La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, on vous dévoile la première partie notre 312ème sélection des clips de la semaine.

Syd Matters – In the darkness
Avec un style de folk-pop atmosphérique parsemé de touches d’électronica, Syd Matters – aka Jonathan Morali, sort un premier album en 2003, A Whisper and a Sigh, qui lui vaut rapidement une reconnaissance bien au-delà des frontières françaises. Entre 2015 et 2019, il compose les bandes originales des jeux vidéo Life Is Strange, d’immenses succès mondiaux qui insufflent une nouvelle vie à sa carrière et lui ouvrent les portes d’un tout nouveau public.
Après une longue absence, Syd Matters annonce A Gospel of Some Sort, son cinquième album, attendu pour le 4 septembre 2026 sur le label Créature. Le titre In the Darkness en est l’un des singles, accompagné d’un visualizer envoûtant qui prolonge l’univers onirique et mélancolique de l’artiste. Le morceau porte bien son titre : atmosphérique et habité, il retrouve cette capacité unique de Morali à suspendre le temps, à faire tenir dans une chanson quelque chose d’indicible et de profondément humain.
Une tournée en France et en Europe suivra, avec un retour sur la scène légendaire de l’Olympia le 17 novembre 2026. Quinze ans après Brotherocean, l’attente n’aura pas été vaine.
Bleu Reine – Cavalier seul
Contrairement à ce que son nouveau single laisse penser, Bleu Reine est (très) loin de faire cavalier seul. Il y a quelques mois, elle intégrait la fine équipe des Bandeliers suite au départ précipité de leur chanteur Declan. Et pas plus tard que le mois dernier, elle a rejoint le label Géographie chez qui se prépare un nouvel album pour 2027 soit quatre ans après son très beau premier objet La saison fantôme.
Sur fond d’images aux couleurs psychédéliques à la texture lo-fi, Léa Lotz nous révèle un single conçu au sortir d’une importante tournée européenne. Dream pop et shoegaze intensément mélancoliques s’entremêlent et sont portées en français ! On ne peut s’empêcher de penser aux paysages cotonneux et brumeux des écossais Cocteau Twins. Sur Cavalier seul, la voix de Bleu Reine se fond dans la matière. Une exploration en solitaire dont elle a le secret de la transformation de la mélancolie en refuge. Là où La saison fantôme semble hanté par l’intime, Cavalier seul pose les bases d’un projet plus lumineux sans jamais renier sa délicatesse.
PAMELA – Peak XV
Sam Sprent et Simon Quénéa sont de vrais hyperactifs. Ni l’un ni l’autre ne s’est accordé de répit pour l’année 2025 ; PAMELA first. Si Simon était sacrément occupé par la tournée de Zaho de Sagazan pendant que Sam savourait la paternité tout en suivant de près les déplacements de son acolyte français, les deux ont défendu leur projet sur scène quand la date était pour eux – en première partie de Zaho ou en leur nom propre -. A peine le premier EP Live.Shift.Dream paru – certes il y a un an et 3 mois -, les garçons dégaineront le format long attendu pour novembre 2026 : Dancing on the Edge.
Pour ce nouveau single Peak XV, leur fidèle compagnon Guillaume Ménard (aka Jacques Frantz) leur a une fois de plus conçu un clip cartonné d’une redoutable inventivité, le tout en full plan séquence ! Dans ce clip hyper théâtral, Sam expérimente une série de situations plus ou moins créatrices d’angoisse où s’invite leur grande amie Zaho de Sagazan. Les randonneurs et autres alpinistes auront sans doute compris la référence Peak XV, l’ancien nom de l’Everest. Maintenant que c’est posé, vous comprendrez l’idée générale de se faire une montagne de quelque chose – disons de problèmes ? -. Si la chanson évoque certains aspects de la dépression, il en va aussi du dépassement de soi et du vertige qui accompagne – parfois – l’ambition.
Dans Peak XV, on découvre une nouvelle facette de la voix de Sam Sprent qui se fait plus dans l’incarnation, dans une forme de jeu comme dans ce qu’on appellerait chez lui un « musical ». Si le récit est écrit à la première personne, il se transforme en élan collectif grâce à la présence d’un chœur jusque là peu exploité par le duo.
Avec Peak XV, PAMELA met temporairement de côté sa dance-punk pour produire un morceau à la dimension beaucoup plus orchestrale, plus ambitieuse. Et ça marche tout aussi efficacement ! La composition fonctionne avec une puissance progressive née de l’intégration d’instruments nouveaux. On a bien hâte de connaître la suite de l’histoire de nos compères qui semblent déjà brouiller les frontières d’un imaginaire rock pour viser quelque chose de plus grand, de plus grandiose finalement.
Chelsea Wolfe – Death is not the end
Ce n’est pas un mais bien deux titres que nous propose l’américaine Chelsea Wolfe ! Elle annonce son grand retour avec une tournée intitulée The Dark World Tour qui promet un passage en terres parisiennes le 16 décembre au Casino de Paris. Qui dit tournée dit nouvel opus !
La grande prêtresse des ténèbres réemprunte les sentiers doom limite indus pour nous éclairer tel un phare avec sa voix si pure quasi murmurée. Entre confidence et incantation, l’américaine est bien décidée à ne pas faire dans la noirceur sinistre. Lentement le morceau gagne en puissance jusqu’à la tempête de distorsion évidente. Il en va d’un mantra, la mort n’est pas la fin. On serait tentés de compléter qu’elle n’est qu’un éternel recommencement. Death is not the end s’annonce comme une nouvelle quête. Dans son entourage – spécifique à ce morceau – on compte le guitariste RobinFinck (Nine Inch Nails) et le batteur Matt Chamberlain (Tori Amos, Fiona Apple). Ce qui explique très fortement l’esthétique du morceau.
Bien que le clip s’ouvre sur des eaux noircies, le clip prend pour cadre le très vieux – un bon million d’années au compteur – Mono Lake en Californie. Certes, il s’agit d’un paysage fortement déserté mais où subsiste malgré tout un écosystème. Chelsea Wolfe se fond dans un territoire marqué par les grands espaces. Cet environnement s’inscrit dans le prolongement même du propos de la chanson. Les tours de tuf sont la preuve d’un passage de l’eau, le vivant rencontre le minéral, les transformations lentes du paysage. Tous les éléments sont présents pour montrer que la mort n’est pas que la fin et qu’elle transforme.
Lisa LeBlanc – Whole Lotta Talkin’
Avec Whole Lotta Talkin’, Lisa LeBlanc signe un retour rock bien plus incisif que son disco déjanté de Chiac Disco. Portée par un riff surf rock et un orgue des années 60 qui rappelle les B-52’s, la chanson raconte avec humour ce que tout le monde a déjà vécu : être planté face à un·e personne qui parle sans jamais s’arrêter. Entre français et anglais, entre disco et rock ‘n’ roll, elle joue avec cette aisance naturelle qui fait qu’elle ne lâche jamais son identité, même quand elle change de langage ou de style.
Réalisé par Alexandre Pelletier, le clip prolonge cette énergie avec une touche de désordre et d’absurde. Il raconte les aventures de tournée d’un groupe dysfonctionnel composé de Lisa LeBlanc et de marionnettes, filmé avec un sérieux excessif, comme un biopic musical ultra-dramatique. L’ensemble est drôle, léger et très visuel, mais ne se termine pas totalement en douceur : ce qui commence sur une note ludique débouche sur un double marionnetticide, ajoutant à la chanson ce présentiel de surprise et de second degré.
CAESARIA – SOLAR
Avec Solar, Caesaria signe un rock de stade qui pulse d’une basse explosive et d’une énergie club rock brute, entre l’omniprésence new wave d’INXS et le glam éclatant d’Empire of the Sun. Lumineux et fédérateur, ce single capture l’ivresse du coup de foudre à travers des refrains accrocheurs et des arrangements électroniques taillés pour le live comme pour les clubs.
Enregistré entre Paris et Los Angeles, co-produit par Adam Greenspan (Arcade Fire, Yeah Yeah Yeahs) et mixé par Michael Ilbert (Coldplay), Solar est le premier éclat d’un nouvel album attendu début 2027. Trois Strasbourgeois, liés sur les bancs de l’école puis dans un garage, ont tenu leur pacte vingt ans plus tard en élevant les moyens à la hauteur de leur démesure. De Brett Shaw à Greenspan, le parcours du groupe trace une trajectoire de rock sûr de lui, où la lumière jaillit des décombres de la société moderne.
Solar nous place dans un monde idéal où Depeche Mode, Empire of the Sun et INXS donneraient une ultime rave sur la plage avant la fin du monde. Ce rock de stade n’attend plus que vous preniez vos places : vous finirez debout, les bras en l’air, la tête dans les étoiles.
The Coral – Leave It To The Past
The Coral fait partie des têtes d’affiche du rock britannique des années 2000. Et presque 30 ans après, le quintet brille toujours autant, et sait se renouveler à chacune de ses sorties. Ce n’est pas chose évidente de continuer à convaincre, et à faire évoluer sa musique, d’autant plus que celle de The Coral a marqué toute une génération. Leur discographie et leur carrière influe encore aujourd’hui énormément le milieu du rock indé, vous connaissez sûrement Dreaming Of You et sa ligne de basse mythique.
Mais cette semaine, le groupe est revenu avec un tout nouveau single : Leave It To The Past, lui même tiré de leur dernier album, sorti en mai, 388 (magnétophone multipiste Tascam 388, utilisé pendant l’enregistrement). The Coral reste extrêmement fidèle à son ADN sur ce titre, en infusant des rythmiques chaloupées en résonance à la ligne de basse très ronde. Quelques notes de piano apportent de la légèreté, on perçoit des influences reggae et de dub jamaïcains, ce qui nous transporte instantanément.
Dinosaur Jr. – Several Got Away
Revoir ce power trio nous met toujours en joie. Le groupe américain demeure une source d’inspiration constante et une véritable force pour tous ceux qui s’en réclament.
Avec Several Got Away, Dinosaur Jr. signe une musique à la fois brute et presque mystique, portée par une simplicité apparente qui dissimule une créativité jamais figée, toujours en mouvement dans le paysage musical. Le groupe n’est pas là pour ressusciter la « bonne musique d’avant », mais pour rappeler qu’elle continue d’exister au présent, capable encore de se vivre dans l’excès, l’intensité et de laisser affleurer des émotions pleinement vivantes.
Le morceau traverse les thèmes du temps qui passe, des pertes multiples qui l’accompagnent, et de tout ce qui, peu à peu, nous échappe. Pourtant, au cœur de ces disparitions, subsiste une part d’identité qui demeure, persiste, et continue d’accompagner le mouvement de la vie, entre avancée, transformation et réassurance fragile.
C’est dans cette continuité que s’inscrit l’annonce de leur nouvel album, There Near, à voir le jour le 28 aout prochain.
Westside Cowboy – Pin Up Boys
Nous parlerons de ce groupe aussi longtemps qu’il le faudra pour que leur musique touche le plus grand nombre d’entre vous avec l’intensité qu’elle mérite. Voici une nouvelle cartouche qu’ils dégainent cette semaine.
Les originaires de Manchester confirment, une fois encore, que notre intuition les concernant était la bonne. À la fois touchant et incandescent, Pin Up Boys s’impose comme un morceau charnière, appelé à hanter leur premier album déjà pressenti comme l’un des incontournables de l’année, dans la continuité de leur second EP paru en janvier dernier.
Laissez-vous saisir par le coup de foudre Westside Cowboy. Des mélodies envoûtantes, immédiates, presque viscérales : tout y est pour vous accrocher dès les premières secondes.
Jain – Kill It With The Beat
Jain est de retour avec un nouveau single, Kill It With The Beat, et une chose est sûre : l’artiste française n’a rien perdu de sa capacité à métisser et mélanger les styles. Dès les premières secondes, le morceau nous replonge dans les sonorités électro qui faisaient vibrer les dancefloors du début des années 2010. Très vite, on retrouve ce qui fait la signature de Jain : un flow immédiatement reconnaissable, des mélodies qui restent en tête et un refrain terriblement efficace. Difficile de ne pas imaginer le « I’m gonna make you feel good » repris en chœur dans les festivals cet été.
Les paroles célèbrent une femme libre, sûre de sa force et de son identité. Entre les références à Athéna, Shakira ou encore Akira, Jain dresse le portrait d’une héroïne moderne qui refuse de se laisser freiner et qui avance.
Le clip accompagne parfaitement cette puissance musicale. On y retrouve Jain devant une voiture old school transformée en véritable mur d’enceintes, entourée de danseurs et danseuses qui débordent d’énergie. Tout est pensé pour donner envie de bouger : les chorégraphies, les couleurs, les mouvements de caméra. Le comeback de Jain s’amorce avec quelques surprises puisqu’elle est venue défendre sa nouvelle identité sur cette voiture au festival Beauregard cette semaine !