Retour sur Beauregard 2026

Étape habituelle de notre début d’été, Beauregard nous déçoit rarement. Cette édition 2026 n’a pas fait exception à la règle. Au programme : de l’énergie, de l’émotion et la reine Theodora.

The Hives // Festival Beauregard 2026 // 03.07.26

De l’énergie …

Au petit jeu de qui nous aura le plus secoué à Beauregard, la réponse est assez évidente et nos yeux et nos oreilles se dirigent vers la Suède. On parle bien évidemment de The Hives et de son leader aussi fou que charismatique Pelle Almqvist. Placé en fin de soirée, The Hives nous aura offert une bonne claque en pleine tête, bien aidé en cela par une setlist qui aura proposé des grands classiques du groupe (Main Offender, Tick Tick Boom, Walk Idiot Walk, Hate To Say I Told You So) et titres de leur dernier album (Hooray Hooray Hooray, Enough Is Enough, Legalize Living) ainsi qu’un morceau qui résume un peu ce que l’on pense d’eux : The Hives Forever Forever The Hives.

Dans un genre différent et plus pop, impossible de ne pas noter le passage des Australiens de Royel Otis. Entre leur reprise de Sophie Ellis Bextor devenue iconique et celle de The Cranberies qui risque de le devenir, le groupe nous aura proposé un set à 100 à l’heure porté par des morceaux géniaux comme Adored, car, I Wanna Dance With You et Oysters In My Pocket.

Dans un genre complètement différé, mais beaucoup plus explosif, impossible de ne pas citer l’association de Vald, Vladimir Cauchemar et Todiefor. Au programme : des lances-flammes, des visuels entre le psychédélisme et le satanisme, l’humour toujours aussi présent du rappeur d’Aulnay et un nombre important de malaises et de pogos. Mention spéciale à des morceaux comme Elevation, Désaccordé ou Gauche Droite, complétement transformé par cette version Reloaded du show.

de l’émotion …

En festival, on peut aussi se laisser cueillir par l’émotion. Et à Beauregard, certains concerts auront de ce côté sonné comme des évidences.

Tout d’abord côté Belgique, avec les toujours excellents Girls In Hawaii. Venus nous présenter en avant-première quelques titres de leur Eldorado prévu pour la rentrée, les Belges nous auront livré une performance puissante qui nous aura fait dresser les poils, notamment sur des titres comme Not Dead ou Guinea Pig.

Plus synthétique et poétique, Bertrand Belin nous aura aussi démontré que peu importe la scène ou le public, sa musique, son écriture et son interprétation nous percent en plein cœur et ce dès le premier titre, l’immense Pluie de Data. Que dalle tout, Sur le Cul, Seul, Oiseau ou l’inconnu en personne sont à l’avenant, délivrant des performances habitées, humaines et bouleversantes, bien aidé en cela par des musiciens au diapason de cet artiste unique qu’on aime un peu plus à chaque concert.

Des larmes, il y en aura aussi eues avec Feu! Chatterton. Le quintette aura fait le choix risqué, celui d’aller piocher pendant une partie de son set dans une partie plus « calme » de son répertoire. Un choix aussi payant que celui de commencer par Compagnons et de terminer par La Malinche. Mais c’est dans le coeur du Labyrinthe que l’émotion aura été la plus forte avec À cause ou grâce, ce qu’on devient et 1000 vagues, triptyque qui nous aura retourné le cœur et l’âme.

Enfin, c’est Kevin Morby qui nous aura offert le grand moment de tendresse du dernier jour du festival. Dans la chaleur du dimanche, l’Américain et sa bande nous auront délivré un set absolument parfait, qui ne force jamais ses effets pour faire monter les émotions et qui mêle avec brio les traditions folk, country et américaines chères à la musique de Morby. Un grand moment privilégié qu’on aurait aimé voir durer plus longtemps pour cette édition de Beauregard qui touchait à sa fin .

et la reine Theodora !

On l’attendait et elle ne nous a pas déçu. Après avoir déjà marqué We Love Green de son empreinte, la Boss Lady a offert au public de Beauregard l’un des meilleurs concert de cette édition. Veni, Vidi, Vici comme dirait l’autre.

Avec sa mise en scène énorme et accompagnée de ses musiciens et danseur.ses, la nouvelle reine de la musique française aura livré un show intense, dansant et, qu’on le veuille ou non, hyper politique et puissant.

Sa grande force, c’est d’avoir réussi à conquérir le public du festival. Que ce soit ceux qui l’attendaient, ceux qui venaient en curieux.ses et ceux qui auraient pu être hostiles à sa musique, tous.tes se seront inclinés devant le show immense que la jeune femme nous aura proposé.

Drôle, proche de son public, ambianceuse hors pair, Theodora a surtout pour elle une setlist absolument géniale qui sait ménager ses effets. Impossible de résister à des morceaux comme KONGOLESE SOUS BBL, ZOU BISOU ou Miss Kitoko, de ne pas être ému par Ils me rient tous au nez ou de se prendre en pleine tronche l’énergie et le double sens de Des Mythos.

FASHION DESIGNA viendra clôturer ce show intense et, de notre avis, trop court mais c’est le jeu des festivals. Une chose est certaine : on n’a pas fini d’entendre parler de Theodora.

Crédit Photos : David Tabary

Retrouvez toutes les photos de Beauregard 2026 ici et

Laisser un commentaire