère : les deux univers coexistent sans s’opposer. Si bo ne raconte pas seulement une histoire, il démontre surtout que ces croisements peuvent donner naissance à quelque chose de cohérent, sensible et inattendu.
Images d’été : entre lumière et fin de cycle
Cannes déroule son tapis rouge, et Vulax s’en empare pour livrer une composition élégante, pensée comme un hommage à la dimension la plus cinématographique de l’été.
Pour beaucoup, cette saison rime avec soleil et légèreté. Ici, elle devient image. Avec Palme d’or, Vulax compose un morceau qui se regarde presque autant qu’il s’écoute. Les notes font naître des paysages, des fragments de vie, des souvenirs en train de se créer. Une nostalgie douce s’en dégage, de celles qui ne pèsent pas, mais qui donnent envie de prolonger l’instant.
Même au cœur de l’été, l’ombre n’est jamais loin. Avec equinox, Vulax vient refermer ce chapitre en évoquant ce moment charnière où la saison bascule.
Le morceau agit comme une fin douce-amère. On referme l’EP comme on referme une parenthèse que l’on aurait voulu voir durer encore un peu. Une impression persiste : celle d’un temps qui a filé trop vite. Comme l’été, SUMMER s’achève presque sans prévenir, en laissant derrière lui une sensation à la fois légère et mélancolique.
Avec SUMMER, Vulax confirme la solidité de son projet autour des saisons, mais surtout sa capacité à faire du piano un espace d’expérimentation vivant et accessible. Entre jeu, image et émotion, il compose un EP qui se traverse comme une saison : intensément, et toujours trop rapidement.