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Les clips de la semaine #323

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, voici notre 323ème sélection.

DIIV
DIIV


DIIV - Dare Me

Nous traversons une période où quelques groupes prennent la décision de suivre leur instinct. Celui-ci exprime un besoin de renouveau, de casser leurs propres barrières sonores, etDIIVen fait partie.

Sorti ce vendredi, le nouvel album du groupe, intituléZIRP!, risque de diviser. Dans une direction moins shoegaze, genre dont les musiciens étaient devenus maîtres, ces derniers ont opté pour une couleur musicale plus pop et électro, tout en conservant leur âme acoustique. Leur dernier single,Dare Me, saura certainement convaincre les plus réticents d'entre vous face à cette nouvelle trajectoire. Un son toujours aussi brut, noisy et glacial, mais enveloppé d'une couche plus chaleureuse.

De ce titre émane toujours une écriture et un univers propres àDIIV, à la fois universels et singuliers. Entre le sentiment de traverser une période où l'on ne sait plus vraiment où l'on va et la difficulté de choisir quelle direction prendre, le morceau joue habilement sur ce contraste. Un choix qui nous laisse entrevoir, peut-être, un nouvel arc musical pour le groupe, ou simplement une parenthèse qui n'a finalement rien de déplaisant.


Orelsan - XXX

La France est en colère, le dialogue social n’a sûrement jamais été aussi bas, le peuple est dans la rue, les débats sont polarisés et la parole raciste n’a jamais été aussi décomplexée, que ce soit dans la vie de tous les jours, sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux télé grand public. C’est dans ce contexte qu’Orelsan vient lâcher une véritable bombe musicale.

C’est sur une instru rythmée que le rappeur Normand lâche ses punchlines. Celle qui revient partout est bien évidemment : « J’ai les fachos sur mes côtes, parce que j’voudrais qu’ils s’étouffent. J’veux pas qu’les fachos m’écoutent, en gros, j’suis l’contraire de CNews ». En même temps, il est parfois bien, lorsque le projet musical que l’on a créé dépasse un certain niveau de popularité, de rappeler des éléments simples… basiques, vous nous direz.

Le clip met en scène Orelsan en train de faire du roller, ainsi que plusieurs petites scènes qui viennent illustrer son texte et ses punchlines. Pour celle citée précédemment, on le retrouve face à une tablée de mecs buvant du vin et mangeant du saucisson. Dans la suite de son texte, il ajoute : « Ils veulent manger du porc et chanter du Sardou, c’est nos fêtes de famille. Sauf qu’on s’déguise pas en parodie d’Français et qu’on n’est pas des sales racistes ». Orelsan est alors mis en scène à son tour à table avec son crew, qui représente à coup sûr bien plus ce qu’est la France.

C’est peut-être là que se trouve le cœur de XXX. Une France qui ne se résume pas à une seule image, mais qui se construit dans les villes, les villages, les familles, les potes et surtout une jeunesse qui skate, fait du roller ou du BMX. Orelsan revendique cette France-là, avec ses contradictions et ses losers magnifiques, tout en envoyant quelques missiles bien placés à ceux qui voudraient en faire quelque chose de beaucoup plus étroit. « J’suis pas Français, j’suis la France », balance-t-il. Difficile de faire plus clair.

Feldup – One And The Same

L’une des surprises de l’année, l’album Towards Happiness de Feldup, accompagné de son groupe The Showerheads, réussit à donner naissance à un projet sincère, habité par des maux et des émotions, qui prennent forme à travers des textes touchants et une musicalité particulièrement efficace.

One And The Same en est un parfait exemple. Une douce montée nostalgique et intense, qui nous invite peu à peu à contempler une cicatrice que nous peinons encore à regarder en face. C’est avec une profonde douleur que le musicien parvient à mettre des mots sur la perte. Il est ici question d'une âme, d'une personnalité autrefois aimée et chérie, qui s'efface lentement pour laisser place à une autre, devenue presque étrangère, avec laquelle le lien semble désormais difficile à renouer. Le tout est porté par ce sentiment d'impuissance et de devoir nous contenter d'observer.

Ce single est une superbe porte d'entrée pour nous immerger dans l'âme de ce disque. Une musicalité indie rock mélancolique qui puise dans toute la richesse du genre et dans ce qu'il a de plus sensible à offrir.

Haute & Freddy - Film Noir

Film noir : « genre cinématographique — principalement hollywoodien — qui trouve son origine au milieu des années 40 et désigne des drames criminels et policiers à l’atmosphère sombre ».

Avec son dernier clip, le duo Haute and Freddy s’approprie les codes du film noir, autant dans l’esthétique de la vidéo que dans les paroles de la chanson, en nommant notamment la figure de la femme fatale : « Fatal foe or femme fatale, and then you draw your sword, my amore ». 

Une histoire d’amour pessimiste mise en scène dans un clip en noir et blanc qui embrasse à pleine bouche l’univers rétro du duo et les éléments scéniques de ce genre. Entre affrontement à l’épée, retouche maquillage dans le miroir du boudoir et dîner aux chandelles, toutes les cases sont cochées ! 

Clinique Lacuna – Love is on the right way

On vous l’a faite découvrir il y a quelques semaines en playlist, Love is on the right way de Clinique Lacuna possède désormais un clip !

La formation de Late et Darzack revient doucement et délicieusement sur les devants de la scène. Si pour l’instant, aucun concert n’est inscrit à l’horizon, on sait de sources sûres qu’un nouvel EP doit voir le jour au sein du label es mi momento prochainement après l’excellent Who can revive the city.

Pour Love is on the right way, Clinique Lacuna a choisi de se mettre en scène sous le signe de la météo pluvieuse et plus particulièrement au travers d’images granuleuses de vidéosurveillance. Alors que le titre suggère une forme d’espoir, le duo joue la carte du contraste. La pluie intervient comme un rite de passage, traverser une épreuve pour accéder au bonheur plus grand que serait l’amour. Les caméras suggèrent une idée de contrôle. Dans une société où les gestes sont scrutés, l’amour peut se frayer un chemin sans basculer dans la perversion.

Clinique Lacuna assume puiser son inspiration dans l’héritage des années 1980 et ses synthés. La voix de Late à peine modulée vient humaniser sa musique ultra synthétique non moins léchée. Ici c’est le combo visuel et musical, un régal ! On attend la suite non sans une certaine impatience.

Lescop - Flashback

Lescop a sorti son nouvel album Polaroïds ce 30 octobre et c’est une très bonne nouvelle. Pour ponctuer la vague promotionnelle, il a sorti un dernier clip pour le single Flashback. L’album regorge de titres pensés comme de petits clins d’œil à l’univers de l’image.

Flashback s’inscrit dans le prolongement de la recherche de couleurs de Lescop longtemps enfermé dans un registre synthétique sombre. Il étend son savoir-faire new wave à des sons plus popeux et dansants. En revanche, le propos est toujours empreint de mélancolie romantique vraisemblablement irrépressible pour le garçon. Elégance et dandy se sont retrouvés pour soupoudrer l’œuvre de Lescop désormais accompagné par le musicien et producteur Thibault Frisoni.

Le clip de Flashback réalisé par Lucas Troadec joue sur l’alternance de plans lumineux, nets et d’autres plus graineux. En continu Lescop évolue seul dans des environnements immenses ou au contraire plus resserrés. A l’instar ce flashback qui lui revient les plans plus vintage sont sans doute ceux qui le ramènent à la temporalité passée. Liée à une romance, qui sait celle de Polaroïds ?

Dressed Like Boys- LY

Après And Then I Woke Up (qui donnera son nom à son second album), Dressed Like Boys est de retour cette semaine avec LY, un second extrait lumineux au groove solaire et communicatif.

Le musicien belge nous offre ainsi une nouvelle facette de son univers, avec LY, nous entrainant dans un morceau qui sent bon la Californie et la vie simple et sans prise de tête. Un morceau porté par une batterie entêtante, une basse qui chaloupe et un piano plus discret mais toujours aussi important sur lequel Jelle Dentruck vient poser sa voix si caractéristique. Avec LY, Dressed Like Boys transporte ses influences 70's dans l'espace s'amuse et nous offre un croisement bienvenue entre les Beach Boys et The Flaming Lips.

C'est dans les rues de Paris que William Van Bavel et le musicien ont posé leur caméra pour un clip en forme de promenade et de dolce vita.

On suit ainsi Jelle dans une journée ensoleillée, profitant des rues, des lieux et de la vie. Une ballade en forme de carte postale qui colle parfaitement à ce nouveau morceau qui laisse percer le soleil et la tendresse dans une énergie qui se diffuse et nous contamine.

Alors que ses dates belges affichent déjà complètes. Dressed Like Boys sera de passage à La Maroquinerie le 11 mars pour présenter son nouvel album et on nous glisse dans l'oreille de ne pas trop attendre avant de prendre vos places !

Boys Noize - Nächstenliebe feat. Brutalismus 3000


On a vu Boys Noize un peu partout ces dernières années, mais après cinq ans d'attente, le musicien originaire d'Hambourg revient avec un nouvel album à lui, 7LLVSION.

Cette semaine, il s'associe avec Brutalismus 3000 pour nous offrir Nächstenliebe. un morceau aux ambiances froides et percussives sur lequel vient se poser le chant entêtant de Victoria Daldas. Le résultat est aussi explosif qu'espéré et donne sans doute un aperçu du chemin emprunté par Boys Noize pour ce nouveau projet.

Une plongée dans la noirceur d'un monde à la dérive où l'on danse dans le chaos et où on se laisse porter par le rythme et par un chant en allemand dont, honnêtement, on ne comprend pas grand chose. Mais ce n'est pas si grave, la musique est avant tout une histoire de perception et d'émotions et à ce petit jeu Nächstenliebe tape juste et fort.

Le clip réalisé par SUS BOY nous entraine dans une ride nocturne dans les rues allemandes où l'on suit deux héros masqués et inquiétant qui se promène dans les rues, alors que les paroles du morceau apparaissent un peu partout en incrustation sur les immeubles, les routes et les objets qui jonchent leur parcours mystérieux.

Le tout sent bon le punk et la froideur de la techno allemande et nous rend carrément impatient quand à la suite à venir !

Mei Semones - 2 Hands

Mei Semones sera prochainement de retour avec un second album et nous en offre cette semaine un nouvel extrait intitulé 2 Hands.

On pourrait voir dans 2 Hands une histoire d'amour et c'est un peu le cas mais pas celle que l'on pourrait croire. En effet, avec ce morceau la musicienne déclare son amour à la musique, à la perfection de son art et à une histoire sans fin qui la lie à ce qui la fait vibrer et lui donne envie de vivre.

Avec 2 Hands, Mei Semones dévoile une énergie un peu plus directe et intense pour parler de son besoin de continuer d'avancer, d'évoluer et de grandir. Toujours entre l'anglais et le japonais, son écriture se veut aussi plus directe et évidente, tout en restant poétique et s'amusant du double discours qui peut ressortir de son morceau.

Pour accompagner un titre qui parle autant de sa relation à la musique, Mei Semones délaisse un temps l'univers très onirique de ses vidéos pour nous offrir une session live réalisée par Jacob Rodier.

Logique en un sens, la vidéo permet aussi à l'artiste de rendre hommage aux musiciens virtuoses qui l'accompagnent sur scène et qui permettent à sa musique si spéciale de prendre vie. La session déploie ainsi une énergie forte et un côté vraiment attachant en changeant de lieu en plein cœur de la session pour aller capter le soleil couchant sur les toits de New York.


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