La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendrez, découvrez tout de suite la seconde partie de notre 302ème sélection des clips de la semaine.

Lucie Antunes – Silence
Un cri au milieu du bruit pour appeler le Silence. Lucie Antunes est de retour et annonce l’arrivée d’un nouveau projet avec un premier titre antinomique et sublime : Silence.
Cinématographique à l’extrême, le morceau nous entraine dans une expérience musicale et sensorielle, une plongée dans des couches musicales tout à la fois hypnotiques et percussives à l’intensité progressive. Le morceau semble être une porte d’entrée, un appel à rejoindre le nouveau monde sonore créé par Lucie Antunes. Radicale et puissante, Silence annonce l’arrivée de son troisième album accompagné d’un spectacle chorégraphié par Mathilde Monnier.
C’est d’ailleurs la danseuse/chorégraphe que l’on retrouve dans le clip réalisé par Giorgio Cassano. À l’image du morceau, le réalisateur nous offre un petit monde visuel hyper fort, joue sur les teintes de gris et sur les costumes pour nous entrainer dans un univers dystopique, rappelant certaines influences cinématographiques et littéraires de mondes où tout à vriller et où la couleur semble avoir presque disparue (sauf dans le modulaire de Canblaster).
On entre donc dans ce monde, ces lieux gigantesques et hors du temps, où les lignes architecturales répondent à la musique, où les corps bougent dans le gigantisme de lieux qui semblent vouloir les avaler. Un choix visuel et sonore cohérent qui annoncent une nouvelle aventure passionnante pour Lucie Antunes.
Bertrand Belin – Seul
Bertrand Belin nous fascine. Voilà, c’est dit. En réalité, on ne l’a jamais vraiment caché. Le bonhomme à le chic pour nous bouleverser sans qu’on ne sache jamais vraiment pourquoi, à transformer le petit en grand, à faire du mystère une grande fête dans laquelle on prend plaisir à se perdre.
Cette semaine, il est de retour avec un clip pour Seul. Un morceau sur la solitude, une mélopée synthétique sur laquelle sa voix semble se briser sur les refrains. Comme si il se parlait à lui même, comme si il cherchait à se convaincre que la solitude n’est qu’une illusion, un état de fait qu’on peut combattre. À travers son écriture, il raconte l’humain, le désœuvrement, la recherche de normalité qu’on touche du doigt sans jamais vraiment la comprendre.
Seul est un grand morceau sur l’humain, une œuvre faite pour réchauffer le cœur de ceux qui ne rentrent pas dans les cases de la normalité. Parce qu’au fond, on est pas tout seul à être perdu.e.s.
Yannick Demaison & Alexis Magand, partenaires visuels de longue date de Bertrand Belin, prennent le pas de ce morceau et transportent le musicien sur une plage synthétique pour un long plan séquence. Sorte de charlot en décalage complet, le musicien nous offre ses plus beaux pas de danse, fixe la caméra derrière ses lunettes fumées et trouvent une contenance dans cet univers où il tranche.
On comprend l’idée, parce qu’on s’est un peu tous senti dans notre vie comme un mec en costume dans une plage bondée. Tout ici est surréaliste, imagé et brûlant. Mais au fond, est-ce qu’on est vraiment seul ?
Thibaut Pez – Mauvais Sang
La vie est une grande entreprise de réconciliation. On passe souvent énormément de temps à refaire les liens brisés, à se comprendre, à aimer celui qu’on est et à vouloir rendre fier l’enfant que l’on était. De facto, à travers ce chemin, on arrête de se faire du mauvais sang.
Thibaut Pez l’a bien compris, son nouvel EP est une lettre d’amour à ce qu’il est et à ce qu’il a toujours voulu être. La preuve avec Mauvais Sang, single énergique et puissant dans lequel il combat les mauvais démons et violents souvenirs. Dans ce morceau qui parle autant de filiation que d’affirmation, le musicien revendique ce qu’il est, le chante haut et fort et transforme le mauvais sang en grande fierté, invitant l’auditeur à se comprendre et à affirmer sa place dans le monde.
La vidéo d’Olivier CALAUTTI va dans le sens du morceau et nous entraine dans un grand théâtre queer ou chacun est libre de se transformer, de vivre tel qu’il l’entend. Un cabaret puissant, où ce que certains voyaient comme des monstres dans le placard se transforment en ami.e.s puissant.e.s, en compagnons de route qui nous comprennent et nous accompagnent.
Une vidéo percutante et intense, noyée dans des teintes rouges et dans un univers rêveur et au final joyeux. De quoi faire définitivement la paix avec soi même (et le faire en dansant, c’est encore mieux).
Gaétan Nonchalant – Le Jazz
Le détective Nonchalant part pour une nouvelle mission. Une enquête spéciale qui l’emmènera aux quatre coins du monde pour une aventure toute particulière : partir à la recherche du Jazz.
Évoluant à dans les décors et devant la caméra de Norma, notre musicien se transforme à travers ce clip en héros de film noir des 30’s, trench coat sur les épaules et clope au bec, Gaétan Nonchalant se perd dans les indices et les faux semblants, perdant peu à peu la raison et la santé alors que le Jazz semble lui échapper.
Avec ce nouveau morceau, le musicien semble ouvrir une nouvelle voix de sa carrière musicale, nous offrant un premier extrait qui groove, un petit bonbon onirique qui joue sur la langueur. Le Jazz s’amuse avec nous, joue de sa liberté pour nous emporter dans un univers où tout se transforme dans une danse presque hypnotique où l’on croise un saxophone puissant et un crooner presque désabusé.
Toujours en quête de nouvelles aventures et d’excitation, Gaétan Nonchalant continue de chercher dans la musique ce qui lui permet d’avancer. La réponse est-elle dans le Jazz ? On le saura sans doute au prochaine épisode.
Rostam – Back of a Truck
Rostam s’apprête à dévoiler son nouvel album, American Stories, le 15 mai prochain. Et dans l’univers de Rostam, ses histoires américaines sont un mélange de cultures, d’humains et de musiques, à l’opposé de l’image délétère que la plus grande puissance du monde semble vouloir dévoiler ces derniers temps.
La preuve une nouvelle fois cette semaine avec Back of a Truck, qu’il a co-composé avec Tobias Tesso Jr. Le morceau prend les contours d’une chanson folk classique, racontant une histoire simple, celle d’un amour disparu qui revient hanter les penser de Rostam à travers les paroles d’une chanson aperçues sur l’arrière d’un camion.
L’écriture est simple, directe et lumineuse. À celà, il ajoute des notes de pedal steel ainsi que des sonorités de Saz. Le monde, et la musique, de Rostam se transforment ainsi en un melting-pot joyeux, où tout se retrouve et se mélange autour d’harmonies bien senties pour un résultat qui réchauffe le cœur.
Cette idée se retrouve aussi à travers la vidéo accompagnant Back of a Truck. Réalisée par Antony Muse et mettant en scène Milo Cassidy & Offering Rain, on se retrouve face à un court métrage en forme de road trip amoureux.
Filmé entre New York City et Provincetown, on suit nos deux héros à travers l’amérique pour une épopée amoureuse et brulante où le désir et les émotions se vivent en large à travers des paysages et des lieux emblématiques d’une amérique parfois oubliée.
La fin de la vidéo prend une tournure plus onirique, laissant l’un des héros face à la caméra, comme si tout ce qui nous avait été donné à voir auparavant était un souvenir qui avait surgit à nouveau de son esprit. Un rêve amoureux qui ne disparait jamais vraiment.
American Stories est prévu pour le 15 mai prochain et Rostam sera en concert à La Maroquinerie en septembre.
marguerite – Crash Test
Sur fond bleu Klein et dans une robe de mariée mi-Alexander McQueen mi-Rosalía, marguerite s’essaie à l’exercice COLORS et passe littéralement son Crash Test. Un passage presque obligé, déjà marqué par des performances francophones très intimes (on pense notamment à Yoa, Pomme ou à Iliona).
Accélérations, accidents, sorties de route. Crash Test, on y revient. marguerite relie ses histoires d’amour comme une suite de chocs dans un véritable poème. Premier amour, deuxième amour, et maintenant ce moment où elle commence à regarder tout ça avec un peu de distance. Moins se lancer corps et âme, moins confondre intensité et collision. C’est une chanson de constat, d’apprentissage, d’évolution.
De la route, marguerite en a fait depuis la Star Academy en 2024. Ça paraît loin, alors que tout est allé très vite. Une chanson devenue anthem féministe, un EP tout doux, un album qui arrive.
Et la suite se joue déjà ailleurs, sur scène. Une tournée de festivals cet été, puis deux dates à L’Olympia en décembre, comme pour confirmer que la trajectoire, cette fois, tient la route.
Bye Parula – I don’t know
Après le succès de KISSBURN, Bye Parula revient avec un nouvel extrait I don’t know, qui en prend le contrepied. Si KISSBURN racontait l’obsession d’un séducteur, I don’t know prend le contrepied en adoptant le point de vue de la personne courtisée : une réponse entre dérision et attirance mutuelle, un dialogue amoureux dansant et audacieux.
Porté par la voix immédiatement reconnaissable de Loïc Calatayud-Sola, Bye Parula nous livre un deuxième extrait de l’album Something Out Of Nothing à paraître le 5 juin prochain. Dans ce vizualizer, on y retrouve également la signature pop cinematographic et aux influences 70’s du groupe, réalisé comme un film d’archive de studio sur vieille VHS.
Tomora – I Drink The Light
Dans son nouveau clip I Drink The Light, Tomora mise sur une sobriété visuelle presque hypnotique. L’artiste apparaît de face, immobile en apparence, tandis que des jeux de lumière sculptent progressivement son corps. Chaque faisceau révèle une nouvelle parcelle, comme si l’image se construisait sous nos yeux. Ce dispositif minimaliste capte immédiatement l’attention et crée une tension presque intime.
La musique, électronique et mouvante, tranche avec cette retenue visuelle. La voix de Tomora devient un instrument à part entière, jouant avec les textures sonores et déroutant l’auditeur. Elle se déforme, se multiplie, nous entoure presque.
L’ensemble donne une impression de perte de repères, volontaire et maîtrisée. Entre lumière et son, Tomora propose une expérience sensorielle déroutante, mais fascinante.
Héron – Roi de verre
Ça y est, le nouvel Album de Héron, Verger, est enfin sorti! Et avec lui, l’extrait Roi de verre, une porte d’entrée idéale dans l’univers de l’album. La chanson raconte l’histoire d’un roi qui subit la pression familiale et le poids des traditions associées à son nom. La pression l’empêche de s’émanciper, lui qui rêve de courir avec les loups et de se libérer de son armure qui le protège, mais le garde prisonnier en même temps.
On y retrouve Henri dans un décor chaleureux de chalet qui, feu de cheminée crépitant sur un écran 4K et dans le poêle à bois, s’impose en véritable conteur d’histoires folkloriques aux accents indie.
Le spectacle qui accompagne l’album se veut également large dans ses horizons et ses médiums : mêlant chanson, théâtre et show drag avec l’aide de la compagnie Pleurer dans’ douche, Héron cherche à valoriser les arts folkloriques traditionnels avec les arts multidisciplinaires actuels. On a très hâte de voir ce que ça donnera!
Thierry Larose – Si j’avais un clou
Après trois ans d’absence, Thierry Larose revient avec Si j’avais un clou, premier extrait d’un nouvel album à venir à l’automne 2026.
Fan des grands hymnes, Thierry Larose emprunte les codes de la protest song pour dresser le portrait de l’impuissance que vit chaque personne face aux inconséquences du monde dans lequel nous vivons. Même s’il a le marteau du courage en main, Thierry se frappe à sa propre insuffisance, malgré toute la bonne volonté du monde : Mais c’est jamais assez / Assez pour réparer / Ce monde sans pitié / If only I had a clue / Si j’avais un clou. Réalisé par Marianne Boucher, le clip met en scène Thierry comme un politicien qui aurait tout à prouver mais qui n’a au final aucun pouvoir dans une machine et des règles déjà trop établies.
Entouré par le noyau de Journal d’un loup-garou de Lou-Adriane Cassidy, on sent ici le côté épique d’Alexandre Martel dans la réalisation et le travail d’orfèvre des arrangements de Lou-Adriane. Ce premier extrait nous annonce un album à venir plus mature, plus conscientisé, et qui sera sûrement une suite grandiose à Sprint!.
Hylasimon – QUASARS
Hylasimon débute un nouveau chapitre avec QUASARS, premier extrait up-tempo d’un EP à venir, avec une pop rétro qui frise l’euphorie. Le morceau parle de ce vertige face à l’infini de l’univers, où les questions sans réponse déclenchent paradoxalement une renaissance intérieure : entre solitude et science-fiction, l’artiste y retrouve le goût d’écrire, comme pour composer la B.O. de sa propre vie.
Le clip réalisé par TANGUY DELAVET prolonge cette vibe, mêlant l’intime au cosmique avec des lumières brutales et du métal. Une pop qui explore l’introspection et l’échappée stellaire, nous laissant avec une envie : plonger dedans.
Meimuna – nuits blanches
Comment ne pas aller mal dans un monde qui va mal ? C’est la question que se pose Meimuna dans son dernier single, nuits blanches. Avec la vulnérabilité qui caractérise ses compositions, elle ouvre une porte sur les pensées qui tournent en boucle dans son esprit quand la nuit tombe, et lui empêchent de trouver le repos.
À l’image, on retrouve une « statue » de l’artiste, réalisée en 3D par Olivier Lovey, qui est également derrière le clip de le bon choix. Cette fois, accoudée à son canapé, elle paraît pensive, à la lueur d’une lampe, alors que le monde défile autour d’elle. Tantôt entourée de flammes et d’explosions, tantôt à la dérive, elle semble figée face à ces « drames en avalanche », ne sachant que faire de cette colère qui prend parfois toute la place.
Interviewée par La Face B en février 2025, elle disait sa peur face à la polarisation croissante de la société et sa détresse face au déclin de la biodiversité. « Ça me donne énormément de souci, ça prend beaucoup d’espace mental », confiait-elle. On ne peut pas s’empêcher de faire le lien entre ses paroles et ce nouveau titre, qui décrit parfaitement ce mélange de fureur et de découragement qui ne trouve pas d’exutoire et emplit les nuits sans sommeil.
La bonne nouvelle, c’est que l’artiste suissetravaille en ce moment sur un projet pour célébrer les dix ans de Meimuna. À suivre de près !
Tooth – Restless in Bloom
Restless in Bloom offre le dernier chapitre, à ce jour, d’une première trilogie de singles dévoilée par le groupe depuis le début de l’année. Entièrement habités par leurs émotions à fleur de peau et leur désir ardent de peindre la vie en musique, ils livrent ici une œuvre vibrante, impossible à ignorer.
Cette nouvelle capsule sonore nous plonge au cœur de ce que la jeunesse a de plus beau, et de plus douloureux, à offrir en matière d’amour. Un chemin à la fois insouciant et vertigineux, un passage presque organique, qui façonne en nous des instants d’une intensité rare, gravés comme des éclats de vie à l’état brut. Tooth puise dans la profondeur de ces souvenirs pour en faire naître une lettre sensible et puissante.
Leur premier EP paraîtra le 12 juin, et c’est avec une curiosité fébrile que l’on attend de découvrir jusqu’où le groupe saura nous atteindre.