La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, on vous fait découvrir la première partie notre 307ème sélection des clips de la semaine.

Ghinzu – W.O.W.A (Short Film)
Cette semaine, Ghinzu a fait son retour 17 ans après Mirror Mirror.
Leur nouvel album s’appelle W.O.W.A et on vous en a dit tout le bien que l’on en pense par ici.
Le groupe a décidé d’accompagner la sortie de ce nouveau projet d’un court métrage réalisé par Arnaud Uyttenhove. Ce n’est pas un clip et on n’y entend seulement que des extraits de certains morceaux de l’album (en particulier Forever et Snow Withe) mais pourtant ce court métrage de 8 minutes prend tout son sens lorsque l’on dézoome un peu, que l’on regarde W.O.W.A d’une manière plus globale, à travers ses thématiques et sa vision.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, d’une expérience visuelle, d’un appendice visuel à la musique des belges. Au plus près des gens, entre une réalité très crue et un côté onirique et plus métaphorique, la vidéo d’Uyttenhove parle de tout ce qui vit à travers W.O.W.A : on y parle d’amour, de manque, de souffrance, d’addiction, du temps qui passe et de la mort.
Une manière différente de promouvoir un album, à l’image de ce que font les belges et leur passion pour une musique expansive et émotionnelle, jamais très loin du cinéma. Un petit film donc, un petit bout de pellicule qui parle de tout ce qu’est W.O.W.A.
Social Dance – Glisse
Des nouvelles en provenance de Marseille avec le retour de Social Dance et leur titre Glisse.
Deux ans après leur dernier EP, le trio a remis le bleu de chauffe et nous dévoile un premier extrait qui nous ramène en terrain connu, à savoir les petits bangers de Social Dance.
Glisse nous rappelle en 3 minutes tout ce qu’on aime chez eux et tout ce qui fait leur singularité : une énergie folle, des riffs de guitare parfaits, un kick qui tabasse et un texte entre le français et l’anglais qui laisse planer le mystère et ne se dévoile qu’à condition de bien y prêter attention.
De notre côté, on y voit l’amour évidemment, mais aussi un poil de narcissisme, une relation pas forcément très saine et une révélation qui tombe comme une pseudo surprise qui peut être bénéfique.
Glisse est un morceau malin, un brin doux amer et qui garde toute la fraicheur et la beauté de la musique de Social Dance. Ils nous avaient manqué et on est bien content de les retrouver de nuit sur les quais marseillais entrain de s’amuser de leur musique entre deux containers.
La suite, vite !
Fakear – blue (i’m happy now)
Fakear a annoncé la sortie de son nouvel album pour septembre, et la grosse tournée qui l’accompagne, et en profite pour dévoiler cette semaine un nouvel extrait blue (i’m happy now).
Et à l’image de son titre, le morceau mélange énergie positive et une certaine forme de mélancolie. On peut y voir un clin d’œil évident au titre de New Order, certaines sonorités nous rappellent aussi la bonne époque de la série skins tant est si bien que l’on se plait à penser que Fakear est allé puiser dans des références et souvenirs adolescents pour créer ce morceau.
blue (i’m happy now) est une sorte de fuite en avant, un combat entre les émotions qui germent à l’intérieur de nous, ce que l’on laisse transparaitre à l’extérieur pour le monde et ce combat étrange pour trouver une forme d’équilibre, de vérité et de paix.
Le clip qui accompagne le morceau joue aussi de toutes ces idées. Forcément nimbée dans des teintes bleues, la vidéo alterne entre images internes et monde plus global, entre le chaos du monde et la solitude introspective nous appelant à nous interroger sur ce que l’on est, ce que l’on veut montrer et comment on se convainc parfois de faire taire ce qui vibre dans nos cœurs.
Turquoise M – Mamans
Et si cette année le meilleur cadeau à offrir pour la fête des mères était une chanson ? C’est exactement ce que nous propose Turquoise.M avec le clip de Mamans.
Turquoise.M est une femme aux multiples facettes : autrice, compositrice, comédienne, stand-uppeuse… Accompagnée de Chloé Antoniotti au piano, elle sort Mamans, un single pensé comme un hommage aux mères qui élèvent seules leurs enfants. Le projet est personnel : elle a grandi en famille monoparentale, et c’est cette histoire-là, intime et précise, qu’elle met en musique. Drôle et poétique, le titre pose la question de la charge mentale et de la reconnaissance, sans leçon et sans lourdeur.
TVOD – Rerun
Un an et quelques jours après leur très bon premier album Party Time paru chez Mothland, la joyeuses bande brooklynoise de TVOD est en train de faire savoir qu’elle est de retour ! Un nouvel album intitulé The Farm est censé voir le jour à l’automne nous dit-on. Inspiré de l’œuvre de George Orwell La ferme des animaux, l’opus doit promettre de jolies surprises. Premier single de ce nouveau long format : Rerun.
Inscrit dans le prolongement esthétique de son premier opus, TVOD signe avec Rerun un morceau qui pourrait rappeler l’univers dansant de leurs ainés Talking Heads en poussant davantage sur un curseur garage. Avec toujours autant d’humour et d’impertinence, TVOD fait la part belle à une jolie ligne de basse qui se répète tout au long du morceau. Se pointe une ligne de clavier un brin ironique et la piste joue en permanence sur le besoin de fuite en avant. Le chant désabusé de son chanteur Tyler Wright està moitié parlé pour mieux évoquer le ressenti de détachement.
Pour ce clip, le groupe mise encore sur l’esthétique du dessin avec des incrustations photos comme ce bon vieux dessin animé souvent méprisé Angela Anaconda. Ce choix du dessin n’est pas le coup d’essai du groupe, il avait déjà misé sur un autre type de dessin pour ses morceaux Car wreck ou encore Party Time. Le personnage principal est ici un chien qui sous des traits toujours plus exagérés nous emmène dans son histoire bien absurde transposé à un être humain, on vous laisse imaginer le beau désastre. Cette approche graphique caricaturale vient appuyer la liberté du groupe, son côté brut et anticonformiste.
VARSOVIE – Treize collines
VARSOVIE, duo formé par Arnault Destal et Grégory Cathérina a repris le chemin des studios et pose cette semaine l’introduction de son prochain album Notes pour plus tard à paraître fidèlement le 16 octobre prochain chez Icy Cold Records.
Avec Treize collines, VARSOVIE va puiser dans les souvenirs proches qui résonnent encore beaucoup pour certains d’entre nous. En effet, la chanson évoque les attentats du 13 novembre 2015. Le texte fait écho à la ville blessée, marquée par la peur mais bien décidée à s’élever face à la haine. Sans jamais y faire directement référence, l’approche y est fortement symbolique.
Fidèle à son esthétique, le duo revient avec un clip en noir et blanc bien graineux qui renforce la dimension mémorielle de la chanson. Toujours très littéraire, VARSOVIE signe ici un morceau peut-être plus rock dans sa structure mais aussi avec une guitare qui se fait beaucoup plus claire qu’à l’accoutumée. Un avant-goût fort alléchant pour la suite !
Girls in Hawaii – Eldorado
Près de dix ans après Nocturne, Girls In Hawaii poursuit son retour avec Eldorado, deuxième extrait de l’album du même nom attendu le 25 septembre 2026 chez Capitane Records. Après l’introspection contemplative d’Is It Happening Right Now?, le groupe belge explore cette fois une autre forme de quête : celle d’un idéal aussi fascinant qu’insaisissable.
Dès les premières secondes d’Eldorado, on retrouve immédiatement ce qui rend Girls In Hawaii si singulier : une atmosphère ouatée, une écriture en apesanteur, et la voix d’Antoine Wielemans, fragile, douce. Mais cette douceur apparente masque une tension sourde. La batterie en devient le moteur central, martelée comme un battement de cœur. Elle guide la chanson vers quelque chose de plus vaste, de plus intérieur. Ne vous fiez pas à son ouverture : Eldorado est rêveur et progressif, mais bien plus sombre qu’il n’y paraît.
Avec Eldorado, Girls In Hawaii explore la quête d’un idéal insaisissable. L’« Eldorado » n’est pas une terre promise ni une promesse de richesse, mais le symbole de toutes les aspirations que l’on poursuit sans jamais les atteindre. Une course vers un ailleurs toujours repoussé, où se mêlent désir, fascination et désillusion. Derrière les promesses d’accomplissement se dessinent les rêves brisés et ceux qui restent sur le bord du chemin.
Cette quête se traduit musicalement par une tension constante entre douceur et rugosité. Eldorado s’ouvre comme une fleur fragile avant de se densifier progressivement, jusqu’à un pont plus rock, plus tranchant sans jamais perdre sa délicatesse.
Après les turbulences traversées à la suite de Nocturne, Lio Vancauwenberge et Antoine Wielemans renouent ici avec une approche instinctive et artisanale. Écrit loin des studios, au plus près de l’intime, Eldorado capte un mélange d’urgence, de nostalgie et de besoin vital de lumière collective.
Le clip, réalisé par Juliette Goyard et Robinson Van Hoof, prolonge cette sensation d’entre-deux. Il s’ouvre sur sa propre fin : une succession de textes et d’images qui disparaissent au rythme de la batterie, sur fond de désolation. Puis bascule dans un monde animé peuplé d’animaux, de fleurs, de nuages et de personnages aux visages de cire. Deux personnages y évoluent, chantent Eldorado, jouent à la balançoire, laissent s’envoler un ballon — comme une scène d’enfance réinventée. Mais cette douceur se fissure. Dans le dernier mouvement du clip, la chaleur envahit l’image, et les personnages de cire fondent lentement, un à un. Toute l’ambivalence du morceau : l’Eldorado comme promesse et comme perte, comme quête et comme illusion.
Avec Eldorado, Girls In Hawaii confirme la richesse de ce retour amorcé en avril. Un morceau habité et sensible, qui interroge nos rêves autant qu’il célèbre notre capacité à continuer de les poursuivre . Une hypersensibilité pop qui touche, une fois encore, très juste.
Jungle – The Wave
Alors qu’il a annoncé son retour avec un album prévu pour le mois d’août, le duo britannique en a dévoilé vendredi un deuxième extrait. The Wave confirme que la forme est là. Le clip se déroule la nuit, devant une vieille station-service qui sent le bitume chaud et l’Amérique rétro. Une poignée de danseurs y enchaîne une chorégraphie millimétrée, corps tendus, synchronisation parfaite.
Visuellement, tout est ancré dans les années 70 : les couleurs, les angles, cette lumière orangée qui colle à la peau comme un soir de juillet. Alors que les sonorités sont entraînantes, difficile de ne pas avoir envie de boucler ses valises à l’écoute du morceau. Jungle livre ici un morceau léger comme une soirée d’été en bonne compagnie.
MELBA feat. MPL — Mes ami.e.s
Mes ami.e.s est une chanson-hymne à l’amitié, de celles qui rappellent à quel point les liens que l’on tisse peuvent nous construire, nous sauver, nous accompagner. Sans véritable refrain, le morceau avance comme une discussion à cœur ouvert : chaque couplet apporte une raison de plus d’aimer les ami.e.s qui nous entourent, celleux qui restent, qui écoutent, qui soutiennent et qui rendent les jours plus doux.
À travers cette chanson, Melba regarde vers demain. On y entend le courage, l’envie de croire encore aux autres, mais aussi la volonté de changer le monde, en bien, à son échelle, grâce à la tendresse, la solidarité et l’amour que l’on partage. L’écriture du morceau lui a pris deux ans, preuve d’un texte mûri avec soin, intime et sincère. Et le duo avec MPL apparaît comme une évidence tant leurs univers se répondent naturellement.
Le clip accompagne parfaitement cette atmosphère chaleureuse et nostalgique. D’une simplicité émouvante, il montre une bande d’ami.e.s réuni.e.s autour d’un feu, le temps d’une soirée suspendue. On les voit manger des chamallows, rire, chanter ensemble, se raconter des histoires qui font peur ou évoquer de beaux souvenirs. Des images qui rappellent les fins de colo, ces moments où l’on aimerait arrêter le temps encore un peu avant que chacun.e reparte de son côté.
Entre ces scènes de retrouvailles, quelques séquences filmées en studio viennent s’entrelacer au récit. On y aperçoit Melba, MPL et quelques guests pendant l’enregistrement des voix, comme pour rappeler que cette chanson est avant tout née d’un lien humain, d’une envie de partage et de création collective.
« Mes ami.e.s » ressemble finalement à une déclaration d’amour adressée par Melba à ses ami.e.s de MPL, à celleux que l’on aperçoit dans le clip, mais aussi à toutes les personnes qui comptent et qui traversent nos vies. Une chanson à envoyer à ses proches, à celleux qui ont du courage, de l’audace, de l’amour à donner sans compter ; celleux que l’on appelle pour pleurer, refaire le monde, rire au milieu de la nuit ou simplement ne pas se sentir seul.e. Un morceau qui célèbre l’amitié dans ce qu’elle a de plus simple et de plus essentiel.