ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Entre Londres et Bruxelles, K.ZIA trace une route qui n’appartient qu’à elle, celle d’une âme afro-européenne qui transforme ses racines congolaises, belges et martiniquaises en carburant sonore pour un R&B qui brûle autant qu’il apaise. Elle a joué le jeu de l’ADN pour nommer enfin ce que ses morceaux portent depuis le début : un héritage multiple, brut et fertile, qui n’attend que d’être écouté.

Sister Act 2 (Tanya Blount X Lauryn Hill) – “His Eye Is on the Sparrow”
K.ZIA : J’ai 10 ans quand je découvre Lauryn Hill. Une jeune femme noire qui pourrait être moi. Pour la première fois, un personnage me ressemble à l’écran. Elle est magnétique, presque irréelle, et elle chante avec une simplicité et profondeur qui désarment. Je suis tombée amoureuse.
J’ai appris la chanson cette semaine-là comme une obsession douce et j’ai commencé à étudier Lauryn Hill comme un manuel : le timbre, la vérité, la technique, la façon de dire sans forcer. La beauté ebène.
Michael Jackson – Thriller
K.ZIA : Mon cousin Ismaël était fan de MJ. Il se baladait avec deux cassettes vidéo sous le bras en permanence. J’en pouvais plus : à chaque fois qu’il venait à la maison, il voulait absolument mettre son Michael Jackson. Et pourtant, même si je ne l’admettais pas, il m’a énormément influencée.
Thriller est le moment où la musique devient cinéma dans mon esprit. Michael Jackson ne faisait pas des clips, il faisait des films miniatures. J’ai commencé à écouter avec les yeux : les histoires, les plans, le suspense, les transformations… tout comptait autant que le son. C’est là que naît mon envie de raconter des émotions en images autant qu’en musique.
Michael, ce n’est évidemment pas que ça…mais je ne peux pas m’étaler. En tout cas, merci à Ismaël d’avoir fait vivre MJ autant dans notre enfance.
Destiny’s Child – Survivor
K.ZIA : Survivor a accompagné mon imaginaire de “femme forte” avant même que je sache ce que ça voulait dire. Destiny’s Child, c’était l’assurance, les harmonies impeccables, l’attitude qui ne demande pas la permission. “I wanna be like you when i grow up”.
Zap Mama – Brrrlak
K.ZIA : Impossible de mentionner les chansons qui ont fait de moi qui je suis sans parler de Zap Mama, évidemment.
Sans elle, je n’existerais pas… littéralement, pour le coup (lol). J’ai grandi avec la fusion comme base : des sonorités afro, européennes, US, des voix qui se superposent, se complètent et dansent ensemble en harmonie. Avant même de “naître” et puis en grandissant, c’est déjà ce qui me composait. Donc forcément, ça ressort quand je compose à mon tour.
Édith Piaf – La Vie en rose
K.ZIA : La Vie en rose est elle aussi parmi mes premières chansons entièrement apprises. Édith Piaf m’a appris quelque chose de très simple et très violent à la fois : chanter, ce n’est pas performer, c’est transmettre.
Un été en France avec mon père, je la chante et je vois les visages changer autour de moi. Pas parce que c’était parfait, mais parce que c’était habité. C’est là que j’ai compris l’essentiel : l’émotion passe avant tout le reste.