La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la seconde partie notre 312ème sélection des clips de la semaine.

Melissa Weikart – Crash
Un an et demi après son EP Easy, Melissa Weikart revient avec le nouveau single Crash. Entre piano-voix épuré aux accents jazzy et nappes suspendues, l’artiste franco-américaine signe une véritable déclaration d’amitié universelle tout en douceur, adressée à tous ceux qui comptent pour elle. Qu’ils soient encore présents ou déjà loin, ces amis d’un jour ou de toujours occupent une place particulière dans sa vie, dans nos vies, pour le meilleur comme le pire.
Tout comme le morceau, le clip réalisé par Pierre Petit fonctionne sur le principe de la superposition de couches. On y voit Melissa Weikart dans des scènes du quotidien, déambuler dans son quartier. Les images fixes et en mouvement se mélangent, créant ainsi un flou comme pour dire que les souvenirs sont gravés et que, l’amitié, la vraie, demeure quelles que soient les épreuves du temps.
The Strokes – Going Shopping
Quasiment trois mois après avoir révélé le premier extrait de leur septième album Reality Awaits, le plus célèbe des groupes indie rock des années 2000 nous partage son clip. Et avec une guest star à defaut de voir Nick Valensi y apparaître ! C’est l’acteur américain Walton Goggins (Django Unchained, The White Lotus, Fallout, …) qui accompagne Julian Casablancas dans un univers vintage, feutri et volontairement satirique.
Si vous débarquez sur Youtube, vous verrez la photo de converture du clip qui indique déjà le ton « Conquistadors hate this one simpletrick ». The Strokes semble de plus en plus impliqué dans leur denonciation de la société de consommation américain er de ses subversions. Le clip de Going Shopping defile différentes situations de consumérisme meprisante et polluante, entre plusieurs scènes chorégraphiées et références pop culture, où Amazon en prend pour son grade, à juste titre. Le final se conclut par une danse collective joyeuse au pied de l’auditorium magnifique de Tenerife. Au final, la réalisation est une totale réussite grâce au casting de Walton Goggins qui s’affiche enthousiaste et majestueux, ce qui permet de donner une nouvelle esthétique plus attrayante et emballante à ce titre pop rock. On attend désormais l’album avec impatience !
Marek Zerba – Chair de Poule
Sorti le 31 octobre 2025 dans son quatrième album FROUSSE !, le titre Chair de Poule revient nous hanter en ce début d’été. Un choix étonnant mais fidèle à l’image à l’artiste. Le morceau d’une durée d’une minute et trente secondes se voit emballi d’une vidéo mystique où l’ombre et la moustache de Marek Zerba vagabonde dans un decor nocturne illuminé. Le musicien marque sa façon artistique d’extorioriser ses craintes dans un temps de solitude.
Alex Montembault – « Toi »
Alex Montembault est de retour, et une chose est sûre : il n’a pas fini de nous toucher avec sa voix, aussi émouvante que juste. Avec Toi, l’artiste se livre à travers une chanson qui semble dédiée à la personne qui fait battre son cœur. Le morceau s’ouvre sur des fredonnements rappelant le rythme d’un cœur qui bat. Très vite, on comprend qu’il parle de cette rencontre qui nous fait trouver notre moitié, de cette personne qui prend une place essentielle dans notre vie et nous aide à devenir ce qui semble être notre version la plus sincère. Toi évoque aussi la peur de perdre celle ou celui qui compte tant à nos yeux. Que vous soyez amoureux de l’amour ou non, ce titre mérite qu’on s’y attarde : il donne simplement envie d’aimer et de vibrer autant qu’Alex à travers ce morceau.
Cette semaine, le titre s’est dévoilé en live session, pour notre plus grand plaisir. On y retrouve l’artiste accompagné d’un quatuor à cordes pour la toute première fois de sa vie. Entre la voix d’Alex, les musiciens et l’authenticité des images filmées, une chose est certaine : il n’y a là que du love.
Tamino – Raven
En 2025, Tamino dévoilait Every Dawn’s a Mountain. Parmi les titres les plus marquants de l’album figure Raven.
Aujourd’hui, le chanteur nous propose bien plus qu’un simple clip musical : un véritable court métrage réalisé par Thibaut Grevet. Photographe de renom, ce dernier avait déjà collaboré avec Tamino à l’occasion d’une campagne pour Hermès, où le chanteur avait été séduit par son univers visuel. Parce que Raven est un morceau qui lui tient particulièrement à cœur, Tamino a voulu lui donner une dimension cinématographique. Et le résultat dépasse largement les attentes !
Dès les premières images, nous découvrons un univers aux allures de tableau impressionniste. Les lignes, les ombres et les mouvements se confondent dans une mise en scène d’une grande délicatesse, où la frontière entre le réel et l’imaginaire semble constamment s’effacer. Pour ce projet, Tamino a fait appel à l’actrice Vicky Krieps, dont le jeu renforce encore la dimension énigmatique du film.
Le mystère qui traverse la chanson se prolonge naturellement à l’écran. Le flou occupe d’ailleurs une place essentielle dans cette mise en scène. Plus qu’un simple choix esthétique, il devient un véritable langage visuel. Cette absence de netteté traduit l’impossibilité de saisir pleinement ce qui nous entoure et transmet au film une dimension profondément bouleversante.
Ainsi, Tamino et Thibaut Grevet semblent s’être mutuellement compris, donnant naissance à une œuvre commune où la musique mystérieuse et poétique se prolonge dans un visuel tout aussi bouleversant et singulier.
Fat Dog – Cancel Me (I’m Tired)
Qui d’autre que Fat Dog aurait l’idée saugrenue d’appeler son nouvel album Cancel Me (I’m Tired) ?
Le groupe anglais annonce l’arrivée de son second album et en profite pour dévoiler le morceau éponyme de celui-ci. Et, à l’image du premier extrait qui nous a été dévoilé il y a quelques semaines, Cancel Me (I’m Tired) est du genre surprenant.
Si le groupe de Joe Love n’a rien perdu de son humour et de son cynisme, on sent l’envie musicale de ne pas tourner en rond et de proposer quelque chose différent. En ce sens, Cancel Me (I’m Tired) nous entraine dans des contrées musicales aux références toujours 80’s, mais part parfois dans une veine clairement disco avec sa ligne de basse dingue et ses percussions qui feront vibrer les plus récalcitrants. Le morceau est imparable dès les premières écoutes et le plaisir ne fait que s’amplifier au fur et à mesure.
Pour l’accompagner, Fat Dog nous offre un clip à la première personne où l’on se retrouve dans la peau d’un personnage qui semble clairement problématique. Une promenade légèrement punk qui nous entraine dans des pubs, dans des rues, sur des poubelles et dans un concert de Fat Dog.
Toute une aventure en somme qui semble être une sorte de boucle temporelle puisque la fin du clip ramène le personnage au même endroit où on le découvre au début. Un cycle de vie autodestructeur qui mérite clairement d’être cancel ? On vous laissera seul juge.
En attendant, les Fat Dog reviennent en octobre avec Cancel Me (I’m Tired) et une tournée qui passera par Paris, Nantes et Tourcoing.
Gurriers – Party Lines
Si vous nous suivez, vous savez sans doute la passion qui nous anime lorsqu’il s’agit de la scène irlandaise. Et parmi le nombre conséquent d’excellents groupes qui vient de ces terres, Gurriers est bien parti pour rejoindre le haut de la liste dans les mois à venir.
Après un excellent premeir album, Gurriers s’apprête à enfoncer le clou avec Nobody’s Coming To Save You, un second album prévu pour le mois de septembre.
Et après un premier single explosif, Gurriers enfonce le clou de notre attente avec Party Lines, un nouvel uppercut post punk en forme de brûlot politique (une spécificité là aussi toute irlandaise).
Rythme incandescent, chant habité, avec Party Lines, Gurriers dénonce le cynisme de nos leaders, prompt à aider des pays en guerre tout en profitant de ces moments de violence et de destruction pour s’accaparer des ressources et faire des deals sur des pays en destruction.
Déjà à l’origine de leur précédent clip, Thomas James frappe une nouvelle fois très fort en offrant un nouveau rendu hyper cinématographique à la vidéo de Party Lines.
On se retrouve dans un univers sombre, entre début de vidéo qui plante le décor et univers glauque et presque complotiste où l’on retrouve des hommes puissants en costumes dans des situations étranges et dérangeantes.
Le tout donne un rendu saisissant, à l’esthétique léchée assumée qui permet à la vidéo de renforcer son effet malsain et son impact. Autant le dire, le réalisateur et Gurriers ne font pas les choses à moitié et c’est tant mieux.
Un titre et un clip fabuleux, idéal pour patienter tout l’été jusqu’à l’arrivée de l’album.
Zed Yun Pavarotti – La nouvelle
Zed Yun Pavarotti nous donne de ses nouvelles ! L’artiste originaire de Saint-Étienne est de retour cette semaine avec la nouvelle, nouveau single issu d’un album à venir pour cet automne chez Entreprise.
Énergie brute, écriture poétique et directe, la nouvelle se vit comme une aventure de trois minutes qui mêle amour, mélancolie et pensées intimes. L’écriture particulièrement intéressante de Zed Yun Pavarotti mélange les points de vue, les histoires, les émotions et condense le tout dans un titre pop-rock aérien et dansant par moment. On se laisse emporter par se flot d’émotions sans filtres et on reprend assez rapidement le refrain qui laisse paraitre toute l’ambivalence du morceau : la nouvelle est bonne, la nouvelle est triste.
Le clip de Rob Knudsen et Youri Berkenbaum nous entraine lui aussi dans une sorte d’énergie vitale qui ne s’arrête jamais. Les scènes se multiplient, Zed Yun Pavarotti change de rôle comme il change d’émotion et on le suit dans différents lieux et moments comme si chaque tableau était une nouvelle différente.
Alors que sa tournée intimiste d’octobre affiche déjà complète, Zed Yun Pavarotti sera de retour début 2027 avec notamment une date à l’Olympia en février.
Salut l’orage – Mon île
Lucas Pourrat et Maxime Chorel, aka Salut l’orage, reviennent cette semaine en dévoilant le titre Mon île.
Dès les premières secondes, on est saisis par le contraste entre le chant des oiseaux, immédiatement contrebalancé par des riffs de guitare bien gras. L’orage est là, prêt à déchainer sa fureur.
Mon île, c’est l’espoir indéfectible des jours meilleurs et en attendant, la galère des fins de mois. Un morceau plein de rage, d’énergie et d’humour, parfaitement retranscrites dans le clip co-réalisé par le duo stéphanois et Akani.
Premier plan : les gars de Salut l’orage montent dans une voiture, enlèvent leur cagoule et se regardent en soufflant. Le décor est planté pour ce clip qui nous raconte l’histoire de la cavale de deux petites frappes qui braquent des supérettes pour remplir leur frigidaire.
Un clip et un morceau drôlement furieux et furieusement drôles qui dépeignent avec beaucoup de justesse la précarité des jeunes en 2026, mais aussi la foi en l’avenir.
Ladaniva – Yasaman
C’est en ermite, le fusil à la main, encore brûlant, que Jaklin Baghdasaryan annonce le retour de Ladaniva. Avec leur dernier clip Yasaman le duo franco-arménien poursuit dans son élancé. On retrouve des influences balkaniques et caucasienne. Mais le récit est plus travaillé, en témoigne la réalisation de ce clip. Yasaman évoque cet âme sœur promis par des vieilles sages. Ce dernier pourtant, ne connait par notre héroïne. Pire encore, il est promis un autre. Des éternels souffrances amoureuses qui rappelle Sareri hovin mernem, reprise par Ladaniva. Ce morceau de Komitas évoque la peur que l’oubli et l’abandon par l’être aimé. Ainsi, le réalisateur Lenny Grosman suit ce récit, en suivant Jaklin amoureuse désespérée qui se réfugie dans les montagnes arméniennes. Ladaniva sera en concert à La Cigale le 15 décembre 2026, pour la sortie, en automne, de leur deuxième album.