Les clips de la semaine #303 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, on vous fait découvrir la deuxième partie de notre 303ème sélection des clips de la semaine.

comment debord – coucou, comment ça va ?

Presque trois ans d’attente, le temps commençait à se faire long mais ça y est, comment debord est de retour aux affaires et annonce son troisième album à venir pour plus tard cette année.

Et autant dire que les québécois ont bien l’intention de nous faire danser avec coucou, comment ça va ?, un premier extrait absolument parfait qui nous invite à remuer nos popotions. Guitare rythmique imparable, harmonies vocales qu’on a de suite envie de reprendre et ligne de synthé-basse qui fera vibre les plus récalcitrants, ce nouveau titre de comment debord à tout du bonbon disco-pop qui risque de nous accompagner tout l’été.

coucou, comment ça va ? est un morceau qui assume sa légèreté autant que son efficacité, une chanson d’amour et de retrouvailles, comme si le groupe nous parlait directement. Et oui, pour nous ça fait clairement du sens de revenir ensemble avec comment debord (même si, soyons très honnêtes, ils ne nous ont jamais vraiment quitté).

La vidéo réalisée par Guillaume Harvey et Alexandre Pelletier nous entraine dans une live session du septuor, avec un fond bleu accueillant. Mais eu milieu des musiciens, il y a d’autres choses qui se jouent. Des retrouvailles, des déchirements, un couple qui se retrouve, s’écharpe et vit pleinement sa vie amoureuse. D’abord discrète, cette présence se fait de plus en plus encombrante, drôle et un peu sexy jusqu’à l’arrivée d’un troisième larron qui vient confirmer le chaos qu’on imaginait.

Avec ce nouveau titre, comment debord nous régale et on a honnêtement très très hâte de découvrir la suite.

Pearl & The Oysters – Doom Mood

Autre retour qui nous met le cœur en joie cette semaine, celui des frenchies les plus cools d’Amérique, on parle bien évidemment de Pearl & The Oysters.

Le duo dévoile cette semaine Doom Mood, extrait de leur nouvel album Monkey Mind attendu pour le mois de juin chez Stone Throw.

Doom Mood derrière son calme apparent, porte en lui les stigmates d’une époque assez terrifiante et semble agir autant comme un antidote que comme une muse en garde.

Superbement écrit, le morceau nous entraine dans une pop au carrefour du psyché et de la bossa, la voix de Juliette Davis nous charmant toujours autant et nous entrainant avec elle dans cette épopée à l’humeur catastrophique et au groove contagieux.

La vidéo de Nikki Milan Houston capte bien l’ambiance très 70’s et DIY du morceau et nous entraine dans une sorte de show télévisé étrange et délavé où l’on crois autant nos héros que des personnages étranges, des mimes et des danseurs dans une ambiance qui devient presque oppressante grâce aux choix des lumières et des plans fixes qui se superposent.

Un single de haute volée qui montre que Pearl & The Oysters reste l’un des projets les plus excitants de la scène actuelle.

damaghead A Billion Butterflies

Un jeune groupe à suivre de très près chez l’excellent Le Cèpe Records. Repéré grâce à leur titre virevoltant Hello Hello Gurl, qui rappelle l’indie rock anglais de la dernière décennie, le trio revient en force avec la sortie de son premier album, Lily Gaspacho, prévue le 9 octobre prochain. A Billion Butterflies en est le premier extrait, dont le clip vient de sortir. Autant vous dire que la réalisation de Théliau Van EslandeMatisse Ellouz et Lumio, les trois membres du groupe, est déroutante. Il faut dire que la chanson exprime le mal-être intérieur d’une personne oscillant entre amour, dépendances et anxiété. Ses “papillons dans le ventre” passent de sensations positives à la solitude, au doute et à la peur d’avoir échoué dans une relation.

On navigue ainsi dans l’esprit de notre personnage, qui sombre dans ses rêveries déconcertantes : entre une noyade aux côtés de deux nageurs nus et cette pinata humaine qu’il prend un malin plaisir à dégommer. Cette guitare lancinante renforce la noirceur de ce titre marquant. Le groupe aura de nombreuses dates d’ici là, dont celle du Bus Palladium le 6 mai prochain, en ouverture des Casablanca Drivers, mais également le 23 août au Cabaret Vert

Jonathan Personne – Rêve américain 

Un peu plus d’un an après la sortie de Nouveau monde, Jonathan Personne est de retour avec son nouveau single Rêve américain. Également connu comme chanteur et guitariste au sein du groupe Corridor, Jonathan annonce avec ce titre la sortie de Répertoire, son cinquième album solo attendu le 28 août prochain.

Premier titre de ce nouvel album, Rêve américain s’ouvre sur un groove de basse ensorcelant, donnant d’emblée le ton du prochain disque en mettant une distance avec le folk-rock de ses débuts, affichant plutôt une indie pop planante et rêveuse. 

Rêve américain aborde le désenchantement face à un succès idéalisé, en évoquant plus précisément une tournée récente dans l’Amérique de Trump, “en première classe / dans le dernier endroit / où je voudrais être”.

Réalisé par Jonathan Robert, le clip de Rêve américain nous hypnotise autant qu’il nous donne envie de bouger la tête au rythme de la basse.

Ronnie – Encore un peu

Après un EP remarqué dont on vous parlait déjà , Ronnie continue de dérouler le fil avec une série de singles, dont ce troisième, Encore un peu. Toujours perchée sur une instru cotonneuse, presque en apesanteur, la chanteuse nous embarque dans un romantisme doux-amer, celui des histoires qui s’effritent mais qu’on refuse encore de lâcher.

Ici, il est question d’une relation en bout de course, que Ronnie regarde filer sans vraiment s’y résoudre — quitte à s’y accrocher une seconde de plus, encore un peu, coûte que coûte.

Côté clip, le drame se teinte de burlesque — et franchement, difficile de ne pas y prendre un plaisir immédiat. Couleurs pop, situations absurdes : Ronnie se fait littéralement expulser de l’appartement de son “Monsieur Plus”, tirée par les pieds avant de ramper, obstinée, tel un soldat qui refuse de battre en retraite. Une mise en scène à la fois goofy et cruellement juste, qui détourne une rupture bien réelle en terrain de jeu presque cartoonesque.

Parce qu’au fond, derrière l’exagération et les images un peu barrées, difficile de ne pas se reconnaître dans cette envie de s’accrocher… même quand tout dit qu’il est temps de lâcher. Et c’est précisément là que le clip fait mouche : en nous faisant sourire là où, normalement, ça pique pique un peu quand même. 

Noëm – QUAND JE ME NOiE

Demi-finaliste de la dernière édition des Francouvertes (30e), Noëm nous dévoile le morceau phare de son passage QUAND JE ME NOiE

Traversée par le deuil de sa grand-mère, d’une longue relation et aussi de son ancien appartement, Noëm revient cette année avec un projet beaucoup plus mature où l’écriture est libérée d’une certaine pression à devoir ressembler aux autres pour enfin devenir ce qu’elle est, et ça fait du bien! Pour les personnes qui ont pu voir les performances de Noëm, tout son univers est traversé par l’eau et les petits poissons qui étaient très chers à sa grand-mère, Louise. Quoi de plus normal que d’embarquer cet univers dans son clip. 

Réalisé par Sébastien Charlebois-Chouinard et Maxence Dumouchel, QUAND JE ME NOiE nous emmène tranquillement dans la contemplation et dans l’ennui que l’on ressent quand on se sent vide et trop plein à la fois, quand on passe ses journées assis à regarder un mur ou couché dans son lit le temps que ça finisse. Et même si Noëm chante et scande “c’est long”, nous, on aurait bien pris encore un peu plus de son univers soul-jazz-RnB et de sa douceur de nous conter la noirceur.

Marie-Pierre Arthur – Pourquoi (version Ensemble doux)

Marie-Pierre Arthur nous dévoile Pourquoi, premier extrait à venir de son album de reprises Ensemble Doux prévu pour le 29 mai prochain. Cet album de relecture passe à travers ses cinq derniers disques en mode molo, faisant la part belle aux arrangements et aux chœurs.

Entourée de sa belle gang qui l’a accompagnée sur scène l’an dernier, Naomie Delorimier (N Nao), Émilie Pompa (Em Pompa) et Raphaël Pépin-Tanguay (Velours Velours), François Lafontaine au piano et Joe Grass à la guitare, Marie-Pierre Arthur reprend une chanson datant de son album éponyme Marie-Pierre Arthur sortit en 2009, parce que quitte à commencer, autant commencer par le début. 

Accompagnée d’un clip signé Gabriella Quesnel-Olivo, lui-même tellement doux dans sa forme et ses couleurs, on a déjà très hâte de découvrir la suite du projet et de l’écouter les yeux dans le soleil printanier du Québec.

Foo Fighters – Window

Fin avril, Foo Fighters dévoilait leur nouvel album, Your Favorite Toy, au grand public. Une sortie discrète, mais néanmoins réussie.

Pour illustrer leur titre Window, le groupe a choisi l’acteur anglais Craig Parkinson, incarnant un laveur de vitre d’un immeuble de plusieurs dizaines d’étages. Observateur silencieux des vies qu’il voit défiler, ce laveur de vitre voit sans juger (ou presque), partage sans parler. Une drôle de manière de se mettre à la place de l’autre, se sentir moins seul dans son quotidien.

Window contient des guitares saturées, un rythme régulier qui pulse dans nos oreilles. Un air qui reste en tête et hypnotise, et des textures qui évoluent au fur et à mesure.

Still Blank – love/guilt

Rester prisonnier d’un souvenir amoureux, enfermé dans les traumatismes du passé jusqu’à parfois les romantiser : voilà les émois que met en musique Still Blank, un groupe qui a su nous prendre de court à la fin de l’année 2025.

À travers une expression intime capable de toucher le plus grand nombre, leur musique offre une expérience sonore particulièrement marquante. Leur premier album éponyme avait déjà su nous convaincre, et ce nouveau single, Love/Guilt, vient confirmer tout le bien que nous pensions d’eux.

Ce titre s’inscrit dans la continuité parfaite de ce que le groupe nous propose depuis ses débuts, et cela n’est pas pour nous déplaire. Still Blank livre une musique introspective, portée par une mélancolie étrangement addictive. On s’y plonge sans vraiment se poser de questions, porté par les émotions qu’ils parviennent à transmettre, avec l’espoir que ce voyage dans leur vaste univers annonce un projet encore plus ambitieux à venir.

Si Still Blank était jusqu’alors inconnu à vos oreilles, alors que ce morceau soit celui qui saura vous conquérir.

Neta Elkayam – Hawa Hawa

La chanteuse israélienne d’origine marocaine Neta Elkayam poursuit son travail de mémoire avec Hawa Hawa, un clip dévoilé mardi dernier. Dans cette nouvelle création, elle revisite un chant transmis par des femmes ayant séjourné au Grand Arénas, camp de transit marseillais aux conditions de vie particulièrement rudes, par lequel passaient de nombreux juifs maghrébins avant leur installation en Israël. Beaucoup entreprenaient ce départ seuls, dans un contexte d’incertitude et de séparation.

« J’ai porté ton fardeau, mon amour, à travers l’inimitié et les épreuves, tandis que ton absence se prolongeait et que l’envie s’insinuait entre nous, cette même envie qui t’a séparé de moi », chante Neta Elkayam, donnant voix à ces trajectoires marquées par l’attente et la douleur.

Aujourd’hui installée aux États-Unis, l’artiste incarne ce poids de l’exil en apparaissant à l’écran portant au-dessus d’elle des morceaux de bois, une métaphore visuelle forte du fardeau évoqué dans le texte. Réalisé par Amit Hai Cohen, qui l’accompagne également sur le plan musical, le clip mêle images d’archives et portraits de femmes, tissant un dialogue entre passé et présent.

Hawa Hawa annonce la sortie d’Arenas, un album consacré aux chants de femmes du camp marseillais, attendu le 7 mai.

Florence Road – Hanging Out To Dry

Le clip de Florence Road pour leur chanson Hanging Out To Dry est une véritable capsule temporelle qui nous plonge dans une esthétique rappelant l’époque d’Avril Lavigne. On y retrouve ce mélange caractéristique de rébellion adolescente et de mélancolie urbaine, le tout filmé dans un décor style new-yorkais qui évoque instantanément l’énergie brute du skate-punk et de l’Indie-Rock du début des années 2000. L’ambiance visuelle capture parfaitement l’esprit d’une jeunesse en quête de liberté.

Sur le plan vocal, la performance est incroyable : la voix de la chanteuse possède cette texture riche et cette puissance maîtrisée qui rappelle celle de Willow, sans tout de même la copier.

Hanging Out To Dry s’impose comme un hymne printanier efficace et visuellement réussi, confirmant que le groupe irlandais possède une identité forte capable de résonner aussi bien auprès des nostalgiques du pop-punk que des fans de la nouvelle scène alternative.

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